Science et Technologie
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Telescope

Un jet cosmique de matière long de 2 millions d'années-lumière

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Une équipe internationale d'astronomes est parvenue, grâce au télescope CSIRO à prendre en image une expulsion supersonique de matière cosmique longue de deux millions d'années-lumière.

C'est un extraordinaire jet supersonique de matière émis par le centre d'une galaxie lointaine et baptisé PKS 0637-752 qu'une équipe internationale d'astronomes a réussi à prendre en image. S'étendant sur environ deux millions d'années-lumière, cette expulsion ressemble à la flamme qui s'échappe des réacteurs des jets. D'ailleurs cette ressemblance n'est peut-être pas si fortuite. Comme l'explique le Dr Leith Godfrey de l'International Center for Radio Astronomy Research, "une intéressante possibilité serait que l'image que nous pouvons voir dans ce jet cosmique soit produite de la même façon qu'au niveau des moteurs de jets".

Megaphone

USA : une baleine imite la voix humaine

Une baleine blanche qui a vécu trente ans dans un aquarium à San Diego, en Californie, était capable d'imiter la voix humaine, ont annoncé aujourd'hui des chercheurs qui pour la première fois ont pu enregistrer ces sons émis par un cétacé et effectuer une analyse acoustique. Ceci est surprenant parce que les baleines produisent normalement des sons totalement différents et doivent de ce fait modifier leur mécanique vocale pour reproduire des sonorités ressemblant à celles émises par les humains, explique Sam Ridgway, de la National Marine Mammal Foundation, principal auteur de cette découverte parue dans la revue américaine Current Biology datée du 23 octobre.

"De tels efforts laissent penser que ce béluga appelé NOC, mort il y a cinq ans, cherchait à avoir un contact avec les humains", explique ce biologiste marin. Tout a commencé en 1984 quand ces scientifiques ont commencé à remarquer des sons inhabituels dans l'aquarium où vivaient cette baleine blanche et des dauphins. Cela faisait penser à une conversation entre deux personnes trop éloignées pour que ce soit compréhensible.

Les chercheurs ont pu finalement déterminer avec surprise que ces sons provenaient de NOC quand un plongeur qui travaillait dans le bassin où se trouvait la baleine est remonté à la surface en demandant qui lui avait dit de sortir de l'aquarium.
NOC avait vécu avec des dauphins et d'autres baleines blanches et s'était souvent trouvée en présence d'humains. La baleine a imité des sonorités humaines pendant environ quatre ans jusqu'à ce qu'elle parvienne à la maturité sexuelle, a indiqué Sam Ridgway.

Bulb

Datation au radiocarbone améliorée par des relevés exceptionnels

Une nouvelle série de mesures au radiocarbone effectuée dans le lac de Suigetsu au Japon devrait rendre la datation au radiocarbone plus précise, notamment pour les objets anciens. Ce travail pourra servir à améliorer de plusieurs centaines d'années les estimations de l'âge de matériaux organiques.

Les archéologues, par exemple, pourront être en mesure de mieux déterminer quand l'homme de Néandertal a disparu et l'homme moderne fait son apparition en Europe. Et les climatologues pourront mieux comprendre les chaînes d'évènements qui ont conduit à l'avancée et au retrait des glaces au cours de la dernière période glaciaire. Dans le lac Suigetsu, une couche d'une algue minuscule et relativement peu colorée appelée diatomée se dépose au fond chaque année, suivie par celle de sédiments plus foncés. Le fond du lac est très calme et anoxique, de sorte que ces couches sont restées intactes pendant des dizaines de milliers d'années. Une série de forages réalisés à travers ces couches apporte maintenant un relevé très finement préservé des 52 800 ans passés.

Megaphone

Un tremblement de terre est aussi... un haut-parleur géant

Les sons et les infrasons émis durant les séismes seraient provoqués par les mouvements de montée et de descente du sol, comme le fait un haut-parleur. Le plus grand subwoofer du monde vient tout simplement d'être découvert !
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L'analyse des infrasons produits lors d'un séisme permettrait de déterminer de précieuses informations plus rapidement qu'en analysant des sismographes. © Heroesbed, Flickr, CC by-nc-nd 2.0
Le plus grand subwoofer du monde (c'est-à-dire un haut-parleur produisant des sons de fréquence inférieure à 80 Hz) a été mis au jour. Inutile de le chercher dans un magasin audio: pour le voir, il suffit de baisser les yeux... Il s'agit en effet du sol, mais uniquement durant les tremblements de terre !

Cette découverte sera présentée par Stephen Arrowsmith du Los Alamos National Laboratory durant le 164th meeting of the Acoustical Society of America (Asa) qui se tiendra à Kansas City, aux États-Unis, du 22 au 26 octobre 2012.

Star

Une plongée dans l'espace comme vous n'en avez jamais vue

On est habitué aux images de la Terre vue des stations spatiales ou des satellites. Mais Christoph Malin a eu l'idée de transformer des photos à longue exposition prises par la NASA, en une vidéo spectaculaire montrant la Terre et l'espace comme vous ne les avez jamais vus.

Il y a quelques mois, une série de photos réalisée par l'astronaute et ingénieur de l'Expédition 31, Don Petti, avait été diffusée sur un Flickr fait par la NASA nommé ISS Star Trails. Ces photos exceptionnelles à longue exposition montraient notre planète terre vue de la Station Spatiale Internationale (ISS) d'une façon encore jamais observée auparavant.

Beaker

Le transfert horizontal des gènes reconstitue l'arbre des espèces

Il n'y a pas que la transmission génétique de parent à enfant. Le transfert "horizontal" de gènes entre deux individus est loin d'être négligeable chez les organismes unicellulaires, et notamment les bactéries et les archées. Grâce à ce phénomène, une équipe de chercheurs du laboratoire de Biométrie et biologie évolutive de Lyon (CNRS/Université Claude Bernard Lyon1/INRIA/Hospices civils de Lyon) a mis au point un modèle informatique permettant de reconstituer l'arbre "généalogique" d'un groupe d'espèces. A terme, c'est tout l'arbre du vivant qui pourrait être ainsi reconstitué.

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© Vincent Daubin et Sophie Abby
Les gènes sont portés par des espèces et suivent donc leur histoire... En partie seulement: chez les organismes unicellulaires, les transferts horizontaux entre individus viennent brouiller les cartes.

Magnify

De l'ADN au portrait-robot

Dans une étude publiée par le journal scientifique PLos Genetics, une équipe internationale regroupant des chercheurs néerlandais du centre médical Erasme de Rotterdam et des partenaires allemands, canadiens, britanniques et australiens, révèle que cinq gènes interviennent de manière significative dans la construction du visage humain.

Deux jumeaux ont un visage quasiment parfaitement identique, et les enfants ressemblent plus à leurs frères et soeurs et à leurs parents qu'à de parfaits inconnus. Nous savons donc tous que la physionomie de notre visage est largement déterminée par des caractéristiques génétiques. Pourtant, on ne sait que très peu de choses sur les gènes impliqués dans le processus de modélisation du visage. Des chercheurs du département médico-légal de biologie moléculaire du centre médical Erasme et leurs partenaires internationaux ont réussi à identifier cinq gènes responsables de la physionomie du visage humain.

Moon

Les vents solaires, source d'eau sur la Lune

Une partie de l'eau détectée à la surface de la Lune provient des vents solaires, confirme une étude américaine menée à l'Université du Tennessee à Knoxville.

© Nasa
Les astrophysiciens considèrent généralement que l'eau a été apportée dans notre système solaire, y compris sur la Terre, par des astéroïdes ou des comètes provenant de beaucoup plus loin.

Cependant, la science sait aussi que le Soleil émet un flot continu de particules, baptisé vent solaire, qui lui fait perdre 1 million de tonnes par seconde, un rétrécissement infime à son échelle.

Or, ces particules sont en grande majorité des ions d'hydrogène, même si elles comprennent aussi de l'hélium et des traces d'oxygène.

Robot

Un assemblage de nano-machines pour mimer le muscle

Pour la première fois, un assemblage de milliers de nano-machines capables de produire un mouvement de contraction coordonné s'étendant jusqu'à une dizaine de micromètres, à l'instar des mouvements des fibres musculaires, a été réalisé par une équipe de l'Institut Charles Sadron du CNRS.

Ces travaux novateurs menés par Nicolas Giuseppone, professeur à l'Université de Strasbourg, et impliquant des chercheurs du Laboratoire de matière et systèmes complexes (CNRS/Université Paris Diderot), valident expérimentalement une approche biomimétique conceptualisée depuis plusieurs années dans le domaine des nanosciences. Ils permettent d'envisager de très nombreuses applications en robotique, en nanotechnologie pour le stockage d'information, dans le domaine médical comme la réalisation de muscles artificiels ou pour concevoir d'autres matériaux incorporant des nano-machines (dotés de nouvelles propriétés mécaniques). Ces travaux viennent de paraître sur le site de la revue Angewandte Chemie International Edition.

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© © Wiley-VCH Verlag GmbH & Co.KGaA. Reproduced with permission. Cette image est disponible à la photothèque du CNRS, [email protected]
Gauche et droite: Principe de la contraction et de l'extension d'une chaîne polymère télescopique fondée sur l'association supramoléculaire de milliers de nano-machines.
Centre: Modèle moléculaire de trois nano-machines liées entre elles au sein de la chaîne polymère.

Bad Guys

Le CNRS fait commerce de publications gratuites de chercheurs français

Comparaison n'est pas raison, mais imaginons que Viktor et Maxime vendent à l'Agence France Presse des articles pour lesquels des contributeurs admirables ont sué sang et eau et dans la plus grande abnégation. C'est ce qui se passe dans la recherche française aujourd'hui.

Les universitaires français, en tant qu'enseignants-chercheurs doivent statutairement faire de la recherche. Ils sont payés pour cela. Cette recherche doit être publiée. En France ou ailleurs.

Sauf exception rarissime, jamais un article scientifique n'est rétribué. Les revues scientifiques qui accueillent ces articles déploient des trésors d'ingéniosité et de bénévolat pour vivre ou survivre. Or depuis quelques années, l'Institut de l'information scientifique et technique (l'INIST), une unité de service du CNRS, met en vente (au prix de 11 à 50 euros pièce) des masses d'articles sans en informer, ni les directeurs de revues, ni les auteurs. Et, naturellement, sans leur demander leur autorisation. Le plus fort est que nombre de ces publications sont en accès gratuit sur internet. Seul le droit de copie (versé pour toute photocopie d'article) est reversé aux éditeurs, soit moins de 2 euros sur les 11 à 50 qui sont facturés.

Commentaire:
Lire également l'article traduit par Sott sur la corruption de la science : Corruption de la science : selon la Mayo Clinic 10 années de recherche ont été perdues en raison d'études frauduleuses.
On peut gagner énormément avec une étude frauduleuse si on ne se fait pas attraper. La raison est simple. Selon Richard Horton, éditeur du Lancet :

Une seule publication dans le Lancet et vous obtenez une chaire et des financements. C'est votre passeport pour le succès.

Ce n'est qu'une histoire d'argent. Lorsque vos recherches sont publiées dans un grand journal scientifique, votre avenir est assuré. La plupart des membres des comités de lecture mènent leurs propres recherches. C'est pour cela qu'on les appelle « pairs ». Ils veulent être en mesure de publier. Par conséquent, ils ne sont pas particulièrement enclins à aller au-delà de commentaires négatifs superficiels. Manifestement, ils ne veulent pas se mettre à dos les auteurs car eux aussi publient ou espèrent publier leurs recherches.