Vader

Qui se bat en Syrie ?

Alors que la presse occidentale présente l'Armée syrienne libre comme une organisation révolutionnaire armée, Thierry Meyssan affirme depuis plus d'un an qu'il s'agit au contraire d'une formation contre-révolutionnaire. Selon lui, elle serait progressivement passée des mains des monarchies réactionnaires du Golfe à celle de la Turquie, agissant pour l'OTAN. Une telle affirmation à contre-courant requiert une démonstration argumentée...

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Attention

Syrie - Sur trois « fronts » militaro-médiatiques

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Le groupe de rebelles s’étant emparé du poste de Bab al-Hawa, sur la frontière turque : y a-t-il un Syrien dans la salle ?
Samedi, l'armée syrienne a poursuivi partout ses opérations. Examinons les trois « fronts » les plus sous le feu de l'actualité :

-Damas :

Samedi, l'armée poursuivait ses attaques contre les rebelles. L'OSDH parlait de « tirs nourris » dans le quartier de Mazzeh (à l'ouest de la ville) et de bombardements sur ceux d'al-Qadam (sud) et al-Assali. L'officine établit le bilan de samedi à Damas à au moins 6 rebelles et 13 « civils » tués. On note que l'OSDH ne parle plus de Tadamone, Qaboun, Jobar et d'autres secteurs du sud et de l'est qu'elle présentait encore voici un ou deux jours comme des territoires « libérés » ou soulevés. Comme le disait pudiquement l'AFP samedi soir, « les forces régulières semblent avoir repris la main » à Damas.

En marge, et en illustration, nous vous proposons ce reportage de la chaine syrienne al-Ikhbaryah sur les dernières heures du nettoyage du Midan. Yara Abbas, la journaliste de cette chaine, a accompagné les soldats syriens pendant les dernières heures de leur mission dans le quartier, notamment dans le sous-quartier de Bawabet al-Midan, et en enfilé son gilet pare-balles. Voici la traduction-explication de cette vidéo (merci à Cécila)

Gear

PsyOp imminente de l'OTAN contre la Syrie

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- Vendredi 20 juillet 2012, vers 19h, des signaux ont commencé à être envoyés pour caler de nouvelles chaînes sur ArabSat et NileSat. Les signaux imitent ceux des télévisions syriennes dont ils reproduisent à la fois l'habillage et les logos. Pour le moment les programmes présentent des clips patriotiques.
Selon les spécialistes, les signaux sont envoyés depuis l'Australie, probablement depuis une base de l'US National Security Agency.
Les signaux authentiques des télévisions syriennes ont été interrompus hier par ArabSat et NileSat. Leurs sites internet ont été attaqués et sont inaccessibles.

- Selon l'agence SANA, citée par Ria-Novosti [1], une entreprise de production de décors de cinéma a construit à Al-Zoubayr (Qatar) des décors reproduisant des villes syriennes. De faux reportages d'actualités y sont tournés en vue d'alimenter les fausses chaînes de télévision qui sont en cours de calage sur ArabSat et NileSat.

- Un vaste périmètre de sécurité a été installé alentour des studios de la télévision nationale syrienne. La place des Omeyyades n'est plus accessible et le trafic a été détourné via le tunnel sous la place. Dans l'après-midi, une explosion a eu lieu dans ce tunnel pour l'obstruer. Les autorités syriennes ont choisi de couper complètement l'axe de circulation plutôt que de prendre le risque de rouvrir la circulation sur la place où se trouve l'entrée principale des studios.
L'ASL a déjà détruit les studios de la chaîne privée Al-Akbariya, le 27 juin.

Dans l'après-midi, un présentateur de la télévision syrienne, Mohammed Saeed (photo), a été enlevé à Damas par l'ASL.

Pour en savoir plus : « L'OTAN prépare une vaste opération d'intoxication », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda/Réseau Voltaire, 10 juin 2012.

[1] « De faux reportages sur la Syrie sont filmés au Qatar », Ria-Novosti, 19 juillet 2012.

Attention

Vidéo : Thierry Meyssan à propos de la bataille de Damas

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Entrevue enregistrée à Damas le 19 juillet 2012, à 18 heures.


Evil Rays

La bataille de Damas a commencé

Les puissances occidentales et du Golfe ont lancé la plus importante opération de guerre secrète depuis celle des Contras au Nicaragua. La bataille de Damas ne vise pas à renverser le président Bachar el-Assad, mais à fracturer l'Armée syrienne pour mieux assurer la domination d'Israël et des États-Unis au Proche-Orient. Alors que la ville s'apprête à un nouvel assaut des mercenaires étrangers, Thierry Meyssan dresse le point de la situation.

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Venus de l’étranger, les Contras ont pris des postes frontière en débutant leur invasion de la Syrie

Info

Damas, jeudi : ce qu'en dit la reporter de Russia Today

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Al-Hajar al-Aswad (sud de Damas), le 18 juillet : un bâtiment administratif touché par les combats

La correspondante à Damas du site d'information russe anglophone Russia Today - Maria Finoshina, estime que les affrontements de ce jeudi sont les « pires qu'elle ait connus depuis des semaines« , des panaches de fumée noire s'élevant à l'horizon et des bruits des fusillade se faisant entendre régulièrement.

Entre flegme & colère...

Maria Finoshina ajoute qu'en dépit de cela, et d'un climat général de tension, la vie continue comme de si rien n'était dans de nombreux quartiers qui ne sont pas directement affectés par les affrontements, tout particulièrement dans la journée. « Les gens fréquentent toujours les cafés et de nombreuses boutiques restent ouvertes, bien que l'escalade de la violence commence à peser ».

« Ces affrontements ne connaissent plus de limites géographiques, affirme la journaliste russe, ils éclatent dans des secteurs de la ville jusque-là épargnés« . Ce qui, à notre sens, traduit la mobilité des groupes traqués par les forces de l'ordre, pas l'extension de leur capacité d'action.

Mais pour autant, Maria Finoshina insiste : « Beaucoup à Damas néanmoins restent calmes, même confronté au désordre apparent, confiants dans le fait qu'ils survivront quels que soient les défis auxquels ils sont actuellement confrontés« . « Il n'y a pas de panique » conclut la journaliste de Russia Today.

Gear

Syrie : Un nouveau tsunami de mensonges

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Une voiture incendiée (dans quelles conditions ?) suffit à l’AFP pour planter le décor d’un Damas rêvé, c’est-à-dire en insurrection. Mais la machine à bourrer les crânes et à renverser les gouvernements a bien d’autres ressources…
Bien plus que les Kalashnikov et les RPG des groupe rebelles sévissant à Damas, la Syrie est confrontée à une arme lourde, pour le coup, la désinformation massive : ce matin Reuters a annoncé, s'appuyant tranquillement sur « des sources proches de l'opposition syrienne et un diplomate occidental », que Bachar al-Assad avait quitté Damas pour Lattaquié, d'où il coordonnerait désormais la lutte contre l'insurrection.

Tout ça nous paraissait très peu crédible, car quitter Damas où se livre une bataille contre le bandes aurait évidemment des répercussions évidentes et immédiates sur le moral des troupes et des habitants. Un peu plus tard, en milieu de matinée, Le Figaro démentait la nouvelle : « Selon des informations du Figaro, le président syrien Bachar al-Assad se trouve actuellement dans son bureau à Damas« . Tout ça n'empêchant pas naturellement les désinformateurs « étalon » d'I-Télé de faire un titre dans leur édition de 13 heures sur cette « délocalisation » de Bachar à Lattaquié !

Commentaire: Lire cette interview d'une Belge vivant à Damas sur le site de Silvia Cattori.

Extrait :
S.C. Les nouvelles rapportées par nos médias sont très inquiétantes. On présente la « chute du régime el-Assad » comme imminente. Quelle est la situation en ce moment selon vous ?

Tout est calme. Il y a des endroits où il y a des échauffourées mais en général c'est calme. J'ai regardé ce qui a été rapporté depuis plusieurs jours sur les chaines internationales. Rien, absolument rien de ce que la presse internationale raconte sur ce qui se passe ici n'est vrai. Ce sont des mensonges.

S.C. : L'annonce par l'Armée syrienne libre que la « bataille pour la libération de Damas est lancée » ne vous impressionne pas ?

Ce sont des mots madame. C'est tellement absurde et théâtral ! Ce sont des slogans : tout cela fait penser qu'ils ont été conçus d'avance à des fins de propagande de manière à donner du poids aux actions que mènent les bandes armées. Les gens ici ne sont pas impressionnés par les slogans lancés par ceux qui veulent imposer à la Syrie le changement par la force.



Attention

Syrie, des nouvelles du front par Thierry Meyssan

Des nouvelles du front de la guerre impérialiste contre la Syrie par Thierry Meyssan de Damas (à partager)

- Plusieurs dizaines de milliers de combattants sont entrés en Syrie en cinq jours. La plupart par la frontière jordanienne, proche de Damas.

- Du Liban, Hassan Nasrallah a exprimé le soutien du Hezbollah au peuple syrien et à son président.

- Il y a eu de durs combats dans l'agglomération de Damas toute la nuit du mercredi au jeudi. Au cours de la nuit, l'ordre a été donné d'utiliser la force sans retenue. L'Armée a fait usage de l'aviation contre les colonnes de mercenaires étrangers qui tentaient de rejoindre la capitale.

- Jeudi à 12h, on pouvait affirmer que l'Armée syrienne a repris le contrôle de la capitale au cinquième jour de la bataille. Cependant, des tirs continuent à être entendus dans plusieurs quartiers et l'on s'attend à un regain de violence cette nui et demain vendredi. La circulation a repris sur tous les principaux axes.

Heart - Black

Traumatisme de la circoncision

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Résumé : Les mutilations sexuelles infligées aux enfants, le plus souvent justifiées par des considérations religieuses, altèrent leur faculté naturelle à se positionner face aux parents. L'ordre patriarcal qui les impose se garde ainsi de toute remise en cause. C'est pourquoi elles perdurent en dépit des souffrances qu'elles impliquent, tant pour les filles que pour les garçons, et de leurs terribles conséquences sur les générations.

Le terme de circoncision désigne l'ablation d'une partie des organes sexuels, tant masculins que féminins, quelle que soit l'ampleur de cette ablation. En 1995, cédant à des pressions politiques, l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) décida de ne plus utiliser ce vocable pour les femmes et de le remplacer par l'expression mutilation sexuelle féminine, réservant le premier aux seuls hommes (1). Cette distinction manifeste l'existence d'un interdit posé sur la mise en cause des pratiques rituelles de mutilation sexuelle masculine, largement pratiquée, dont on estime à tort qu'elle est moins grave que la circoncision féminine, voire bénéfique pour la santé. Le débat occulte le fait que, dans les deux cas, ces pratiques ont pour fonction d'assurer la domination des hommes sur les femmes et sur leurs enfants, par l'impact d'un traumatisme dont la victime sera réduite à gérer toute sa vie les conséquences. L'une d'entre elles, et non des moindres, étant la compulsion à répéter (lire ci-dessous) sur ses propres enfants le rituel subi par soumission à l'ordre paternel.

Commentaire: Lire aussi :

La circoncision à l'origine de troubles de la personnalité ( incapacité de ressentir des émotions et impulsivité )

Les origines et la diffusion du patrisme en Saharasie autour de 4000 avant notre ère : évidence d'un modèle mondial de comportement humain, géographiquement lié au climat


Red Flag

Le gouvernement syrien décimé, pas abattu

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Fahd Jassem al-Freij, le nouveau ministre de la Défense : on peut penser que sa résolution d’en finir avec les terroristes est plus forte que jamais
L'ASL et un groupe islamiste, Liwa al Islam, ont revendiqué l'attentat qui a décimé ce matin à Damas le gouvernement syrien. Un communiqué de l'ASL salue en effet le « succès d'une opération remarquable (...) qui a tué plusieurs piliers de la bande d'Assad« . Mais l'ASL ne joue-t-elle pas les « coucous » - ou les vautours - en s'appropriant une opération qui ne sort pas de ses rangs ? La question mérite d'être posée.

Un kamikaze infiltré ?

Se pose la question du mode opératoire : on a parlé de voiture piégée, mais une source gouvernementale évoque à présent un kamikaze présent à la réunion du conseil sécuritaire et qui « a fait exploser sa ceinture d'explosifs« . De fait, la possibilité de garer une voiture piégé dans le périmètre ultra-surveillé du siège de la Sécurité nationale est peu crédible. Si le kamikaze a pu actionner sa ceinture piégée, soit dans la salle de réunion, soit dans un autre endroit du bâtiment, c'est qu'il y occupait une fonction officielle, même subalterne. Des sources proches du pouvoir parlent d'un « garde du corps« . L'identifiera-t-on un jour ? D'autres sources parlent cependant d'une bombe déposée.