Ces chercheurs de Caltech identifient 2 régions cérébrales qui vont faire le résultat d'un speed dating et permettre de décider du « potentiel romantique » de quelqu'un en quelques secondes seulement. L'étude publiée dans l'édition du 7 novembre du Journal of Neuroscience, est l'une des premières à étudier ce qui se passe dans le cerveau en cas de décisions rapides à conséquences sociales réelles.

Les psychologues savent que les gens peuvent porter des jugements sur les autres rapidement et à partir d'informations limitées, comme l'apparence, explique John O'Doherty, professeur de psychologie, co-auteur de l'étude. Cependant, on connaît fort peu du mécanisme cérébral des interactions sociales lorsqu'elles peuvent avoir de lourdes conséquences dans la vie. Ces chercheurs de l'Institut de Technologie de Californie (Caltech) ont décrypté une partie du mécanisme neurologique de décision en jeu, dans le speed-dating. Ils nous dévoilent une combinaison de 2 facteurs liés à l'activité de 2 parties distinctes du cerveau. Sans surprise, le premier facteur est l'attractivité physique. Le second facteur, peut-être moins évident, intègre la notion de compatibilité nécessaire chez un partenaire, c'est-à-dire si le candidat répond bien aux critères souhaités. 2 facteurs auxquels correspondent deux régions du cerveau.

Une véritable expérience ...de speed dating

Dans l'étude, 39 volontaires hétérosexuels masculins et féminins ont subi un examen par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) alors qu'ils visionnaient des photos de partenaires possibles. Les participants devaient évaluer en 4 secondes et sur une échelle de 1 à 4, combien ils « désiraient » cette personne. Après avoir ainsi évalué jusqu'à 90 visages, les participants ont recommencé, sans l'IRMf, leur évaluation, cette fois sur les critères d'attractivité et de sympathie et sur une échelle de 1 à 9. Enfin, les bénévoles ont participé à un véritable speed-dating, organisé par sessions de 5 minutes avec quelques-uns des partenaires préférés, signalé ceux qu'ils souhaitaient revoir et reçu leurs coordonnées, si affinité. Les chercheurs constatent que les personnes jugées les plus attractives sont aussi celles qui obtiennent le plus de demandes de RV, mais rien de très surprenant.

Le cortex paracingulaire jauge l'attractivité

Rencontrer quelqu'un qui a été jugé globalement intéressant est associé à une activité dans une région du cerveau appelée le cortex paracingulaire, une région importante du contrôle cognitif et de la prise de décision dont l'activité a déjà été identifiée lorsque le cerveau compare plusieurs options. Une activité cérébrale partagée par l'ensemble des participants, car presque tout le monde considère l'attrait physique lorsqu'il s'agit de jauger un possible partenaire romantique.

Le cortex préfrontal rostromedial jauge l'affinité

Rencontrer quelqu'un qui n'a pas été évalué comme très intéressant ou souhaitable par tout le monde est associé à une activité dans le cortex préfrontal rostromedial, une région située loin à l'avant devant le cortex paracingulaire. Cette région a déjà été associée à l'examen des pensées des autres, aux comparaisons de soi avec les autres et à la perception de ressemblances avec les autres. Cette activation suggère un autre critère, en plus de l'attrait physique, la compatibilité individuelle. Enfin, précisent les chercheurs, la sympathie joue également important « en cas d'égalité de cotes d'attractivité ». En ce qui concerne les résultats de cette expérience de speed-dating? Eh bien, quelques couples étaient encore réunis six semaines plus tard...

Source: Journal of Neuroscience 7 November 2012 doi: 10.1523/​JNEUROSCI.2558-12.2012 Dorsomedial Prefrontal Cortex Mediates Rapid Evaluations Predicting the Outcome of Romantic Interactions