Dragonfly
© M. Kieffer/Sott

Des chercheurs de l'Université d'Adelaïde, en Australie, ont découvert un réseau de neurones impliqué dans l'attention sélective chez la libellule. Une capacité qui permet à l'insecte de se concentrer sur une proie en faisant abstraction de toutes les autres cibles potentielles.

Si les libellules n'ont pas le cerveau aussi développé que celui des humains, elles présentent, à l'instar des primates, des cellules cérébrales spécifiques impliquées dans la faculté d'attention sélective. En d'autres termes, ces insectes sont capables de se concentrer sur un objectif précis en faisant abstraction de toutes autres informations qui pourraient les distraire. Une particularité qui, jusqu'à présent, était considérée comme exclue du groupe des invertébrés.

A la base de cette découverte, Steven Wiederman et David O'Carroll, spécialistes en neurosciences de l'Université d'Adelaïde, en Australie. Pour en arriver à une telle conclusion, les chercheurs ont isolé l'activité de neurones permettant l'attention sélective, au sein du cerveau des libellules. Cette opération, réalisée à l'aide d'une sonde en verre, près de 1 500 fois plus petite que la largeur d'un cheveu, permet de suivre les processus neuronaux lorsque les libellules sont confrontées à plusieurs cibles visuelles.

Les résultats, parus dans la revue Current Biology, indiquent que dans le cas où plusieurs informations visuelles sont données aux sujets de l'expérience, les cellules neuronales spécifiques s'activent. Ce processus permet aux libellules de focaliser leur attention sur une proie particulière tout en évitant d'éventuelles distractions. « Une fois que la libellule a choisi un insecte au cœur d'un essaim, ses neurones excluent toutes les autres proies potentielles. Le prédateur se précipite alors droit sur sa cible et l'obtient dans 97 pour cent du temps » explique Steven Wiederman.


Quant aux éventuelles applications dérivant de cette découverte, les chercheurs pensent que leur étude pourrait être utile notamment dans la modélisation robotique. « Nos travaux pourraient être utilisé pour modéliser un système de vision robotique. Parce que le cerveau des insectes est simple et accessible, les travaux futurs pourraient nous permettre de mieux comprendre le réseau de neurones sous-jacent et le copier sur des robots intelligents » conclut Steven Wiederman.