
© DexiaLe siège de Dexia
Malgré l'année catastrophique, le soutien de l'Etat et une perte probable de 10 milliards d'euros, le personnel belge de Dexia SA s'est vu octroyer un bonus au titre de l'année 2011, selon l'Echo et De Tijd. Des cadres supérieurs ont reçu jusqu'à 45 000 euros bruts. Vu le contexte difficile, le groupe avait décidé de supprimer officiellement les primes et rémunérations variables pour l'année 2011. Mais, fin décembre, deux CCT ont été conclues afin d'allouer "une prime de fonction" aux 360 membres du personnel de la holding.
Les employés et cadres inférieurs ont reçu de 2500 à 5000 euros bruts et les cadres supérieurs de 25 000 à 45 000 euros bruts.
La première CCT, qui concerne les employés et cadres inférieurs, a été signée par les trois syndicats tandis que l'autre n'a été signée que par la LBC (pendant flamand de la CNE).
Dexia SA "applique la réglementation"Aucune rémunération variable ne sera versée en 2012, au titre de l'année 2011, aux collaborateurs du groupe Dexia, qu'ils soient senior executives ou cadres, a réagi vendredi Dexia SA qui annonce également, dans un communiqué, qu'"il n'y aura aucune augmentation des salaires en 2012".
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Dexia applique de la façon la plus stricte laréglementation. Ainsi, conformément à l'arrêté royal du 22 février 2011transposant en droit belge la directive européenne CRD III, une prime defonction a été mise en place pour l'ensemble des collaborateurs qui pouvaientbénéficier d'une rémunération variable", précise le holdingfranco-belge. Selon Dexia SA, le montant global de cette prime de fonctionreprésente moins de 20% des sommes allouées au titre de la rémunérationvariable avant la crise. La mise en place de cette prime de fonction a étédécidée "
en toute transparence" par les organes sociaux del'entreprise, via une convention collective de travail, et fait suite à unedécision du conseil d'administration de mars 2011, poursuit Dexia SA. "
Touten supprimant toute rémunération variable cette année, ce dispositif, mis enplace dans beaucoup d'autres établissements financiers, est à la hauteur de lamobilisation exceptionnelle des collaborateurs dans cette période de crise.Dexia doit pouvoir conserver les ressources et les compétences indispensables àla gestion des risques dans un contexte extrêmement difficile",conclut le holding franco-belge.
Dexia Banque Belgique prend ses distancesDexia Banque Belgique, désormais aux mains de l'Etatbelge, tient à prendre ses distances par rapport à son ancienne maison-mèreDexia SA au sujet de ces bonus. "
Nous nousdistancions totalement de cette décision que nous ne comprenons pas du tout",a déclaré la porte-parole de Dexia Banque Belgique (DBB), soulignant que DBBest une nouvelle banque, avec une autre déontologie, "
où aucun bonus etaucune prime de fonction n'a été versé".
Dexia Banque Belgique avaitannoncé fin 2011 son intention de changer de nom, afin de tourner la pageDexia. Ce nouveau nom devrait être connu prochainement.
Ecolo demandera que les primes soient rembourséesLe député fédéral Ecolo Georges Gilkinetest outré. Dans un communiqué il demande : "
Mais que leur faut-ilpour comprendre qu'il est temps d'en revenir à des politiques salariales plusraisonnables, que la société attend des dirigeants de Dexia et de l'ensemble dusecteur financier davantage de modestie et une participation effective auxefforts à réaliser pour limiter les dégâts de ce crash financier inédit dansl'espace économique belge ?"
Pour Ecolo, "
on ne peut laisser indéfiniment lescadres et les actionnaires des banques encaisser des bonus plantureux pourlaisser ensuite, en cas de problème, les Etats payer la note et tenter de sauverce qui peut l'être". Ecolo demandera "
que ces primes 2011 soientremises en question et remboursées".
N-VA et sp.a demandent des explicationsLe sp.a a qualifié, dans un communiqué, de "
totalement inacceptable que les hauts cadres de Dexia perçoivent à nouveau un bonus après une année catastrophique".
Les députés Dirk Van Der Maelen et Bruno Tuybens comptent interroger Pierre Mariani, le patron du groupe, lundi lors d'une réunion de la commission spéciale de la Chambre sur le démantèlement du groupe Dexia.
La N-VA a quant à elle réclamé vendredi vouloir des explications du président de Dexia, l'ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene.
Nationaliser Dexia Crédit Local ?Au début du mois d'octobre 2011, legroupe Dexia au bout du rouleau était démantelé. Depuis lors l'avenir de labranche française reste incertain. Et ce vendredi, le quotidien parisien LesEchos met un nouveau scénario sur la table, qui est toutefois est démenti parle ministère français des Finances.
Dexia Crédit Local, DCL, dispose d'un portefeuille qui coûtepotentiellement très cher en garantie. D'où le projet de nationaliser DCL :cette formule qui pourrait coûter moins cher à l'Etat français. Et cela constituerait potentiellementune bonne affaire pour l'Etat belge car les garanties seraient réduites.
Même s'il est démenti, le scénario estcrédible car la Commission européenne n'a donné que provisoirement son feu vertaux garanties d'Etat. Mais politiquement, il semble difficile à faire passer àtrois mois de la présidentielle française.
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Il y a X solutions, celle-ci en fait partie", a déclaré Michel Bouvard, en réaction à un article paru vendredi dans le quotidien économique Les Echos.
Le ministère de l'Economie avait affirmé n'avoir "
aucune connaissance de ce type de projet", qui inclurait également la nationalisation de Dexia municipal agency (Dexma), qui refinance les prêts aux collectivités accordés par DCL.
Interrogé vendredi, un porte-parole de Dexia n'a pas souhaité commenter ces déclarations.
La Belgique, la France et le Luxembourg se sont portés en octobre au secours de Dexia, au bord de l'asphyxie, en organisant son démantèlement pour lui éviter la faillite. Ils se sont entendus sur le principe d'une garantie de 90 milliards d'euros aux financements du groupe pour faciliter l'opération.
En France, la Caisse des dépôts (CDC) et la Banque Postale (établissement public français) doivent prendre le relais des activités de Dexia crédit local (DCL) en matière de financement des collectivités. Mais les négociations piétinent.
Dans l'attente de la création d'une nouvelle structure, le marché du crédit aux collectivités est gravement sinistré.
RTBF avec Belga
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