Traduction SOTT

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Des centaines de milliers de personnes sont descendues de nombreuses fois dans les rues de Damas pour montrer leur soutien au président syrien Bashar al-Assad. Photo prise le 12 octobre 2011.
Bien que les grands médias s'acharnent à convaincre le monde que les événements en Syrie sont le résultat d'encore une autre « révolution du peuple », les faits pointent nettement vers un autre changement de régime sanglant sponsorisé par le gouvernement étasunien. Étant donné que les États-Unis ont été de facto un empire mondial depuis au moins 60 ans, avec tout le pouvoir, l'infrastructure et l'influence qui s'ensuivent, quelle difficulté y aurait-il, pensons-nous, pour que les agents de l'empire fabriquent une révolution dans n'importe quel pays ? La réponse est, étonnamment, « pas si facilement ». Mais c'est faisable, tant que l'empire est disposé à assassiner des civils innocents pour créer l'impression d'un régime brutal qui a besoin d'être destitué. Et les États-Unis n'ont jamais hésité à assassiner quelques centaines, quelques milliers ou même quelques millions de civils pour s'assurer d'avancer leur géopolitique, au grand plaisir des psychopathes partout au pouvoir.

Un historique de meurtres de masse et d'un NIGYSOB global de la CIA

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« Hé, qu'y a-t-il dans ces boîtes ? » Des agents de la CIA venant faire la noce au Laos dans les années 1960.
À la fin des années 60 et 70, la CIA finança, entraîna et arma au Laos des rebelles Hmong soi-disant « anti-communistes », une stratégie qui mena en final l'armée étasunienne à larguer plus de bombes sur des civils innocents du Laos que toutes les bombes larguées durant la Deuxième Guerre mondiale. De 1964 à 1973 inclusivement, 580 000 bombes ont été larguées au-dessus du Laos - une bombe toutes les neuf minutes durant dix ans. En même temps, de grandes quantités d'héroïne furent emportées par les avions « Air America » de la CIA. Antérieurement, et depuis lors, la CIA a orchestré des insurrections armées dans des douzaines de pays autour du monde, armant des bandes de mercenaires et d'escadrons de la mort afin d'établir et étendre l'hégémonie économique et politique étasunienne dans chaque coin du globe.

Depuis sa création en 1947, la CIA a mis sur pied approximativement 3 000 opérations majeures et 10 000 opérations mineures de cette nature, dont chacune d'entre elles est illégale et dont de nombreuses sont « sanglantes et horribles au-delà de l'imagination ». Selon l'ancien agent de la CIA John Stockwell (qui a été impliqué dans plusieurs de ces opérations), en 1988, plus de six millions de personnes avaient été tuées suite à ces opérations.

Lors d'une interview avec Amy Goodman le 2 mars 2007, le général étasunien Wesley Clark (retraité) a expliqué que l'Administration Bush envisageait de « prendre » sept pays en cinq ans : Irak, Syrie, Liban, Somalie, Soudan et Iran. Bien que la séquence des invasions semble avoir été revue en partie, le plan semble bien progresser pour les seigneurs psychopathes de l'empire. Mais attendez ! Le gouvernement Bush n'est plus au pouvoir ! Obama est en poste actuellement, n'est-ce pas ? Comment l'Administration Obama peut-elle suivre une politique de subversion et de meurtre de masse qui a été conçue sous le mandat d'un autre président ?! À moins que le président ne soit pas réellement le « commandant en chef ». À moins que le poste de président des États-Unis ne soit guère plus qu'un poste cérémoniel, et qu'un autre groupe qui transcende les changements dans les administrations, dicte réellement la politique gouvernementale. Mais cela ne serait pas démocratique, donc manifestement ce n'est pas vrai.

Comme l'Afghanistan, l'Irak et la Libye avant elle, la Syrie est la suivante pour le changement de régime de l'OTAN (alias étasunien/israélien), et les marques de fabrique des tactiques de subversion de la CIA, du MI6 et du Mossad se trouvent dans tous les reportages des médias sur cette dernière « révolution arabe ». La Syrie a été sur la liste israélienne des « choses à faire » depuis plusieurs années, principalement parce qu'elle est (maintenant) le dernier pays arabe indépendant, laïc, multiethnique au Moyen-Orient, un supporteur fidèle de l'Iran et, en tant que tel, un obstacle à l'hégémonie israélienne sur tout le Moyen-Orient.

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Des questions ?
C'est en réalité un grand jeu du NIGYSOB ('Now I've Got You you Son Of a Bitch' - « Maintenant je t'ai eu fils de pute ») où quelques gouvernements arabes qui refusent de se soumettre à la domination occidentale et israélienne sont continuellement harcelés et déstabilisés au point qu'ils sont forcés, pour survivre, de développer une infrastructure sécuritaire qui est, dans un sens ou un autre, totalitaire. Les puissances occidentales et les Israéliens peuvent alors, quand cela leur convient le mieux, décrier le manque de « liberté » au sein de la nation visée et commencer le processus de renversement du gouvernement. Voir les conditions de Hugo Chavez en tant que président vénézuélien comme exemple de la manière dont ce jeu est joué par les puissances occidentales.

Les origines du conflit israélo-arabe sont, comme beaucoup le savent, fondées sur le fait que les sionistes ont décidé que le people juif avait besoin d'une patrie qui appartenait à certains Arabes. Avec l'aide des Britanniques et une dose généreuse de nettoyage ethnique à la fin des années 30 et 40, les fondateurs de l'état juif s'assurèrent alors, et par leurs actions depuis, qu'Israël serait en perpétuel conflit avec ses voisins. Pour sa part, la motivation de l'élite étasunienne en visant la Syrie est ce qui motive tous les psychopathes : avidité, pouvoir et le désir urgent de faire souffrir les autres, comme mis en évidence très récemment par le plaisir extatique de Hilary Clinton devant le meurtre violent télévisé de Mouammar Khadafi. Bien entendu, il existe aussi des raisons ordinaires comme le fait que, en 2006, le gouvernement syrien a basculé toutes les transactions monétaires étrangères du dollar vers l'euro ou que la même année, le dirigeant syrien Bashar al-Assad a déclaré publiquement le fait évident, quoique constamment nié, que les Israéliens ont assassiné Yasser Arafat.

Jusqu'à présent, la « révolution » syrienne a été une copie conforme de la plupart des « changements de régime » sponsorisés par la CIA au cours des 60 dernières années : des mercenaires et des escadrons de la mort sont importés dans le pays pour créer de l'agitation avant une campagne d'attentats lorsque le moment sera venu. En Libye, c'est exactement ce qui s'est passé, avec les Britanniques, les Étasuniens et les Israéliens mettant en commun leurs ressources et partageant les contenus de leurs petits livres noirs de combattants « Al-Qaida » qu'ils recrutaient depuis des années.

Terroristes musulmans nés à nouveau

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Moi ? Terroriste musulman ? Mais je travaille pour la CIA !
Considérez le fait qu'un des leaders de « l'assaut rebelle » sur Tripoli et le gouverneur militaire actuel de Tripoli (plus ou moins le commandant en chef de l'armée libyenne) est Abdelhakim Belhadj. Belhadj a un passé intéressant. Après un emploi comme combattant moudjahidine (entraîné et financé par les États-Unis) dans la guerre soviéto-afghane, Belhadj a voyagé au Moyen-Orient et puis est revenu en Libye au début des années 1990. Là il a rejoint le Groupe des Combattants Islamiques Libyens (LIFG) et a essayé de renverser le colonel Khadafi avant d'être forcé de s'enfuir en 1998. Il est allé ensuite en Afghanistan et a rejoint les Talibans. En 2002, après les attentats du 11 septembre et la réconciliation de Khadafi avec l'Ouest, un mandat d'arrêt fut lancé pour Balhadj par les autorités libyennes. Dans ce mandat, il était supposé que Belhadj avait développé des relations étroites avec des chefs d'Al-Qaida et surtout le chef taliban Mullah Omar. Basé à Jalalabad, il est censé avoir dirigé et financé des camps d'entraînement pour des combattants moudjahidines arabes. Selon l'ancien Premier ministre Espagnol Jose Maria Aznar, Belhadj était suspecté de complicité dans les attentats du train de Madrid en 2004. En tant qu'atout virtuel de la CIA, il était suivi par l'agence et fut arrêté à Bangkok et transféré dans une prison secrète en Libye en 2004. Il y resta jusqu'à l'année dernière lorsqu'il s'échappa et devint un chef de la révolution libyenne financé par la CIA.

Au cas où vous seriez un peu embrouillé par tout ceci, laissez-moi le dire brutalement : La CIA utilise les « terroristes musulmans », c'est-à-dire des gens contre qui les États-Unis mènent la « Guerre contre la Terreur » pour apporter la « liberté et la démocratie » aux états qui « gardent des terroristes musulmans. »

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Mahdi al-Harat avec son épouse et de l'argent de la CIA qu'il a perdu, ou peut-être qu'ils veulent juste le récupérer.
Un bon « Irlandais » du nom de Mahdi al-Harati était le second de Belhadj au Conseil militaire de Tripoli jusqu'à ce qu'il démissionne en octobre 2011. Marié à une Irlandaise, M. Al-Harati a admis qu'il était payé par la CIA pour mettre sur pied des combattants anti-Khadafi en 2011. Selon un article du Sunday World du 6 novembre 2011, 200 000 € en liquide et des bijoux coûteux furent volés au domicile d'al-Harati à Dublin un mois auparavant. Le Sunday World annonça qu'un gang criminel travaillant dans la région trouva deux enveloppes remplies de billets de 500 € au cours d'un raid le 6 octobre sur le domicile familial d'al-Harati. L'article, se reposant apparemment sur des sources policières, déclara qu'al-Harati, qui avait été un résident de Dublin et employé comme professeur d'arabe pendant 20 ans, lorsqu'il fut contacté par la police irlandaise, revendiqua que l'argent volé lui avait été donné par une agence de renseignement étasunienne. »
« Des officiers étonnés prirent contact avec Mahdi al-Harati qui leur dit qu'il avait voyagé en France, aux États-Unis et au Qatar le mois précédent et que des représentants d'une agence de renseignements étasunienne lui avaient donné une quantité significative d'argent pour l'aider dans son action pour défaire Khadafi. Il dit qu'il laissa deux enveloppes à son épouse au cas où il serait tué et prit le reste du liquide avec lui lorsqu'il revint en Libye. »
Notez que al-Harati démissionna de son poste au Conseil militaire de Tripoli juste quelques jours après le vol de l'argent.

À peine deux mois plus tard, le 17 décembre 2011, le journal espagnol ABC publia un rapport de Daniel Iriarte intitulé : Des islamistes libyens vont en Syrie aider la révolution. Durant sa visite avec les rebelles libyens en Syrie, M. Iriarte rencontre trois rebelles libyens : Adem Kikli, qui dit travailler pour Belhadj ; Fuad qui semble être un garde du corps ; et rien d'autre que Mahdi al-Harati. Al-Harati déclara au journaliste de ABC que lui et ses amis sont en Syrie pour « évaluer les besoins de nos frères syriens révolutionnaires, pas pour combattre ». Mais je suis étonné que c'est précisément ce qu'un agent de la CIA en Syrie aujourd'hui pourrait dire s'il était interrogé. Al-Harati a ensuite dit au journaliste de ABC une chose assez inattendue : « J'ai été blessé lors de l'attaque contre le Mavi Marmara et j'ai passé neuf jours dans une prison de Tel-Aviv. » Oui en effet, il semble que ce mercenaire musulman de la CIA de haute volée, toujours prêt à se battre pour évincer des dirigeants musulmans (laïcs ou non) pour l'OTAN, est aussi un activiste pro-palestinien (et nous devons le supposer, anti-sioniste) ! À moins, bien entendu, qu'il était sur le Mavi Marmara dans le rôle d'un espion pour le Mossad. Ce qui semble être le cas, c'est que ces anciens terroristes musulmans transformés en combattants de la liberté de l'OTAN ne sont rien de plus que des mercenaires sans scrupules qui combattront pour n'importe quelle cause tant que quelqu'un voudra bien leur payer des centaines de milliers de dollars, avec 200 000 € ou plus laissés pour leur épouse.

Égorgeurs, voyous et tueurs à gages

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Membres de « l'Armée syrienne libre » - Ils tireront sur n'importe qui pour un juste prix.
En avril 2011, la télévision d'état syrienne diffusa les témoignages de trois hommes arrêtés, suspectés d'être impliqués dans des attentats contre des civils et les forces de sécurité syriennes. Anas al-Kanj, qui se présentait comme le chef d'un « groupe terroriste armé » a été entendu en train de dire dans une émission enregistrée qu'il avait reçu des « armes et de l'argent » du Premier ministre libyen Jamal Jarrah par un intermédiaire, Ahmad al-Uda, qui s'identifia comme un membre de la Fraternité musulmane bannie de la Syrie.

Kanj a dit qu'il avait reçu des instructions « pour inciter les gens à manifester, particulièrement en dehors de la mosquée Ummayad à Damas » et dans les villes manifestantes de Daraa, Latakia et Banias, pour inciter des manifestations afin de renverser le régime et exécuter des actes de sabotage. » L'Agence France Presse, citant le journal syrien Ath-Thawra, a déclaré que Kanj avait eu des instructions « pour ouvrir le feu sur les manifestants pour semer le désordre et pousser les gens à croire que les forces de sécurité tiraient sur les manifestants. »

Dans une page de décembre 2011 de son site web, l'ancienne traductrice turco-étasunienne et fondatrice de la National Security Whistleblowers Coalition (NSWBC), Sibel Edmonds, a déclaré que, selon ses sources, « des groupes militaires étrangers, estimés à des centaines d'individus, ont commencé à se disperser près des villages de la ville Al-Mafraq au nord de la Jordanie, qui est contiguë à la frontière jordanienne et syrienne ».
« Selon un officier militaire jordanien qui demandait à rester anonyme, on a vu des centaines de soldats qui parlent des langues autres que l'arabe durant les deux derniers jours dans ces régions, allant et revenant dans des véhicules militaires entre la base aérienne Roi Hussein de al-Mafraq (10 km de la frontière syrienne) et la proximité des villages jordaniens contigus à la frontière syrienne. »
En janvier de cette année, le site web britannique « Elite UK Forces » a publié un rapport qui disait :
[...] il y a eu des discussions croissantes indiquant que les Forces Spéciales britanniques aident d'une certaine manière des forces hostiles au régime syrien.

Des rapports de novembre dernier déclarent que des Forces Spéciales britanniques se sont jointes à des membres de l'Armée Syrienne Libre (FSA), l'aile armée du Conseil National Syrien. Le but apparent de ce contact initial était d'établir la puissance des forces rebelles et de paver le chemin de toutes opérations d'entraînement futures.

Des rapports plus récents ont déclaré que des Forces Spéciales britanniques et françaises entraînent activement des membres de la FSA, à partir d'une base en Turquie. Certains rapports indiquent que l'entraînement a aussi lieu à des endroits en Libye et au nord du Liban. Des opérationnels du MI6 britannique et du personnel de l'UKSF (SAS/SBS) entraîneraient les rebelles au combat urbain et les équiperaient aussi en armes et équipement. On croit que des membres de la CIA et des forces spéciales étasuniennes fournissent aux rebelles une assistance en communications.
D'autres tabloïds britanniques rapportent la même histoire. À ce stade, le schéma des événements copie celui de la Libye, où les forces spéciales britanniques et françaises étaient sur le terrain avant le lancement du bombardement aérien de l'OTAN.

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Monsieur escadron de la mort Junior, l'ambassadeur Robert Ford
L'ambassadeur étasunien en Syrie depuis 2010 est Robert Stephen Ford. Avant la Syrie, Ford était conseiller politique à l'ambassade étasunienne à Bagdad de 2004 à 2006 sous « Monsieur Escadron de la Mort », John Negroponte. Avant son récent départ et la fermeture de l'ambassade étasunienne, Ford quitta temporairement Damas en octobre 2011 par crainte de sa propre sécurité après avoir été attaqué avec des œufs par des Syriens et accusé par les médias syriens de surveiller l'utilisation des escadrons de la mort en Syrie. Ayant surveillé avec succès l'établissement de ses escadrons de la mort en Syrie, Ford reviendrait vers son vieux territoire l'Irak, pour y prendre le commandement des escadrons de la mort de l'ambassade étasunienne.

La « révolution » syrienne commença à proprement parler en mars 2011 lorsque les combats éclatèrent dans la ville relativement petite de Daraa sur la frontière jordanienne, plutôt que dans les grandes villes comme Damas ou Homs. Depuis lors, les grands médias ont systématiquement mal représenté les dimensions des manifestations antigouvernementales et se sont fiés à des rapports partiaux sur les nombres de morts.

Par exemple, presque tous les premiers rapports des combats à Daraa en mars ont fait référence aux attaques de police contre des manifestants « anti-gouvernement ». Pourtant d'autres rapports désignent davantage de policiers tués que de manifestants. Donc qui, exactement, dans cette soi-disant « manifestation pacifique » était capable de tirer sur des policiers et d'en tuer 7 ? Et à quelle réponse du gouvernement syrien pouvait-on s'attendre exactement ? Après avoir vu ce que fait la police étasunienne à de réels manifestants pacifiques, comme le mouvement OWS, nous ne pouvons qu'imaginer ce que le gouvernement étasunien ferait si des flics étasuniens étaient sous le feu de manifestants.

En juin 2011, les médias gouvernementaux syriens ont annoncé qu'au moins 120 membres des forces de sécurité du pays furent tués dans une bataille avec ce qui est appelé des "organisations armées". Selon Deborah Amos de MPR :
« La télévision d'état syrienne a décrit une bataille furieuse dans la ville du Nord de Jisr al-Shuhour, près de la frontière turque. Des gangs armés de mitrailleuses ont attaqué des forces de sécurité et ont mis le feu à des bâtiments gouvernementaux, selon la Télévision d'état syrienne. Dans l'émission, un résident hystérique appela le programme d'actualité à demander au gouvernement de sauver la ville. »
Remarquez que les rapports de combats les plus sérieux viennent des villes frontières, ce qui est indicatif des incursions par des groupes armés de Turquie au nord, de Jordanie au sud et bien entendu de l'Irak contrôlé par les États-Unis à l'est. En effet, les principaux « centres de troubles », comme on les appelle, sont Daraa près de la Jordanie, Talkalakh, Homs, Talbiseh et Al-Rastan près du Liban et Jish ash-Shugur près de la Turquie, tous situés le long des frontières de la Syrie. En novembre 2011, Albawaba a annoncé que 600 combattants avaient quitté la Libye pour la Syrie pour soutenir « l'Armée Syrienne Libre » nouvellement formée.

Le 23 décembre, deux voitures piégées puissantes ont explosé en dehors des bureaux de la sécurité du gouvernement à Damas. 44 personnes furent tuées, la plupart des civils. Définitivement, l'attentat visait le gouvernement, mais quel genre de soulèvement populaire syrien donne des gens qui attaquent et tuent sans discrimination des civils syriens ? Ces types « d'attentats suicides » étaient (et sont toujours dans une certaine mesure) une caractéristique de la tentative des forces étasuniennes pour terroriser une population et justifier une intervention et une occupation étrangères. Cela a fonctionné en Irak, donc pourquoi pas en Syrie ?

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Vue de la voiture piégée du 23 décembre à Damas. Qui tire profit du chaos et de la mort de civils et de personnel de sécurité syrien ?
Le 6 janvier 2012, un autre « attentat suicide à la bombe » dans le quartier de al-Midan au centre de Damas a tué 26 personnes, dont la plupart des civils. Les funérailles des victimes coïncidèrent avec un grand rassemblement pro-Assad.

Le 11 janvier, une attaque au mortier sur un rassemblement pro-gouvernemental à Homs tua un journaliste français, Gilles Jaquier de France 2, avec sept autres civils.

Un autre « attentat suicide à la bombe » explosa hier, 8 février, dans la ville d'Homs et pourtant les cibles et les morts furent des civils et des membres des forces de sécurité syriennes.

Par simple curiosité, saviez-vous qu'entre le 24 décembre 2011 et le 18 janvier 2012, il y a eu une mission de l'Observatoire de la Ligue des États Arabes en Syrie qui comprenait des observateurs de chaque pays du monde arabe ? Saviez-vous qu'ils ont publié un rapport ? Bien entendu, non, parce que le rapport a été supprimé par des copains étasuniens et israéliens dans le monde arabe (pensez à l'Arabie Saoudite, l'UAE et le Qatar par exemple) et les médias occidentaux. Allez-y, essayez une recherche du 'Report of the Head of the League of Arab States Observer Mission to Syria for the period from 24 December 2011 to 18 January 2012', parce que c'est son titre.

Dans leur rapport, les membres de la Mission ont abouti à de très intéressantes conclusions qui montrent nettement pourquoi vous n'avez pas entendu parler de ce rapport jusqu'à présent.

À la page 4, le rapport dit :
VI. Mise en place du mandat de la Mission selon le protocole

A) Surveillance et observation de la cessation de toute violence de tous côtés dans les villes et les zones résidentielles.

À Homs, Idlib, Hamaand et Dera'a, la Mission a observé des groupes armés commettant des actes de violence contre les forces gouvernementales, avec pour conséquence des morts et des blessés dans leurs rangs... Des exemples de ces actes comprennent l'explosion de bus civils, tuant huit personnes et blessant d'autres, incluant des femmes et des enfants, et l'explosion d'un train transportant du gas-oil. Dans un autre incident à Homs, un bus de la police a explosé, tuant deux policiers. Un oléoduc et quelques petits ponts ont aussi été détruits.

La mission a aussi noté que, selon ses équipes sur le terrain, les médias ont exagéré la nature des incidents et le nombre des personnes tuées dans les incidents et manifestations dans certaines villes. [...]

À Homs, un journaliste français qui travaillait pour France 2 a été tué et un journaliste belge a été blessé. Le gouvernement et l'opposition se sont accusés mutuellement d'être responsables de l'incident, et les deux côtés ont émis des déclarations de condamnation. Le gouvernement a formé un comité d'enquête pour déterminer la cause de l'incident. On devrait noter que les rapports de la Mission de Homs indiquent que le journaliste français a été tué par des obus de mortier de l'opposition.

[...]

E) Confirmant l'accréditation du gouvernement syrien des organisations des médias arabes et internationaux et que ces organisations sont autorisées à se déplacer librement dans toutes les parties de la Syrie.

Parlant au nom de son gouvernement, le ministre syrien de l'Information a confirmé que, depuis le début de décembre 2011 jusqu'au 15 janvier 2012, le gouvernement a accrédité 147 organisations de médias arabes et internationales.


Quelques 112 de ces organisations sont entrées en territoire syrien, rejoignant les 90 autres organisations accréditées opérant en Syrie par leurs correspondants à plein temps. La Mission a suivi sur cette question. Elle a identifié 36 organisations de médias arabes et internationales et plusieurs journalistes situés dans des villes syriennes.

VII Obstacles rencontrés par la Mission

A. Moniteurs

50. Certains observateurs ont renoncé à leur devoir et ont brisé le serment qu'ils avaient fait. Ils ont pris contact avec des officiels de leur pays et leur ont donné des comptes rendus exagérés des événements. Ces officiels ont bâti une image froide et non fondée de la situation. [NdE : Pouvons-nous dire « Arabie Saoudite, UAE et Qatar ?]IX Évaluation :

75. Récemment, il y a eu des incidents qui pourraient élargir le fossé et accroître l'amertume entre les parties. Ces incidents peuvent avoir de graves conséquences et mener à des morts et pertes de propriété. Ces incidents comprennent l'explosion de bâtiments, de trains transportant du gas-oil, de véhicules transportant du gas-oil et des explosions visant la police, des membres des médias et des oléoducs. Certaines de ces attaques ont été exécutées par l'Armée Syrienne Libre et quelques autres groupes d'opposition armés. [NdE : Mais aucune par l'armée syrienne ou ce méééchant dictateur Assad"]

71 La Mission a déterminé qu'il y a une entité armée non mentionnée dans le protocole.

79. On devrait noter que le mandat établi pour la Mission dans le Protocole a été changé en réponse aux développements sur le terrain et les réactions à cela. Certaines ont été des réactions violentes par des entités qui n'étaient pas mentionnées dans le Protocole. Tous ces développements nécessitaient une extension et un changement du mandat de la Mission.
Lisez le rapport complet ici.

En juin 2011, même un fonctionnaire (anonyme) de l'administration Obama a été forcé d'admettre :
« Nous voyons les éléments d'une opposition armée dans toute la Syrie, au nord-ouest, nous la voyons comme ayant pris le contrôle. Il y en a beaucoup. Nous ne savons pas réellement qui sont ces groupes armés, » mais a jouté qu'ils étaient de nature religieuse, de toute évidence. »
Obama pourrait ne pas savoir qui sont ces « groupes armés », mais le noyau du mal CIA/MI6/Mossad le sait certainement.

Définitivement, « l'Armée syrienne libre » et ces « groupes d'opposition » ne se battent pas dans l'intérêt du people syrien, mais dans l'intérêt de ceux qui hurlent le plus fort (et peuvent payer le plus) pour un « changement de régime » au vol.

Le « faire croire » des grands médias

À quelques semaines du début du soulèvement en Syrie sponsorisé par la CIA, le gouvernement syrien a expulsé du pays la plupart des journalistes étrangers et a contrôlé étroitement les activités de ceux qui restaient. Étant donné la nature des médias occidentaux - le bras de la propagande des bâtisseurs d'empire - c'était une réaction compréhensible. Malheureusement, le gouvernement syrien semble avoir sous-estimé l'étendue de l'infiltration de la Syrie par la CIA.

Avec peu ou pas d'accès direct aux événements en Syrie, la plupart des rapports des médias occidentaux se fient sur les revendications d'activistes d'opposition anonymes qui, franchement, pourraient être n'importe qui, et une organisation s'appelant « les Comités de coordination locaux de la Syrie » (LCC), qui prétend être un « ensemble de comités locaux dans les villes de Syrie qui rencontrent, planifient et organisent les événements sur le terrain. L'ensemble des comités a formé les Comités de coordination locaux de la Syrie, une organisation parapluie avec des membres de la plupart des villes et de nombreuses villes plus petites dans toute la Syrie. » Assez étrangement, toutefois, les sites web associés avec ces LCC sont basés en Allemagne et détenus par une personne appelée Andreas Bertsch.

En résumé, une information factuelle sur ce qui se passe réellement en Syrie est extrêmement difficile à obtenir et, étant donné que nous avons affaire à un changement de régime sponsorisé par la CIA, nous avons toute raison d'être soupçonneux de rapports de policiers et soldats syriens qui tuent sans discrimination des civils syriens. Nous n'avons besoin que de nous rappeler que des fausses revendications émotionnellement chargées à propos de « bébés dans des incubateurs » menant à la première invasion de l'Irak, des revendications fabriquées d'ADM menant à la seconde et, plus récemment, de fausses déclarations comme quoi Khadafi « bombardait son propre peuple ». Considérez ce court reportage vidéo de RT.com comme exemple de la manière par laquelle les rapports de l'effondrement du gouvernement syrien peuvent être entièrement fabriqués.


Incidemment, le rapport ci-dessus concerne la ville méditerranéenne syrienne de Lattakia, où des dizaines de milliers de personnes ont défilé en octobre 2011, en soutien d'Assad, qui se passa un jour après une forte manifestation similaire montrant un soutien pro-Assad à Damas.

PsyOps pour les masses

En parlant de fabriquer les choses ; ce à quoi nous avons affaire ici est connu dans les cercles militaires comme la guerre psychologique ou "psywar", qui est un type de guerre qui vise à influencer le système de valeurs, les systèmes de croyances, les émotions, les motifs, le raisonnement ou le comportement d'un public cible, habituellement en inventant des mensonges et en les présentant comme la vérité. De telles opérations prennent de nombreuses formes différentes. Dans notre ère de l'Internet moderne, les diverses agences de renseignement sont bien au courant du besoin d'adapter leur commerce de propagande dans le cyberespace.

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"Amina Arraf" alias un Américain dérangé et barbu vivant en Écosse.
Un exemple flagrant de psywar dans le cyberespace relié à la Syrie fut le cas de Amina Arraf, une soi-disant blogueuse lesbienne syrienne ("Une fille gay à Damas") qui atteignit la célébrité dans la première moitié de l'année dernière par suite de ses messages directs à propos de sa sexualité, le manque de libertés en Syrie et sa critique ouverte du président Assad. Au début de juin 2011, un message apparut sur le blogue d'Amina (soi-disant venant de son cousin) disant à ses fans qu'elle avait été kidnappée par des hommes armés. Des milliers de militants dans le monde rejoignirent des groupes de protestation lorsque des organes de presse prirent l'histoire et la répandirent partout.

Sous quelques jours, toutefois, on révéla (via des suivis d'IP) que cette blogueuse lesbienne syrienne anti-Assad était en fait un Étasunien barbu du nom de Tom McMaster qui postait depuis son ordinateur à Édimbourg. Pourquoi le faisait-il ? Selon Tom, c'était entièrement de la « vanité », et « il ne s'attendait pas à ce niveau d'attention. » Sûrement. C'est pourquoi il poussa une Canadienne à croire qu'elle avait une relation de 6 mois avec Amina ; c'est pourquoi il créa des douzaines de récits sur des sites sociaux en son nom depuis 2006. C'est pourquoi il donna une interview par courriel en son nom pour CNN. C'est pourquoi il vola une image de Jelena Lečić, une expatriée croate au Royaume-Uni et prétendit qu'elle était Amina. Que des trucs de bas niveau.

De façon intéressante, tandis que son blogue était toujours actif, « Amina » posta une image d'un panneau d'affichage à Damas montrant le président Assad. L'image était prise de la page Facebook de Britta Froelicher et montre une date de 2006, ce qui suggère que Britta, peut-être avec McMaster, était en Syrie en 2006, ce qui correspond à l'année où les États unis commencèrent à financer secrètement l'opposition syrienne.

Interviewé par le Washington Post, Tom McMaster a admis être un natif de Virginie de plus de 40 ans qui est marié à Britta Froelicher. Les archives immobilières locales montrent que McMaster possédait une maison en Géorgie depuis 2000 et que lui et sa femme y vivaient jusqu'à ce qu'ils aillent en Écosse en septembre 2010 où ils s'inscrivirent tous les deux comme étudiants à l'université d'Édimbourg et où elle poursuit un doctorat en développement économique de la Syrie.

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Tom McMaster - Agent de psyops de la CIA ? Ou bien juste en recherche d'emploi ?
Le frère de Tom McMaster, Sam, a dit que son frère s'était vu offrir une bourse d'études complète par l'Université Emory en Géorgie, où il se spécialisait en études arabes. Plus tard, il alla en Syrie et Jordanie pour perfectionner ses capacités en langues.

McMaster a été actif dans le groupe "Étudiants pour la justice en Palestine" à l'Université d'Édimbourg et a écrit des articles critiques des « sionistes ».

Lorsqu'il a été contacté par l'Electronic Intifada, McMasters a répondu :
"Je ne suis pas le blogueur en question. Qui que soit cette personne, j'ai interagi avec elle très probablement à certains moments. Je n'en sais pas plus à son propos. Lorsque j'ai lu l'histoire la première fois dans les nouvelles, j'ai pensé temporairement que j'avais une idée sur qui elle était. Après coup, cela semble bien moins probable. Je comprends qu'il y a nombre de coïncidences inhabituelles concernant la blogueuse et soit moi ou ma femme. Elles sont, autant que je sache, simplement inhabituelles. Je ne vais pas aller plus loin."
Mais sous quelques jours, il fut forcé de dire la vérité, puis il décolla... vers la Turquie, qui l'eût cru ? Voici une vidéo d'une interview de McMaster par le Guardian et une interview de 2009 de sa femme à propos de son travail pour l 'American Friends Service Committee' quaker. Les lecteurs peuvent se faire leur propre opinion si ce sont ou non des agents de psywar conscients ou bien juste un couple d'idiots crédules.

Un autre morceau intéressant de choses sans importance : ce furent les Comités de coordination locaux qui dévoilèrent les premiers la fausse histoire d'Amina arrêtée par la police syrienne. Coïncidence ?

C'est nous les gouvernements par procuration en exil

© Inconnu
Burhan Ghalioun - outil franco-syrien de la CIA
Comme le cas des attaques contre l'Afghanistan, l'Irak et la Libye, la chose prioritaire sur la liste des choses à faire de la CIA pour le « changement de régime » en Syrie a été la création d'un gouvernement en exil embryonnaire constitué d'intransigeants de droite et/ou d'escrocs condamnés. Au début de l'année dernière, le Conseil national syrien fut créé avec son siège en Turquie. Pour se faire une idée de la tendance politique de cette clique, nous n'avons besoin que de regarder les commentaires de son président, Burhan Ghalioun, un professeur français de sociologie politique et futur président potentiel de la Syrie. Le 2 décembre 2011, Ghalioun a dit que si son régime prenait le contrôle de la Syrie, il « mettrait fin à la relation militaire avec l'Iran et arrêterait les fournitures d'armes pour le Hezbollah et le Hamas et établirait des liens avec Israël. »

Ce seul fait pointe vers un fort soutien et motivation israéliens pour éjecter Assad. Avec un gouvernement pro-étasunien/Israël en Syrie, le soutien crucial iranien du Hezbollah et des Palestiniens serait arrêté, laissant Israël libre d'appliquer sa solution finale pour son « problème arabe ».

Gouvernement mondial unique

Le compte à rebours des frappes aériennes de l'OTAN sur la Syrie a commencé. Lorsque cela arrivera, c'en sera fini d'Assad et d'une vie relativement normale pour les Syriens. Les rebelles mercenaires d'Al-Qaida de Libye furent capables d'appeler un support aérien de l'OTAN alors qu'ils se déchaînaient dans tout le pays, assassinant brutalement et torturant les gens. La même histoire effrayante se déroule en Syrie. La Russie et la Chine ont mis leur veto sur l'action US/UK pour une autre guerre de l'OTAN contre les civils syriens. Pourtant Hilary Clinton a eu le culot d'être « dégoûtée » par leur veto, déclarant :
« Nous avons tous un choix : Être avec le peuple de Syrie et la région ou devenir complice de la continuation de la violence. »
Complice ? Clinton est déjà jusqu'au cou dans le sang du peuple syrien, le seul problème étant qu'elle aime que ce soit comme ça, et la vile harpie aura satisfaction ! C'est pourquoi il y a deux jours, les États-Unis ont proposé une « coalition internationale pour soutenir l'opposition syrienne », ce qui est précisément ce que les États-Unis ont fait lorsqu'ils n'ont pas pu avoir l'approbation des Nations Unies pour la guerre en Irak. Le résultat a été 1,5 million d'Irakiens morts.

En prenant en considération ce que j'ai écrit ci-dessus sur les faiseurs de politique réels qui se maintiennent dans les administrations successives, la seule chose qui est certaine dans un monde où la plupart des gens sont incommensurablement ignorants du véritable état des affaires, est que les psychopathes au pouvoir auront satisfaction, peu importe combien de mensonges ils devront dire, ou d'innocents ils devront tuer. Le sort de la Syrie est étroitement lié à celui de l'Iran. Celui de la Chine et de la Russie par suite, est lié à celui de l'Iran. Les choses sont si chaotiques, pourtant tout reste exactement pareil. Seule une intervention spectaculaire, de quelque part, peut hâter le chapitre final de ce scénario fou qui est la vie humaine sur Terre en ce début du 21e siècle.

Ce qui m'amène à mon denier point.

Le tumulte des événements politiques et militaires au cours des dernières années, le bain de sang actuel en Syrie et le cliquetis de sabre contre l'Iran, sont, en fin de compte, une diversion d'une bien plus grande menace pour l'humanité que les jeux de pouvoir d'une cabale de psychopathes. Le « Changement de climat » est sur nous (au cas où vous n'auriez pas remarqué). Toutes les preuves objectives pointent vers des « changements terrestres » majeurs et imminents (y compris la perspective d'un nouvel âge glaciaire), dont les résultats et la gravité pousseront les survivants à regarder avec tendresse les derniers jours de l'empire étasunien. Les jours où il y avait encore de la nourriture dans les supermarchés ; lorsqu'il y avait encore une saison de croissance ; avant les impacts de comètes, les séismes, tsunamis et éruptions volcaniques ; lorsque la vie humaine sur terre était encore, dans une certaine mesure, viable.