Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins

- Georges Orwell

Le 12 août 2012 se clôturaient à Londres les 30e Olympiades au cours d'une cérémonie ayant coûté la bagatelle de
20 millions d'euros (soit 20000 SMIG). Les médias de masse ont encensé d'une même voix ce formidable événement, symbole de fraternité entre les peuples, de fair play, de dépassement de soi et d'amateurisme.

Des émotions fortes, des milliards de téléspectateurs, une pluie de records, des équipements flambant neufs. Malgré ces apparences flatteuses, penchons-nous toutefois plus en détail sur le sujet.

Un peu d'histoire

© Alun Salt
Entrée du stade d'Olympie
Les premiers Jeux olympiques eurent lieu en Grèce antique sur le site d'Olympie, du VIIIe av. J.-C. au Ve siècle après J.-C.

Olympie est un site religieux de premier plan où se trouve l'une des 7 merveilles du monde : la statue de Zeus, haute de 12 m et recouverte d'ivoire et d'or. Elle représente le dieu assis sur un trône, un sceptre dans la main gauche et l'effigie de Nikè, la Victoire ailée, dans la main droite.

Olympie est un sanctuaire où seuls résident les membres du clergé. Ces derniers sont les organisateurs de ce nouveau rituel baptisé Jeux olympiques. L'activité sportive constitue clairement un élément accessoire dans un rituel profondément religieux :
Les Jeux débutent avec le sacrifice de bœufs aux cornes dorées, au temple de Zeus. Leurs entrailles sont brûlées à l'encens sur l'autel.
Arrivés devant la statue de Zeus, les athlètes se prosternent et prêtent serment, jurant de lutter loyalement. La flamme, allumée par des jeunes filles vierges, va brûler durant les cinq journées que durent les Jeux.
Les concurrents sont nus.
La cérémonie de clôture est du même acabit, on y retrouve différentes références mythologiques et les sacrifices rituels accordés au Dieu des dieux :
La clôture des Jeux donne lieu à la remise de couronnes de feuilles d'olivier coupées avec une faucille d'or dans le bois sacré, l'Altis, qui aurait été planté, raconte la légende, par Héraclès lui-même. Les athlètes primés reçoivent en outre un bandeau en laine rouge pour les cheveux. Une palme, symbole de la victoire, sera plus tard ajoutée à ces attributs. Les cérémonies s'achèvent par un sacrifice à Zeus.


La date d'ouverture des Jeux respecte une symbolique bien spécifique. Elle est définie en fonction du solstice d'été : elle est toujours fixée à la deuxième pleine lune qui le suit.

Contrairement à un mythe largement répandu, les Jeux n'ont pas été créés à des fins d'émulation, de partage ou de paix entre les peuples. L'Histoire montre que les Jeux découlent d'une décision purement politico-religieuse.
En 884 avant J.-C., des guerres ravagent le petit royaume d'Élide, où se situe Olympie, le « pays des sources », située dans une plaine de l'ouest du Péloponnèse.

Élide est désemparé devant ces conflits permanents et va consulter la pythie de Delphes. Celle-ci lui déclare que la colère des dieux ne pourra être apaisée qu'à la condition que des Jeux olympiques soient organisés.
© Inconnu
La Grèce en 200 av. J.-C.
On peut se demander si la motivation finale était bien la fin des conflits, ou plutôt la création d'un divertissement temporaire qui permettrait au peuple de mieux tolérer les privations, les souffrances, les infamies inhérentes à tout conflit armé.

Dans les faits, les Jeux olympiques antiques marquaient seulement une trêve (éphémère) des combats et rendait le peuple plus coopératif, plus susceptible d'accepter de nouveaux conflits (durables). À l'issue des jeux, une fois le peuple calmé, les combats reprenaient de plus belle.

Du reste, la Grèce antique ne deviendra jamais un État unifié. Les guerres internes entre cités-États (Athènes, Sparte, Corinthe, Thèbes, Messine, Eubée...) s'y succèderont, ponctuées par de maigres trêves olympiques d'un mois tous les 4 ans.

Un rituel prônant une certaine vision de l'Homme
Les Jeux olympiques étaient alors une fête dédiée à Zeus, le plus puissant des dieux.
Olympie est un site qui a été choisi par les dieux et non par l'homme, selon la mythologie grecque.
D'après la légende, Zeus lui-même aurait participé à la création des jeux après avoir affronté son père, Cronos, pour obtenir la suprématie.
La mythologie entourant les premiers instants fondateurs de cet évènement révèle une certaine vision de l'homme et de la société : le culte de la puissance, le culte de la suprématie, le culte du plus fort.

Tandis que Zeus, chef de l'Olympe puissant parmi les puissant était vénéré à travers ce nouveau rituel, les autres divinités y prenaient également part :
Apollon y aurait vaincu Arès, le dieu de la guerre, à la lutte, et Hermès à la course. Olympie devint donc un centre de compétition sportive entre les dieux, soumis à une règlementation établie par le héros Héraclès (Hercule).
Le mythe fondateur met donc en scène des dieux participant aux épreuves
© Inconnu
Affiche du film de propagande nazi « Les dieux du stade »
olympiques. Le message implicite étant que le vainqueur accèdera au statut de Dieu. Les dieux du stade étaient nés. Nous voici au cœur d'un pacte proposé par les religions depuis la nuit des temps : la promesse du salut (accession au statut de dieu dans ce cas) en échange de la soumission à l'autorité ecclésiastique, à ses croyances, à ses rituels.

Comme mentionné plus haut, un paradoxe persiste : comment réconcilier la promotion des combats, des luttes entre dieux (ou hommes), le sacre du plus fort, et les discours sur la paix entre les peuples ? Nous traiterons de ce point dans le chapitre dédié à Pierre de Coubertin et aux Jeux modernes.

La vision élitiste promue par les Jeux antiques ne s'arrête pas à ses mythes fondateurs. Comme spécifiquement mentionné dans le serment olympique qui régit les Jeux depuis 338 av. J.-C., ces derniers étaient réservés aux riches citoyens grecs. Les esclaves, les pauvres, les étrangers, les femmes n'avaient tout simplement pas droit de cité :
Règle 1 du serment olympique : Être sujet hellène libre, ni esclave, ni métèque.
Voici donc un rite créé par des élites (religieuses) pour des élites (séculaires) et qui offre à ces dernières l'accession au statut de Dieu si elles arrivent, bien entendu, à appliquer parfaitement les règles du rite et à servir ses objectifs : la totale domination des autres concurrents.

Notez qu'à l'époque, aucun sport collectif n'était au programme et seul le vainqueur était distingué. Pour un athlète de l'antiquité, l'important n'était pas de participer mais de gagner :
[...] ils demandent à Zeus de leur accorder « la couronne ou la mort » et invoquent la protection d'Héraclès. Le serment est prêté sur les morceaux découpés (tomia) d'un sanglier sacrifié, rituel particulièrement solennel (source)
Le clergé conférait au vainqueur le statut de Dieu, il s'agissait là d'une distinction essentiellement symbolique. Mais les Jeux antiques avaient pris une telle importance dans la Grèce antique que la société dans son ensemble célébrait ses champions et leur offrait des privilèges exceptionnels :
Leur ville d'origine leur assurait alors une rente à vie, des offrandes et les honneurs. Le prix en lui-même était symbolique : une couronne d'olivier et le droit de participer aux cérémonies religieuses en l'honneur de Zeus [...] et on élève dans sa ville une statue à son effigie dans un lieu public. (source)
© Wikipedia
Scène de pancrace : un arbitre punit avec un fouet un athlète qui tente de crever l'œil de son adversaire
En conclusion, les Jeux antiques sont un rituel créé par les élites d'Olympie afin de conditionner le peuple à adopter une vision du monde et de l'individu foncièrement psychopathique : racisme, misogynie, ségrégation, domination, culte du vainqueur, individualisme, élitisme.

Sur un plan politique, ce conditionnement permet de rendre le peuple servile et de lui faire accepter les conflits armés, allégories à l'échelle de l'État des compétitions olympiques où la loi du plus fort prévaut et est unanimement glorifiée.

On ne peut sous-estimer l'impact sur la psyché collective de cet événement qui rythma la vie des Grecs pendant près de 13 siècles. Les Jeux antiques étaient un rituel si populaire qu'à partir de 260 av. J.-C., les Grecs considérèrent 776, l'année de la première olympiade, comme l'an Un de leur calendrier et qu'ils comptèrent leur temps en olympiades, la période de 4 ans qui sépare chaque Jeux. Après l'établissement de la domination romaine, plusieurs empereurs, dont Néron (course de char), y ont prirent même part.

Les Jeux antiques pendant la domination romaine

Au cours du IVe siècle av. J.-C., l'Empire romain, par l'entremise de Philippe de Macédoine puis d'Alexandre le Grand, conquiert la Grèce et ajoute un peu plus de cynisme aux Jeux antiques. Aux épreuves classiques sont ajoutés les combats de gladiateurs et la lutte contre les fauves. Les jeux antiques ne représentent plus qu'une partie négligeable des jeux du cirque.

Parallèlement, la durée des Jeux s'allonge, et atteint jusqu'à six mois.
On passe en effet de 76 jours de jeux annuels à la fin de la République à 175 au milieu du IVe siècle. 64 jours étaient consacrés aux courses de chars avec 24 courses par jour. De fait, le Romain peut désormais « du matin au soir », suivre des compétitions sportives de tout genre. (source)
Évidemment, toute ressemblance avec l'époque actuelle et ses programmes sportifs diffusés 24h/24 et 7j/7 serait purement fortuite.

À cette époque, il n'est évidemment plus question de trêve olympique. Les guerres font rage tandis que les moyens investis dans les jeux deviennent de plus en plus colossaux :
Ces jeux sanglants prirent, sous l'Empire, des proportions de plus en plus importantes qui parfois dépassent l'entendement. Titus sacrifie ainsi 9000 bêtes lors de l'inauguration de l'amphithéâtre Flavien (ou Colisée) et Trajan organise des jeux durant 120 jours où il met en scène 11000 animaux et 10000 gladiateurs (source)
Le Colisée susmentionné, fut érigé en 80 ap. J.-C.. Il peut accueillir jusqu'à 75 000 spectateurs (soit la capacité du Stade de France pendant les meetings d'athlétisme).

Les guerres de colonisation menées par l'Empire romain se succèdent, et là se trouve peut-être la cause de la radicalisation et de l'allongement des Jeux.
La deuxième Guerre punique marque un virage pour les Romains qui multiplient désormais les Ludi. Les premiers grands jeux nés de cette crise sont les Jeux apollinaires qui se tiennent pour la première fois en 212 av. J.-C. avant de devenir annuels dès 208 av. J.-C. Il se tiennent du 6 au 12 juillet. (source)
Les jeux antiques, trop brefs et trop modérés, ne suffisaient plus à faire accepter au peuple romain l'inacceptable (impôts, inégalités, guerres, corruption...). Un palier devait être franchi, il ne s'agissait plus seulement d'exalter la force ou l'individualisme mais de glorifier la violence, la cruauté, la souffrance, la mort.

© Inconnu
Mosaïque représentant un gladiateur dévoré par une bête sauvage.
Quant aux participants, le procédé demeurait similaire. En Grèce, le citoyen le plus fort, le plus combatif remportait l'épreuve et accédait à un statut supérieur, celui de Dieu vivant vénéré par ses pairs. À Rome, les jeux du cirque étaient réservés aux esclaves où les plus cruels, les plus destructeurs d'entre eux remportaient le combat et gagnaient leur liberté.

Dans les deux cas, le seul levier d'ascension sociale est une application stricte de la loi du plus fort où celui qui fera le plus montre de valeurs psychopatiques : individualisme, domination, violence, cruauté, sera distingué.

Ainsi, à travers les Jeux antiques, les élites psychopathes avaient mis en place un système d'ascenseur social qui ne proumouvait que leurs semblables.

En 380 ap. J.-C., l'empereur Théodose 1er converti au christianisme et fortement influencé par saint Ambroise, évêque de Milan, déclare le christianisme religion officielle et unique du monde romain. Dans la foulée, il ordonne la destruction des temples païens, fait construire des églises et interdit toute manifestation païenne.

C'est dans ce contexte qu'en 394 ap. J.-C., Théodose interdit purement et simplement les jeux du cirque, perçus comme une réminiscence du polythéisme grec.

Naissance des Jeux modernes

Les JO ne sont que la forme exacerbée et mondialisée du triomphe de la société du spectacle décrite par Guy Debord. Ils représentent un gâchis de ressources extraordinaire, comme nombre de compétitions sportives. Le bilan carbone de ces jeux est catastrophique, il en est de même pour l'impact général sur l'environnement. Les JO favorisent en outre les investissements dans des secteurs qui promeuvent l'inégalité.

- Pierre Guerlain, professeur à l'université de Nanterre

Heureusement les temps barbares des Jeux antiques sont révolus. Fini le racisme, l'individualisme, la misogynie, la violence. Grâce à Pierre de Coubertin, notre héros national, les Jeux olympiques vont connaître une deuxième jeunesse en harmonie avec les valeurs humanistes qui fleurissent à l'aube de ce XIXe siècle. Voilà du moins ce que l'histoire officielle voudrait nous faire croire.
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Le stade olympique d'Athènes pendant les Jeux de 1896
C'est donc en 1896 que sont organisés à Athènes les premiers Jeux olympiques de l'ère moderne. 15 siècles après l'interdiction des Jeux par Théodose, la flamme est rallumée.

Il s'agit là d'une version politiquement correcte, du moins en apparence, des Jeux antiques. Désormais, les trois premiers sont distingués. Les étrangers sont admis. Les sports collectifs sont intégrés. Les femmes, quant à elles, devront patienter.

Les sacrifices à Zeus, les couronnes d'olivier ont disparu ; néanmoins plusieurs éléments rituels ont perduré : la flamme olympique, la cérémonie d'ouverture, la cérémonie de clôture, le début des jeux quelques semaines après le solstice d'été, le serment olympique...

Peut-être conscient des relents xénophobes des jeux antiques, Coubertin a soigné le marketing des Jeux modernes en faisant confectionner un drapeau spécifique. Il en explique lui-même la signification :
« Le drapeau olympique, on le sait, est tout blanc avec, au centre, cinq anneaux enlacés : bleu, jaune, noir, vert, rouge ; l'anneau bleu en haut et à gauche à côté de la hampe. Ainsi dessiné, il est symbolique ; il représente les cinq parties du monde unies par l'Olympisme et ses six couleurs d'autre part reproduisent celles de tous les drapeaux nationaux qui flottent à travers l'univers de nos jours. » Coubertin, Textes choisis, II, p. 470, 1931.
Débat idéologique

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Drapeau olympique flottant dans le stade de Munich en 1936
En plus du drapeau, Coubertin a élaboré la devise olympique : « Plus haut, plus loin, plus fort ». Pour être plus exact, il a « emprunté » cette devise au prêtre dominicain Henri Didon, vif promoteur des jeux sportifs.

Le sens de cette maxime reste ambigü. Quel est l'objectif ? Plus haut d'accord, mais plus haut que qui ? Que soi-même ou que le voisin ? En d'autres termes, s'agit-il de se dépasser ou bien d'être vainqueur à tout prix ?

Pour tenter de répondre à ces questions, penchons-nous sur un 2e homme d'Église : Ethelbert Talbot, évêque de Pennsylvanie, qui prononça le sermon de la messe olympique des jeux de Londres en 1908. Avec les apports fondateurs du prêtre Didon et de l'évêque Talbot, vous n'aurez pas manqué de remarquer qu'à l'instar des Jeux antiques, leur version moderne n'est pas dépourvue d'une certaine influence religieuse.

Mais revenons au sermon prononcé pendant cette messe :
Nous venons d'assister aux grands Jeux olympiques. Quel est leur signification ? Cela signifie que de jeunes hommes robustes sont venus des 4 coins de la planète. Cela signifie, je pense, et comme dit par quelqu'un d'autre que cette ère d'internationalisme comme vue dans ce stade comporte un certain risque.
Bien sûr, il est très juste, comme il le dit, que chaque athlète s'investit non seulement pour l'amour du sport, mais aussi pour son pays. Ainsi, une nouvelle rivalité est créée. Si l'Angleterre est battue en aviron, ou l'Amérique est distancée à la course, ou que l'Amérique a perdu la force qu'elle possédait jadis. Alors que se produit-il ? La seule solution sûre réside dans la leçon du véritable olympisme - que le jeu en tant que tel a plus de valeur que la compétition ou les trophées [...] (source)
Dans cette intervention, Talbot met le doigt sur deux dérives bien réelles : l'exacerbation des ferveurs nationalistes et la prévalence de l'enjeu sur le jeu.

Or à l'aube du XXe siècle, deux courants de pensée concernant l'activité sportive s'opposent.
© Inconnu
Ethelbert Talbot,
évêque de Pennsylvanie
(1848-1928)
D'un côté, l'éducation physique défendue par Clémenceau ou Alexandre Dumas prônait l'accès au plus grand nombre, le développement personnel, l'importance du jeu, les lieux de pratique sportive locaux, les sports traditionnels, le refus des compétitions, l'importance des valeurs morales. Cette philosophie est succinctement présentée par Paschal Grousset en ces termes :
Dans son ouvrage La Renaissance physique (1888), [Grousset] propose une vision communarde des pratiques physiques opposée à la vision « versaillaise » des pratiques. Il souhaite valoriser les plus faibles et les plus en difficulté ainsi que le plus grand nombre de pratiquants contrairement au modèle sportif qui valorise le champion et le plus petit nombre. (source)
Coubertin, quant à lui, défend une vision compétitive du sport fondée sur la performance indviduelle, l'opposition, l'élitisme, le triomphe des « meilleurs ».

Grousset et Coubertin sont totalement opposés tant au niveau de la vision politique que de la vision sportive. Coubertin écrira même dans une correspondance avec Philippe Tissié :
Ce Monsieur Paschal Grousset qui est un homme que je méprise et avec lequel je ne veux point avoir de rapports (source)
Coubertin, fervent défenseur de la compétition, de l'internationalisation, du combat, de la victoire du plus « fort » va donc reprendre les arguments - légitimes - de ses adversaires pour conférer aux Jeux modernes un vernis d'égalitarisme, de respect d'autrui, et de fraternisation.

Après s'être approprié la maxime de Didon « Plus haut, plus loin, plus fort », Coubertin fera donc siens les propos de Talbot : « L'important dans ces Olympiades, c'est moins d'y gagner que d'y prendre part »

Le sport de Coubertin, l'école de Ferry

© Inconnu
Le baron Pierre de Coubertin, père des Jeux modernes
Présenté selon les thèses officielles comme un humaniste parmi les humanistes,
visionnaire parmi les visionnaires, un examen du parcours de Pierre de Coubertin offre une image beaucoup plus nuancée de l'intéressé.

Ses déclarations officielles laissent apparaître un ardent défenseur de la misogynie, de l'eugénisme, de la supériorité de la race blanche, de la bourgeoisie dominante et de la colonisation.

Il est piquant de constater que Coubertin se décrivait, à l'instar de Jules Ferry le Tonkinois, comme un colonialiste fanatique :
« Dès les premiers jours, j'étais un colonial fanatique »
Pierre de Coubertin - Mémoires, Archives du CIO, 1936
Le parallèle avec Ferry ne s'arrête pas là. Tous deux font partie du panthéon de la société française et sont présentés comme de grands visionnaires, initiateurs de progrès majeurs pour la société française.

Jules Ferry (1832 - 1893), ennemi de la Commune et ardent colonialiste.
Ferry restera dans les mémoires comme le père de l'école publique, laïque et gratuite. Pourtant, dans les faits,l'école gratuite et accessible à tous a été créé deux siècles plus tôt avec l'édit de 1695, où Louis XIV déploie sur le territoire français les écoles paroissiales gratuites.

Ce qui est moins souvent souligné est que la Loi de 1882 a rendu l'école obligatoire, a imposé l'usage systématique du français et a placé au premier rang l'enseignement moral et civique.

A partir de là, les cultures séculaires et les langues qui faisaient la France ont progressivement disparu. Chaque petit Français a dû passer par l'endoctrinement de l'école de la république (l'antichambre de la caserne et de la sacristie comme souligné par Emile Janvion), transformé en un travailleur docile, un soldat dévoué, soumis aux élites qui l'exploitent.

À cet égard, le sport selon Coubertin et l'école selon Ferry ont servi un même objectif d'asservissement des masses et de destruction du lien social. Le premier a instillé l'individualisme, l'acceptation de la violence et la loi du plus fort tandis que le second a détruit les cultures locales et soumis le citoyen aux pouvoirs en place.

Coubertin et la Commune

Revenons à Coubertin et à son projet de faire revivre les jeux antiques grecs. La chronologie de cette renaissance permet de mieux comprendre les motivations profondes de Coubertin.
C'est à l'occasion du cinquième congrès de l'USFSA du 25 novembre 1892 qu'il émet l'idée de la rénovation des Jeux olympiques. (source)
© Inconnu
Communards fusillés par les Versaillais
C'est donc en 1892 qu'apparaît officiellement le projet des Jeux modernes. Or, 20 ans plus tôt, avait lieu la Commune de Paris, événement au cours duquel le peuple parisien s'insurgea contre les pouvoirs en place afin de défendre Paris contre les troupes allemandes.

À cette occasion, les citoyens mirent en place un système d'autogestion et prirent nombre de mesures sociales : pensions pour les plus démunis, annulation des dettes, émancipation des femmes, liberté de la presse, liberté de culte, etc.

Le mois de mai 1871 voit la fin de cet éphémère mouvement populaire. Au cours de la triste semaine sanglante, le pouvoir central soutenu par l'armée allemande lance une campagne de répression inégalée, fusillant près 20 000 communards.

A contrario de la Révolution française, la Commune aboutit à une véritable mais fugace démocratie directe. Cette insurrection populaire spontanée marqua et effraya les classes dirigeantes, y compris le baron Pierre de Coubertin, qui analyse la Commune en ces termes :
L'insurrection communiste éclata à Paris : elle comblait la mesure de nos infortunes. Malgré les tentatives qui ont été faites pour donner à ce mouvement un caractère socialiste et humanitaire, qu'il n'eut jamais, le temps qui atténue tant de choses, n'a rien enlevé de leurs horreurs aux sombres souvenirs de 1871. L'assassinat Leconte et Clément Thomas, le second siège de Paris, les orgies et les bouffonneries de la Commune passèrent sur la France comme un cauchemar.
P. de Coubertin - L'évolution de la 3e République
Notez qu'au XIXe siècle déjà, le terme « communiste » était utilisé pour décrédibiliser les mouvements menaçant le statu-quo et la domination des élites. Toutefois, face à la menace « communiste » grandissante, Coubertin a une solution :
Il ne reste, pour échapper à la néfaste violence qui compromettait la cause du prolétariat (sic) que ce troisième moyen, le seul pratique en même temps le seul digne, mettre le prolétariat en état de culture suffisante pour qu'il ait la force de résister à lui-même, de faire front contre la colère, même légitime, l'injustice, même flagrante, afin qu'il puisse travailler tenacement, mais calmement à sa propre élévation.
Lettre inédite à Duchoslav Forst, cité par M.T. Eyquen, membre du C.I.O.
Afin de contrôler le peuple, qui du propre aveu de Coubertin fait face à une injustice flagrante et une colère légitime, l'intéressé a en tête un programme d'asservissement et de contrôle des masses qui rendra le peuple servile quelles que soient les inégalités qu'il subit. Il dévoile un peu plus clairement les contours de ce programme dans le passage suivant :
Que la jeunesse bourgeoise et la jeunesse prolétarienne s'abreuvent à la même source de joie musculaire, voilà l'essentiel, qu'elles s'y rencontrent ce n'est maintenant que l'accessoire. De cette source découlera, pour l'un comme pour l'autre, la bonne humeur sociale, seul état d'âme qui puisse autoriser pour l'avenir l'espoir de collaboration efficace.
Cité par Y.P. Boulogne dans Pédagogie sportive
Voilà donc le coeur du procédé, les Jeux modernes vont créer l'illusion d'une fraternité, d'une égalité entre les classes dominantes et les dominés.

© Inconnu
Médecin nazi effectuant des mesures anthropométriques sur un déporté
Les Jeux modernes et leur vernis d'égalitarisme, de partage, de célébration collective vont faire oublier aux citoyens leur statut d'opprimé et ils continueront à se soumettre, béats et résignés, à une vie de labeur consacrée à l'enrichissement d'une petite élite (ce que Coubertin appelle euphémistiquement « collaboration efficace »).

Coubertin et l'eugénisme

En cette fin de XIXe siècle, les élites prennent donc des mesures de contrôle social pour conserver leurs privilèges et éviter toute nouvelle insurrection populaire.

À la même époque, une idéologie aux confluents du darwinisme, de l'eugénisme et du racisme voit le jour.

J.A. Gobineau publie son Essai sur l'inégalité des races en 1853, Charles Darwin élabore la théorie de l'évolution et publie L'origine des Espèces en 1859. Francis Galton créé le terme « eugénisme » en 1883.

© Inconnu
Colons posant devant des têtes tranchées d'indigènes
La « science » semble remplir alors le rôle d'une chambre de validation de la politique colonialiste. En effet, à la même époque les campagnes de colonisation françaises font rage :
Tunisie (1881),
Bénin (1895),
Centrafrique (1889),
Tchad (1895),
Congo (1891),
Guinée (1893),
Côte d'Ivoire (1895),
Niger (1897),
Djibouti (1862),
Madagascar (1896)...

Les tentatives pseudo-scientifques visant à établir la supériorité de la race blanche fournissent une excellente justification à la colonisation qui devient soudain une démarche humaniste visant à civiliser les peuples barbares.

La prédominance de l'effort colonisateur en Afrique peut expliquer pourquoi la « race » noire était particulièrement stigmatisée par ce mouvement idéologique. Au niveau de la politique interne, cette idéologie permet de justifier la persistance des inégalités et des classes puisque directement conditionnées par la transmission de talents purement héréditaires.

Nul doute que Coubertin a été très largement influencé par cette mouvance idéologique, comme les déclarations suivantes en attestent :
Les races sont de valeur différente et à la race blanche, d'essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance.
Cité par Yves-Pierre Boulongne dans La vie et l'oeuvre pédagogique de P. de Coubertin
Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l'air vaincu. Hé bien ! C'est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n'est appréciable qu'aux forts.
P. de Coubertin - L'éducation anglaise
La théorie de l'égalité des droits pour toutes les races humaines, conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial
P. de Coubertin - The review of the reviews, avril 1901
De quel regard ému ne suivez-vous pas les hommes audacieux qui parcourent le continent noir et répandent vaillamment leur sang pour planter une fois de plus nos trois couleurs sur une case indigène ?
P. de Coubertin - La jeunesse de la France, conférence 1890.
Eric Caberia, dans son excellent article intitulé Pierre De Coubertin : Le père peu présentable des jeux olympiques modernes, a parfaitement cerné les véritables motivations derrière la renaissance des Jeux olympiques :
Pour Coubertin, il s'agissait de magnifier aux yeux du monde la supériorité de l'Occident, et surtout de prouver dans le cadre des jeux, la perfection de « l'homme blanc », autant sur le plan physique que spirituel. Pour Coubertin, la beauté des corps répondant à l'antique esthétique des athlètes grecs ne pouvait se retrouver que chez des compétiteurs Européens. Cette supposée perfection européenne devait donc se manifester de façon éblouissante par une supériorité de performances, cela au détriment des autres « races » considérées comme inférieures.
À travers les Jeux modernes, vénérant le plus fort des hommes blancs, Coubertin tente de justifier l'impérialisme français (eugénisme entre races) et la soumission du peuple à ses élites (eugénisme entre individus). Une hiérarchie immuable transparaît dans ce rituel comme une allégorie de la société défendue par Coubertin.

© Inconnu
« Toilettes réservées aux Blancs »
Au sommet, l'homme blanc vainqueur (les élites occidentales), en dessous les hommes blancs perdants (le peuple d'Occident) et au niveau le plus bas les « métèques » (les peuples colonisés), comme mentionnés dans le serment olympique grec.

In fine, Coubertin a abouti au même raisonnement que les Grecs et les Romains : les Jeux sont un excellent moyen de faire accepter la guerre au peuple : ils glorifient la loi du plus fort, la violence, la hiérarchie et instillent une complaisance menant le peuple à accepter l'inacceptable. 1500 ans après la fin des Jeux antiques, Coubertin a réinventé l'opium du peuple. Les deux déclarations suivantes illustrent la pensée de Coubertin quant aux Jeux olympiques en tant que vecteurs de désensibilisation à la guerre :
Les sports ont fait fleurir toutes les qualités qui servent à la guerre : insouciance, belle-humeur, accoutumance à l'imprévu, notion exacte de l'effort à faire sans dépenser des forces inutiles (source)
le jeune sportsman se sent évidemment mieux préparé à « partir à la guerre » que ne le furent ses aînés. Et quand on est préparé à quelque chose, on le fait plus volontiers (source)
Coubertin et les femmes

Colonialisme, eugénisme, racisme, élitisme, asservissement du peuple. Le tableau ne serait pas complet sans mentionner la misogynie de l'intéressé. Comme au temps de la Grèce antique, les Jeux modernes de Coubertin sont réservés aux hommes. Ce n'est qu'aux Jeux d'Amsterdam de 1928, soit plus de 30 ans après la première olympiade que les femmes seront finalement admises suite à des années de pression des mouvements féministes et bien sûr contre l'avis de Coubertin. Ce dernier ne s'est pas caché d'une telle vision réactionnaire :
Les olympiades femelles sont inintéressantes, inesthétiques et incorrectes. Aux Jeux olympiques, leur rôle devrait être surtout, comme aux anciens tournois, de couronner les vainqueurs car le seul véritable héros olympique est le mâle individuel, une olympiade femelle est impensable, elle serait impraticable.
Pierre de Coubertin - Pédagogie sportive, 1922
Coubertin et le nazisme

Au fil des ans, Coubertin s'éloignera de plus en plus du mouvement olympique. En 1937, il meurt à Genève d'une crise cardiaque.

Il fera néanmoins un baroud d'honneur à l'occasion des Jeux de Munich de 1936, où il se montrera fidèle à lui-même et fera publiquement part de son soutien au nazisme. Il plébiscite le régime nazi pendant la campagne de promotion des Jeux de 36 :
Dès aujourd'hui, je veux remercier le gouvernement et le peuple allemands pour l'effort dépensé en l'honneur de la onzième olympiade (source)
Et au cours de son discours prononcé pendant la cérémonie de clôture, il confirme et signe :
Que le peuple allemand et son chef soient remerciés pour ce qu'ils viennent d'accomplir.
Michel Caillat, Le Sport, 2008
Coubertin campera jusqu'au bout sur ses positions et lorsqu'on l'interroge sur le soutien qu'il a apporté au régime nazi, il répond :
Comment voudriez-vous que je répudie la célébration de la XIe Olympiade ? Puisque aussi bien cette glorification du régime nazi a été le choc émotionnel qui a permis le développement qu'ils ont connu (source)
1936 - 2012

Après les Jeux nazis de 1936 et avant de nous pencher sur l'apothéose de 2012, attardons-nous un instant sur la période allant de 1948 (Jeux de Londres) à 2008 (Jeux de Pékin).

Comme on pouvait s'en douter, cette période n'a pas dérogé à la régle. Les cas de triche, de corruption, de manipulation politique, de contrôle des multinationales, de pillage de pays-hôte sont si nombreux qu'ils suffiraient à remplir un ouvrage entier.

Voici donc une compilations de quelques faits ayant marqué ces quelques 60 années d'olympisme :
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Avery Brundage (1887-1975), président du CIO de 1951 à 1971
De 1951 à 1972, Avery Brundage sera président du CIO. Dès les années 50, le mouvement de boycott contre l'Afrique du Sud et sa politique d'apartheid prend de l'ampleur. En 1956, la fédération internationale de tennis de table boycotte l'Afrique du Sud, en 1962, l'ONU condamne officiellement l'apartheid, la même année la FIFA acte le boycott de l'Afrique du Sud, en 1963 la communauté internationale décide d'appliquer un embargo. Malgré cette condamnation unanime de l'apartheid, ce n'est qu'en 1970 (un an avant la fin de son règne) que Brundage consentira à exclure officiellement l'Afrique du Sud des Jeux olympiques.

En 1968, dix jours avant l'ouverture des Jeux de Mexico, l'armée tire sur des manifestants étudiants et fait 300 morts. Le président du CIO n'y voit qu'une « affaire intérieure » (sic).(Source)

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Mexico, 1968 - Tommy Smith et John Carlos protestant contre la ségrégation et le racisme
En 1968, Tommie Smith et John Carlos, médaillés du 200 mètres, brandissent un poing ganté de noir sur le podium. Smith est membre de l'Olympic Project for Human Right, un groupe de défense des droits des Noirs. Les médias accuseront Smith et Carlos d'avoir fait partie des Black Panthers, ce qui n'a jamais été le cas. Suite à cet appel à la tolérance, à l'égalité des droits et à la fraternité entre les peuples, Smith et Carlos seront radiés à vie des Jeux olympiques.

En novembre 1998, Marc Hedler, un membre du CIO, révèle l'existence de pots-de-vin pour plus de 10 millions de dollars au moment de l'attribution des jeux d'hiver à Salt Lake City en 2002. Il affirme que ces pratiques existent depuis au moins dix ans. Quatre membres du CIO démissionnent, six autres sont exclus pour corruption et une dizaine d'autres officiellement « avertis ». Selon Tom Welch, chargé de verser les pots-de-vin pour le comité d'organisation de Salt Lake City, « 80% des membres du CIO auraient dû être exclus ». (source)

En 2001, au « Vrai Journal » de Karl Zero, l'homme d'affaires André Guelfi, condamné en première instance dans l'affaire Elf Aquitaine, affirme avoir permis à Moscou d'obtenir les JO de 1980 et d'avoir fait perdre Paris contre Pékin pour 2008. Une enquête est ouverte par la justice française.
(source)

En juin 2004, le sud-coréen Kim Un-Yong, vice-président du CIO, est condamné à
deux ans et demi de prison pour corruption et 555 000 euros d'amende. La police avait découvert à son domicile plusieurs millions de dollars destinés, selon lui, à
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Samaranch (au milieu de la photo) faisant le salut nazi à l'occasion du 38e anniversaire de pouvoir de Franco.
convaincre les autorités des deux Corées de défiler sous une bannière commune lors des Jeux olympiques de Sydney en 2000.
(source)

De 1980 à 2001, Juan Antonio Samaranch est président du CIO. Dans la droite lignée idéologique du père des Jeux modernes, Pierre de Coubertin, il n'a jamais caché son admiration pour Franco. À la mort du dictateur, Samaranch déclarera, droit dans ses bottes :
Je considère que la figure et l'œuvre réalisée par le Caudillo s'inscrira dans l'histoire comme l'un des plus grands Chefs d'État du XXe siècle. La prise en main de l'Espagne par Francisco Franco durant 39 ans a signifié pour elle l'ère de prospérité et de paix la plus longue que notre pays ait connue depuis bien des siècles ».
Voilà quelques uns des faits marquants des Jeux pendant cette période : triche, corruption, pots-de-vin, racisme. Heureusement, ces dérives font désormais partie du passé et le comité d'organisation de Londres 2012 promet des Jeux exemplaires. Comme souvent, les promesses n'engagent que ceux qui y croient...

Londres 2012
Le sport est une propagande permanente pour le libéralisme économique. Il exalte bien sûr les marques, la consommation débridée, le fétichisme de la marchandise, mais aussi la loi du plus fort, le mépris des plus faibles, le culte de la performance, de l'évaluation, de la maximisation des forces, de la concurrence forcenée. Son idéal : les hommes sont des loups pour les hommes, homo homini lupus.

- Robert Redeker, philosophe

Malgré les promesses, les jeux de Londres n'ont pas dérogé à la règle de la démesure, du business, de la triche, de l'hypermédiatisation et bien sûr du conditionnement du peuple.
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Cérémonie d'ouverture des Jeux de Londres 2012
Les chiffres frisent l'incommensurable : 12 milliards d'euros de budget, 2 millions de visiteurs, 10500 athlètes, 2800 maisons pour le village olympique, 100 hectares de nouvelles installations.

Vespasien et son Colisée n'ont qu'à bien se tenir. Londres a atteint l'ère du lavage de cerveau permanent et universel. 5 milliards de téléspectateurs (soit 8 êtres humains sur dix) ont suivi les J.O. L'audience cumulée a atteint les 40 milliards de téléspectateurs.

De la cérémonie d'ouverture à la cérémonie de clôture, les médias (papier, Internet, radio, TV) ont été totalement saturés par ce seul événement. Voyez simplement les moyens déployés par France Télévision, un des très nombreux médias nationaux à avoir relayé les Jeux de Londres :
Les chaînes du groupe public consacreront plus de 220 heures d'antenne en direct à l'événement. Des dispositifs Internet, mobiles et tablettes numériques compléteront cette couverture.
Chaînes: France 2 et France 3
Programmation: de 9h30 à 24 heures
(source)
Vous avez bien lu : près de 15 heures de retransmission en direct par jour, soit juste assez de temps pour dormir et manger avant de revenir devant l'écran et suivre cette magnifique célébration du fair play et de la fraternité entre les peuples.

Les J.O. de Londres sont tout simplement le plus grand événement médiatique de l'Histoire. Ceci dit, la grande nouveauté des Jeux de Londres aura sans conteste été la « sécurité ».

Un univers sécuritaire

Initialement prévu aux alentours de 300 millions d'euros, le budget de la sécurité des Jeux a doublé pour atteindre 700 millions d'euros (sans compter les coûts indirects abordés plus bas).

En conséquence, nous avons assisté à une hystérisation des foules avec l'annonce en boucle de fortes menaces terroristes pendant les mois qui ont précédé l'événement, puis à une mobilisation pharaonique des forces de sécurités pendant l'événement.
© Humphreys / PA
Soldats patrouillant sur le site de Stratford
Le message est simple mais efficace :
1/ menace terroriste = ayez peur, tremblez, vous êtes menacés, vous avez besoin d'un État protecteur
2/ déploiement disproportionné de forces policières et militaires = l'État est puissant, il vous protège des menaces terroristes (et accessoirement, il peut vous écraser d'une pichenette).

La démonstration de force a mobilisé 23 700 personnels de sécurité (soldats, policiers, agents de sécurité). Il s'agit tout bonnement de la plus importante mobilisation militaire en Angleterre depuis la Deuxième Guerre mondiale. Même la guerre des Malouines n'avait pas engendré une opération de cette ampleur.

En plus des forces pré-citées, l'armée de l'air a mis en alerte permanente un escadron de chasseurs Typhoon, des hélicoptères d'assaut et a déployé des batteries sol-air sur 6 sites.

De son côté, la Marine a mobilisé le HMS Bulwark (navire de débarquement de dernière génération d'une longueur de 176 m) et le HMS Ocean (navire de débarquement de 203 m de long).

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Le HMS Ocean transportant ici une douzaine d'hélicoptères
Vous n'aurez pas manqué de noter la disproportion et surtout l'inadéquation entre les moyens déployés et les menaces terroristes annoncées (et non concrétisées). Le mode opératoire des « terroristes », ou plutôt du terrorisme d'État mené sous fausse bannière, consiste généralement en des attaques suicide. En quoi les navires de guerre, les chasseurs ou les batteries de missiles sont-ils adaptés à une telle menace ?

Comme mentionné précédemment, le véritable objectif n'est nullement la protection du peuple mais la démonstration de force, montrer au citoyen que l'État le protège, que l'État est surpuissant et que s'il songeait à la rébellion, il pourrait lui-même devenir la cible de ce terrible arsenal.

Des dépenses pharaoniques

Londres 2012 a également confirmé l'avénement du sport business ou plutôt du business sport, tant le premier prévaut désormais sur le second.

Selon les thèses officielles, les Jeux olympiques sont un formidable accélérateur économique. Le raisonnement est simple :

- la préparation des Jeux stimule l'activité et l'emploi via la construction des sites olympiques
- la tenue des Jeux génère des revenus par le biais de la billeterie, des sponsors, des droits télévisés et de l'accroissement de l'activité touristique
- à un niveau moins tangible, l'aura de la ville organisatrice sort grandie de l'événement et stimule ses résultats économiques et financiers.

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Sebastian Coe défendant la candidature de Londres avec son budget de 4 milliards d'euros (il dépassera les 20 milliards)
Penchons-nous sur les dépenses. Entre 2005 et 2012, le budget a triplé, passant de 4 milliards à 12 milliards d'euros.

L'État anglais a donc investi 12 milliards d'euros (budget d'investissement) pour ce qui est pudiquement appelé « transformation de l'Est de Londres ». Si l'on y ajoute les 10 milliards de coûts indirects pour les services publics (présence militaire et policière en particulier), le budget total atteint les 22 milliards d'euros.

Il s'agit bien là d'argent public (État + collectivités locales), c'est-à-dire essentiellement d'argent provenant des petits contribuables.

En effet, l'Angleterre propose une fiscalité encore plus inégalitaire qu'en France où les entreprises du CAC 40, grâce entre autres aux filiales dans les paradis fiscaux, aux « optimisations » et niches fiscales, sont imposées en moyenne à 8%. Ce chiffre est à rapprocher des 50 % de fiscalité (impôts + taxes) qui pèsent sur les classes moyennes et des 33% imposés aux PME. En résumé, en France comme en Angleterre, ce sont les petits qui contribuent le plus au budget de l'État.

A l'instar des autres dépenses publiques, les J.O. de Londres ont été majoritairement financés avec l'argent des citoyens et des petites entreprises.

Penchons-nous maintenant sur l'utilisation de ces 22 milliards « d'investissements ». L'essentiel a été injecté dans le secteur du BTP pour la création des infrastructures, essentiellement des installations sportives pharaoniques.

Ces dernières ne font nullement partie des besoins prioritaires des citoyens qui font face à la pénurie d'écoles, de bibliothèques, de parcs ou d'hôpitaux. D'autres part, de telles installations nécessitent un entretien extrêmement onéreux et sont généralement inutilisées ou sous-utilisées.


Athènes, le bassin de plongeon olympique 7 ans après
Il suffit pour s'en convaincre de se pencher sur le devenir des installations des Jeux passés. Ceux d'Athènes (2004) par exemple :
- Le centre olympique de Nikakya a été transformé en locaux universitaires
- Les locaux de diffusion sont devenus un centre commercial
- Les installations de beach-volley ont été remplacées par une salle de spectacle
- La salle de badmington a été transformée en salle de thêatre
- Le centre de gymnastique est devenu un centre commercial
- Les installations de Tae Kwen do ont été transformées en centre de congrès.

Notez que ces transformations induisent un coût supplémentaire que les collectivités préfèrent généralement à des locaux vides et à l'entretien coûteux.

Pour l'essentiel, ces 22 milliards investis dans le BTP auront accru les profits des gros acteurs du secteur sans améliorer les conditions de travail ou les salaires. La suractivité a été compensée par le recrutement (temporaire) de 10 000 ouvriers dont les contrats ont pris fin bien avant que ces lignes ne soient écrites. Pour le mythe de la stimulation de l'emploi, remarquez que seulement 11% de ces ouvriers n'avaient pas d'emploi au moment de leur recrutement.

Des profits réservés à une minorité

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Certains billets pour la cérémonie d'ouverture se sont vendus plus de 4000 euros
Les recettes proviennent essentiellement de 4 postes :
- Les droits télévisés évalués à 3,2 milliards d'euros,
- les 41 sponsors britanniques pour approximativement 1 milliard,
- les sponsors globaux du CIO pour 0,8 milliard,
- la billeterie et les produits dérivés pour 0,8 milliard.

Notez que les fonds collectés par le CIO sont redistribués à hauteur de 90% à la ville organisatrice et aux comités nationaux. Mais même en incluant tous les fonds collectés par le CIO, les recettes totales ne dépassent pas les 6 milliards d'euros (à rapprocher des 12 milliards de dépenses directes et des 22 milliards de dépenses totales). Soit une perte comprise pour les caisses publiques entre 6 et 18 milliards d'euros (c'est le coût approximatif de 100 hôpitaux flambant neuf)

Restent les retombées intangibles, à commencer par la notoriété. Une étude menée en 1991 par J.R.B. Ritchie et Brian H. Smith, The Impact of a Mega-Event on the Host Region Awareness: a Longitudinal Study (et publiée dans le Journal of Travel Research, vol. 30, no 1) montre que moins de 10% des Nord-Américains et moins de 30% des Européens se souvenaient que les Jeux d'hiver s'étaient déroulés à Innsbruck (Autriche) en 1976, et que seulement 28% des Nord-Américains et 24% des Européens se rappelaient que les Jeux d'hiver de 1980 s'étaient tenus à Lake Placid.

Dans quelques années, combien d'entre nous se souviendront que les Jeux d'été 2012 se sont tenus à Londres ? En quoi cette information influencera notre propension à acheter des produits « made in England » ou à choisir Londres comme destination touristique ?

Justement, le tourisme est la deuxième retombée intangible des Jeux. Comme rapporté par La Tribune, il est d'ores et déjà acquis que la manne touristique n'a pas été à la hauteur des espérances :
Dans le centre de Londres, [les commerçants] n'ont pas vu arriver la manne touristique promise. Dans Soho, la propriétaire de la Maison Bertaux, « plus vieille pâtisserie de Londres » déplore à l'AFP : « Si l'on compare à l'année dernière, et c'est vrai pour tous les types de commerces, les gens ne viennent pas, qu'il s'agisse des Londoniens ou des touristes olympiques ».
Pour les commerçants, la désaffectation s'explique par la campagne de communication alarmiste menée par la mairie et Transport for London (l'organisme gérant les transports en commun de la capitale). Depuis des mois, ils déconseillent aux usagers les endroits les plus fréquentés du centre ville, dans la crainte d'une congestion du réseau.
Au final, le CIO, quelques grosses entreprises du BTP, les annonceurs et les médias auront profité des J.O. tandis que les contribuables réglaient l'addition et les petits commerce voyaient passer le mirage olympique au loin.

Les perspectives de relance économique ne sont qu'une promesse creuse pour faire avaler aux Britanniques ces dépenses à fonds perdus, comme justement souligné par Georgios Kavetsos de la London School of Economics :
Nous passons tous un bon moment, mais comme après chaque lendemain de fête, on aura la gueule de bois. Les méga-événements du type J.O. ne doperont pas de façon significative les indicateurs importants comme la croissance économique, le tourisme, l'emploi ou les salaires.
(source)
Éthique et sponsors

Soucieux de leur image, les Jeux de Londres ont joué la carte de l'écodéveloppement à grand renfort de communication. Selon la thèse officielle, ils s'intègrent dans une dynamique de développement durable et de respect de l'environnement.

Cependant, lorsqu'on se penche sur ce dossier, la réalité est une nouvelle fois moins rose, voire à l'opposé de ce que les élites veulent nous faire croire par l'intermédiaire de médias inféodés.

Les Jeux de Londres comptent au total 53 sponsors officiels, dont 11 partenaires privilégiés. On trouve dans cette liste certains des pires destructeurs de l'environnement et de la vie humaine.

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Une des nombreuses victimes de Dow Chemical à Bhopal
Parmi les généreux sponsors figurent donc :
- Dow Chemicals, responsable du dramatique accident de Bhopal qui fit près de 400 000 victimes à des degrés divers.
- BP, plus connu pour la marée noire du Golfe du Mexique ou son implication dans l'exploitation de gaz de schiste.
- Rio Tinto, multinationale minière célèbre pour ses manquements aux codes environnementaux et aux Droits de l'Homme, et mandaté pour la fabrication des médailles olympiques.
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Lakhsmi Mittal portant la flamme olympique
- Arcelor Mittal,, dont le propriétaire Lakshmi Mittal a porté la flamme olympique à travers le quartier de Chelsea, sachant que le géant de l'acier a supprimé 70 000 emplois ces dernières années tout en engrangeant des profits records.
- Glaxo Smith Kline, géant pharmaceutique condamné à payer la plus grosse amende de l'histoire de l'industrie pharmaceutique (3 milliards de dollars) pour avoir corrompu des médecins, promu l'usage de médicaments pour des applications non approuvées, et caché les effets délétères de certains médicaments tout en leur inventant des effets bénéfiques.

Parmi les 11 partenaires privilégiés, figurent Coca Cola, McDonald's et Procter & Gamble, trois géants de l'agroalimentaire qui ont inondé la planète de « junk food », à l'origine de l'épidémie d'obésité et de maladies coronariennes qui mine l'humanité.

Pendant que les citoyens tentent d'obtenir les quelques billets hors de prix qui ne sont pas réservés aux sponsors, ces derniers jouissent de dérogations étonnantes. Ainsi, on apprend que :
Les onze principaux sponsors bénéficient encore d'un privilège étonnant, celui de ne pas payer d'impôts ni de taxes sur le site olympique, transformé en paradis fiscal le temps des compétitions. L'exigence vient là encore du CIO, qui demande aux villes hôtes des Jeux de dérouler le tapis rouge à ses partenaires.
Au total, ces évasions fiscales se montent à 600 millions d'euros. Mais ce n'est pas que dans le domaine de la fiscalité que les multinationales font la loi, comme illustré par ces propos de Sebastian Coe :
Le patron des Jeux, Sir Sebastian Coe, a ainsi provoqué la stupéfaction en déclarant, quelques jours avant la cérémonie d'ouverture, que les spectateurs arborant un T-shirt Pepsi ne pourraient « probablement pas rentrer » sur le site.
2012 ou 1984 ?

Derrière le strass et les paillettes savamment diffusés par un marketing policé et une communication huilée, les Jeux de Londres ont révélé un univers littéralement orwellien.

L'Est de Londres, qui abrite les plus modestes, a été rasé, sans que les habitants aient leur mot à dire. Les pauvres ont été expropriés et leurs logements ont été remplacés par des installations sportives au coût exorbitant et des bâtiments de standing. Au passage, une poignée d'opérateurs a profité de l'inflation de l'immobilier tandis que les habitants délogés ne pouvaient plus se reloger en raison de coûts devenus inaccessibles.

Les citoyens qui ont osé s'opposer à la construction d' installations sportives sur leur propriété ou dans leur quartier se sont vu refusé l'accès aux Jeux, voire même d'approcher les installations olympiques.

Des étrangers se sont vu interdits de séjour en Angleterre parce qu'ils s'étaient prononcés contre les J.O.
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Aperçu des clôtures électrifiées autour du stade olympique
En plus des 23 700 personnels de sécurité mentionnés précédemment, soulignons que le site olympique principal (Stratford) était entouré de 17 km de clôture électrifiée agrémentée de 900 caméras de surveillance et de patrouilles de maîtres-chiens.

Un nouveau logiciel a été intégré au système de caméras de sécurité londonien permettant de suivre automatiquement le parcours de tout individu à travers Londres.

L'alinéa 44 de la loi sur le terrorisme a été appliqué à l'occasion des Jeux. Il permet à la police d'arrêter et de fouiller tout individu en l'absence de toute cause ou suspicion.

Cette mesure s'ajoute à l' « Olympic act », qui autorise les forces de police à entrer de force dans des propriétés privées afin d'arrêter manifestants et militantss anti-J.O.
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Une des batteries sol-air déployée à l'occasion des Jeux de Londres
Les limites habituellement imposées à l'action des forces de police ont été levées, et cet assouplissement s'applique également aux forces de sécurité privées.

L'armée a déployé des batteries sol-air au sommet d'immeubles d'habitation sans même consulter les résidents.

Au final, ces Jeux de Londres préfigurent un univers totalitaire où une petite élite jouit de tous les privilèges : accès aux épreuves, aux loges, aux fêtes, au feux de la rampe et aux profits tandis que le peuple subit l'oppression : flicage, caméras de sécurité, expropriations, fouilles, détentions arbitraires, répression.

Londres 2012, les jeux propres

Depuis des années, les médias répètent le même couplet : « le dopage, c'était avant, les brebis gâleuses ont été écartées, le sport est désormais propre ».

Afin de renforcer l'illusion, quelques boucs-émissaires ont été sacrifiés. Ainsi, l'Allemagne de l'Est a joué le rôle du pays bouc-émissaire, le cyclisme joue le rôle du sport bouc-émissaire, et pendant les Jeux, 14 compétiteurs de second plan déclarés positifs ont joué le rôle de sportifs bouc-émissaires.

Le message implicite étant que par opposition aux cas sus-cités, tous les autres pays, sports ou sportifs sont propres.

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Les 4 sprinteuses étasuniennes ayant battu le record du monde du 4X100
Pourtant, le dopage d'État est attesté entre autres en RDA, en Chine et aux USA ; le dopage organisé implique le recours à des techniques extrêmement élaborées, scientifiquement éprouvées et qui décuplent les performances. Pour se faire une idée des gains de performance offerts par de tels procédés, on peut remarquer qu'à elle seule, l'EPO, une vieille molécule qui a plus de 20 ans, induit un gain de performance compris entre 10 et 20%.

Au cours des Jeux de Londres, 44 records du monde et 117 records olympiques on été établis. Si le dopage a disparu, comment expliquer que les records continuent de tomber ?

Si le dopage a disparu, comment expliquer qu'un record comme celui détenu depuis 27 ans par le 4X100 mètres féminin d'Allemagne de l'Est et réputé imbattable tant il était douteux ait été pulvérisé de près d'une demi seconde par le relais étasunien ?

Alors que le dopage est censé avoir disparu, pourquoi le record du monde du 100 m hommes fond plus vite que jamais ?

© Condelpark
Accélération de l'amélioration du record du 100 m entre 2000 et 2012 alors que les records sur 1912-2000 suivent une progression quasi linéaire
Dans les années 80, Bob Goldman, médecin basé à Chicago et fondateur de l'US National Academy of Sports Medicine, mena une étude auprès d'athlètes de haut niveau. Il leur demanda s'ils seraient prêts à prendre un produit qui leur garantirait la médaille d'or mais qui les tuerait dans les 5 ans. Les résultats le choquèrent. Sur 196 athlètes interrogés, 52% répondirent "oui". Le questionnaire fut administré 2 fois par an pendant la décennie suivante, et les résultats furent toujours similaires. Comme leurs prédécesseurs, approximativement la moitié des athlètes de haut niveau répondirent « oui ».

Conclusion

À l'instar des autres secteurs de notre société comme la science, la santé, la religion ou la psychologie, le « sport » a été ponérisé, vidé de tout sens et de tout potentiel bénéfique. Il a été perverti par une petite élite psychopathique denuée de toute conscience et nourrissant une haine sourde à l'égard de l'être humain.

Après des siècles de manipulations, de conditionnement, de mensonges, le sport est devenu un spectacle inhumain où des individus obnibulés par la gloire poursuivent la victoire à tout prix sous le regard de millions de spectateurs hagards.

À des années-lumières de ses véritables vertus, le sport est devenu un moyen de diversion majeur destiné à façonner un peuple servile et hypnotisé. Il glorifie les notions d'individualisme, de violence, de combat, de triomphe du plus fort, et les instille dans l'esprit du peuple.

Le sport est devenu un business régi par les profits, les annonceurs et les médias où corruption, triche et ambitions sont désormais la règle. C'est une hérésie économique, appauvrissant États et contribuables pour enrichir une petite poignée de privilégiés.

Pourtant, les jeux collectifs, qu'ils impliquent une activité physique ou non, peuvent être un formidable levier de fraternisation, de partage et d'apprentissage. L'effort physique, correctement pratiqué - comme décrit par exemple par Nora Gedgaudas dans son ouvrage Primal body, Primal mind, peut améliorer notablement l'état de santé, la vitalité et le bien-être de ses pratiquants.

Le naufrage du sport et des autres facettes de notre société ne sont pas une fatalité. Un monde meilleur est possible, mais pour cela, l'humanité doit comprendre la source ultime de ces maux : la psychopathie et ses conséquences au niveau collectif : la ponérisation.

Au-delà du matraquage médiatique, au delà des paillettes, au-delà des mensonges que les élites veulent nous faire avaler, un modèle de société fondé sur l'individualisme, la violence, l'exploitation, l'injustice ne peut être pérenne. Voilà peut-être la signification profonde de cette vidéo tournée à l'occasion d'une remise de médailles pendant les Jeux de Londres.


Cet événement, dont la dimension symbolique peut difficilement être ignorée, préfigure-t-il la fin de l'empire américain et, par extension, la chute du modèle de société imposé à la planète entière ? Seul l'avenir nous le dira.