Selon Georges Fenech, un gourou fait des prédictions farfelues et anxiogènes, manipule son monde pour l'associer à son délire et lorsque ses prédictions s'avèrent fausses, s'en tire par une pirouette grossière qui satisfait de façon surprenante ses adeptes.

Admirons ce qui s'est passé du côté du microcosme antisectes français ces derniers temps. Depuis plus d'un an, Georges Fenech prédit suicides collectifs et autres drames à Bugarach. Utilisant à outrance une politique de la peur et désinformant ses interlocuteurs, il a rassemblé de multiples acteurs (préfets, maires, journalistes, associations, etc.) autour de cet événement futur pour sensibiliser, agir, éviter une tragédie qui n'allait pas manquer de survenir. Puis le 21 décembre 2012, à part les embouteillages dus aux 250 journalistes qu'il a attirés dans les lieux, auxquels s'ajoutent les forces de l'ordre à cheval ou en hélicoptère, personne n'était au rendez-vous apocalyptique et aucun incident n'a été signalé. Que prétend alors Georges Fenech sur France Inter pour expliquer ce non événement dont il a été un des principaux instigateurs ? Grâce à l'action des pouvoirs publics (c'est-à-dire lui) et des médias, le pire aurait été évité.

La conclusion s'impose : Georges Fenech a l'étoffe d'un « gourou » et les adeptes de son « culte antisectes » ne lui en veulent pas, ils viennent même de le nommer président du groupe d'études sur les sectes à l'Assemblée Nationale en témoignage de leur admiration.

Nous n'utilisons pas le vocabulaire antisectes, même de façon ironique, pour en justifier l'usage, mais parce qu'il nous permet d'illustrer comment Georges Fenech et ses affidés ont fini par « incarner » l'aversion qu'ils expriment quotidiennement, à travers leur politique antisectes, à l'encontre de toute une population. Pourtant, ceux qu'ils appellent avec mépris « les sectes », les « gourous » sont bien plus inoffensifs que les marchands de peur et d'ostracisme de la MIVILUDES et des associations antisectes.

Il reste à espérer, avec une bonne dose d'optimisme, que les médias, la population la plus représentée à Bugarach en ce 21 décembre 2012, tireront une leçon de ce carnaval et de la politique antisectes française qui l'a engendré. Ce serait déjà en soi un petit début de nouveau monde.