© Photo Tony Gentile / Reuters
Le Vatican.
Le procès de Paolo Gabriele, l'ancien majordome de Benoît XVI, accusé de « vol aggravé », s'est ouvert ce samedi matin au Vatican.

Le plus petit Etat du monde face à son plus grand scandale. Paolo Gabriele, l'ancien majordome de Benoît XVI, qui vivait dans l'ombre du Souverain Pontife depuis plus de six ans, comparaît à partir de ce samedi matin devant la justice du Vatican. Ce valet muet, homme de confiance de Sa Sainteté, qui l'appelait affectueusement « Paoletto », est accusé d'avoir trahi Son patron. De l'avoir volé -un chèque de 100 000 euros à l'ordre du pape, une pépite d'or, un livre du XVIe siècle, ou encore des documents secrets, retrouvés à son domicile au cours d'une perquisition. Et d'avoir diffusé ces documents confidentiels dans une entreprise de déstabilisation stupéfiante. Si Paolo Gabriele reconnaît les faits, il assure qu'il avait l'intention de rendre ces objets à leur propriétaire, et que son but était loyal: « créer un choc », et faire réaliser à Benoît XVI ce qu'il se passait sous son nez, au sein de sa propre Eglise, sans qu'il s'en rende compte - luttes de pouvoir, corruption et autres manigances financières. L'homme de 46 ans, qui avait «toujours été intéressé par le monde du renseignement», se voyait comme un « agent infiltré de l'Esprit Saint », luttant pour «ramener l'Eglise dans le droit chemin».

Ce père de trois enfants était si intime du pape qu'il l'aidait à s'habiller, lui préparait ses repas, et l'accompagnait à toutes ses messes et audiences, y compris dans la fameuse « papamobile », la voiture du pape. Véritable homme à tout faire, et surtout homme de confiance de l'évêque de Rome, il a été arrêté le 23 mai. Libéré et assigné à résidence le 21 juillet dernier, il a demandé pardon à Benoit XVI. L'affaire a bien fait l'effet d'un électrochoc, mais pas pour les raisons qu'il souhaitait, au point qu'elle a été surnommée le « VatiLeaks ».


(Paolo Gabriele apparaît au premier plan. Photo Reuters)
Quatre ans de prison ou le pardon du pape

Son procès se déroule dans une petite salle, qui ne peut accueillir que quelques dizaines de personnes. De fait, seul un groupe de huit journalistes a été autorisé à y pénétrer et informera les autres reporters du déroulement de la première audience, censée durer jusqu'à trois heures, précise l'agence Reuters. Les caméras de télévision ne sont pas admises dans la salle, pas plus que les magnétophones. De son côté, le Vatican a prévu de diffuser une courte vidéo, sans le son, du début de chaque séance. On ignore combien de temps durera le procès.

Paolo Gabriele est jugé aux côtés de Claudio Sciarpelletti, un informaticien du Vatican qui pourrait écoper d'un an d'emprisonnement pour complicité. Le majordome, lui, encourt quatre ans de prison pour « vol aggravé ». S'il est condamné, le quadragénaire, qui possède la double nationalité italo-vaticane, purgera sa peine dans un établissement pénitentiaire italien, car le Vatican ne possède pas de centre pénitentiaire. Mais « Paoletto » espère encore être gracié par celui qu'il a trahi.