Science et Technologie
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Bad Guys

Le CNRS fait commerce de publications gratuites de chercheurs français

Comparaison n'est pas raison, mais imaginons que Viktor et Maxime vendent à l'Agence France Presse des articles pour lesquels des contributeurs admirables ont sué sang et eau et dans la plus grande abnégation. C'est ce qui se passe dans la recherche française aujourd'hui.

Les universitaires français, en tant qu'enseignants-chercheurs doivent statutairement faire de la recherche. Ils sont payés pour cela. Cette recherche doit être publiée. En France ou ailleurs.

Sauf exception rarissime, jamais un article scientifique n'est rétribué. Les revues scientifiques qui accueillent ces articles déploient des trésors d'ingéniosité et de bénévolat pour vivre ou survivre. Or depuis quelques années, l'Institut de l'information scientifique et technique (l'INIST), une unité de service du CNRS, met en vente (au prix de 11 à 50 euros pièce) des masses d'articles sans en informer, ni les directeurs de revues, ni les auteurs. Et, naturellement, sans leur demander leur autorisation. Le plus fort est que nombre de ces publications sont en accès gratuit sur internet. Seul le droit de copie (versé pour toute photocopie d'article) est reversé aux éditeurs, soit moins de 2 euros sur les 11 à 50 qui sont facturés.

Commentaire:
Lire également l'article traduit par Sott sur la corruption de la science : Corruption de la science : selon la Mayo Clinic 10 années de recherche ont été perdues en raison d'études frauduleuses.
On peut gagner énormément avec une étude frauduleuse si on ne se fait pas attraper. La raison est simple. Selon Richard Horton, éditeur du Lancet :

Une seule publication dans le Lancet et vous obtenez une chaire et des financements. C'est votre passeport pour le succès.

Ce n'est qu'une histoire d'argent. Lorsque vos recherches sont publiées dans un grand journal scientifique, votre avenir est assuré. La plupart des membres des comités de lecture mènent leurs propres recherches. C'est pour cela qu'on les appelle « pairs ». Ils veulent être en mesure de publier. Par conséquent, ils ne sont pas particulièrement enclins à aller au-delà de commentaires négatifs superficiels. Manifestement, ils ne veulent pas se mettre à dos les auteurs car eux aussi publient ou espèrent publier leurs recherches.



Health

Un soutien-gorge high-tech capable de détecter le cancer du sein

Une entreprise américaine a mis au point un soutien-gorge capable de mesurer une éventuelle grosseur dans la poitrine.

Détecter un cancer du sein grâce à un soutien-gorge ? C'est aujourd'hui possible grâce à l'idée développée par la firme First Warning Systems. L'entreprise américaine spécialisée en biotechnologies a créé un soutien-gorge « intelligent » capable de détecter les cellules tumorales dans le sein.
© DR
L'entreprise américaine First Warning Systems a développé un soutien-gorge high-tech pouvant détecter toute anomalie des tissus mammaires.
Appelé Breast Self Examen ce « soutif high-tech » se présente sous la forme d'une brassière de sport. Il muni de capteurs qui mesurent la température du corps - signe de l'apparition d'une tumeur - et le taux d'hormones. En effet, il n'est pas rare que la température augmente légèrement autour de la poitrine lorsque des cellules cancéreuses se développent.

Satellite

Uranus se métamorphose

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La planète géante Uranus, vue en infrarouge par le télescope américain Keck II. Crédit : NASA/ESA/L.A. Sromovsky
La lointaine planète gazeuse, observée avec le télescope de 10 m Keck II, à Hawaï, se révèle bien plus agitée que les astronomes ne le pensaient.

Pendant longtemps, les scientifiques n'ont eu comme image d'Uranus que celle transmise par Voyager 2 en 1986 : celle d'une planète bleue à l'atmosphère presque totalement uniforme. Il en résultait l'idée qu'Uranus, contrairement aux autres géantes gazeuses comme Jupiter, Saturne ou même Neptune (qui est plus éloignée du Soleil), était inerte.

Accumulation de tempêtes

L'astronome américain Lawrence Sromovsky a régulièrement observé Uranus avec le Keck II, au cours de ces dernières années. Sur les images les plus récentes, prises en infrarouge et rendues publiques lors d'une conférence à Reno (Californie) le 17 octobre 2012, on découvre une planète secouée par des vents de 900 km/h et des tempêtes aussi vastes que des continents terrestres, le tout à -220°C. Bref, tout le contraire que ce qu'avait révélé la sonde Voyager 2.

Nebula

Les filaments cosmiques représentent la moitié de la masse de l'Univers

Une équipe internationale d'astronomes dirigée par Mathilde Jauzac, du Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (CNRS/Aix-Marseille Université), a réalisé la première étude en trois dimensions d'un filament cosmique de matière sombre. En utilisant des données du télescope spatial Hubble (1), elle a pu découvrir que ce filament, inclus dans la toile cosmique, nourrit l'un des amas de galaxies les plus massifs de l'Univers et s'étend sur plus de 60 millions d'années-lumière. En extrapolant la très grande masse mesurée de ce filament à l'ensemble de la "toile cosmique", cette étude permet d'estimer que ces structures devraient contenir plus de la moitié de la masse totale de notre Univers. Ce résultat est publié en ligne sur MNRAS.

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© NASA, ESA, Harald Ebeling (University of Hawaii at Manoa) & Jean-Paul Kneib (LAM)

Saturn

Découverte d'une planète dans le système stellaire le plus proche de la Terre

Des astronomes européens ont découvert une planète dont la masse est proche de celle de la Terre, en orbite autour d'une étoile dans le système Alpha du Centaure - le système le plus proche de la Terre. Il s'agit également de l'exoplanète la plus légère jamais découverte autour d'une étoile comparable au Soleil. La planète a été détectée avec l'instrument HARPS sur le télescope de 3,6 mètres à l'Observatoire de La Silla de l'ESO au Chili. Le résultat est publié dans la revue Nature du 17 octobre 2012.

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© ESO/L. Calçada/N. Risinger (skysurvey.org)
Cette vue d'artiste montre la planète en orbite autour de l'étoile Alpha du Centaure B,
un membre du système d'étoiles triple le plus proche de la Terre.
Alpha du Centaure B est l'objet le plus brillant dans le ciel et l'autre objet éblouissant est Alpha du Centaure A.
Notre propre Soleil est visible en haut à droite.
Le faible signal de la planète a été détecté par le spectrographe HARPS
sur le télescope de 3.6 mètres de l'Observatoire de La Silla de l'ESO au Chili.

Question

Canada : une pseudo-expérience scientifique tourne à la catastrophe

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© flickr / Claude Robillard - Abdallahh
Une initiative scientifique pour le moins maladroite a entraîné la pollution de dix mille kilomètres carrés de l'océan Pacifique.
Au coeur du scandale, un géo-ingénieur américain à la réputation sulfureuse...

L'idée de Russ George, dont il faut bien reconnaître le caractère saugrenu ou en tout cas risqué ? Déverser cent dix tonnes de sulfate de fer dans l'océan Pacifique, au large de la Colombie-britannique (Canada), pour officiellement... augmenter les populations locales de saumons ! Effectué en catimini en juillet dernier, cet épandage sur lequel nos confrères du Guardian ont mené l'enquête visait en réalité à générer une poussée de planctons capables d'absorber d'importantes quantités de CO2 (dioxyde de carbone) et à la monnayer en crédits carbone.

Abjecte et cynique, la démarche a hélas de graves conséquences puisque d'après les images satellites, quelque dix mille kilomètres carrés d'océan sont aujourd'hui infestés. La biodiversité de la région, déjà menacée entre autres par le gigantesque afflux de déchets consécutif au tsunami qui a ravagé une partie des côtes orientales japonaises en mars 2011, pourrait lui payer un très lourd tribut sur la durée.

Moon

Une collision géante serait à l'origine de la Lune

Des scientifiques américains viennent de publier une étude sur les pierres lunaires qui vient étayer cette théorie en vogue depuis la fin du 19e siècle.

C'est une collision cosmique entre la Terre et un corps nommé Theia qui aurait donné naissance à la Lune. L'impact aurait produit tellement d'énergie que le corps nommé Theia ainsi qu'une bonne partie de la Terre se seraient évaporées.

Cette hypothèse avait d'abord été émise par George Darwin en 1898 et a gagné en crédibilité, en partie grâce aux simulations assistées par ordinateur qui ont démontré qu'une collision de ce type aurait très bien pu créer les dynamiques orbitales que connaissent la Terre et la lune aujourd'hui. Mais jusqu'alors, cette théorie n'en était restée qu'au stade de l'hypothèse, faute de preuves pour la soutenir.

Telescope

Le téléscope WISE dévoile les couleurs des astéroïdes de Jupiter

Les scientifiques utilisant les données de WISE (Wide-field Infrared Survey Explorer), "Explorateur pour l'étude à grand champ dans l'infrarouge", ont fait de nouvelles découvertes dans le mystère actuel des Troyens de Jupiter, des astéroïdes qui orbitent autour du Soleil sur la même trajectoire que Jupiter. Comme les chevaux de course, les astéroïdes voyagent en bande, avec un groupe en avant de la trajectoire de la géante gazeuse et un second groupe suivant derrière.

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© NASA/JPL-Caltech
Les nouveaux résultats de WISE, révèlent que les Troyens de Jupiter sont uniformément sombres avec un soupçon de couleur Bordeaux. Ils présentent une surface mate qui reflète un peu de lumière du Soleil.
Les observations sont les premières à nous donner un aperçu en détail sur les couleurs des Troyens: ils sont principalement constitués de roches rouges sombres, avec une surface mate non réfléchissante.

Magnify

De l'ADN infecte un virus lui-même caché dans un virus géant, dans une amibe, dans un œil, dans une femme...

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© Inconnu
Plus tôt cette année, une jeune française de 17 ans est arrivée chez son ophtalmologiste avec une douleur et une rougeur à l'œil gauche. Elle avait utilisé l'eau du robinet pour diluer la solution de nettoyage pour ses lentilles de contact et même si elles étaient destinées à être remplacées tous les mois, elle les a portées pendant trois ans. En conséquence, le fluide dans son étui à lentilles de contact a été contaminé par trois espèces de bactéries, dont une amibe appelée Acanthamoeba polyphaga qui peut provoquer une inflammation oculaire.

Comet 2

Vesta, un astéroïde magnétique

Une météorite découverte en Antarctique proviendrait de l'astéroïde Vesta : la composition isotopique en oxygène de ces deux corps est la même. Et la structure cristalline de la météorite indique que, il y a 3,69 milliards d'années, Vesta était dotée d'un champ magnétique, probablement dû à un cœur de métal liquide agissant comme une dynamo. Ce résultat corrobore l'hypothèse qu'un champ magnétique aurait protégé du vent solaire la surface - très peu abîmée - de cet astéroïde.