Bad Guys

« American Sniper » ou l'éloge d'un criminel de guerre psychopathe

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1) Non seulement American Sniper ne remet pas en cause la légitimité de la guerre en Irak, mais en plus il tend à la présenter comme nécessaire et juste. Quelques personnages secondaires expriment des doutes mais ces moments sont tellement anecdotiques et isolés qu'il n'est pas exagéré de dire que le film ne propose aucun regard critique sur cette intervention militaire qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts et dont les conséquences vont encore faire d'innombrables victimes.

2) American Sniper est un hommage à Chris Kyle, le « sniper le plus redoutable de l'histoire militaire des États-Unis » (160 tirs létaux confirmés mais le nombre de ses victimes est probablement plus proche de 250). Ce « héros national » est en fait un tueur sociopathe qui, contrairement à son alter ego cinématographique, n'a jamais manifesté le moindre problème de conscience pour ce qu'il a fait en Irak. Pis, Chris Kyle a dit dans son autobiographie et dans des interventions publiques qu'il a pris beaucoup de plaisir à participer à cette guerre - « c'était amusant » - , regrettant même de ne pas avoir tué plus de « sauvages » (il considérait les « insurgés » comme des individus « méprisables » incarnant « le mal »). Dans cette vidéo, on voit Chris Kyle plaisanter sur les personnes qu'il a tuées avec le présentateur Conan O'Brien (qu'on a connu plus drôle). Et dans l'interview qu'il a accordée à Bill O'Reilly, il dit à propos des ennemis de l'armée américaine en Irak : « il est nécessaire de ne pas les considérer comme des êtres humains ». Autre parole mémorable : « Je ne tire pas sur les personnes qui portent un Coran. J'aimerais le faire, mais je ne le fais pas ». Ainsi, Clint Eastwood s'efforce de rendre humble et admirable ce fanatique dénué d'empathie qui devrait être considéré comme un criminel de guerre.

3) Reprenant l'argument utilisé un temps par l'administration Bush, le film suggère fortement qu'il y a un lien entre les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak, comme si le premier événement justifiait le second. Aucune mention par contre de l'immonde mensonge sur les imaginaires armes de destruction massive détenues par le régime de Saddam Hussein. Il faut dire que Clint Eastwood a appelé à voter pour George W. Bush en 2004...

USA

Obama rate son coup d'État au Venezuela

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Le président Obama avec son conseiller pour l’Amérique latine, Ricardo Zuñiga, et la conseillère nationale de sécurité, Susan Rice.
© Maison-Blanche
Une nouvelle fois, l'administration Obama a tenté de changer par la force un régime politique qui lui résiste. Le 12 février, un avion d'Academi (ex-Blackwater) maquillé en aéronef de l'armée vénézuélienne devait bombarder le palais présidentiel et tuer le président Nicolas Maduro. Les comploteurs avaient prévu de placer au pouvoir l'ex-députée María Corina Machado et de la faire immédiatement acclamer par d'anciens présidents latino-américains.


Le président Obama avait prévenu. Dans sa nouvelle doctrine de Défense (National Security Strategy), il écrivait : « Nous nous tenons aux côtés des citoyens dont le plein exercice de la démocratie est en danger, tel que les Vénézuéliens ». Or, le Venezuela étant, depuis l'adoption de la constitution de 1999, l'un des États les plus démocratiques au monde, cette phrase laissait présager du pire pour l'empêcher de poursuivre dans sa voie d'indépendance et de redistribution des richesses.

C'était le 6 février 2015. Washington terminait de mettre au point le renversement des institutions démocratiques du Venezuela. Le coup d'État avait été planifié pour le 12 février.

L'« Opération Jéricho » était supervisée par le Conseil national de sécurité (NSC), sous l'autorité de Ricardo Zuñiga. Ce « diplomate » est le petit fils du président homonyme du Parti national du Honduras qui organisa les putschs de 1963 et de 1972 en faveur du général López Arellano. Il dirigea la station de la CIA à La Havane (2009-11) où il recruta des agents et les finança pour former l'opposition à Fidel Castro tout en négociant la reprise des relations diplomatiques avec Cuba (finalement conclue en 2014).

USA

La Paix ? L'Ukraine prépare une guerre totale contre la Russie et demande des armes létales à l'Ouest

Traduit par le Saker Francophone

«Nous ne voulons effrayer personne, mais nous nous préparons pour la guerre totale, avertit Vadym Prystaiko - le ministre des Affaires étrangères adjoint de l'Ukraine - sur CBC pendant une interview stupéfiante en disant que nous nous attendons à ce que le monde nous soutienne un peu».

Exigeant que l'Ouest «fournisse des armes létales, enrage Prystaiko, tout le monde a peur de se battre contre un état nucléaire. Nous n'avons plus peur désormais».

Venant juste une semaine après le Sommet de Minsk et l'accord de paix, puis l'Allemagne ayant averti qu'il était peu probable qu'elle puisse empêcher les transferts d'armes vers l'Ukraine, Prystaiko conclut: «Nous voudrions qu'ils (l'Occident) envoient des armes létales vers l'Ukraine... des armes pour nous permettre de nous défendre

Le ministre adjoint des Affaires étrangères d'Ukraine dit qu'il se prépare pour la guerre totale contre la Russie et veut que le Canada l'aide en fournissant des armes mortelles et dispense la formation pour les utiliser.

Quenelle

Pujadas-Ahmadinejad : l'interview percutante cachée aux Français

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En 2007, Pujadas s'est rendu en Iran pour interviewer le président Ahmadinejad. L'interview n'a jamais été diffusée en France - on comprend pourquoi, tant les propos empreints de lucidité, percutants mais néanmoins pacifiques de l'ancien président iranien contredisent totalement la propagande anti-iranienne en vigueur en Occident. Des propos qui sont toujours d'actualité en 2015.


Dollar Gold

Les fichiers HSBC révèlent une collusion criminelle entre banques et gouvernements

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Dimanche 8 février, les journaux The Guardian et Le Monde ont publié, en collaboration avec le Consortium indépendant des journalistes d'investigation (ICIJ), des articles basés sur les analyses qu'ils ont faites de fichiers fuités et qui montrent que la filiale suisse de HSBC, HSBC Private Bank, a fonctionné des années durant comme un organisme d'évasion fiscale et de blanchiment d'argent.

Selon ces articles, la banque dirigeait une filiale qui distribuait des 'briques' de centaines de milliers de dollars en liquide et en monnaies étrangères et fournissait à sa riche clientèle des conseils quant à la façon de s'y prendre en matière de fraude fiscale.

Régulateurs financiers internationaux et gouvernements dans le monde entier ont été pendant des années en possession de ces faits - entre autres la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis - et les ont systématiquement camouflés. Ni HSBC, ni ses directeurs, ni les clients qui ont eu recours à son service d'esquive fiscale, n'ont fait l'objet de poursuites pénales.

Personne ne devrait croire que HSBC est une aberration; il ne fait aucun doute que des pratiques similaires sont utilisées par toutes les principales institutions financières internationales. Les fichiers de la banque HSBC ont mis à jour une fosse à purin de corruption, de criminalité, de versement de pots de vin et de collusion qui imprègnent le système capitaliste et les gouvernements qui le défendent.

Snakes in Suits

L'Europe, de Napoléon à Conchita Wurst en passant par Adolf Hitler

Préambule : Le Saker US, fait ici part des sentiments de dégoût qui envahissent aujourd'hui le peuple russe suite à la conduite arrogante et stupide des Occidentaux dans tous les domaines qu'ils abordent. Mon opinion personnelle est que ce sentiment de dégoût est largement partagé en Europe et surtout dans le reste du monde.

Le Saker Francophone

Traduit de l'anglais par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone
© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot
La bataille de Waterloo le 18 juin 1815, Clément-Auguste Andrieux, 1852
L'UE s'est réunie à nouveau et, avec le vote de la Grèce, elle a décidé de nouvelles sanctions contre la Russie. Entre-temps, la junte soutenue par l'UE continue à tuer tous les jours un grand nombre de civils en Novorussie. Et tandis que, pour Charlie, nous voyons des millions de gens dans les rues, personne ne semble s'en soucier. Pire, l'Union européenne soutient les assassins nazis (et je ne mentionnerai même pas les États-Unis).

C'est tragique à plus d'un titre. Bien sûr, c'est tragique pour les gens en Novorussie, mais ça ne l'est pas moins pour les gens en Ukraine, qui vivent maintenant sous un régime nazi sans espoir de changement prévisible. C'est aussi tragique pour les Russes qui souffrent des conséquences économiques des sanctions. Et, bien sûr, c'est tragique pour les peuples d'Europe qui souffrent également de ces sanctions (autodestructrices). Mais quelque chose d'autre est en train de se produire, qui pourrait avoir des conséquences à long terme.

Pendant trois siècles, les élites russes ont été plus ou moins divisées en deux camps : les pro-occidentaux et les anti-occidentaux. Évidemment, à cette époque, Occident signifiait Europe de l'Ouest, pas les États-Unis ni l'Europe centrale.

Les amis européens de la Russie - Bref rappel

Le camp pro-européen avait été formé par les nouvelles élites créées par le tsar Pierre 1er dans le but d'imposer ses réformes au peuple russe. A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, le camp pro-occidental contrôlait presque totalement la Russie. Ensuite, à l'époque soviétique, ces catégories se sont plus ou moins estompées lorsque l'idéologie est devenue centrale. Si on peut soutenir que les trotskystes étaient de facto pro-occidentaux, ils constituaient une si petite fraction du parti bolchévique, qui lui même était une infime partie de la population russe, que je ne crois pas qu'on puisse parler de factions pro-occidentales au sein du parti bolchévique ou du parti communiste. Même Khrouchtchev, certainement le pire dirigeant que l'URSS a jamais eu, n'était pas réellement pro-occidental. Je pense que le premier dirigeant soviétique pro-occidental était le dernier, Gorbatchev. Mais après 1991, la grande majorité des Russes, fatigués des tensions idéologiques, fatigués d'une guerre froide dont ils ne voulaient pas, fatigués d'être vus comme des ennemis de l'Europe, ont sincèrement désiré faire partie de l'Occident et, enfin, tirer un trait sur le passé.

Commentaire: Ne manquez pas L'excellente série documentaire d'Oliver Stone « une autre Histoire de l'Amérique » disponible en français


Les autres épisodes sont disponibles ici.


Dollars

Histoire : Après la guerre Berlin a été le roi de la dette et n'a jamais remboursé

Au cours du siècle dernier, l'Allemagne s'est trouvée trois fois en faillite. Si elle a pu se relever, c'est entre autres au détriment de la Grèce, expliquait l'historien de l'économie Albrecht Ritschl en 2011 dans un entretien avec l'hebdomadaire de Hambourg.
L'Allemagne joue les donneuses de leçons sur la question de savoir s'il convient d'accorder de nouvelles aides à la Grèce. Le gouvernement se montre inflexible sur le mode : "Vous n'aurez de l'argent que si vous faites ce que nous vous demandons." Cette attitude est-elle justifiée ?

Albrecht Ritschl Non, absolument pas. Dans toute l'histoire récente, c'est l'Allemagne qui a connu les pires faillites d'Etat, au XXe siècle. Sa stabilité financière et son statut de bon élève de l'Europe, la République fédérale les doit uniquement aux Etats-Unis, qui, aussi bien après la Première Guerre mondiale qu'après la Seconde, ont renoncé à des sommes considérables. Malheureusement, on a un peu trop tendance à l'oublier.

Que s'est-il passé exactement ?

Entre 1924 et 1929, la république de Weimar a vécu à crédit et a même emprunté auprès des Etats-Unis l'argent dont elle avait besoin pour payer les réparations de la Première Guerre mondiale. Cette pyramide s'est effondrée pendant la crise de 1931. Il n'y avait plus d'argent. Les dégâts ont été considérables aux Etats-Unis et l'effet a été dévastateur sur l'économie mondiale.

Il s'est produit la même chose après la Seconde Guerre mondiale.

Sauf que les Etats-Unis ont veillé à ce que l'on n'exige plus de l'Allemagne des réparations aussi exorbitantes. A quelques exceptions près, toutes les demandes ont été renvoyées à une future réunification des deux Allemagnes. C'est véritablement ce qui a sauvé l'Allemagne, cela a été le fondement du miracle économique qui a commencé dans les années 1950. Mais les victimes de l'occupation allemande ont dû renoncer aux réparations, y compris les Grecs.

Quelle a été l'ampleur des défauts de paiement de l'Etat allemand ?

Si l'on prend la puissance économique des Etats-Unis comme point de référence, le défaut allemand des années 1930 a eu autant d'impact que la crise financière de 2008. En comparaison, le problème de la Grèce est minime. Seul le risque de contagion à d'autres pays de la zone euro pose problème.

La République fédérale passe pour être un modèle de stabilité. Combien de fois l'Allemagne a-t-elle fait faillite, au total ?

Cela dépend du mode de calcul. Rien qu'au cours du siècle dernier, au moins trois fois. Après les premiers défauts de paiement, dans les années 1930, les Etats-Unis ont consenti une remise de dette considérable à la République fédérale, en 1953. A partir de là, l'Allemagne s'est portée comme un charme pendant que le reste de l'Europe se saignait aux quatre veines pour panser les plaies laissées par la guerre et l'occupation allemande. Même en 1990, le pays s'est retrouvé en situation de non-paiement.

Pardon ? Un défaut ?

Bacon

Petite histoire du gras : genèse d'une désinformation (Partie 1)

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© Inconnu
La journaliste scientifique Nina Teicholz a récemment publié un best-seller intitulé « The Big Fat Surprise », au sujet de l'impact du gras saturé sur la santé. Elle a épluché des centaines d'études publiées depuis les 1960s et interviewés des acteurs importants du domaine de la nutrition qui ont influencé les politiques gouvernementales à l'égard du gras.

Des connaissances oubliées...

En 1906, Vilhjalmur Stefansson, un Américain d'origine islandaise oeuvrant comme anthropologue à l'Université Harvard, a décidé de vivre parmi les Inuits dans l'Arctique Canadien. Environ 70% à 80% des calories de ces populations provenaient du gras, surtout saturé. Ils semblaient en excellente santé, pas d'obésité ni de maladies telles que le diabète.

En 1928, de retour à New York, Stefansson et un collègue, sous la supervision d'une équipe de scientifiques qualifiés, ont débuté une diète constituée exclusivement d'eau et de viande pendant un an. À la fin de l'année, les deux hommes se sentaient très bien et étaient en parfaite santé. (voir l'étude ici) Stefansson a poursuivi la diète jusqu'à la fin de sa vie et est demeuré en bonne santé jusqu'à sa mort à 82 ans.

Commentaire: Quelques précisions afin de faciliter la compréhension de l'article. Comme le souligne l'auteur dans un de ses propres commentaires :
- Question : Vous écrivez: « Il observa aussi qu'au sein d'un pays, l'incidence des maladies cardiaques était corrélée au niveau de cholestérol sanguin. » Ensuite vous écrivez : dans les années 1950s, on savait déjà que de remplacer la graisse animale par la graisse végétale faisait diminuer le cholestérol total dans le sang.

Donc, manger davantage de graisse végétale réduit l'incidence de maladies cardiaques.

La deuxième affirmation était basée sur quoi exactement? Comment ça qu'on savait déjà dans les années 1950s que la graisse végétale faisait diminuer le cholestérol ?

Finalement, vous écrivez : « En 1957, Keys publia une série d'études démontrant que le meilleur moyen de faire baisser le cholestérol total était de réduire la consommation de gras saturé (donc animal). » Est-ce que cette étude a aussi été discréditée?.

- Réponse : Attentions aux syllogismes. Les deuxièmes et troisièmes affirmations sont vraies. La première affirmation aussi dans un sens, mais corrélation n'implique pas causalité. La troisième partie de l'article éclaircira ce point.
Pour bien comprendre, prenons un exemple : « il y a une forte corrélation entre la consommation de gras saturé et les décès par maladies cardiaques par pays. » ne veut pas dire que la consommation de gras saturé est la cause des maladies cardiaques. (Dans ce cas précis, il est plus probable que la consommation d'hydrates de carbones, parce qu'ajoutée à la consommation de gras, soit le vrai responsable du délit).

Pour commencer à se faire une autre idée du gras :

- Une présentation du régime cétogène
- Interview de Stephen Phinney sur le régime cétogène
- Le régime cétogène pourrait être la clé pour guérir du cancer
- Le gras est bon pour la santé
- Ne privez pas votre enfant de gras !


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Désinformation

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« Les remparts culturels tombent les uns après les autres comme les murs de Jéricho à l'appel des trompettes multinationales, et l'individu, privé des défenses naturelles de la famille, de la tribu, de l'artisanat, de la nation, de la religion, de la langue, de ce que j'ai appelé le « nous » opposé au « je », sombre dans le « on » informe d'une humanité non différenciée : sous prétexte d'ouverture au monde, il demeure seul et sans défense devant son poste de télévision, cet entonnoir universel de la désinformation. »

Si les techniques de désinformation n'ont de cesse de se perfectionner, le phénomène reste intemporel. Pour Volkoff, nous vivons en psychocratie, où les émotions l'emportent sur le rationnel. Rien que de très banal. Au cours des années 1990 toutefois, trois événements auraient changé la donne quant à la désinformation :

- la chute du communisme privait l'Occident du bouc émissaire auquel on pouvait jadis attribuer toutes les opérations de désinformation, du moins toutes celles réussies ;

- les techniques de la désinformation étant désormais connues, elles échappaient au contrôle des États et étaient de plus en plus pratiquées par des organismes privés ;

- la « toute-puissante » image avait définitivement triomphé du mot dans la communication de l'information, et elle ouvrait aux désinformateurs des perspectives nouvelles et apparemment illimitées.

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Comprendre l'esprit russe

Traduction/relecture : Abdelnour/JJ

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L’ancien dieu slave Zimnik: un homme trapu, les cheveux longs couleur de neige, vêtu d’un manteau blanc, toujours pieds nus. Il porte un bâton de fer, avec lequel qui il peut geler instantanément tout être solide. Peut invoquer les tempêtes de neige, les tempêtes de verglas et les blizzards. Vagabondant partout, prenant tout ce qu’il aime, en particulier les enfants qui se conduisent mal.
De récents événements comme le renversement du gouvernement de l'Ukraine, la sécession de la Crimée et sa décision de rejoindre la Fédération de Russie, la campagne militaire qui en a résulté contre les civils d'Ukraine de l'Est, les sanctions occidentales contre la Russie, et plus récemment l'attaque contre le rouble, ont provoqué une phase de transition au sein de la société Russe, qui est à mon avis très peu comprise, voire tout à fait incomprise en Occident. Ce manque de compréhension induit pour l'Europe un net désavantage en ce qui concerne sa capacité à négocier efficacement pour résoudre cette crise.

Bien qu'avant cette crise les Russes se satisfaisaient de se considérer comme un pays européen comme les autres , ils se sont maintenant souvenus qu'ils forment une civilisation particulière, avec des racines culturelles différentes (Byzance plutôt que Rome), une civilisation qui a fait l'objet d'efforts de destruction coordonnés de la part de l'Occident une à deux fois par siècle, que ce soit de la part de la Suède, la Pologne, la France ou l'Allemagne, ou de n'importe quelle combinaison des pays cités ci-dessus. Ceci a formé dans le caractère Russe un modèle d'attitudes particulières, qui est susceptible de conduire l'Europe et le reste du monde au désastre s'il n'est pas bien compris.