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Et si vague de chaleur rimait avec vague de violences ? Quand les températures grimpent, le nombre de crimes prend le même chemin. Si le phénomène est constaté depuis longtemps par la police et l'opinion publique, une étude scientifique vient enfin corroborer ces allégations, selon le site américain The Atlantic Cities.

Doctorant à l'université Harvard, l'Américain Matthew Ranson a compilé cinquante années de données météorologiques sur le sol américain qu'il a ensuite croisées avec les statistiques du FBI sur la délinquance durant la même période. Les résultats sont édifiants et prouvent scientifiquement que le réchauffement climatique peut avoir des effets sur le nombre de crimes perpétrés chaque année.

"On fait énormément de recherches sur le réchauffement de la planète et l'agriculture, par exemple. Mais les bouleversements climatiques peuvent avoir une incidence sur bien d'autres domaines, moins évidents à première vue. La délinquance en fait partie", explique M. Ranson.

Selon les calculs du doctorant, si les températures augmentent de cinq degrés Fahrenheit d'ici à 2099, comme semblent le prédire différentes statistiques, cela provoquera trente mille meurtres, deux cent mille viols ou encore un million quatre cent mille agressions supplémentaires sur le seul territoire américain. Soit une augmentation de 2 à 3 % des violences dans le pays. Un chiffre qui n'est pas insignifiant, selon M. Ranson. "J'imagine qu'en tant que policier, si vous pouviez réduire le taux de crimes de 2 à 3 %, vous seriez extrêmement satisfait."

Toutefois, certains chercheurs tiennent à relativiser la théorie de Ranson en avançant d'autres explications. En substance, les mois chauds d'été impliquent davantage d'interactions sociales entre les individus qui passent plus de temps à l'extérieur. Ce qui crée, proportionnellement, plus d'occasions d'agressions et autres crimes. Dans les quartiers défavorisés, où peu de foyers ont accès à la climatisation, les fortes températures incitent, là encore, à sortir davantage de chez soi.

Une autre théorie suggère que lorsque le mercure est élevé, les individus sont simplement moins patients et plus agressifs. Mais aucune étude précise ne vient, pour l'heure, étayer cette hypothèse, plutôt empirique.

Conscient de toutes ces éventualités, Matthew Ranson reste prudent quant à la théorie qu'il avance. "Il y a tellement de facteurs à prendre en compte et de données qui vont évoluer sur les cent prochaines années que le genre de prédiction que j'ai pu proposer comportera forcément son lot d'erreurs. Je ne suis pas en train d'affirmer que les conclusions que j'ai tirées vont inévitablement se produire. Je souhaite simplement attirer l'attention sur le genre d'effets inattendus que peut produire le changement climatique", conclut-il.