Science et Technologie
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Telescope

Un trou noir au cœur d'Orion ?

Traduction : Didier Jamet pour Ciel des hommes

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Hubble Legacy Archive, Robert Gendler
Sujet central de ce portrait cosmique, quatre étoiles formant l'astérisme du Trapèze se trouvent au coeur de la nébuleuse d'Orion. Concentrées dans un volume d'1,5 année-lumière de rayon, elles dominent le noyau du dense amas de la nébuleuse d'Orion. Les radiations ionisantes ultraviolettes des étoiles du Trapèze, et tout particulièrement celles de la plus brillante, Theta-1 Orionis C, entretiennent la luminosité de toute cette complexe région de formation d'étoiles. Vieux de quelque 3 millions d'années, l'amas de la nébuleuse d'Orion était encore plus compact en ses vertes années. Une récente étude de la dynamique de l'amas a montré que des collisions stellaires précoces avaient peut-être engendré un trou noir de plus de 100 masses solaires. La présence d'un trou noir au sein de l'amas aurait le mérite d'expliquer le mouvement propre très rapide des étoiles du Trapèze. La nébuleuse d'Orion se trouve à environ 1500 années-lumière de nous, ce qui vaudrait à ce possible trou noir le titre de trou noir le plus proche de la Terre.

Auteurs et éditeurs : Robert Nemiroff (MTU) & Jerry Bonnell (USRA)
Représentant technique de la Nasa : Jay Norris
Un service de : LHEA de NASA / GSFC & Michigan Tech. U.

Chalkboard

Quand le champ magnétique bascule

De nouvelles données détaillent le déroulement des inversions du champ magnétique terrestre et bousculent les modèles en cours.

Des chercheurs de l'Institut de physique du globe de Paris (CNRS, Univ Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité) et de l'Université de Hawaii mettent en évidence cette semaine dans la revue Nature le comportement singulier, en trois étapes, des inversions du champ magnétique terrestre. L'étape intermédiaire responsable du basculement du champ magnétique du nord au sud, ou inversement, s'avère particulièrement rapide (moins de 1000 ans). Ceci remet en questions les idées et modèles actuels sur le déroulement des inversions du champ magnétique et les processus en jeu.
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Fig 1. Trajectoires du pôle observées dans les enregistrements volcaniques les plus détaillés.
Les données proviennent de séquences de coulées de lave superposées.
En orange, représentation du noyau avec son enveloppe liquide où se génère le champ magnétique
et la graine solide. © Valet et al. 2012

Snowman

Banquise Antarctique : record maximum absolu

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Sans aucun doute, il vous arrive constamment de lire les alarmes catastrophées de la presse et des médias sur la banquise Arctique qui, supposément, "disparait". Mais comment se fait-il que vous ne lisez ni n'entendez jamais rien sur la banquise Antarctique ?

Vu sur le blog "sunshine hours", il semble que l'Antarctique a battu un nouveau record. Il écrit :

Bacon

Nos ancêtres auraient consommé régulièrement de la viande plus tôt que prévu

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En analysant le crâne d'un enfant mort il y a 1,5 millions d'années, des préhistoriens ont découvert la plus ancienne trace d'anémie connue à ce jour. Crédits : Dominguez-Rodrigo M, Pickering TR, Diez-Martin F, Mabulla A, Musiba C, et al. (2012)
La viande aurait-elle été indispensable à l'équilibre alimentaire des premiers humains plus tôt que prévu ? C'est en tout cas ce que suggère l'analyse d'un crâne d'enfant vieux de 1.5 millions d'années, découvert dans la grotte d'Olduvaï en Tanzanie. Une banale carence en fer. C'est ce que vient de révéler l'analyse d'un fragment de crâne d'enfant, découvert dans des sédiments vieux de 1,5 millions d'années de la grotte d'Olduvaï, en Tanzanie. Anodine en apparence, cette découverte révèle pourtant un fait d'importance : nos ancêtres auraient commencé à consommer régulièrement de la viande à une période antérieure à ce qui était supposé jusqu'ici par les spécialistes de la préhistoire.

En effet, pour le préhistorien Manuel Domínguez-Rodrigo (Université Complutense de Madrid, Espagne) et ses collègues, auteurs de la découverte, le diagnostic est sans équivoque : le crâne de l'enfant, mort à l'âge de deux ans environ, montre des signes évidents d'hyperostose poreuse, un phénomène qui se caractérise par une production excessive de tissu osseux, et dont l'une des principales causes est précisément l'anémie (l'anémie est un manque de globules rouges).

Better Earth

Magnétisme : Où l'on découvre que le « chant » de la Terre ressemble au chant des baleines

© NASA
Représentation des deux ceintures de Van Allen observées par la NASA autour de la Terre. NASA
La NASA "écoute" et enregistre dans l'espace, depuis le mois d'août, les ondes électromagnétiques qui se propagent depuis la Terre dans le vide alentour. Ces ondes sont captées par l'instrument poétiquement baptisé Emfisis, embarqué sur deux satellites, RBSP-A et B, dont la principale mission est d'observer les orages géomagnétiques.

Après conversion des ondes électromagnétiques en ondes sonores par Emfisis, la Terre sonne ainsi, continuellement :


Magnify

Pegostamax, un mini-dinosaure aux grandes canines redécouvert

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© Inconnu
Sorti de la roche il y a soixante ans, le dinosaure Pegomastax africanus vient seulement d'être décrit. Il s'agit d'un des plus petits dinosaures connus et, malgré ses imposantes canines, il était herbivore. Cet hétérodontosaure vivait il y a 200 millions d'années.

Magnify

Les éléphants dominants discutent avant de déplacer leur groupe

Pour accomplir certaines tâches en groupe, comme quitter ensemble un point d'eau, les éléphants dominants échangent des sons très graves entre eux. Ces vrombissements peuvent être entendus à grande distance afin d'être sûr d'alerter tous les membres d'un même clan. Quand la tâche se complique, les échanges durent plus longtemps.

"Allez les enfants, on y va!" Lorsqu'un groupe d'éléphants s'apprête à quitter un point d'eau, la femelle dominante agite ses oreilles et lance un "grondement de départ" [let's-go rumble] qui démarre une série d'échanges avec les autres membres importants du clan. Les éléphants ne se contentent alors pas de barrir, ils peuvent émettre d'autres types de son et en particulier cette forme de grondement.

Ce son très grave ressemble un peu au bruit du démarrage d'un moteur, mais en ralenti et d'assez faible volume pour les oreilles humaines. Les basses fréquences de ce grondement lui permettent d'être audible par les éléphants à longue distance, aussi bien par les airs que par la terre. Pour la chercheuse à la tête de cette étude, Caitlin O'Connell-Rodwell de l'université de Standford, les éléphants sont en effet capables d'interpréter les vibrations du sol.

Saturn

Une étrange couche de froid détectée sur Vénus

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Une étude vient de révéler qu'une surprenante couche atmosphérique, plus froide que nulle part sur Terre, vient d'être découverte sur Vénus.

La planète Vénus a beau être plus proche du Soleil que la Terre, une étude vient de révéler qu'une surprenante couche atmosphérique, plus froide que nulle part sur notre planète, vient d'y être découverte. C'est grâce à de nouvelles observations réalisées à l'aide du satellite européen Venus Express que la trouvaille a été faite. D'après les résultats révélés, cette région de la planète serait suffisamment froide pour geler du dioxyde de carbone. De quoi étonner au sujet d'une planète sur laquelle il fait aussi chaud que dans un four, indiquent les scientifiques.

"Cette découverte est complètement nouvelle et nous avons encore besoin d'y réfléchir pour comprendre quelles implications cela entraîne", indique Håkan Svedhem, un scientifique de l'ESA (agence spatiale européenne) qui travaille sur le projet Venus Express. Plus précisément, les chercheurs ont fait la trouvaille en mesurant les concentrations des molécules de dioxyde de carbone à différentes altitudes tout au long de la ligne de division entre le jour et la nuit (appelée "terminateur") de Vénus. Puis ils ont combiné ces données avec les pressions atmosphériques connues à chaque altitude, ce qui leur a permis d'en déduire les températures des différentes couches de l'atmosphère de la planète.

Gear

La fraude scientifique est plus répandue qu'on le croit

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En science aussi, la fraude existe. Au regard de certaines réactions outrées qui ont suivi la publication de mon billet sur la validité des études scientifiques, d'aucuns m'accusant de jeter le discrédit sur la recherche parce que j'évoquais quelques inconduites, il me semble utile de faire un point sur ce phénomène, certes marginal mais bien réel. Je profite pour cela d'une belle coïncidence car, dans leur livraison du 1er octobre, les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS, qui sont les comptes-rendus hebdomadaires de l'Académie des sciences américaine) publient une étude qui éclaire le sujet d'un jour nouveau mais, hélas, pas très reluisant.

Les auteurs de cet article, Ferric Fang, Grant Steen et Arturo Casadevall, ont travaillé sur la base de données PubMed qui regroupe quelque 25 millions d'études - essentiellement dans le domaine de la recherche biologique et médicale - , dont les plus anciennes remontent aux années 1940. En décembre 2010, à l'occasion d'une étude parue dans le Journal of Medical Ethics, Grant Steen avait déjà exploré la période 2000-2010 de cette base de données en s'intéressant tout particulièrement aux rétractations, c'est-à-dire aux articles que l'on retire de la publication et dont on demande aux chercheurs de ne plus tenir compte. Deux causes principales motivent une rétractation. La première est une erreur involontaire, où la bonne foi des chercheurs n'est pas remise en cause : problème expérimental, mauvaise interprétation des résultats, etc. La seconde est une violation délibérée des bonnes pratiques et de la déontologie. Du véniel au très grave, on trouve l'auto-plagiat (c'est-à-dire la mauvaise habitude que prennent certains chercheurs de multiplier les articles à partir d'une seule expérience, de façon à faire grimper leur nombre de publications), le plagiat d'une autre équipe et, enfin, la fraude.

Snowman

Le point sur l'évolution de l'étendue des glaces au pôles Nord et Sud

1) Introduction :

En ce mois de Septembre 2012, les observations satellitaires ont fait état d'un nouveau record minimal de l'extension de la glace de mer en Arctique, le précédent ayant été atteint en 2006..
Les médias, peu soucieux d'investigation, en ont fait leurs gros titres et la plupart en ont tiré des conclusions quelque peu hâtives. Certains, parmi les plus connus de la presse écrite, ont assuré leurs lecteurs qu'il s'agissait-là d'une "preuve" définitive du caractère anthropique du réchauffement climatique, outrepassant très largement ce que les observations objectives permettent de conclure. D'autres - parfois les mêmes - n'ont pas hésité à affirmer à leurs lecteurs/auditeurs qu'il s'agissait là d'un minimum "historique" alors que, faute de moyens d'observations, on ne sait que très peu de choses sur l'extension des mers glacées polaires, avant les années 80, c'est à dire avant 32 ans. Doit-on comprendre que, pour ces auteurs, "l'Histoire" n'a commencé qu'en 1979 ?
D'autant plius que l'on sait que l'océan arctique était libre de glace, il y a quelques 5 à 10000 ans, lors du maximum de l'holocène et que de nombreux récits des navigateurs et de scientifiques du siècle dernier et du précédent (voir, par exemple, cette communication officielle citée par Lindzen) nous affirment à certaines époques que l'Arctique fondait de manière alarmante... pour se reconstituer dans les décennies suivantes.

De fait, le caractère exceptionnel de ce qui s'est passé en Arctique cette année, durant la période de fonte où la glace arctique est la plus fragile, n'a pas échappé aux observateurs attentifs qui suivent, jour après jour, les évolutions des couvertures glacées et les conditions météorologiques qui règnent au pôle Nord. Cependant, il a fallu attendre que la NASA, elle-même, publie dans la deuxième quinzaine de Septembre, plusieurs communiqués, images et vidéo à l'appui, montrant ce qui s'était réellement passé et qui permet d'expliquer la disparition brutale d'une fraction considérable de la glace arctique en Août 2012, conduisant ainsi au record de cette année.