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© Eric Gaillard/Reuters

Le Samu social de Metz, chargé de gérer les hébergements d'urgence, attribue en priorité les places disponibles aux Français et aux demandeurs d'asile, a dit vendredi la préfecture de Moselle, confirmant la teneur d'un reportage diffusé par RTL.

Dans ce reportage, un groupe de Roumains qui téléphone au « 115 », à la recherche d'une place pour la nuit, se voit répondre qu'il n'y en a plus de disponible pour eux.

« Le problème, c'est qu'on les attribue aux personnes de nationalité française et aux demandeurs d'asile pour le moment », répond l'interlocutrice de l'association Relais, qui gère le Samu social à Metz.

Un porte-parole de la préfecture de la Moselle a confirmé cette règle à Reuters tout en précisant qu'elle permet en théorie de régler « 99% des cas ».

« Les Roms ne font partie ni de l'une, ni de l'autre catégorie », convient-on de même source, en précisant que la recherche d'une solution reste néanmoins « inconditionnelle » pour tous.

Les 1.100 places d'hébergement d'urgence disponibles dans le département ne seraient pas encore totalement saturées, selon la préfecture, contrairement à ce qu'affirme Denis Maciazek, porte-parole du Collectif mosellan de lutte contre la misère.

« Il y a plus de cinquante personnes ce soir, par des températures très basses, qui dorment dehors avec des enfants », dénonce-t-il, dans le reportage de RTL.

La préfecture affirme de son côté n'avoir comptabilisé jeudi soir à Metz que quatre Roumains sans hébergement et qui n'en souhaitaient pas.

« Ou on s'est trompé, ou il y a eu manipulation », dit-on du côté de l'Etat.

Contacté par Reuters, le directeur de l'association Relais, Michel Gocel, a dit ne plus vouloir parler aux médias. « On n'a jamais refusé de communiquer, mais là, je trouve ça lamentable », a-t-il justifié.