Selon un livre écrit par deux professeurs de médecine, 50% des médicaments sont inefficaces et 5% d'entre eux seraient dangereux. Et, en plus, ils coûtent cher. Leur déremboursement rapporterait 10 Mds€.

© LP/MARC MENOU
Selon l’ouvrage des professeurs Even et Debré, ces médicaments sont à éviter.
Il faut dépoussiérer les étagères des pharmacies. Dans un livre événement, qui sort aujourd'hui en librairie, les professeurs de médecine Philippe Even (étiqueté à gauche) et Bernard Debré (médecin et député UMP) dénoncent la vétusté, voire la dangerosité de notre pharmacopée.

Ils lancent un pavé dans la mare dans un pays qui est l'un des plus gros consommateurs de gélules de la planète avec 47 boîtes par personne en 2011.

L'Ordre des médecins préfère garder le silence

D'après cette enquête exhaustive, la moitié des traitements mis en vente en pharmacie serait inutile. Et 5% seraient même très dangereux. Selon leurs calculs, leur déremboursement éventuel rapporterait 10 Mds€ à l'assurance maladie. Trois ans après la crise du Mediator, rien n'aurait vraiment changé. Les deux médecins, réputés pour leur sérieux, attaquent bille en tête les autorités sanitaires, accusées d'inertie, les laboratoires pharmaceutiques, soupçonnés de vouloir vendre à tout prix leurs produits, et les médecins, incapables de faire des ordonnances courtes.

La charge est sévère, même si les professeurs rappellent aussi qu'il existe de bons médicaments! Interrogé sur ce sujet explosif, l'Ordre des pharmaciens a indiqué hier... qu'il ne souhaitait pas s'exprimer mais les autorités sanitaires réagissent. Le professeur Dominique Maraninchi, patron de l'Agence nationale de sécurité du médicament, met en avant la récente réforme qui interdit maintenant l'accès aux représentants des laboratoires des commissions officielles.
Mais, malgré ces avancées, peu de produits sont exclus du marché. « Nous les retirons quand il y a des problèmes de sécurité prouvés. Nous l'avons fait pour l'Actos, en juin 2011, prescrit à 250000 personnes, et soupçonné de provoquer des cancers de la vessie », indique le professeur Maraninchi. De leur côté, les laboratoires pharmaceutiques se rassurent en indiquant que, selon un sondage Ipsos de juillet 2012, 84% des Français ont confiance dans le médicament.