Des chercheurs allemands et autrichiens viennent de faire une révélation étonnante : Koshik, un éléphant de 22 ans se trouvant dans le zoo sud-coréen de Everland, a la particularité de maîtriser la prononciation de plusieurs mots du langage humain. Pour y arriver, l'éléphant déjoue les contraintes des règles anatomiques en plaçant sa trompe dans sa bouche. C'est ainsi qu'il arrive à produire des sons à la bonne fréquence. Les Coréens ayant écouté l'animal ont jusqu'à présent réussi à identifier clairement cinq mots : « bonjour », « assis », « non », « couché » et « bien ».

Koshik est un éléphant d'Asie bien particulier du zoo sud-coréen de Everland, à Yongin. Ce pachyderme de 22 ans parvient à prononcer plusieurs mots distincts en coréen. Ce phénomène est d'autant plus surprenant qu'il est spontané. Oh Suk-Hun, vétérinaire du zoo qui est en charge de la santé de Koshik, a étudié la pachyderme en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Vienne, en Autriche, et de l'Université de Jean, en Allemagne. Ses observations sont stupéfiantes : « Koshik entretient des liens sociaux exclusifs avec son soigneur de 19 ans, Kim Jong-Gap. Et nous suggérons, les chercheurs européens et moi-même, qu'il a appris et reproduit les mots pour renforcer les liens de confiance avec Kim ». Le soigneur en question ne dément pas l'hypothèse : « J'ai dormi dans un sac de couchage près de Koshik pendant un mois quand j'ai commencé à m'occuper de lui. Je crois que c'est pour cela que nous sommes proches au point qu'il a commencé à imiter ma voix ». Les prouesses de l'animal ont ainsi fait l'objet de travaux qui ont été publiés dans le numéro du 1er novembre de la revue Current Biology. Pour vérifier la qualité de l'imitation de l'éléphant, Angela Stoeger, de l'Université de Vienne, a passé 47 enregistrements des sons sortis de la bouche de Koshik à 16 Sud-Coréens pour qui l'animal était totalement inconnu.

Ces derniers ont retranscrit les mots qu'ils ont compris, et qui étaient au nombre de cinq : "choah" (bien) et "nuo" (couché), "annyong" (bonjour), "anja" (assis) et "aniya" (non). C'est d'autant plus stupéfiant que les éléphants ne sont pas en mesure d'utiliser leurs lèvres pour donner forme à des sons comme les humains, leurs lèvres supérieures se mêlant à leur nez pour former la trompe. Mais Koshik a plus d'un tour dans son sac : Il forme les mots en enroulant sa trompe et en la plongeant dans da bouche. Et c'est là qu'il place le bout de sa trompe sur sa langue ou son palais pour donner naissance à plusieurs sons, de l'ordre de 120 Hertz.