Les Maîtres du Monde
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Snakes in Suits

Biopiraterie : quand les entreprises privées veulent s'approprier les semences, en France

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© CC USDA
Aider les chercheurs à cataloguer des semences, et se retrouver ensuite privé du droit de les planter : c'est la menace qui pèse sur les paysans français. Des entreprises privées nouent des partenariats avec des instituts de recherche publique pour collecter des graines dans les champs des éleveurs et des cultivateurs. Puis déposent des brevets, qui privatisent l'utilisation future de ces plantes et de leurs vertus, grâce à des failles réglementaires qui permettent aux multinationales de s'accaparer la biodiversité. « Aujourd'hui, un paysan qui partage ses ressources génétiques avec la recherche n'est plus protégé », dénonce la Confédération paysanne. Enquête sur ces nouveaux risques de biopiraterie.

« On veut mutualiser nos semences, pas se les faire voler ! Non aux brevets sur le vivant ! ». Déguisés en bagnards, boulets aux pieds, une dizaine de paysans déambulent dans les allées du Salon de l'agriculture ce 23 février. Direction, le stand de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Pourquoi cet institut de recherche est-il dans la ligne de mire de la Confédération paysanne ? Tout a commencé par un banal coup de fil. Jean-Marc Arranz, animateur à la Chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques, est contacté au printemps 2014 par un centre de ressources génétiques (CRG), basé à Lusignan en Poitou-Charentes. Il a déjà entendu parler de cette « banque publique de graines » rattachée à l'Inra. Ce centre collecte, répertorie et stocke des échantillons de plantes et de graines. Ses chercheurs s'intéressent justement aux semences pyrénéennes et « souhaitaient discuter des modalités d'une collecte de graines chez des éleveurs », explique Jean-Marc Arranz.

Commentaire: Un problème essentiel, qui a des répercussions directes, dans nos assiettes, au jour le jour :

- Petit panorama non-exhaustif de la biopiraterie
- Combattre Monsanto ou faciliter la biopiraterie : la fausse bonne idée d'un « magasin mondial » en ligne des semences
- Monsanto poursuivi pour biopiraterie par l'Inde
- Biopiraterie : Les melons maintenant « invention » de Monsanto


USA

Hillary Clinton et Jeb Bush : deux psychopathes en lice pour les prochaines élections aux Etat-Unis

Traduction: Nicolas CASAUX
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Les deux principaux candidats pour l'élection présidentielle états-unienne de l'an prochain soutiennent les mêmes politiques de guerre qui se sont avérées un désastre pour les USA et pour le monde entier.


Si vous croyez sérieusement que le pouvoir militaire des états-unis est une force internationale dédiée à la stabilité et au bien, alors un certain nombre d'évènements de ces deux dernières semaines devraient vous pousser à réfléchir un peu.

Au Kosovo, presque 16 ans après le bombardement de la Yougoslavie par l'OTAN, l'UNCHR (L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés) rapporte que 10 000 personnes ont déposé des demandes d'asile en Hongrie en un seul mois, et que presque 20 000 kosovars quittent le pays chaque mois pour échapper à la pauvreté, à la corruption et au chômage.

En Libye, les exécutions des coptes chrétiens par ISIS laissent entrevoir la perspective de la désintégration de la Libye en une « Somalie de la Méditerranée ».

En Afghanistan les Mission d'assistance des Nations unies (UNAMA) annoncent que les pertes civiles de l'année dernière ont atteint des niveaux record. Cela s'ajoute à l'implosion irakienne toujours en cours, à la Syrie, et à l'Ukraine, où les USA ont entrepris un « changement de régime » plus discret mais aux conséquences aussi catastrophiques.

Stormtrooper

Holocaust 2.0 : Bienvenue dans la jungle

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Fritz Gerlich était journaliste lors de l'ascension d'Hitler au pouvoir. Il était célèbre pour ses critiques cinglantes du Führer. Un des épisodes les plus controversés fut sa publication d'un photomontage d'Hitler où ses traits faciaux étaient exagérés et où on le voyait bras dessus, bras dessous avec une femme noire.

Dans cet article, Fritz suggérait aux lecteurs d'appliquer la physiognomonie hitlérienne à Hitler lui-même et de se rendre compte alors qu'Hitler n'était vraiment pas aryen mais de sous-type mongoloïde. Cette insulte signa l'arrêt de mort de Fritz qui s'était systématiquement servi de la puissance de l'écriture pour combattre Hitler à chaque étape. Il fut arrêté et expédié à Dachau alors qu'il travaillait sur un autre article révélateur sur Hitler, puis tué un peu plus d'un an plus tard.

Gerlich est l'exemple type de ces nombreux journalistes qui furent menacés, frappés et assassinés pour avoir révélé la vérité. Le mal ne peut se dissimuler que dans l'obscurité. Si je porte ce morceau d'histoire à votre attention, cher lecteur, c'est parce que je souhaite parler d'autres journalistes des temps modernes qui furent tués dans des circonstances douteuses. Il semble que nous devions encore apprendre les leçons qu'on s'était promis de ne jamais oublie

Bad Guys

Ukraine : la bataille derrière le brouillard de la propagande

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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© Inconnu
En moins d'un an, les États-Unis ont renversé le gouvernement démocratique élu en Ukraine, installé au pouvoir à Kiev un larbin soutenu par Washington, lancé une guerre sanglante et coûteuse en vies humaines pour les populations russophones de l'Est, poussé l'économie dans une spirale mortelle et réduit la nation à un État anarchique et déliquescent voué à endurer une guerre civile vicieuse et fratricide aussi loin qu'on peut le prévoir.

La semaine dernière, Washington a subi sa plus grande défaite militaire en plus de dix ans, lorsque l'armée ukrainienne conseillée par les États-Unis a été sévèrement battue autour de l'important nœud ferroviaire de Debaltsevo. En gros, 8 000 hommes de l'armée ukrainienne régulière, ainsi qu'une quantité innombrable de chars et d'unités blindées, ont été encerclés dans ce qui a été nommé le chaudron. L'armée de la République populaire de Donetsk, sous le commandement d'Alexander Zakharchenko, a encerclé les envahisseurs et a progressivement resserré le cordon, en tuant ou en capturant les troupes prises dans la poche. Les Forces armées ukrainiennes ont enregistré de nombreuses victimes, entre 3 000 et 3 500, tandis qu'elles abandonnaient derrière elles une grande quantité de matériel militaire offensif.

Selon Zakharchenko, « la quantité d'équipement abandonné par les unités ukrainiennes est indescriptible ».

Snakes in Suits

Transformer les écologistes en terroristes : l'exemple canadien

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© Mark Klotz/CC
Au nom de la lutte antiterroriste, le gouvernement canadien de Stephen Harper utilise depuis des années l'appareil policier pour museler le mouvement écologiste. Il tente en ce moment de faire passer un projet de loi, dit C-51, visant notamment les écologistes qui critiquent l'industrie pétrolière. La méthode inspire discrètement les gouvernements européens.

Les écologistes en bonnets qui tendent des banderoles pour protester contre des oléoducs pourraient bientôt rejoindre les groupes terroristes assassins dans le radar des agences de renseignements canadiennes. Sous l'appellation de Loi C-51, un nouveau texte présenté par le Premier ministre Stephen Harper étend les pouvoirs des organisations de sécurité du pays en matière d'information, notamment à tout ceux qui entraveraient "le fonctionnement d'infrastructures essentielles".

Face à cette définition floue des menaces qui feront désormais l'objet de surveillance, les mouvements environnementalistes craignent de devenir des cibles de la police en raison de leur opposition à l'industrie pétrolière. Une crainte justifiée à la lecture d'un mémo de la Gendarmerie royale détaillant, sur 44 pages, comment le "mouvement anti-pétrole canadien" serait un foyer de violence et de troubles.

Commentaire: En rapport :

- Propagande anti-écologiste : quand on parle de « djihadistes verts »
- Le mouvement écologiste, nouvel ennemi intérieur.
- Un militant écologiste interné de force en psychiatrie


Bad Guys

« American Sniper » ou l'éloge d'un criminel de guerre psychopathe

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1) Non seulement American Sniper ne remet pas en cause la légitimité de la guerre en Irak, mais en plus il tend à la présenter comme nécessaire et juste. Quelques personnages secondaires expriment des doutes mais ces moments sont tellement anecdotiques et isolés qu'il n'est pas exagéré de dire que le film ne propose aucun regard critique sur cette intervention militaire qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts et dont les conséquences vont encore faire d'innombrables victimes.

2) American Sniper est un hommage à Chris Kyle, le « sniper le plus redoutable de l'histoire militaire des États-Unis » (160 tirs létaux confirmés mais le nombre de ses victimes est probablement plus proche de 250). Ce « héros national » est en fait un tueur sociopathe qui, contrairement à son alter ego cinématographique, n'a jamais manifesté le moindre problème de conscience pour ce qu'il a fait en Irak. Pis, Chris Kyle a dit dans son autobiographie et dans des interventions publiques qu'il a pris beaucoup de plaisir à participer à cette guerre - « c'était amusant » - , regrettant même de ne pas avoir tué plus de « sauvages » (il considérait les « insurgés » comme des individus « méprisables » incarnant « le mal »). Dans cette vidéo, on voit Chris Kyle plaisanter sur les personnes qu'il a tuées avec le présentateur Conan O'Brien (qu'on a connu plus drôle). Et dans l'interview qu'il a accordée à Bill O'Reilly, il dit à propos des ennemis de l'armée américaine en Irak : « il est nécessaire de ne pas les considérer comme des êtres humains ». Autre parole mémorable : « Je ne tire pas sur les personnes qui portent un Coran. J'aimerais le faire, mais je ne le fais pas ». Ainsi, Clint Eastwood s'efforce de rendre humble et admirable ce fanatique dénué d'empathie qui devrait être considéré comme un criminel de guerre.

3) Reprenant l'argument utilisé un temps par l'administration Bush, le film suggère fortement qu'il y a un lien entre les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak, comme si le premier événement justifiait le second. Aucune mention par contre de l'immonde mensonge sur les imaginaires armes de destruction massive détenues par le régime de Saddam Hussein. Il faut dire que Clint Eastwood a appelé à voter pour George W. Bush en 2004...

USA

Obama rate son coup d'État au Venezuela

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Le président Obama avec son conseiller pour l’Amérique latine, Ricardo Zuñiga, et la conseillère nationale de sécurité, Susan Rice.
© Maison-Blanche
Une nouvelle fois, l'administration Obama a tenté de changer par la force un régime politique qui lui résiste. Le 12 février, un avion d'Academi (ex-Blackwater) maquillé en aéronef de l'armée vénézuélienne devait bombarder le palais présidentiel et tuer le président Nicolas Maduro. Les comploteurs avaient prévu de placer au pouvoir l'ex-députée María Corina Machado et de la faire immédiatement acclamer par d'anciens présidents latino-américains.


Le président Obama avait prévenu. Dans sa nouvelle doctrine de Défense (National Security Strategy), il écrivait : « Nous nous tenons aux côtés des citoyens dont le plein exercice de la démocratie est en danger, tel que les Vénézuéliens ». Or, le Venezuela étant, depuis l'adoption de la constitution de 1999, l'un des États les plus démocratiques au monde, cette phrase laissait présager du pire pour l'empêcher de poursuivre dans sa voie d'indépendance et de redistribution des richesses.

C'était le 6 février 2015. Washington terminait de mettre au point le renversement des institutions démocratiques du Venezuela. Le coup d'État avait été planifié pour le 12 février.

L'« Opération Jéricho » était supervisée par le Conseil national de sécurité (NSC), sous l'autorité de Ricardo Zuñiga. Ce « diplomate » est le petit fils du président homonyme du Parti national du Honduras qui organisa les putschs de 1963 et de 1972 en faveur du général López Arellano. Il dirigea la station de la CIA à La Havane (2009-11) où il recruta des agents et les finança pour former l'opposition à Fidel Castro tout en négociant la reprise des relations diplomatiques avec Cuba (finalement conclue en 2014).

Alarm Clock

Holocauste 2.0 : Cas de conscience ultimes

Le monde entier était devenu pour moi distant et hostile comme ces rues inconnues. Outre les règles fascinantes que je connaissais, le grand jeu, manifestement, en avait d'autres qui m'avaient échappé. Il devait avoir eu quelque chose de fallacieux et de faux. Mais où trouver un appui, la sécurité, la foi et la confiance si le cours du monde était à ce point perfide, si les victoires s'ajoutaient aux victoires pour conduire à la défaite finale, si les vraies règles du jeu n'étaient pas énoncées, mais ne se révélaient qu'après coup dans un résultat accablant ? J'entrevoyais des abîmes. La vie m'épouvantait. [Histoire d'un Allemand, p 43]

Sebastian Haffner

Pistol

Les USA en guerre 93% du temps de leur existence...

Traduction : Résistance 71

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© Inconnu
"Nous sommes un peuple de la guerre. Nous aimons la guerre parce que nous sommes très bons à la faire. En fait, c'est la seule chose que nous savons faire dans ce putain de pays: faire la guerre, on a eu beaucoup de temps de pratique et aussi parce que c'est sûr que nous ne sommes plus capables de construire une machine à laver ou une voiture qui vaille un pet de lapin ; par contre si vous avez plein de bronzés dans votre pays, dites leur de faire gaffe parce qu'on va venir leur foutre des bombes sur la gueule... " George Carlin.

Les États-Unis ont été en guerre 93% du temps de leur existence depuis leur création en 1776 c'est à dire 222 des 239 années de son existence

Magnify

Que cache le durcissement de la rhétorique de Porochenko?

Traduit de l'anglais par Dominique, relu par jj pour le Saker Francophone

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© Inconnu
Il n'est pas nécessaire de lire l'article [le lien du blog renvoie à un article en russe décrivant les dernières mesures du gouvernement ukrainien, dont le durcissement de la rhétorique contre la Russie, la fermeture des frontières et l'intensification de la censure], mais la question qu'il pose est tout à fait justifiée et nous en connaissons la réponse. Porochenko voulait un peu de calme, il voulait l'ordre dont il a besoin pour se maintenir au pouvoir, mais tout est hors de contrôle. A tel point que le ministre des Affaires étrangères se permet de dire que l'Ukraine est prête à mener une véritable guerre contre la Russie.

Tout est très simple :
Ce que veut Porochenko n'a plus d'importance. L'économie s'effondre, les entreprises stratégiques du pays sont en train de mourir, il n'y a pas d'argent et il n'y en aura pas. Les sponsors de l'Ukraine, dans lesquels il avait placé ses espoirs l'insultent désormais sans ambages - les Européens se contentent de lui conseiller de rendre l'Ukraine plus attractive aux investisseurs, et les Etats-Unis lui font remarquer que les Ukrainiens utilisent très mal leurs ressources : on le voit, pas la moindre chance d'aide réelle à l'horizon. En outre, les mines de charbon sont sur le point de fermer et un mineur affamé est un animal dangereux.