restes humains
© Jose Castañares/AFP

Une nouvelle technique permettant de déterminer avec une très bonne précision la couleur des cheveux et des yeux d'un individu à partir d'échantillons d'ADN peut également être appliquée à des restes humains très anciens, selon une étude publiée lundi.

Une équipe de chercheurs polonais et néerlandais, qui a récemment développé le système HIrisPlex pour l'analyse médico-légale, a montré que ce système était suffisamment robuste pour être utilisé avec succès sur des échantillons anciens et dégradés, tels que des dents et des os datant jusqu'à 800 ans.

Ce procédé identifie 24 variations génétiques qui peuvent être utilisées pour déduire la couleur des cheveux et des yeux.

« Ce système peut être utilisé pour résoudre des controverses historiques pour lesquelles on manque de photographies en couleurs ou d'autres documents », a expliqué le Dr Wojciech Branicki, du département de médecine légale de l'université Jagiellonian, à Cracovie, qui a dirigé cette étude en collaboration avec le Pr Manfred Kayser, de l'Université Erasmus de Rotterdam.

HIrisPlex a ainsi pu confirmer que le général Wladyslaw Sikorski, Premier ministre du gouvernement polonais en exil, décédé dans un accident d'avion en 1943, avait les yeux bleus et les cheveux blonds, comme le montrent des portraits peints des années après sa mort. Il n'existe pas de photographies couleur du général.

Il a aussi permis d'attribuer des cheveux blond foncé/bruns et des yeux marrons à une femme inconnue enterrée dans la crypte de l'abbaye bénédictine de Tyniec, près de Cracovie, entre le XIIème et le XIVe siècles.

Pour les échantillons les plus anciens et les plus dégradés, le système permet seulement de prédire la couleur des yeux.

Cette étude est publiée par la revue spécialisée Investigative Genetics.