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Comète de 1532

Ce matin, je feuilletais un livre nouvellement arrivé : « Comet/Asteroid Impacts and Human Society » (Les impacts des comètes/astéroïdes et la société humaine), publié par la distinguée maison d'édition scientifique Springer, édité par Peter T. Bobrowski et Hans Rickman. Ce livre est une collection d'articles scientifiques présentés à un atelier sous l'égide du Concile International pour la science. Dans l'introduction, nous lisons :
Le Concile International pour la science a reconnu récemment que les implications sociétales (sociales, culturelles, politiques et économiques) d'un impact de comète/astéroïde sur la Terre justifie une considération immédiate de tous les pays du monde.
Et bien ! Pensiez-vous une chose pareille ? Voulez- vous dire qu'il n'y a pas que nous ici à SOTT (et quelques autres sur le net) qui suivent à la trace le nombre croissant de Boules de feu et de météorites qui suggèrent que nous traversons une zone assez dangereuse de l'espace, ou que peut-être un cataclysme se prépare ?

Oui, cela semble être le cas. Dans le chapitre intitulé « Perspectives sociales sur les risques d'impact de comète/astéroïde (CAI) : Autorité technocratique et géographie de la vulnérabilité sociale », nous lisons :
Jusqu'à tout récemment, la recherche sur les risques de comètes et d'astéroïdes était concentrée sur l'établissement de l'échelle et de l'étendue des impacts passés, les estimations crédibles de leur récurrence, et les modèles de scénarios d'impacts physiques... Les risques de CAI se sont déplacés bien au-delà du monde de la spéculation et des visions apocalyptiques non fondées. Les résultats représentent bien plus que quelques découvertes nouvelles. Ils révolutionnent, ou sont sur le point de révolutionner, quelques croyances de base au sujet de la Terre, son histoire, son évolution biologique et son avenir. Bien que la vie humaine n'ait occupée qu'une minuscule place dans l'histoire jusqu'à présent, notre sort à long terme semble être défié par ces forces et peut être décidé par elles.
Sans plaisanter.

Dans un chapitre intitulé « Science sociale et objets géocroiseurs (NEO) : un inventaire des problèmes », nous lisons :
Il aurait été ridicule, il n'y a pas si longtemps, d'admettre ouvertement que vous pensiez aux astéroïdes et aux comètes impactant la Terre. De tels événements pourraient signifier la fin du monde comme nous le connaissons - « TEOTWAWKI »1 comme l'appellent les millénaristes - et ce genre de conversation est souvent ridiculisé...

Les gens respectables réfléchissent aux problèmes. Par exemple, S. Pete Worden, Brigadier général dans l'US Air Force et directeur adjoint pour le quartier-général de commandement et de contrôle au Pentagone, a révélé croire que « nous devrions prêter plus d'attention aux objets du type 'Tunguska » - des « objets » de 100 m d'envergure environ qui peuvent frapper jusqu'à plusieurs fois par siècle avec la capacité de destruction d'une arme nucléaire. »
J'ai localisé les commentaires du Général et ils sont maintenant dans la base de données de SOTT. Il semble que le texte ci-dessus ne rassemble pas toutes les révélations du général . En fait, il déclare tout à fait sans équivoque :
Je peux montrer aux gens des preuves de frappes réelles infligeant des dommages locaux et régionaux il y a moins d'un siècle. Encore plus convaincants sont les fréquentes détonations du niveau de la kilotonne que nos premiers satellites d'alarme enregistrent dans l'atmosphère. ... À l'intérieur de la communauté spatiale des États-Unis, émerge un souci grandissant au sujet de la « conscience situationnelle spatiale. »
Le général écrivait cela en 2000. « Il y a moins d'un siècle. » Cela se situerait donc après 1900. Il a révélé qu'il y avait eu des « frappes réelles infligeant des dommages locaux et régionaux » depuis 1900 ?!

Ai-je manqué quelque chose ? Avons-nous tous manqué quelque chose ?

Nous reviendrons là-dessus assez tôt. Je ne voulais pas vous parler de cela aujourd'hui. Aujourd'hui, je voulais reprendre là où nous nous étions quittés la dernière fois, à la fin de la Guerre de Cent Ans. (cf « Guerres, pestilence et sorcières » sur le site de « Futur Quantique », 1er article d'une série de 5, commençant par « Tir au pigeon cosmique »)

Dans les précédents épisodes de cette série d'articles nous avons regardé comment la Peste Noire fut probablement une période de bombardements de fragments cométaires aboutissant à une multitude de décès à une échelle inimaginable. Dans le monde d'aujourd'hui, l'équivalent serait deux, peut-être trois milliards d'individus sur toute la planète et également la plupart des animaux. Rien que le fait de se représenter ce que l'humanité devrait faire pour se débarrasser de tous ces cadavres est effrayant, sans parler de savoir comment la société survivrait. La Peste Noire ne fut au reste nullement respectueuse du rang social : les élites moururent proportionnellement aux masses des gens ordinaires. Cela a quelques implications intéressantes concernant la manière dont les élites considèrent le sujet maintenant, mais c'est encore une chose sur laquelle nous reviendrons une fois que nous aurons regardé les preuves.

Dans notre discussion sur la Guerre de Cent Ans, nous avons appris qu'elle fut l'objet de grandes manoeuvres de dissimulation une fois terminée, et ce principalement pour rétablir le contrôle religieux des masses parce que le contrôle religieux a bien sûr toujours été le bras droit des princes et des gouvernements.
Dans la mesure où la croyance populaire sur l'infécondité continue pendant de nombreuses années était causée par les sorcières du fait de la malice du Diable, tout le pays se souleva pour exterminer les sorcières. Ce mouvement fut promu par beaucoup de gens au pouvoir, qui espéraient s'enrichir par la persécution. Et ainsi, de tribunal en tribunal dans les villes et villages de tout le diocèse, accoururent des accusateurs spéciaux, des inquisiteurs, des notaires, des jurés, des juges, des gendarmes, traînant au procès et torturant des êtres humains des deux sexes et les brûlant en grand nombre. Peu d'entre eux échappèrent au châtiment. Même les dirigeants ne furent pas épargnés dans la ville de Trèves : ce fut le cas du juge, de deux bourgmestres ainsi que de plusieurs conseillers et juges adjoints, des chanoines de diverses églises collégiales, de prêtres de paroisse, de doyens ruraux, qui furent balayés dans cette destruction. Ainsi, pendant longtemps, la folie de la populace furieuse et des tribunaux pour le sang et le butin alla si loin, que rares furent les personnes qui sortirent indemnes de quelque soupçon de crime durant cette période.

Entre temps, notaires, copistes et aubergistes s'enrichissaient. Le bourreau chevauchait un cheval de race, comme un noble de la cour, et allait revêtu d'or et d'argent ; sa femme rivalisait avec les nobles dames dans la richesse de ses habits d'apparat. Les enfants des condamnés et des châtiés étaient envoyés en exil ; leurs biens étaient confisqués ; laboureurs et vignerons firent faillite, provoquant l'infécondité. Une pestilence plus terrible ou un envahisseur plus impitoyable ne pourrait guère avoir plus ravagé le territoire de Trèves que cette inquisition et persécution sans limite : il y avait de nombreuses raisons pour douter que tous fussent réellement coupables. Cette persécution dura plusieurs années ; et ceux qui présidaient l'administration de la justice exultaient devant la multitude de bûchers, sur lesquels au moins un être humain avait péri par les flammes toujours avides de victimes, . Les gens s'enfoncèrent dans la pauvreté, des lois furent promulguées et appliquées, restreignant les frais et taxes des examens et examinateurs, et soudain, comme quand les fonds pour la guerre manquent, le zèle des persécuteurs s'éteignit. (Burr : Linden, « Gesta Trevirorum » (de son manuscrit dans la bibliothèque de la ville de Trèves.) Latin. Imprimé dans « Historia Trevirensis diplomatica » (iii, p. 170, note) de Hontheim et dans le « Gesta Trevirorum » de Wyttenbach et Muller. Voir ce lien pour des récits et des détails de première main sur la persécution des sorcières.)
En effet, la question qui mena à la persécution des sorcières était religieuse : Comment un monde créé par un Dieu attentif, bienveillant et engagé pouvait-il tolérer un tel gâchis ? Répondre à la question mena à une industrie croissante de personnes et d'institutions traitant de la mort et la destruction. Nous voyons nombre de ces cas dans notre monde aujourd'hui : « l'industrie de la sécurité » prospère dans la mythique « War on Terror. »
La Réforme divisa l'Europe en régions protestantes et celles loyales au Pape, mais les protestants prirent tout autant au sérieux le crime de sorcellerie que les catholiques - et sans doute encore davantage - . L'Allemagne, avec des querelles sectaires fréquentes, vit les plus grands taux d'exécution de sorcières de l'Europe - plus élevé que ceux de tout le reste du Continent combinés ensemble. L'hystérie des sorcières balaya la France en 1571 après que Trois-Échelles, un accusé de sorcellerie de la cour de Charles IX, ait annoncé au tribunal qu'il existait plus de 100 000 compagnes sorcières rôdant dans le pays. Les juges répondirent à la panique résultante en annulant, pour ceux accusés de sorcellerie, la plupart des protections dont les autres accusés bénéficiaient. Jean Bodin dans son livre de 1580, « On the Demon-Mania of Sorcerers », ouvrit la porte à l'utilisation du témoignage d'enfants contre leurs parents, ainsi qu'à l'utilisation de pièges, et instruments de torture. (« A Brief History of Witchcraft Persecutions before Salem ») (Une brève histoire des persécutions de sorcières avant Salem)
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Le Pape Innocent VIII

Bien sûr, le problème réside dans le fait que les cibles principales de ces persécutions soient précisément ceux qui parlent des calamités en faisant remarquer que les fois religieuses sont des échecs évidents ; et qu'il serait peut-être plus logiquede considérer le monde rationnellement et scientifiquement. De tels individus doivent être accusés d'êtres des sorciers ou d'appartenir à des « sectes » et être mis au silence parce qu'ils menacent les fondements mêmes de la civilisation occidentale, l'uniformisation et le contrôle fasciste de l'humanité par ses dirigeants.

Nous savons de quoi nous parlons de première main ! Jetez un coup d'œil à « The Disappeared: SOTT.net and Google's conspicuous omissions » (Les disparus : SOTT.net et les omissions manifestes de Google) et puis intéressez-vous à la diffamation entreprise par les chasseurs de sorcières modernes : « Laura Knight Jadczyk's Cassiopaea Cult ». Nous nous demandons combien de temps cela prendrait aux spécialistes des psy-ops pour mettre sur pied une attaque du genre 11 septembre contre nous. Comme je le commentais hier, nous devons vraiment effrayer les pouvoirs en place, sinon on ne gaspillerait pas tant d'efforts pour essayer de nous museler, nous supprimer, et à défaut, nous diffamer.

Mais revenons au sujet en question. (Tant qu'à être diffamé, autant l'être en disant TOUTE la vérité !) Dans le rapport narratif de Victor Clube financé par l'USAF et Oxford, la prochaine période importante de calamité cométaire fut la Guerre de Trente Ans. Examinons une courte chronologie juste pour nous orienter.

1337 à 1453 - Guerre de Cent Ans
1347/48 - 1351 - Peste Noire (incluse dans la période de la Guerre de Cent Ans)
1400 - Renaissance (commence quand la Guerre de Cent Ans se termine)
1431 - Jeanne d'Arc est brûlée sur le bûcher comme sorcière (incluse dans la période de la Guerre de Cent Ans)
1484 - Le Pape Innocent VIII annonce que les satanistes en Allemagne se réunissent avec des démons, jetant des sorts qui détruisent les récoltes, et provoquent des avortements.
1486 - Le « Malleus Maleficarum » est publié.
1500 - La persécution des sorcières commence.
1515 - Éclatement de l'hystérie de la sorcellerie, avec le commencement des exécutions massives consécutives
1591 - Le roi Jacques autorise la torture des sorcières suspectées en Écosse
1600 - Fin « officielle » de la Renaissance
1606 - Représentation du « Macbeth » de Shakespeare
1616 - Commencement de la Guerre de Trente Ans
1642 - Commencement de la Guerre civile anglaise
1643 - La plus grande chasse aux sorcières de l'histoire de France commence. Durant deux ans, il y eut au moins 650 arrestations rien que dans le Languedoc. La même période fut celle d'une intense chasse aux sorcières en Angleterre, quand la Guerre civile créa une atmosphère de troubles qui alimenta la traque, surtout sous Matthew Hopkins.
1648 - Fin de la Guerre de Trente Ans
1651 - Fin de la Guerre civile anglaise
1660 - Fin de la persécution des sorcières - L'Europe vit l'exécution de 50 à 80 000 sorciers et sorcières suspectées. Environ 80% des victimes étaient des femmes. Les taux d'exécution varièrent grandement selon le pays, d'un maximum de 26 000 en Allemagne à environ 10 000 en France, 1 000 en Angleterre, et seulement quatre en Irlande. Les taux de mortalité inférieurs en Angleterre et en Irlande sont dus en partie à de meilleures procédures de mesures préventives dans ces pays pour les accusés ( cf. « Guerres, pestilence et sorcières », article précédant)
1682 - L'Angleterre exécute sa dernière sorcière, Temperance Lloyd, une femme sénile de Bideford. Sir Francis North, président de la cour suprême, un critique passionné des procès de sorcellerie, enquêta sur le cas de Lloyd et le dénonça comme une farce. La chasse aux sorcières passa d'un côté de l'Atlantique à l'autre, avec l'éclatement de l'hystérie à Salem en 1692.

Je ne suis pas sûre de la raison pour laquelle la Renaissance est sensée se terminer en 1600, il me semble plus logique qu'elle ait pris fin lors de la Guerre de Trente Ans . Mais, peu importe, c'est la période sur laquelle la majorité des érudits s'accordent.

La Guerre de Trente Ans dura de 1618 à 1648, principalement sur le territoire de l'Allemagne actuelle, et concerna la plupart des puissances européennes majeures. Elle commença comme un conflit religieux ostensible entre protestants et catholiques et se développa graduellement en une guerre générale impliquant une grande partie de l'Europe, reliée à la rivalité entre la France et la dynastie des Habsbourg pour la prééminence en Europe, qui aboutit plus tard à une guerre directe entre la France et l'Espagne.

Notes à méditer : La Guerre de Trente Ans couvrit une grande partie du règne de Louis XIII (1610-1643). Galilée vécut de 1564 à 1642. De nombreux adhérents à la religion cathare, fuyant une inquisition papale lancée contre leurs soi-disant hérésies en France, avaient émigré en Allemagne et en Savoie. Ceci peut avoir été à l'origine du conflit religieux initial. En fait, le catharisme pourrait même avoir alimenté la Réforme protestante.

La Guerre de Trente Ans utilisa à grande échelle des armées de mercenaires, et on dit que ces tueurs engagés dévastèrent des régions entières, laissant les habitants, souffrir de famine et de maladies qui décimèrent la population sur de vastes territoires. Cela affecta principalement les États germaniques et dans une moindre mesure, les Pays-Bas et l'Italie. Au même moment, cela mit en faillite de nombreuses puissances gouvernementales impliquées. Cela ressemble beaucoup à ce qui se passe aujourd'hui, n'est-ce pas ?

La Guerre civile anglaise, qui commença aux environs de la 25ième année de la Guerre de Trente Ans (et commençait à manquer de force et de personnel), consista en une série de conflits armés et de machinations politiques qui eurent lieu entre les parlementaires (connus comme les Têtes rondes) et les royalistes (connus comme les Cavaliers).

La question est : trouvons-nous des mentions de comètes ou autres phénomènes astronomiques étranges au cours de cette période ? Il se trouve que oui.

David Herlicius publia en 1619 un discours sur une comète qui est apparue brièvement auparavant, en 1618, et énuméra les calamités que cette comète, et les comètes en général, apportent avec elles ou présagent :
Dessiccation des récoltes et stérilité, pestilence, tempête de vents violents, grandes inondations, naufrages de navires, défaites d'armées ou destruction de royaumes...décès de grands potentats et érudits, schismes et dérives dans la religion, etc. Les présages des comètes ont trois aspects - une partie naturelle, une partie politique et une partie théologique. [William Whiston and the Deluge]
Le dix-septième siècle fut témoin de nombreuses observations de comètes incluant celles de 1618, 1664, 1665 et 1667. Les investigations menées au sujet de ces comètes produisirent un nombre conséquent de textes scientifiques comprenant « An Astronomical Description of the Late Comet » (Une description astronomique de la dernière comète) (1665) de Samuel Danforth, le traité « De Cometis » (1665) de John Gadbury, et le rapport à la Société Royale « Cometa » (1678) de Robert Hooke. Ces comptes rendus complétèrent les recherches précédentes de Brahe et Kepler et aidèrent à élargir la compréhension technique émergente de ce phénomène cosmique particulier.

Une autre référence : « Cette année (1618) apporta trois comètes brillantes. »

Concernant Kepler : Ses observations des trois comètes de 1618 furent publiées dans « De Cometis », à la même époque que « Harmonice Mundi » (Augsbourg, 1619).

Ma recherche de sources directes donnant des preuves d'événements inhabituels de cette époque a été plutôt frustrante. J'ai trouvé que les personnes lisant les documents originaux étaient des érudits se réfèrant généralement aux descriptions du temps comme étant des hyperboles ou plus ou moins des métaphores « religieuses », il est donc frustrant de trouver que ces passages réels soient cités dans la langue d'origine - généralement en allemand. Pour ne pas être stoppée dans mes recherches, j'ai envoyé le texte à un ami allemand de SOTT et il m'a renvoyé rapidement une traduction.

Dans le journal « German Life and Letters » 54 :2, Geoffrey Mortimer publia un article intitulé « Style and Fictionalisation in Eyewitness Personnel Accounts of the Thrity Years War » (Style et fictionalisation dans les récits personnels de témoins de la Guerre de Trente Ans). Il écrit :
Les comptes rendus personnels de témoins de la Guerre de Trente Ans sont intéressants, non seulement pour leur contenu évident, mais aussi comme exemples de la manière dont le procédé d'écriture lui-même peut façonner à la fois le texte résultant et la signification que le lecteur peut en déduire. Les techniques adoptées, probablement inconsciemment, par les auteurs cherchant à donner force et argument à leurs récits, appelés collectivement ici « fictionalisation », ajoutaient aux problèmes bien connus des témoignages oculaires pour évaluer la validation historique de telles sources.
Nous allons voir que M. Mortimer n'a pas lu apparemment l'ouvrage de Victor Clube ! Il continue à expliquer sur plusieurs pages que les gens qui écrivirent ces comptes rendus étaient majoritairement de simples individus qui n'avaient pas de prétention littéraire, et les ouvrages eux-mêmes n'étaient à considérer que comme des journaux personnels ayant vocation à transmettre des souvenirs de familles. Un point qu'il déclare écrit pour créer l'impression désirée, peut-être au prix de la stricte précision représentative est le suivant :
À cause de la guerre, la pestilence, l'augmentation des prix et la famine, notre peuple est réduit à un tel niveau qu'il sera difficile à nos descendants d'y croire.
Nous devons garder à l'esprit la signification du mot « pestilence » comme nous en avons déjà discuté dans une partie antérieure. Jon Arrizabalaga, dans son article inclus dans « Practical Medicine from Salerno to the Black Death » (Médecine pratique de Salerne à la Peste Noire), discute de l'étiologie de ce mot et comment il était compris par les gens de l'époque.

Il écrit :
L'accent mis sur les causes célestes de la « pestilence » étudiée ici par les différents médecins varia énormément. ... En 1340, Auguste de Trente, un moine ermite de St Augustin, justifia avoir écrit un ouvrage médical et astrologique sur la « pestilence des maladies » se produisant partout en Italie, à cause de l'ignorance des médecins sur les causes des maladies. Ce fait fut interprété par lui comme « une erreur pestilentielle impliquant de nombreux médecins », et il jeta le blâme sur leur « ignorance de l'astronomie ». ...

Des travaux effectués dans d'autres régions géographiques attribuèrent un rôle plus pertinent aux causes célestes dans la genèse de la « pestilence ». ...

Jacme d'Agramont ...n'a rien dit concernant le terme épidémie, mais il développa considérablement ce qu'il entendait par « pestilencia ». Il donna à ce dernier terme une étymologie très particulière, en accord avec une forme de connaissance établie par Isidore de Séville (570-636) dans son « Etymologiae », qui vint à être largement acceptée dans toute l'Europe au cours du Moyen Âge. Il découpa le terme pestilencia en trois syllabes, chacune ayant une signification particulière: « Pes » pour tempesta : « orage, tempête » ; « te » pour « temps » ; « lencia = clardat » pour « éclat, lumière ». Il en conclut par conséquent que la pestilence était « la période de tempête causée par la lumière des étoiles. »
Ainsi nous avons une meilleure idée de ce que notre chroniqueur allemand voulait dire quand il disait :
À cause de la guerre, la pestilence, l'augmentation des prix et la famine, notre peuple est réduit à un tel niveau qu'il sera difficile à nos descendants d'y croire.
En page 5 (101) de l'article de Mortimer, nous lisons qu'un jeune officier au moment du sac de Magdebourg en 1631 écrivit dans ses mémoires :
[Un] grand vent de tempête reprit, la ville était enflammée dans tous les endroits possibles, de telle sorte que même une petite aide (secours) rendait service (appréciée) ... puis je vis toute la ville de Magdebourg, excepté la cathédrale, le monastère et le Nouveau marché, réduite en tisons et en cendres, incendie qui fit rage durant seulement 3 heures ou 3 heures et demi, d'où je déduisis l'étrange omnipotence et punition de Dieu.
« Un « grand vent de tempête » et une ville qui fut « enflammée » en entier d'un seul coup, et fut réduite en cendres en 3,5 heures ? Peut-être le lecteur voudra-t-il revenir en arrière et relire la description de la manière dont une explosion cométaire en altitude se manifesterait, citée au début de l'article précédent, « Guerres, Pestilence et Sorcières ».

Notez la date de l'événement ci-dessus : 1631. Il se trouve qu'il y se produisit d'autres évènements mystérieux sur la planète à cette époque. Dans son livre « Comets and Popular Culture and the Birth of Modern Cosmology » (Les comètes et la culture populaire et la naissance de la cosmologie moderne), Sara J. Schechner écrit :
Les comètes, comme d'autres merveilles, furent exploitées par les polémistes dans les livres de prodiges. En 1661-1662 par exemple, les dissidents anglais radicaux publièrent des rapports sensationnalistes de prodiges, incluant les comètes, qui saluaient d'un air sombre la restauration de Charles II. ... Il n'y eut pas moins de vingt-cinq apparitions visibles dans l'Europe du dix-septième siècle, et ces comètes firent de fréquentes apparitions dans les journaux polémiques et les livres d'anecdotes colportés sur les marchés...
Les comètes attaquaient apparemment partout à cette époque. Un de ces tracts montre des comètes en 1680, 1682, 1683. Un autre montre cinq comètes entre 1664 et 1682. Un autre parle de comètes dès 1618. Un tract intitulé « The Signs of the Times » montre un certain nombre de prodiges qui accompagnaient les comètes. Schechner écrit :
Toutes ces éruptions étaient liées à des querelles politiques. Certains pamphlétaires, cependant, s'élevèrent au-dessus du niveau local pour avoir un point de vue plus large. Ils pensaient qu'ils voyaient une fin du monde approchant rapidement et leurs ouvrages adoptèrent un ton apocalyptique. La comète de 1580 confirma Francis Shakelton dans son opinion que le Jour du Jugement dernier était proche..

Bien que Regiomontanus et d'autres étaient d'accord que 1588 serait une année de grandes révolutions et de mutations mondiales, Jésus devait encore réapparaître quand William Lilly observa les comètes de 1664, 1665 et 1673 comme symboles du commencement de la fin. Dans les comètes comme celle de 1680 , E. Tonge, Christopher Ness et d'autres voyaient la grande « étoile du Nord », le héraut messianique des derniers jours prédit par la sibylle Tiburtina et Tycho Brahe.

La panique et l'hystérie collectives augmentèrent lors de la grande conjonction de Jupiter et Saturne dans le trigone ardent en 1682 qui suivait immédiatement l'apparition d'une comète. Bien que de grandes conjonctions aient lieu tous les vingt ans, celle-ci faisait partie d'une suite astrologiquement profonde de conjonctions qui commencèrent avec la conjonction climatérique à la fin du seizième siècle. Par définition, les conjonctions climatériques ne se produisent que tous les huit cents ans quand la grande conjonction de Jupiter et de Saturne retournait dans le signe du Bélier et le trigone ardent. La presse populaire rapporta que Tycho Brahe, Johannes Kepler et Johannes Heinrich Alsted corrélèrent les périodes historiques et les conjonctions climatériques et croyaient qu'elles présageaient de grandes mutations et réformes...

Tycho Brahe estimait que toutes les conjonctions impaires maximum étaient des présages et pressait les gens à attendre avec impatience la période de la conjonction sabbatique ou la septième conjonction climatérique depuis la Création du monde dont il croyait qu'elle suivrait la conjonction dans le Bélier en 1583. Durant la conjonction dans le Lion en octobre 1682, les planètes seraient soi-disant dans la même configuration qu'au commencement du monde. Alsted croyait que cela pourrait être la dernière conjonction du monde actuel et annonça publiquement que le Millénium commencerait en 1694.

En elle-même, la grande conjonction dans le trigone ardent était un sujet sérieux, mais sa puissance était corroborée par plusieurs autres signes. Mars rejoignit Jupiter et Saturne en 1682. Il y eut une éclipse solaire. Mais de manière plus critique, la grande conjonction fut amenée par les comètes de 1680 et 1682 et la précédente était dite avoir été incomparable en huit cents ans. Beaucoup de gens pensaient que les comètes auguraient l'Apocalypse... la fin du monde...

Dans la littérature sensationnaliste populaire, les pamphlétaires radicaux prirent avantage de ces comètes... À la restauration, la Couronne mit un frein aux almanachs de Lilly et autres, les accusant de fomenter l'insurrection et l'irréligion durant la Guerre civile et l'interrègne...
L'auteur discute ensuite des contrôles majeurs mis en place à ce moment pour écraser la discussion publique des prédictions, interprétations... des « signes dans le ciel. » Nous pouvons donc comprendre pourquoi tant de choses de cette période de « panique » quand les « gouvernements tombaient » furent étouffées. En se fondant sur le nombre de pamphlets et d'injures, cela dut être une époque réellement folle et chacun pensait que le monde allait à sa fin. MAIS, à mesure que nous avançons dans cette description, nous trouvons un point des plus intéressants qui est relié à ce dont notre jeune officier fut témoin lors de la chute de Magdebourg :
La disposition ensoleillée du temps durant le couronnement (de Charles II) fut considéré comme l'accomplissement d'une prophétie. En 1630, à l'époque de la naissance de Charles, une étoile de midi ou un rival du soleil était prétendument apparu dans le ciel. ...Aurelian Cook dans « Titus Britannicus » expliqua son importance : « Dès qu'il fut né, le Ciel le remarqua, et le regarda avec une étoile, comme pour défier le Soleil à Midi.... »

Pour Cook, le second soleil annonçait que Charles régnait par droit divin. De plus, le moment de l'entrée de Charles dans Londres le jour de sa fête était politiquement calculé pour accomplir ce qui avait été présagé à sa naissance. Abraham Cowley, poète, diplomate et espion de la cour écrivit :

Aucune étoile parmi toutes, je crois,
Une telle vigoureuse aide ne donna,
Que celle qui il y a trente ans,
À la naissance de Charles, fit en dépit de la fière
Lumière méridienne du Soleil,
Sa gloire future, que cette année prévoit.

Edward Matthew dédia un livre entier à l'accomplissement de la prophétie en déclarant Charles « décrété être le plus Puissant Monarque de l'Univers... »

Le retour de Charles fut considéré comme une renaissance de l'Angleterre et dûment enregistrée par une loi spéciale dans le code des lois qui proclama que le 29 mai était l'anniversaire le plus mémorable non seulement de sa Majesté à la fois en tant qu'homme et prince, mais surtout en tant qu'un vrai roi...
Donc, un « second soleil » fut observé aux alentours du 29 mai 1630 et le 20 mai 1631, un an plus tard, Magdebourg tombait ainsi que le relate le jeune officier.

La description courante de la chute de Magdebourg est à peu près celle-ci :
La chute de Magdebourg horrifia l'Europe. La ville avait été affamée et ensuite bombardée sans merci. Le bombardement de l'artillerie empira tellement que la ville prit feu. Plus de 20 000 citoyens périrent au cours du siège et du cataclysme qui y mit fin. La ville elle-même fut complètement rasée par le feu. La cruelle et gratuite destruction marqua une nouvelle dépression, un acte abhorré par toute une génération bien accoutumée aux horreurs. ( lien)
La guerre devait continuer encore 17 ans. 20 ou 30 ans plus tard, un certain nombre de nouvelles comètes firent leur apparition, et je pensais à ce moment là que ce « second soleil » observé au moment de la naissance de Charles II pourrait avoir été une apparition du jumeau de notre soleil aux confins de notre système solaire. Cependant, avec l'information scientifique fournie par Clube , Napier et autres, j'ai changé d'avis.

En tout cas, nous commençons à voir pourquoi Clube a écrit :
[Q]uand la perspective de ces catastrophes globales revient, la tension nerveuse est tellement ,exacerbée au sein de la population que les principaux dirigeants de la civilisation ont longtemps eu l'habitude de dissimuler quant à leur cause (et vraisemblance) simplement dans le but de préserver le calme public et d'éviter la rupture totale des affaires civiles. ...

Les cultures chrétiennes, islamiques et judaïques se sont toutes modifiées depuis la Renaissance pour adopter une attitude anti-apocalyptique irrationnelle, apparemment inconscientes de l'éclosion de la science des catastrophes. L'Histoire, semble-t-il, se répète : il a fallu l'ère spatiale pour ranimer la voix platonique de la raison, mais elle émerge cette fois avec une tradition moderne anti-fondamentaliste, anti-apocalyptique sur laquelle les gouvernements pourraient, comme auparavant, être incapables d'exercer un contrôle. La réponse logique est peut-être un engagement de la part du gouvernement à la voix de la raison et une décision d'éliminer tous les signes aussi bien que les auteurs des catastrophes cosmiques de façon à calmer un public ce qui n'est pas très éloigné d'une uniformisation fanatique. Les cyniques ... diraient que nous n'avons pas besoin de la menace céleste pour maquiller les intentions de la Guerre Froide ; nous avons plutôt besoin de la Guerre Froide pour maquiller les intentions célestes !
Nous voyons que les événements de ces époques ont été dissimulés et/ou oubliés pour la plus grande part dans leur contexte historique.

Longtemps après ces faits, John Dryden suggéra que les comètes de 1664 et 1665 étaient reliées au Soleil observé à la naissance de Charles II. Il décrivit son apparition comme « Ce brillant compagnon du Soleil... »

Après la fin de la Guerre de Trente Ans, les comètes furent associées aux sorcières et les deux furent occultées comme une superstition par les protestants qui étaient fiers d'être entrés dans l'ère scientifique. Andrew C. Fix, professeur d'histoire au LaFayette College en Pennsylvanie, écrit :
Blathasar Bekker était pasteur dans l'Église Réformée hollandaise, d'abord en Frise puis en Hollande. Il avait étudié la philosophie et la théologie aux universités de Hollande du Nord de Groningen et Franeker, devenant docteur en théologie à Franeker. Influencé par la philosophie cartésienne, il fut un important critique de la croyance dans la sorcellerie dans son livre « De Betoverde Weerld » (Le Monde Enchanté) dans lequel il argumente contre la possibilité que des esprits désincarnés puissent contacter, influencer, ou nuire auxêtres humains, et donc contre la possibilité d'existence de la sorcellerie. ...

Après avoir écrit un ouvrage critique de l'influence terrestre des comètes, Bekker s'intéressa à d'autres superstitions populaires dont la sorcellerie. Il aborda ces sujets du point de vue d'un pasteur réformé faisant respecter le pouvoir et l'influence terrestre de Dieu contre le pouvoir supposé des sorcières et des esprits. ...

Dans les discussions sur le sabbat, les effets terrestres des comètes et la sorcellerie, Bekker était motivé en partie par le rationalisme cartésien, en partie par son idée calviniste de l'omnipotence de Dieu, et en partie par son point de vue de l'exégèse des Écritures qui incluait la doctrine de l'accommodation, l'idée que Dieu avait à certains endroits rendu son langage sacré plus adapté aux compréhensions limitées des hommes.

Dans le premier volume de « De Betoverde Weerld », Bekker maintenait sa croyance dans le Diable et les esprits démoniaques de même que dans de supposées prédictions concernant l'avenir, et la sorcellerie qui trouvait sa source dans des croyances païennes fondées sur l'ignorance, les préjugés et la peur qui avaient infiltré avec le temps l'Église catholique et même la propre tradition Réformée de Bekker.

Dans le second volume de l'ouvrage, Bekker appliqua le dualisme cartésien pour prétendre que les mondes matériels et spirituels ne pouvaient pas interagir réciproquement en dehors de l'homme, et par conséquent les esprits désincarnés comme le Diable ne pouvaient pas avoir d'influence sur les personnes. (Andrew C. Fix: "Angels, Devils, and Evil Spirits in Seventeenth-Century Thought: Balthasar Bekker and the Collegiants")
Et ainsi les enregistrements des phénomènes de cette époque ayant un impact sur les sujets terrestres ont été justifiés, dissimulés, rejetés, consignés à la superstition et aux « sectes ».

Traduction française: Henri R.

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1. Mot formé à partir des premières lettres des mots anglais « The End Of The World As We Know It ».