Cet article fait suite à JFK : le gladiateur, et est le 3e de la série d'articles consacré à ce grand homme.

L'assassinat de John F. Kennedy ressemble beaucoup aux attentats contre le World Trade Center le 11 septembre 2001. Depuis ce jour terrible, il y a presque 43 ans, il y a eu plus de 2.000 livres écrits sur l'assassinat de JFK. Il y a eu aussi de nombreux programmes de télévision et plusieurs films. Il y a une théorisation et une spéculation sans fin quant à pourquoi John F. Kennedy fut exécuté par ce qui se résume à une équipe de tireurs, en plein jour, au milieu de Dallas au Texas, un jour ensoleillé de novembre. En outre, il y a eu un tas de mythes créés et propagés apparemment pour brouiller les pistes. La seule chose sur laquelle la plupart des partisans des diverses théories peuvent être d'accord est que le FBI et la CIA ont très peu fait pour aider la Commission Warren à résoudre le crime. Cela ressemble beaucoup au Rapport officiel sur le 11/9. Les deux événements ont été traités de la même manière, par « un groupe sélectionné de bureaucrates avec un ordre du jour de mensonges ».

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Comme avec les événements du 11/9, il y a une « histoire officielle » ; dans le cas de Kennedy, c'était le « tireur solitaire » ; dans le cas du 11/9, c'était 19 terroristes improbables dirigés par un cerveau troglodyte. En fait, Ousama ben Laden et Lee Harvey Oswald ont beaucoup en commun: les deux travaillaient pour la CIA.

A la fin, ce qui a gouverné l'Amérique durant les 43 années passées est un gouvernement corrompu qui a pris le pouvoir le 22 novembre 1963, avec un coup d'état qui a fonctionné depuis ce jour jusqu'au but de transformer les Etats-Unis d'Amérique en une machine fasciste pour la Conquête du Monde: le Nouvel Ordre Mondial.

Et qui se trouve au gouvernement ne fait pas de différence : Démocrates ou Républicains. Par exemple, Bill Clinton a nommé cinq érudits pour le « Conseil d'Examen des Assassinats » dont la mission était, en citant le Président John Tunheim, de « convaincre le peuple américain que le gouvernement ne cache pas de documents au public. »

A nouveau ça nous rappelle le 11/9. L'argument clé contre un complot gouvernemental est « comment pourraient-ils garder secret quelque chose comme ça ? »

« Contre l'objection majeure qu'il serait virtuellement impossible de mettre sur pied un complot d'assassinat sans fuites, la réponse est qu'un réseau de complot existant ou un système de réseaux, déjà en place et capable de meurtre, aurait bien moins de difficultés à maintenir la discipline du secret. » - Auteur Peter Dale Scott dans Deep Politics and The Death of JFK (Politique profonde et la mort de JFK - NdT)

Cela est lié directement au problème présenté par Andrzej Lobaczewski dans son livre, Ponérologie Politique : La Science du Mal Appliquée à des Fins Politiques. Dans son ouvrage séminal sur la manière dont le mal monte jusqu'au sommet de toute société et culture, et comment il développe des réseaux ramifiés de manipulation et de contrôle, le problème est adressé en termes de déviance pathologique. Dans toute société, il y a un petit pourcentage d'individus déviants qui cherchent le pouvoir sur les autres. Dans une société, installée comme l'est la société américaine, basé sur l'idéologie capitalistique précédemment décrite de Jean Calvin, ce qui se développe rapidement est un monde « ou l'homme est un loup pour l'homme », et le fait est que les loups déviants font toujours mieux que les loups normaux. Lobaczewski écrit :
Les effets de ce phénomène se font sentir dans la société entière, depuis les chefs jusqu'aux collectifs fermiers, en passant par les villages, villes et usines. La structure sociale pathologique recouvre graduellement le pays tout entier et crée ainsi une « classe nouvelle » dans le pays. Cette classe privilégiée se sent en permanence menacée par « les autres », c'est-à-dire par la majorité des gens normaux. Et les pathocrates ne se font aucune illusion quant à leur sort personnel au cas où il y aurait un retour au système humain normal.

La personne normale privée de tout privilège ou haute position vaque à des tâches qui doivent lui permettre de gagner sa vie; mais les pathocrates ne possèdent jamais de talents pratiques, et le cadre de leur autorité n'inclut aucune possibilité de s'adapter aux exigences du travail normal. Si les lois de l'humain normal devaient être restaurées, ces pathocrates et leur entourage seraient exposés à un jugement, et à une interprétation moralisante de leurs déviances psychologiques; ils seraient menacés de perdre leur liberté et leur vie, et pas seulement leur position et leurs privilèges. Parce qu'ils sont incapables de faire la part des choses, la survivance du système qui leur convient le mieux devient une idée morale. La menace doit être combattue par la ruse psychologique et politique, ainsi qu'une choquante absence de scrupules envers « les autres » qui sont de « classes inférieures ».

En général, cette nouvelle classe a les moyens de faire tomber ses chefs si le comportement de ceux-ci met en péril l'existence du système. Cela peut se produire en particulier si un dirigeant veut aller trop loin dans une compromission avec la société des gens normaux parce que leurs qualifications les rendent indispensables pour la production. Cette dernière situation menace plus directement ceux qui se trouvent aux échelons les plus bas de l'élite pathocratique que les dirigeants.

La pathocratie survit grâce au sentiment d'être menacée par la société des gens normaux ainsi que par d'autres pays où subsistent diverses formes de systèmes humains normaux. Pour les dirigeants, rester au sommet est une question de vie ou de mort.

Nous pouvons formuler la question moins brutalement: est-ce qu'un tel système est capable de renoncer à son expansion politique et territoriale et se contenter de ses possessions du moment ? Que se produirait-il si une telle situation permettait d'assurer la paix intérieure, l'ordre et une relative prospérité de cette nation ? La grande majorité de la population du pays pourrait alors tirer parti de toutes les possibilités émergentes et mettre à contribution ses qualifications particulières pour étendre le champ des activités; grâce à un taux de naissances élevé, son pouvoir peut s'accroître. Cette majorité serait alors rejointe par certains enfants des classes privilégiées qui n'auraient pas hérité de ces gènes-là. La domination de la pathocratie commence alors à s'affaiblir, imperceptiblement mais régulièrement, pour arriver enfin à une situation où c'est une société de gens normaux qui est au pouvoir. Vision de cauchemar pour les psychopathes.

La destruction biologique, psychologique, morale et économique de cette majorité devient dès lors une nécessité « biologique ». De nombreux moyens sont mis en oeuvre pour arriver à ces fins, à commencer par des camps de concentration et une lutte menée avec obstination contre un ennemi bien armé qui affaiblira, anéantira, le pouvoir qui les menace, c'est-à-dire celui qui met en péril la domination des pathocrates. Une fois morts, les soldats sont alors décrétés héros morts pour la patrie, ce qui est bien utile pour éduquer une nouvelle génération fidèle à la pathocratie en place. [...]

L'idéologie doit bien sûr justifier le droit qu'elle s'arroge de conquérir le monde, et doit donc être soigneusement mise au point. L'expansionnisme fait partie de la nature de la pathocratie et non de l'idéologie, mais ce fait doit être masqué par l'idéologie A chaque fois que ce phénomène a été observé au cours de l'Histoire, c'est l'impérialisme qui a été sa caractéristique la plus forte. [Ponérologie Politique]
Martha Rose Crow, dans son article The Nine Stages of American Autogenocide, (Les Neuf Etapes de l'AutoDestruction Américaine) décrit comment les choses fonctionnent dans de tels réseaux. Substituez juste « pathocrate » [individu pathologique qui est monté au sommet à cause de sa nature déviante, qui est généralement génétique et transmise à ses enfants] à « patriarche » quand vous lisez l'extrait suivant:
La décision [de tuer] est faite d'une manière telle qu'on ne peut jamais remonter jusqu'au sommet. A ce jour, aucun papier n'a jamais fait surface pour relier Hitler directement à l'ordre de l'Holocauste.

Au moins 95% de toute communication sont non-verbaux, ainsi le langage se transforme en quelque chose d'autre, quelque chose habituellement de moins concret et plus surréaliste. La communication non-verbale peut devenir (et habituellement le devient) ou évoluer en une ou plusieurs des formes symboliques suivantes: symbolique, sémantique, rhétorique, allégorique, cryptographique, métamorphique, philosophique, psychologique, hypnotique, contrôlant, patriarcale, oppressive, numérologique, occulte, érotique, homoérotique, théologique, prophétique, épiphanique, spirituelle, etc... Beaucoup de messages avec double/triple sens sont tissés/cachés dans ces formes de communications non-verbales.

La plupart des messages... sont convoyés non-verbalement, indirectement ou à travers une tierce personne.

L'ordre est habituellement « innocent » et exécuté de manière indirecte. L'élite est toujours entourée d'hommes des couches sociales supérieures et ces hommes s'inclinent à chacun des mots de leurs maîtres.

L'ordre est habituellement donné dans une atmosphère informelle où vont les ultra-riches. L'ordre peut être donné dans un club, un country club, un fumoir, un restaurant, un sauna, une salle à manger ou une salle de réunion dans une propriété, des toilettes de cadres, sur le parcours de golf (où beaucoup du destin du monde a été décidé durant des décennies), des réceptions « caritatives », des réceptions snobs pour les riches, etc...

Il y a toujours des tiers inférieurs de l'élite à ces endroits, y compris des politiciens, plus des hommes d'affaires et des journalistes. Les hommes de ces groupes supérieurs, plus les médias (qui sont fondamentalement détenus par l'élite) et d'autres convoyeurs de culture sont conditionnés et socialisés pour entendre et obéir aux hommes au-dessus d'eux dans la hiérarchie. C'est la manière dont fonctionnent les patriarcats et c'est comment les patriarches dirigeants diffusent leurs messages.

L'homme d'élite commencera une conversation sur une chose et continuera sur quelque chose d'autre qui mène au « problème ». Après, il fera sa réclamation d'une manière indirecte. Il hésite pendant quelques instants en changeant de posture, puis de ton de voix dans un ton plus autoritaire. Après avoir vérifié en silence et discrètement les réponses des visages des hommes dans la pièce et s'assurer que les bonnes oreilles écoutent, il ajoute plus de puissance à son langage non-verbal: il passe d'un homme à une personne divine quand il commence à parler comme le sage/sauveur du village de type biblique. Bien que charismatique, son langage - verbal et non-verbal - gagne en autorité, donc haut patriarcat. Il est au sommet de la chaîne patriarcale, il doit donc montrer une grande quantité de pouvoir d'une manière réservée, mais apparente.

Après qu'il est sûr que les oreilles mâles écoutent, il commence sa liste de réclamations pour renforcer et justifier sa réclamation initiale. Les oreilles mâles à la table, aux toilettes, au club de golf, country club, salle de conférence, soirée de bienfaisance, etc..., écoutent et attendent la « solution » qui est vraiment un ordre secret dans le monde des hommes.

Puis ça arrive. L'Homme de Pouvoir fera de courtes remarques superficielles, « bénignes » comme, « Quelque chose doit être fait à propos de ça », « Les nombres (statistiques de populations croissantes qui menacent le pouvoir) doivent changer ou "en d'autres temps, ils savaient comment résoudre ça » (ça peut paraître nostalgique, mais c'est un ordre indirect pour résoudre le « problème » en utilisant des méthodes de gouvernement patriarcales classiques, y compris l'autorité patriarcale de la violence). [Martha Rose Crow]
Certainement, c'était exactement ce type de société qui a permis au clan Kennedy de devenir une « puissance » sur la scène politique. Ce fut le père de John Kennedy qui déblaya le chemin dans les rangs des cercles de la haute finance internationale. Il est aussi vrai que John Kennedy a obtenu le poste de la seule manière dont il est possible de l'obtenir dans un tel système: au moyen de la puissance financière et avec l'aide de la Mafia. C'est une certitude que sans le soutien de « l'élite » - et ici nous voulons dire les élites sionistes - il ne serait jamais devenu Président.

Cependant, ce qui est intéressant est le fait qu'il semble que John Kennedy savait ce qu'il faisait - au moins jusqu'à un certain point. Il a utilisé le système et puis, apparemment, a eu l'intention de le changer! Immédiatement après son élection, John Kennedy, avec l'aide de son frère, Robert, attaqua le crime organisé. Il est dit que John Kennedy et le gangster de Chicago Sam Giancana avait la même maîtresse, Judith Campbell Exner. On rapporte aussi que John Kennedy a eu une liaison avec l'épouse de Cord Meyer, un fonctionnaire de haut niveau de la CIA.

Ce qui est intéressant à propos de cela est le fait que le professeur Alfred McCoy nous dit dans son livre The Politics of Heroin, que depuis 1942, la CIA et la Mafia ont travaillé ensemble dans de nombreuses opérations clandestines. On se demande même si les histoires de son comportement avec les femmes apparemment légendaires ne pouvaient pas être un peu exagérées?

En tous cas, John Kennedy a utilisé astucieusement le système pour s'y introduire et ensuite il est clair de ses actions qu'il avait l'intention de le changer, qu'il ne l'aimait pas ou ne l'approuvait pas, et c'est, je crois, pourquoi ceux qui avaient vécu par ce système, avec sa couverture idéologique de « calvinisme », ont décidé qu'il devait partir.

Quand John Kennedy refusa de permettre à la CIA et aux troupes américaines d'attaquer Cuba, résultant dans la débâcle de la Baie des Cochons en 1961, le général Charles P. Cabell, Directeur-Adjoint de la CIA, parcourut Washington en appelant le Président Kennedy un traître!

Maintenant essayons de comprendre ceci: John Kennedy était appelé un traître parce qu'il ne croyait pas à la CIA menant des opérations secrètes dans d'autres pays, renversant d'autres gouvernements, et généralement se comportant illégalement d'un point de vue de personne normale. Gardez aussi à l'esprit que tout ceci était dirigé pour créer un "Nouvel Ordre Mondial" avec l'oligarchie des Etats-Unis en contrôle. Kennedy devait mourir pour que leurs plans viennent à se réaliser. Neuf ans après la mort de Kennedy, les choses étaient bien en route quand Roy Ash, Directeur du Bureau de Gestion et du Budget déclara, « Sous deux décennies, l'infrastructure institutionnelle pour une communauté économique mondiale sera en place. Les aspects de la souveraineté individuelle seront donnés au-dessus d'une autorité supranationale. »

Evidemment, il y a plus à cela qui saute aux yeux immédiatement. Les banquiers internationaux ont contrôlé l'Amérique depuis plus de 100 ans. Le 21 novembre 1933, le Président Franklin Roosevelt déclarait:
« La vérité de la question est, comme vous et moi le savons, qu'un élément financier dans les grands centres possède le gouvernement des Etats-Unis depuis l'époque d'Andrew Jackson. »
Le Président Woodrow Wilson a écrit,
« Il y a un pouvoir si organisé, si subtil, si attentif, si entremêlé, si complet, si persuasif que les hommes prudents préfèrent parler tout bas quand ils en parlent en le condamnant. »
Plus tard, le membre du Congrès Louis McFadden, Président du Comité de la Chambre sur la Banque et la Monnaie a déclaré :
« La Réserve Fédérale est une des institutions les plus corrompues que le monde ait jamais vues. Il n'y a pas un homme à portée de ma voix qui ne sait pas que cette nation est dirigée par les banquiers internationaux. »
Ce cartel de banques internationales est largement juif, mais pas uniquement. Cependant, c'est là où les intérêts d'Israël s'entrecroisent avec les intérêts de la banque que les problèmes arrivent. Michael Collins Piper présente une preuve pour montrer qu'il y avait une grande influence sioniste sur l'assassinat de Kennedy, juste comme il y a beaucoup de preuves d'une grande influence sioniste dans les événements du 11/9.

En aparté, cela nous mène à la considération du rôle de George H. W. Bush dans l'assassinat de John F. Kennedy, et le rôle de son fils dans l'attentat du 11/9 contre le World Trade Center. Considérons ces points :
Bien qu'il ne se rappelât pas quand on lui a demandé, George (Herbert Walker) Bush était à Dallas le jour où JFK a été assassiné.

Bush ment sur le fait qu'il était un fonctionnaire de haut niveau à l'époque de la mort de JFK.

Bush a permis l'évasion d'un terroriste condamné de la prison pour aller travailler pour lui en tant qu'actif secret de la CIA dans l'Iran-Contra.

Bush a relâché un autre terroriste condamné.

Ces deux terroristes étaient présents sur Dealey Plaza le 22/11/1963.

Ces deux terroristes furent condamnés pour avoir tuer 73 personnes en faisant exploser un avion de ligne.

Bush est ami personnel avec un associé proche de ces terroristes condamnés, qui était aussi un participant dans l'Iran-Contra.

Bush a eu un rôle majeur en tant que fonctionnaire de la CIA en structurant/organisant ces terroristes en organisations efficaces.

[Voir: Did the Bushes help to kill JFK? (Les Bush ont-ils aidé à tuer JFK?) pour tous les détails et voir les documents qui impliquent fortement George H. W. Bush dans le complot.]
Maintenant, avec ces seuls éléments, serions nous surpris de découvrir les connexions entre Bush Junior et l'actif/bouc émissaire de la CIA Ousama Ben Laden ? Mais il y a tellement plus!

Considérez cet élément :

Edward R. Stettenius était Secrétaire d'Etat sous Roosevelt et Truman. Il était Président de U.S. Steel avant la Seconde Guerre Mondiale. Son père était le chef du programme fédéral Lend-Lease durant la Première Guerre Mondiale. L'aîné Stettenius travaillait aussi pour J.P. Morgan. Edward R. Stettenius créa la Banque Internationale de Washington, la banque de commerce la plus grande du monde. Il était aussi le premier Américain à servir aux Nations Unies après avoir intercédé fortement pour sa formation. Il était aussi un "mover and shaker" (un supporter direct) du projet de loi pour créer la CIA en 1947 sous l'administration du Président Harry Truman. (Il fut tué mystérieusement en 1949).

Edward R. Stettenius acheta aussi tous les droits au Libéria y compris le drapeau plus les industries minières et du caoutchouc (c'est-à-dire "le pays") au dictateur qui contrôlait la petite souveraineté. Liberian Services, Inc. (« LSI ») de Reston, en Virginie et New-York contrôle toute l'industrie maritime au Liberia.

LSI est une « façade » de la CIA.

En 1963, John F. Kennedy se préparait à amender les statuts du Conseil National des Relations du Travail et divers statuts du Service des Revenus Intérieurs qui empêcheraient des navires sous drapeau étranger d'être exempts d'impôts sur le revenu américains. Ces amendements auraient affecté sérieusement les magnats des flottes du Liberia et les atouts des hommes comme Aristote Onassis. Des milliards de dollars étaient en jeu. Le Président Kennedy fut tué trois jours avant qu'il ne rende publics ces amendements.

Maintenant, retournons à nouveau dans le passé, à Farewell America, pour avoir une meilleure compréhension de l'homme que l'Amérique a perdu ce jour ensoleillé de novembre, il y a 43 ans.

Le Roi
« La seule gloire dans la vie publique est celle qui présage l'avenir et éclaire un chemin à travers la brume du présent. » [Disraeli]
Le sénateur Kennedy gagna les élections présidentielles d'une marge « extraordinairement étroite ». (1) Les Américains blancs et protestants peuvent légitimement prétendre qu'il n'était pas leur Président. Kennedy fut élu avec les votes de 70% des Noirs, 78% des Catholiques et 80% des Juifs, sans parler des femmes. Car quelle femme américaine n'aurait pas voulu être la mère, l'épouse, l'électrice de ce gracieux jeune homme qui, quand il faisait campagne à Boston, invitait les dames à monter sur la plate-forme une par une afin que lui, sa mère et sa sœur puissent avoir le plaisir de faire leur connaissance et prendre le thé avec elles après ça? (2)

Car son père, Joseph P. Kennedy, un des vingt hommes les plus riches des Etats-Unis, plus riche que Rockefeller ou Henry Ford, plus riche que les Juifs, les Harriman ou les Whitney, il n'y avait pas de hasards en politique - uniquement de l'argent et de l'organisation. John Fitzgerald Kennedy voulait devenir Président presque autant que son père le voulait, peu importe la route qu'il devait suivre.

Et il la suivit. Durant la campagne de Kennedy, vous ne pouviez pas faire trois pas sans tomber sur une bannière de Kennedy, un frère de Kennedy ou un employé des Kennedy. Kennedy était vu, Kennedy était entendu, et dans certains cas il était même possible de dormir avec Kennedy. Kennedy parlait plusieurs fois par jour, et tout le monde parlait de Kennedy le reste de la journée. Les Kennedy étaient une nouvelle race de politiciens. Ils avaient autant d'argent, ou plus, que le meilleur des professionnels, et ils développèrent une machine électorale plus puissante et efficace que toute autre auparavant. Si nous devons croire Victor Lasky, le vieux Joe Kennedy a déclaré une fois : « Trois choses sont nécessaires pour gagner une élection. La première est l'argent, la deuxième est l'argent et la troisième est l'argent ». Lasky prétend qu'avec les millions qu'il dépensa pour son fils John, Joe Kennedy aurait pu avoir son chauffeur élu au Congrès. Le bus du sénateur Humphrey ne faisait pas le poids face au Convair de son opposant.

Il y a une certaine vérité dans ces sarcasmes, mais John Kennedy était le seul candidat démocrate qui aurait pu battre Richard Nixon en 1960, quelles que soient les sommes impliquées. A cette époque, John Kennedy avait déjà une connaissance remarquable de la politique, le menu quotidien de sa famille. A sa technique, améliorée par quatorze années au Congrès, il ajouta une foi totale dans sa destinée. Durant la Convention Démocrate, trois candidats arrivèrent presque simultanément à l'aéroport de Los Angeles. Les premiers mots de Stevenson furent : « Je ne veux pas être choisi, et je suis venu presque incognito. » Johnson a dit : « Je suis désolé d'être en retard, mais je viens de voyager dans tout le pays. » Kennedy a déclaré : « Je suis ici pour recevoir la nomination. »

Au Congrès, personne ne pouvait décider s'il était libéral ou conservateur. Membre du Parti Démocrate, il a voté souvent avec Harry F. Byrd, le leader du bloc économique. Son vote en juin 1960 avec le sénateur Williams du Delaware sur une question aussi controversée que l'allocation pour l'épuisement du pétrole était surprenante, mais le projet de loi du sénateur Williams fut rejeté avec une grande marge et on pensait que Kennedy n'employait que des tactiques intelligentes.(3) Il avait voté contre un projet de loi similaire dans le passé, et tout le monde s'est rappelé qu'il avait soutenu les Républicains à la Chambre des Représentants en votant contre le statut d'état pour Hawaï, et contre la censure du sénateur McCarthy. En bref, on disait qu'il était indépendant parce qu'il pouvait se permettre de l'être. L'explication raisonnable satisfaisait même ses plus durs critiques. Il était en termes amicaux avec tout le monde, et en particulier avec le président du comité qui appréciait sa courtoisie et son attention. Il n'était pas aussi expérimenté que le sénateur Anderson ou aussi bon orateur que le gouverneur Clement ou aussi populaire avec les fermiers que Hubert Humphrey, mais il était John Kennedy, le plus bel homme au Sénat, un vétéran de la guerre du Pacifique, le gagnant du Prix Pulitzer. Un autre millionnaire, Henry Cabot Lodge, avait de l'argent, mais pas autant que Kennedy. Le pouvoir des Kennedy pouvait être magique comme l'élection de Edward Kennedy au Sénat en 1962 devait le démontrer.

Le Président Kennedy aurait probablement préféré que son plus jeune frère attende deux ans de plus, mais il se joignit à la pression de la famille et, dans la tradition Kennedy, l'organisation fut mise en mouvement. Il y avait plus dans cette organisation que juste des réceptions à dîner et de belles femmes. Avec un pragmatisme rigoureux, le Brain Trust des Kennedy analysait les problèmes sous la main et déterminait l'action la plus efficace. Le pouvoir des Kennedy était devenu une réalité politique capable de renverser les échelles électorales traditionnelles.

L'Amérique avait connu certainement d'autres dynasties au cours de l'histoire. Il y avait eu les Adams, les Harrison, les Roosevelt et les Taft, mais le pouvoir de ces familles ne se manifestait qu'une seule fois par génération. John Adams fut élu Président à l'âge de 61 ans, et son fils Quincy Adams n'entra pas à la Maison Blanche avant d'avoir 57 ans, et sans avoir joué un rôle réel durant le terme de son père. William Henry Harrison entra à la Maison Blanche à 68 ans, et ne fut suivi que par son petit-fils à l'âge de 55 ans. Les Roosevelt, Théodore et Franklin, n'étaient apparentés que de loin. Comme pour les Taft, ils exercèrent leur pouvoir dans différentes sphères: William Howard fut Président, Robert sénateur, et en 1962 Robert A., Jr. dirigeait seulement la Chambre des Représentants. (4) Cette même année Edward Kennedy, âgé de 30 ans, prit son siège au Sénat. Robert Kennedy, 36 ans, occupait le poste d'attorney général sous son frère John, faisant des Kennedy la plus puissante famille dans l'histoire des Etats-Unis, et probablement dans l'histoire du monde.

Chef de la plus puissante nation dans le monde, commandant en chef de ses forces armées, seul responsable de l'utilisation des armes nucléaires, dirigeant les relations avec plus de cent gouvernements étrangers, distribuant plus de quatre-vingt dix milliards de dollars par an à 2,5 millions d'employés fédéraux, vivant dans une maison à 132 chambres, voyageant dans deux jets ou dans un des dix hélicoptères de sa flotte personnelle, John Fitzgerald Kennedy était l'homme le plus puissant dans le monde.

Les votants aimaient l'idée que John Kennedy soit l'arrière petit-fils du propriétaire d'un bar et acceptaient le fait que son père ait fait fortune comme bootlegger et ait joué avec le marché boursier quand il était ambassadeur à Londres. L'Américain moyen, élevé dans la croyance que la manière dont l'argent est gagné n'a rien à voir avec la moralité, ne voyait rien d'effrayant à propos de cela. La montée des Kennedy était dans la meilleure tradition américaine. Joseph avait été le premier Kennedy à être diplômé de Harvard. Ses fils avaient suivi Choate avant d'entrer à Harvard à leur tour.(5) Ses filles et belles-filles avaient suivi Radcliffe ou Vassar et eurent leur éducation parfaite dans les institutions de jeunes filles de Suisse et de France. Les Kennedy, maintenant mieux équipés que les brahmines les plus respectés de Beacon street,(6) n'étaient plus obligés de se cacher derrière des vitres teintées. Ils étaient dans une position pour déterminer les styles eux-mêmes.

L'Américain travailleur n'aime pas réellement le genre de personnes qui n'ont jamais eu besoin de travailler pour vivre. Le self-made man rejette la notion que l'homme est, dans une grande mesure, le résultat de sa position sociale, et le fait que la richesse d'une famille comme les Kennedy permette à ses fils de se mettre en route à la poursuite du pouvoir sans problèmes financiers, et avec un trésor assez grand pour financer une guerre. Evidemment, cela représente une menace pour la démocratie, qui ne veut rien des vertus des sybarites politiques, et beaucoup d'Américains avaient peur du pouvoir des Kennedy.

Le public n'était pas totalement conscient de ce qui était arrivé quand, le 20 janvier 1961, une nouvelle administration qui était vraiment un nouveau régime prit la main à Washington. Largement inspiré par George Pope Morris, le poète de la Guerre de Sécession, et par Abraham Lincoln, le Discours Inaugural du Nouveau Président fut un des morceaux les meilleurs dans l'histoire de la littérature américaine. Ce long sermon en vers blancs avec des mots-clés qui rimaient fut le coup de tonnerre annonçant la naissance d'un nouvel État. Ce fut l'avènement, pas d'une dynastie, mais de l'intellect.
« Nous observons aujourd'hui non pas une victoire de parti mais une célébration de la liberté - symbolisant une fin autant qu'un commencement. Car j'ai juré devant vous et le Tout-Puissant le même vœu solennel que nos aïeux prescrivaient il y a presque un siècle trois quart.

Le monde est très différent maintenant. Car l'homme tient dans ses mains mortelles le pouvoir d'abolir toutes formes de pauvreté humaine et toutes formes de vie humaine. Et pourtant les mêmes croyances révolutionnaires pour lesquelles nos aïeux se sont battus sont encore en question autour du globe - la croyance que les droits de l'homme ne viennent pas de la générosité de l'état mais de la main de Dieu.

Nous n'osons pas oublier aujourd'hui que nous sommes les héritiers de la première révolution. Que la parole parte de ce moment et de ce lieu, à l'ami et à l'ennemi pareillement, que la torche soit passée à une nouvelle génération d'Américains - nés dans ce siècle, tempérés par la guerre, disciplinés par une paix difficile et amère, fiers de notre ancien héritage - et soient témoins ou permettent à regrets le lent démantèlement de ces droits humains auxquels cette nation s'est toujours engagée, et auxquels nous sommes engagés aujourd'hui dans notre pays et dans le monde.

Que chaque nation sache, qu'elle nous veuille du bien ou du mal, que nous paierons le prix, porterons tout fardeau, partagerons toute épreuve, soutiendrons tout ami, nous opposerons aux ennemis pour assurer la survie et le succès de la liberté.

Cela nous le promettons, et plus.

A ces anciens alliés dont nous partageons les origines culturelles et spirituelles, nous promettons la loyauté d'amis fidèles. Unis, il y a peu que nous ne puissions faire dans une horde d'entreprises coopératives. Divisés, il y a peu que nous puissions faire - car nous osons ne pas partager un défi puissant en désaccord et nous séparer déchirés.

A ces nouveaux états que nous accueillons dans les rangs des libres, nous donnons notre parole qu'une forme de contrôle colonial n'est pas mort simplement pour être remplacé par une tyrannie bien plus dure. Nous ne nous attendrons pas à ce qu'ils soutiennent notre point de vue. Mais nous espérerons toujours les trouver en train de soutenir leur propre liberté - et de nous souvenir que, dans le passé, ceux qui cherchaient stupidement le pouvoir en chevauchant le tigre finissaient à l'intérieur.

A ces peuples dans les huttes et les villages de la moitié du globe luttant pour briser les liens de la misère de masse, nous promettons nos meilleurs efforts pour les aider à s'aider eux-mêmes, pour toute période requise - pas parce que les communistes peuvent le faire, mais parce que c'est juste. Si une société libre ne peut aider les nombreux qui sont pauvres, elle ne peut sauver le peu qui sont riches.

A nos républiques sœurs au sud de notre frontière, nous offrons une promesse spéciale - convertir nos bonnes paroles en bonnes actions - dans une nouvelle alliance pour le progrès - pour aider les hommes libres et les gouvernements libres en enlevant les chaînes de la pauvreté. Mais cette révolution pacifique d'espoir ne peut devenir la proie de puissances hostiles. Que tous nos voisins sachent que nous nous joignons à eux pour faire face à l'agression ou à la subversion partout dans les Amériques. Et que chaque autre puissance sache que cet hémisphère a l'intention de rester le maître de sa propre maison.

A cette assemblée mondiale d'états souverains, notre dernier meilleur espoir en un âge où les instruments de guerre ont dépassé de loin des instruments de paix, nous renouvelons notre promesse de soutien - pour empêcher de devenir un forum pour les invectives - pour renforcer son bouclier du nouveau et du faible - et pour élargir la zone dans laquelle son mandat est valide.

Finalement, à ces nations qui voudraient être notre adversaire, nous offrons non pas une promesse, mais une demande: que les deux côtés commencent de nouveau la quête de la paix, avant que les puissances obscures de la destruction libérées par la science n'engloutissent toute l'humanité dans une auto-destruction planifiée ou accidentelle.

Nous osons ne pas les tenter avec faiblesse. Car seulement quand nos armes sont suffisantes sans le moindre doute nous pouvons être certains sans le moindre doute qu'elles ne seront jamais employées.

Mais deux grands groupes puissants de nations ne peuvent se consoler de notre cours présent - les deux côtés surchargés par le coût des armes modernes, les deux alarmés avec justesse par l'extension de l'atome mortel, pourtant les deux en train de foncer pour modifier cet équilibre de la terreur incertain qui reste la main de la guerre finale de l'humanité.

Donc commençons à nouveau - en se rappelant des deux côtés que la civilité n'est pas un signe de faiblesse, et la sincérité est toujours sujette à preuve. Ne négocions jamais par la peur. Mais n'ayons jamais peur de négocier.

Que les deux côtés explorent quels problèmes nous unissent au lieu d'attaquer ces problèmes qui nous divisent.

Que les deux côtés, pour la première fois, formulent des propositions sérieuses et précises pour l'inspection et le contrôle des armes - et apportent le pouvoir absolu de détruire les autres nations sous le contrôle absolu de toutes les nations.

Que les deux côtés cherchent à invoquer les merveilles de la science au lieu de ses terreurs. Ensemble explorons les étoiles, conquérons les déserts, éradiquons la maladie, explorons les profondeurs des océans et encourageons les arts et le commerce.

Que les deux côtés s'unissent pour prendre garde chez tous les prometteurs de la terre l'ordre d'Isaïe - de 'défaire les lourds fardeaux . . . (et) que l'oppressé parte libre.

Et si une tête de pont de coopération peut repousser la jungle de la suspicion, que les deux côtés se joignent en créant un nouvel effort, pas un nouvel équilibre du pouvoir, mais un nouveau monde de droit, où les forts sont justes et les faibles en sécurité et la paix préservée.

Tout ceci ne sera pas fini dans les cent premières années. Ni ne sera fini dans les premières mille années, ni dans la vie de cette Administration, ni même peut-être dans la vie de notre planète. Mais commençons.

Dans vos mains, mes compagnons citoyens, plus que les miennes, restera le succès final ou l'échec de notre cours. Depuis que ce pays a été fondé, chaque génération d'Américains a été sommée de donner attestation à sa loyauté nationale. Les tombes de jeunes Américains qui ont répondu à l'appel au service entourent le globe.

Maintenant les trompettes nous appellent de nouveau - pas comme un appel pour prendre les armes, bien que nous ayons besoin d'armes - pas comme un appel à lutter, bien que nous soyons au combat - mais un appel à porter le fardeau d'une longue lutte crépusculaire, année après année, 'se réjouissant d'espoir, patients dans les tribulations' - une lutte contre les ennemis communs de l'homme: la tyrannie, la pauvreté, la maladie et la guerre elle-même.

Puissions nous forger contre les ennemis une grande alliance mondiale, Nord et Sud, Est et Ouest, qui puisse assurer une vie plus fructueuse pour toute l'humanité? Vous joindrez-vous à cet effort historique?

Dans la longue histoire du monde, seules quelques générations se sont vues accorder le rôle de défendre la liberté dans son heure de danger maximal. Je ne m'abstiens pas de cette responsabilité - Je l'accueille. Je ne crois pas que quiconque d'entre nous échangerait sa place avec tout autre peuple ou toute autre génération. L'énergie, la foi, la dévotion que nous portons à cet effort illuminera notre pays et tous ceux qui le servent - et la lueur de ce feu peut vraiment illuminer le monde.

Et donc, mes compagnons américains: ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous - demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays.

Mes compagnons citoyens du monde: ne demandez pas ce que l'Amérique fera pour vous, mais ce qu'ensemble nous pouvons faire pour la liberté de l'homme.

Finalement, que vous soyez citoyens d'Amérique ou citoyens du monde, demandez-nous ici les mêmes standards élevés de force et de sacrifice que nous vous demandons. Avec une bonne conscience notre seule récompense sûre, avec l'histoire comme juge final de nos actes, avançons pour mener le pays que nous aimons, en demandant Sa bénédiction et Son aide, mais en sachant qu'ici sur terre, le travail de Dieu doit vraiment être le nôtre. »
Dans le camp ennemi les gens ont écouté, les gens ont lu, les gens ont été émus et quelquefois secoués, mais ils ont préféré dire leur étonnement que le Président Kennedy avait invité surtout des écrivains, des artistes et des scientifiques à l'inauguration - Hemingway, Faulkner, Steinbeck, Pearl Buck, William Inge, Arthur Miller, Thornton Wilder, Tennessee Williams, John Hersey, Robert Frost, Saint John Perse, Alexander Calder, Stuart Davis, Edward Hopper, Ludwigmies Van der Rohe, Eero Saarinen, Paul Hindemith, Igor Stravinsky, Leonard Bernstein, Fritz Reiner, Eugene Ormandy, et un seul journaliste, Walter Lippman. « Il ne reste plus personne à Harvard » devint un sarcasme populaire quand la composition de l'équipe présidentielle fut annoncée. Mais certains riaient à moitié. Dans les mois qui suivirent, l'Amérique, anesthésiée par huit ans sous Eisenhower, se réveillait pour découvrir qu'elle avait un Président avec à la fois un cerveau et un cœur.

Kennedy chercha dans l'histoire du monde les perspectives de l'art de la politique et le rôle qu'il pourrait y jouer. Il présenta ses héros favoris - grecs, romains, anglais, français, allemands, et même américains - au peuple américain. Il déclara, « J'ai lu beaucoup sur la Présidence. Le Président doit être au centre de l'action. Lui seul doit prendre les décisions. »
« Nous devons, je veux, nous voulons... »

« Je ne connais personne qui puisse faire ce métier mieux que moi. »

« Pour rester libre, le monde libre doit montrer plus d'intelligence que le monde non libre. »
Comme Thomas H. Berton, il pouvait réciter soudainement des Géorgiques de Virgile, les Mille et Une Nuits, Hérodote ou Sancho Pança, le Nouveau Testament, les Réformateurs allemands ou Adam Smith, Fénelon ou Hudibras, les rapports financiers de Necca ou les actes du Concile des Trente, les débats qui précédèrent l'adoption de la Constitution ou un discours à moitié oublié d'un membre du Congrès décédé. A Chicago il cita le poète grec Alcaeus. Quand les étudiantes d'une école de filles traduisit son Discours Inaugural en latin parce que le style rappelait celui de Cicéron, il leur répondit en latin (avec l'aide d'un de ses assistants).

La lettre commençait comme suit :

Johannes Filiusgeraldi Kennediensis, Respublicae Presidens, puellis Scholae Daltoni salutem plurinam dicit.

Il citait les Pères Fondateurs, Woodrow Wilson et Justice Holmes, mais il citait aussi Shakespeare, Goethe et Sophocle, et on disait que dans les dîners à la chandelle à la Maison Blanche il lisait Keats et Marlowe, dont personne au Kansas n'avait jamais entendu parler.

Le dialogue verbal abstrait à ses conférences de presse passait souvent au-dessus des têtes du public. Il jonglait facilement avec les salaires des blanchisseuses, le paiement moyen de la Sécurité Sociale, la proportion des diplômés du baccalauréat incapables d'aller à l'université, le nombre de diplômés universitaires en Indiana ou le revenu moyen en Lybie ou au Congo. Il déclarait aussi « qu'il n'est pas nécessaire d'envoyer des astronautes dans l'espace si nos esprits restent sur terre. »

Il se rappelait le pays qui dans la période suivant la Déclaration d'Indépendance et à nouveau durant la Guerre de Sécession, les hommes les plus capables en Amérique, les citoyens les plus éminents, avaient choisi une carrière dans la politique. Depuis la Guerre de Sécession jusqu'à la Dépression et à nouveau après la mort de Roosevelt, ils préféraient aller dans les affaires. Kennedy voulait faire de la politique encore une fois la carrière la plus importante en Amérique.

Il mit des affiches dans le Département d'Etat disant, « Jetez le jargon. Améliorez votre écriture. » Ce qui signifiait: écrivez en anglais. Kennedy lui-même donnait l'exemple, mais beaucoup d'Américains trouvaient ses discours étranges. Ils entendaient dire que la style du Président était inspiré par Gladstone, mais qui était Gladstone? Pour eux, l'anglais était un autre langage, et ce Kennedy intellectuel pensait trop et trop vite. Il coupait les sentiments délicats et les nobles aspirations en une série de fulgurations cabalistiques qui explosaient et s'éteignaient à la vitesse de la lumière. Les gens commencèrent à ressentir que cet homme qui n'arrêtait jamais de penser pensait trop. A l'époque de la frontière de l'Ouest, un homme qui arrêtait de penser était un homme mort. Non seulement Kennedy pensait vraiment, mais sa dialectique était sincère et directe:

Primo, c'est de plus en plus évident.

Secundo, c'est de plus en plus évident.

Tertio...

Dwight McDonald, qui n'a jamais rencontré Kennedy, a écrit:
« Les Américains imaginent souvent que les faits sont des objets solides, concrets et distincts comme des billes, mais ils sont loin de ça. Ils sont plutôt des essences subtiles pleines de mystère et de métaphysique, qui changent de forme, couleur et de sens selon le contexte dans lequel ils sont présentés. Ils doivent toujours être traités avec scepticisme, et le jugement doit être basé sur le nombre de faits qui peuvent être mobilisés en soutien d'une opinion, mais sur une discrimination habile entre eux et l'objectivité avec laquelle ils sont traités pour arriver à la vérité, qui est quelque chose d'entièrement différent des faits, bien qu'il y ait quelque lien entre eux. »
Quand quelqu'un demanda à Kennedy : « Quel genre de Président serez-vous? Libéral ou conservateur ? », il répliqua : « J'espère être responsable. » C'était une réponse extrêmement intelligente, mais guère adaptée à une nation bipartite. Quand De Gaulle lui écrivit au sujet de Berlin : « Sur quel terrain nous rencontrerons-nous ? » Kennedy s'exclama : « N'est-ce pas superbe ! » Il savait bien que dans l'esprit de De Gaulle il n'y avait pas de terrain convenable, mais sa première réaction ne concernait que le style du Général.

L'histoire de l'administration Kennedy sera difficile à écrire parce que presque toutes les discussions du Président avec ses conseillers ou ses visiteurs avaient lieu d'homme à homme, d'esprit à esprit. Il était un intellectuel.

Il n'était pas amical au point que les gens se sentent proche de lui. Sa personnalité était spirituelle et pénétrante, et son langage était aussi direct que le doigt qu'il pointait souvent durant ses conférences de presse. Romain Gary a dit que jamais, en sept ans aux Etats-Unis, il n'avait rencontré un mécanisme cérébral qui fonctionnait autant à la perfection. Il« ne répond pas à votre argument, mais pose immédiatement une autre question. Petit à petit, je sentais comme si je n'étais plus là; il me réduisait à une fonction intellectuelle. Je me sentais à la fois honoré par l'attention excessive accordée à moi-même par le Président des Etats-Unis et un peu stupéfié d'être soumis à cette sorte d'analyse. J'aurais aimé au moins savoir ce qu'il pensait de moi... Après trois heures de conversation, je n'avais aucune idée de quel argument j'avais fait comprendre, quelle idée l'avait impressionné ou convaincu. Il écoutait tout avec une égale attention, mais quand j'ai eu fini, il ne me dit pas sa conclusion et continua sur quelque chose d'autre. Il n'oubliait pas une minute qu'il était Président des Etats-Unis et quoiqu'il m'encourageât à parler comme son égal, l'égalité s'arrêtait là. »

Kennedy a dit à Romain Gary :
« Vos enfants vivent dans des rues comme la rue Anatole France, le boulevard Victor Hugo, l'avenue Valéry. Quand ils sont encore très jeunes ils commencent à sentir l'importance de l'histoire et de la culture. Nos rues ont toutes des numéros. Nous avons assez de grands noms pour les remplacer; Hemingway Square, Melville Boulevard... J'aimerais voir un garçon de douze ans rentrer à la maison et dire à sa mère, quand elle le gronde d'être en retard, "Je jouais au base-ball dans l'avenue William Faulkner." »
Quel homme extraordinaire, intéressé en tout ! Il se levait quelquefois à la levée du jour pour contempler par une fenêtre de la Maison Blanche les balayeurs sur Pennsylvania avenue.

Washington ! Une petite ville endormie sous Truman, l'état-major d'une garnison provinciale à l'époque d'Eisenhower, elle devint sous Kennedy la vraie capitale de la nation. L'Amérique aime que son Président vienne d'une petite ville. « Notre ville » est le siège de la rectitude morale, et ses habitants sont connus pour mener des vies familiales exemplaires. Les Présidents passés des Etats-Unis se sont toujours sentis obligés de vivre simplement et vertueusement. Les Roosevelt étaient aisés, mais Eleanor régnait avec austérité. Les Truman n'avait que le salaire du Président pour vivre, et leurs réceptions n'offraient que des cookies, de la limonade, et une bonne gaieté. Les Eisenhower vivaient modestement en compagnie de quelques anciens amis fatigués. La Maison Blanche n'était pas le centre de la société de Washington qui se rassemblait hebdomadairement à quelques réceptions diplomatiques sans éclat et des réceptions privées ternes, dont les plus à la mode étaient données par quelques vieilles ladies qui étaient devenues les arbitres moraux de la ville, et une fois par an à la Dancing Class.

C'était Washington.

Puis tout changea soudainement. Soudain, Carolyn Hagner Shaw (Callie pour ses amis) dont le Livre Vert avec sa liste de VIPs pouvait faire ou défaire une réputation, se trouva elle-même détrônée. Détrônée également fut Perle Mesta, ancienne ambassadrice au Luxembourg, une hôtesse qui aimait s'occuper de politique. Les épouses des généraux et des sénateurs sur Kalorama Road devinrent soudainement conscientes de leur âge. Quand elles entendirent ce qui se passait à la Maison Blanche, elle se rappelèrent l'Atlanta de Margaret Mitchell, cette ville ouverte qui ne faisait aucun effort pour cacher ses péchés. Elles lurent dans les journaux que Shakespeare et des ballets étaient donnés à la Maison Blanche, où les meilleurs plats et les vins les plus exquis étaient servis tandis qu'un orchestre jouait pendant le dîner.

La société américaine confondait élégance avec extravagance. Pour les matrones jalouses de Washington, l'élégance qui régnait à la Maison Blanche signifiait naturellement un gaspillage d'argent. Elles cancanaient que les Kennedy dépensaient facilement 2.000 $ en nourriture pour une de leurs réceptions, négligeant d'ajouter (ou peut-être ne le savaient-elles pas) que le Président donnait tout son salaire à des œuvres de charité.(8) La couche supérieure de Washington mourrait d'être invitée à la Maison Blanche, mais soit elle n'était pas invitée, soit elle n'était pas invitée automatiquement. Les réceptions de la Maison Blanche - les seules qui comptaient réellement - étaient ouvertes aux invités personnels des Kennedy. Même les "habitants de gratte-ciel" et Mesdames George Garrett, Sidney Kent Legare, John Newbold et Benjamin Thoron (« nous ne sommes pas des snobs dans le sens habituel ») étaient ignorés.

Les grandes ambassades à la mode - la britannique, la française, la chilienne, la mexicaine, la péruvienne - suivaient l'exemple. En donnant préférence sur leur liste d'invitation à ceux déjà honorés par les Kennedy, elles pratiquaient une sorte de ségrégation sociale modelée largement sur celle de la Maison Blanche. C'était un peu comme une cour royale. Seuls les magnats du pétrole, fêtant bruyamment à l'Hôtel Carroll Arms, ne se sentaient pas laissés de côté.

Washington était une nouvelle ville. Certains sénateurs changèrent leurs cravates, et sous l'œil des rationalistes froids de la Nouvelle Frontière, les visiteurs de la Maison Blanche apprirent à ne pas cracher. Les crachoirs, à ce sujet, avaient été enlevés. Les solliciteurs déplacèrent leurs groupes à Miami ou Las Vegas. Si, quand ils s'arrêtaient au Jockey Club, ils remarquaient quelqu'un qui ressemblait à Salvador Dali ou Pablo Casals, c'était vraiment ce « dégénéré » de Dali ou ce « communiste » de Casals. Les habits de la clique de Kennedy venaient de Dior, Balenciaga ou Chanel, et dans leurs habits de Saks de la 5e avenue ou Garfinkels, les femmes les mieux habillées de la ville se sentirent soudainement très provinciales.

« King Jack » et sa cour et la dolce vita à la Maison Blanche étaient sur le bout de chaque langue, et beaucoup de gens sentaient que Sodome et Gomorrhe avaient été détruits pour moins que ça. L'Amérique devint soudain consciente du fait qu'i y avait 72 domestiques dans la Maison Blanche, bien que les Eisenhower en aient eu autant. Est-ce que les Kennedy, ces Kennedy fabuleusement riches, avec leurs limousines, leurs bijoux, leurs longues robes et leur air impassible de riches, auraient oublié que le Président et la Première Dame sont supposés être un exemple de piété, sobriété et respectabilité morale?

Ce livre n'est pas destiné à être une censure de Jacqueline Kennedy, mais tout ce qui est associé avec l'image d'un Président contribue à ses forces et ses faiblesses. Son épouse est destinée à jouer un rôle dans l'histoire. John Kennedy était un homme avec une forte personnalité. Il n'avait pas besoin d'une femme forte. Une épouse de Président assume de nouvelles responsabilités et l'obligation de renoncer à certaines de ses précédentes prérogatives. Le peuple américain, avec son sens commun et ses principes fortement moraux, veut une Première Famille qui soit simple et respectable. Puisque le Président est essentiellement une figure politique, il incombe à la Première Dame de symboliser la famille américaine.

Jacqueline Kennedy était ennuyée par la Maison Blanche. Pour elle, les obligations sociales traditionnelles de la Première Dame n'étaient qu'un ennui. Elle n'aimait pas l'atmosphère de la politique de Washington - les réunions de parti, les clubs de femmes, et la compagnie des femmes des membres du Congrès. Son dédain pour le « tohu-bohu et la vulgarité de la politique » lui valut quelques ennemis puissants. Washington - et même New York - étaient trop petits pour elle. Elle n'était pas faite non plus pour « la citadelle, le refuge imprenable de la famille. »(9) La presse républicaine se référait à elle comme une « princesse du désert », « une beauté aux cheveux bruns », une « nymphe parisienne ».(10)

Rancune et jalousie avaient leur part dans les cancans et les scandales qui circulaient, et continuent de circuler, à propos de l'épouse du Président Kennedy, mais il y a généralement un élément de vérité dans la plus horrible des rumeurs. « Le peuple se trompe quelquefois dans ses applaudissements, mais jamais dans ses huées. » (11) Jacqueline Kennedy avait choisi de vivre « dans la crème de la crème et nager dedans. »(12) et c'est une position incertaine pour l'épouse d'un Président.

Les doutes mènent à la suspicion. En peu de temps, les faux-pas de Jackie occultèrent ses vertus. Sa popularité s'effaça quand son égoïsme et ses indiscrétions devinrent connaissance publique.(13) Les Américains condamnèrent Jackie pour "se donner des airs." Les aristocrates européens, qui dédaignaient la "société des cafés", raillaient son "mauvais genre." Les deux faisaient erreur.

Jacqueline Kennedy avait peut-être une "passion malheureuse pour la noblesse,"(14) mais par-dessus tout elle voulait VIVRE - autant et aussi bien que possible. Tel est le désir de la plupart des jeunes femmes modernes, mais le public américain attend quelque chose de plus de la Première Dame. Les votants avaient rêvé d'une jeune reine avec des idéaux démocratiques. Au lieu de cela, ils eurent une star.

Sa plus grande faute fut probablement de considérer John Kennedy d'abord comme un mari, deuxièmement comme un Kennedy, et jamais comme un Président des Etats-Unis. Elle avait tort.(15) La Constitution Américaine et la tradition de la Présidence n'assigne aucun rôle spécial à l'épouse du Président. Elle doit se reposer sur son bon sens, sa discrétion, et son cœur. Des Premières Dames Remarquables comme Abigail et Louisa Catherine Adams attiraient peu d'attention. Dolly Madison était une beauté ravageuse, et Frances Folsom n'avait que 21 ans quand elle épousa le Président Cleveland, mais toutes restaient dans l'ombre de leur mari et sur les pages intérieures des journaux. La réputation du Président Lincoln fut blessée par les frivolités superficielles de son épouse, mais quand Mary Todd Lincoln mourut folle, l'opinion publique resta indifférente.

La civilisation des communications modernes, avec ses idoles et ses mythes populaires, a tourné les projecteurs sur l'épouse du Président. Une épouse qui peut faire ou briser la carrière d'un citoyen privé a sa part dans la destinée d'un Président. L'énergie, le tact, et l'intelligence de Lady Bird avait fait beaucoup pour Lyndon Johnson. Le divorce et le remariage du gouverneur Rockefeller avaient nui à sa carrière politique. « Jackie » a terni l'image des Kennedy. Ils l'acceptèrent uniquement parce qu'elle était la femme de l'un des leurs. Elle avait volé le cœur de John, et l'avait épousé. C'était la limite de leur affinité. Avec son sang français et (bien qu'elle le nie) juif, son éducation de haute société et son éducation d'institution de jeunes filles, elle était aussi loin de la tradition de la féminité américaine que Pat Nixon ou Ethel Kennedy en étaient proches.

Rancune et envie eurent leur part dans les attaques contre le Président et sa femme. « La calomnie est un ingrédient nécessaire à chaque gloire authentique », (16) et personne, pas même le Président des Etats-Unis, n'est protégé. On a dit que Franklin Delano Roosevelt avait la syphilis et que Eisenhower était un Juif allemand. Les femmes ont toujours été le point faible des Kennedy. « C'est de famille », disaient les gens. Le Président Kennedy aimait se relaxer et il en avait besoin. Un agent des services secrets dont le nom de code était « Dentiste » était en charge des plaisirs du Président.

Le puritanisme est si répandu dans ce monde, et l'hypocrisie si forte, que certains lecteurs seront choqués par ces passages. Mais pourquoi feignons-nous d'ignorer de telles questions, quand elles sont déjà passées dans l'histoire? Pourquoi une nation devrait-elle tolérer un Président politiquement corrompu mais pas un Président physiologiquement normal?

Les passe-temps des grands hommes sont de très peu d'importance. Trop intelligent, trop pressé, travaillant trop, trop enthousiaste, trop généreux, John Kennedy avait aussi trop de vitalité et trop de cœur. L'intérêt national réclame que l'état soit un monstre froid. Les faiblesses et l'hypocrisie de ses citoyens exigent la même attitude d'un chef d'Etat. Kennedy était traité à la cortisone, mais il le cachait du public et il avait tort. Eisenhower avait souffert d'une attaque cardiaque et d'une opération sérieuse, et les détails étaient connus de chaque Américain. Les hommes ordinaires se réconfortent dans les maladies des grands. Kennedy prenait plusieurs bains [thérapeutiques] par jour et dormait sur un matelas en crin de cheval avec une planche de lit, mais il aurait marché s'il avait été à moitié mort. Le peuple ne fait pas confiance à ceux qui ne sont pas comme eux.

Il est difficile d'abolir les préjugés dans ceux dépourvus d'idées. Plus la haine est superficielle, plus elle descend profondément.

NOTES

1. Daily Telegraph.

2. New York Times.

3. Voir Chapitre Onze, « Pétroliers ».

4. Seth Taft, petit-fils de William Howard, a été battu en novembre 1967 aux élections municipales de Cleveland.

5. John fut diplômé en 1940, Robert en 1948, and Edward (avec de l'aide) in 1954.

6. La rue la plus élégante à Boston.

8. Depuis son élection à la Chambre des Représentants en 1947, Kennedy avait toujours donné son salaire et les royalties de ses livres aux oeuvres caritatives. Comme le salaire du Président est de 100.000 $ et son revenu personnel se montait à 400.000 $, ses critiques faisaient remarquer que, après impôt, sa générosité ne lui coûtait que 9.524 $.

9. John Steinbeck.

10. Time magazine, 25 septembre 1963.

11. Richard Cromwell.

12. Porfirio Rubirosa, un playboy international et ami personnel de Jackie.

13. En septembre 1962, George Gallup publia les résultats d'un sondage sur l'image publique de Jackie Kennedy. Entendus par les reporters du sondage de Gallup furent les critiques suivantes:
Voyage trop loin de sa famille
Trop sous le feu des projecteurs
Sa coiffure
Son goût en matière de vêtements
Indigne
Sa voix, la manière dont elle parle
Dépense trop d'argent, gaspille l'argent
Images d'elle dans le journal en maillot de bain
Ne porte pas les vêtements adéquats pour l'église
Trop de vie sociale, réceptions
Aussi entendu: vantardise, hautaine, aime trop l'amusement, inconsciente des gens ordinaires, etc...
14. A plusieurs occasions elle exprima son antipathie pour la Princesse Grace de Monaco, qui est au contraire, un exemple remarquable de noblesse, dignité et simplicité.

La nuit des funérailles du Président Kennedy, sa veuve fit la révérence au Prince Philip d'Edimbourg, qui était venu pour présenter ses condoléances au nom de la Reine Elizabeth. La révérence était tout à fait hors de propos, mais Jackie pensait probablement qu'elle ferait chic. Le Prince Philip fut si embarrassé que de retour à Londres, il fit la remarque pendant une minute qu'il pensait être à la Royal Variety Performance.

15. Le style de vie de Jacqueline Kennedy ne choquait pas tant à cause de son « immoralité » ou son « élégance européenne » qu'à cause de son indifférence aux traditions et règles du gouvernement américain et la politique politicienne de son mari le Président.

Elle engagea Stéphane Boudin, Directeur de Jansen's à Paris, pour redécorer la Maison Blanche. Les nouveaux rideaux, tapis, maroquinerie, lambrissage et même le boisage et certains meubles furent commandés en France, des ateliers de Saint Sabin et des Gobelins en particulier, mais Jacqueline Kennedy s'arrangea pour que les factures soient envoyées de la branche de Jansen's de New York. Il est prohibé pour la Maison Blanche d'acheter du mobilier à l'étranger quand l'équivalent peut être acheté aux Etats-Unis.

Quand elle déclara à la presse en 1962, à son retour d'un voyage en Inde et au Pakistan (un voyage qui fut filmé en couleurs par l'Agence d'Information US pour un coût de 78.104 $) qu'elle avait « laissé pour 600 $ dans un bazar où elle n'avait pas l'intention de dépenser plus de 50 $ », oublia-t-elle que la balance des paiements américaine était de 2.203 $ en déficit, et que le Président Kennedy venait juste de signer un projet de loi limitant les privilèges de libre entrée des Américains retournant de l'étranger à 100$ ?

Quand elle accepta les cadeaux de bijoux présentés à elle par le Président Ayub Khan du Pakistan et le Roi Hassan du Maroc, réalisait-elle que le Pakistan recevait 323 millions de $ d'aides américaines (en 1962), et le Maroc 56 millions de $ (en 1963)? A notre connaissance, ces diamants et émeraudes n'étaient pas dans les objets qu'elle laissa derrière elle, comme la tradition le dicte, quand elle quitta la Maison Blanche.

16. Edmund Burke.

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