ARCHIVES. Des chercheurs sont engagés dans une course contre la montre pour tenter de trouver l'origine de la contamination.
Elle est rare, pratiquement inconnue, très virulente et agressive, très résistante aux antibiotiques et elle tue... Baptisée Eceh pour Escherichia coli enterohémorragique, nom de code O 104 H4, la bactérie tueuse qui sème la panique en Europe, crée bien des tracas aux chercheurs du monde entier qui travaillent sur elle. S'ils ont identifié la souche, ils n'ont toujours pas découvert l'origine de la contamination.

La région nord de l'Allemagne autour de Hambourg est au coeur du foyer de la contamination et les cas continuent de se mutliplier. En une journée seulement, entre mercredi et jeudi on est passé de 1400 à 2000 cas recensés et de 373 à 500 cas graves, c'est-à-dire qui entraînent des complications rénales.

En fait, selon des chercheurs, la souche découverte 0 104 : H4 (Stx2-positive, eae-négative, hly-négative, ESBL, aat, aggR, aap) aurait également pris des gènes d'une autre souche d'E. coli, ce qui la rend inédite et particulièrement agressive, car elle produit beaucoup plus de toxines. Voilà pourquoi, elle a déjà tué 18 fois et que les scientifiques doivent faire face à une course contre la mort pour enrayer le fléau.

D'autant qu'elle n'a pas eu que des répercussions sur la santé. L'Eceh a entraîné une grave crise économique dans le monde maraîcher européen. Même si les concombres espagnols, dans un premier temps incriminés ont depuis été disculpés, il n'en reste pas moins que les doutes qui demeurent sur le vecteur de la bactérie, salades, tomates ou autres légumes crus (on commence même à envisager qu'il puisse s'agir de viande) a commencé à bouleverser les habitudes de consommations. Face à cette désaffection des légumes, des dizaines de milliers d'emplois sont dans la balance.

9 heures. Revue de presse pour la bactérie. Le Parisien/Aujourd'hui en France souligne que «L'origine de la bactérie tueuse reste une énigme» et résume le «véritable polar sanitaire qui s'écrit sous nos yeux». «Bactérie mortelle : L'Europe sous tension», s'alarme e Figaro «Le nombre de victimes augmente. Accusée à tort d'être à l'origine de la contamination, l'Espagne demande des comptes à l'Allemagne et à Bruxelles», souligne le quotidien. Même La Croix parle d'Eceh, «La bactérie qui inquiète l'Europe.»

8h35. Plus de 500 cas graves. L'Allemagne, et plus précisément la région de Hambourg, au nord, paie le plus lourd tribut à l'épidémie. Plus de 500 cas graves, avec des complications rénales, sont désormais recensés. Et les malades continuent à affluer vers les établissements médicaux.

2 heures. La Russie demande des garanties pour lever son embargo. La Russie pose plusieurs conditions à la levée de l'interdiction d'importer des légumes frais de l'Union européenne (UE) qu'elle a imposée jeudi en raison de l'épidémie mortelle. Dans un communiqué, l'agence russe de protection des consommateurs demande que «les structures compétentes» en Allemagne ou dans l'Union européenne confirment les «raisons de l'épidémie» avant toute levée de l'embargo. Selon Moscou, les Européens doivent également établir comment et via quels aliments l'épidémie s'est propagée et déterminer l'origine des aliments en cause. La Russie demande en outre aux Européens de prouver que la situation est sous contrôle et de publier une liste des mesures qui ont permis d'arrêter la propagation de l'épidémie.