Cargo Atlantic Cartier_Hambourg
© en.wikipedia.org/DanicaLe cargo Atlantic Cartier dans le port de Hambourg

Le 1er mai dernier, un navire prend feu dans le port de Hambourg, dans le Nord de l'Allemagne. C'est seulement deux semaines plus tard, le 14 mai, que les autorités révèlent ce que contiennent les cales du cargo, l'Atlantic Cartier : des chargements de voitures, d'où le feu est parti, et... trente-trois conteneurs de matériaux nucléaires et d'explosifs [1]. Dont neuf tonnes d'uranium et près de quatre tonnes de munitions !

À la suite d'une requête d'un élu écologiste, la municipalité a admis qu'il y aurait eu, en cas de propagation de l'incendie à ces conteneurs, « un danger pour la santé de la population et pour l'environnement », tout en ajoutant qu'« un tel développement n'a pas eu lieu grâce à l'intervention rapide des pompiers ».

Trois cents pompiers se sont démenés sur le cargo en feu et ont dégagé les trente-trois containers dangereux avant de parvenir, au bout de quinze heures, à éteindre l'incendie. La catastrophe a été évitée de peu. D'autant que des milliers de personnes étaient réunies à moins d'un kilomètre de l'incendie pour l'ouverture du Kirchentag, la plus grande manifestation de l'église protestante du pays.

Plus d'une centaine de cargos chargés de matériaux radioactifs passent par le grand port allemand chaque année. Hambourg est aussi la deuxième ville d'Allemagne, avec deux millions d'habitants. C'est un peu comme si les trains français de transport de combustibles nucléaires passaient par Paris ou Lyon. « Un port qui se trouve au milieu d'une ville avec des millions d'habitants est l'endroit le moins approprié pour le transbordement de matières radioactives », juge Jochen Stay, le porte-parole de l'association antinucléaire Ausgetsralht, qui exige l'arrêt des transports de matériaux radioactifs à Hambourg.

Notes

[1] Lire ici, en Allemand.