Alors que de nombreux textes dictatoriaux - et, certains l'oublient, applicables sans limite de durée (à la différence de l'article 16 de la Constitution de la Ve République) - sont prêts à fondre sur la tête des Américains (cf. De la dictature en Amérique), une nouvelle affaire se prépare aux États-Unis. En effet, au lendemain de la victoire électorale de Barack Obama, qui a vu près de la moitié du corps électoral s'abstenir, on observe une floraison de pétitions de plus de 30 États fédérés demandant à faire sécession des États-Unis.

Selon les termes juridiques américains, chaque pétition de chaque État fédéré doit obtenir au moins 25 000 voix en l'espace de 30 jours pour obliger l'administration Obama à répondre. C'est déjà chose acquise pour le Texas qui a largement dépassé les chiffres requis. Une telle tendance est révélatrice des mouvements profonds lézardant la société américaine (crise économique et financière, conflits raciaux avec une hispanisation galopante du pays, etc.). Force est de reconnaître que les scores atteints par ces pétitions n'atteignent pas des chiffres mirobolants. Cependant, le fait de pouvoir consulter sur le site de la Maison Blanche la liste des États fédérés souhaitant faire sécession sous la bannière « We the people » n'est pas anodin 1. Pour le moment, nous sommes dans l'ordre du symbolique. Mais quel symbole !

Les signataires de ces pétitions sont variés : du citoyen lambda aux représentants des administrations des États fédérés. Déjà, en 2009, le gouverneur de l'État du Texas, Rick Perry, menaçait de faire sécession et affichait ses idées dans un livre intitulé « Fed up ! Our fight to save America from Washington » (« Ras le bol ! Notre lutte pour sauver l'Amérique de Washington »). Le Texas est à la pointe de ce mouvement et a déjà dépassé les 25 000 voix. Proclamant que la situation économique sous l'égide de Washington est désastreuse, la pétition de cet État du Sud précise que diverses mesures comme le NDAA (textes niant les droits des États fédérés et du citoyen) et le TSA (Transportation Security Administration, texte relatif à la sécurité dans le trafic aérien) violent les droits des Américains 2.

Cette situation est le reflet d'un mal profond. Les mésaventures liées à l'appareil militaire américain (de l'affaire Petraeus à la mort de l'ambassadeur américain à Benghazi) entraînent une valse de démissions parmi les généraux. La « falaise fiscale » va obliger l'État américain à des économies drastiques sous peine de subir une coupe brutale et automatique d'environ 1 000 milliards de dollars au début de l'année 2013. Tout cela s'apparente à une situation digne du Bas-Empire romain. Après tout, comme l'affirmait l'historien Jean-Baptiste Duroselle : « Tout Empire périra. »