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Les Maîtres du Monde


Eiffel Tower

Qu'est devenue la guerre au Mali ?

Vous rappelez-vous ce qui se passait il y a un an au Mali ? Vous vous souvenez sans doute de ces hordes de terroristes armés jusqu'aux dents déferlant sur ce pauvre Mali, le coupant en deux et y instaurant la charia, pendant que l'armée malienne se tirait une balle dans le pied et s'auto-neutralisait. Vous avez encore en mémoire la sauvagerie avec laquelle les barbus s'en donnaient à cœur joie pour couper des mains, flagellaient et détruisaient des mausolées, créant ainsi une situation que la société internationale ne pouvait tolérer. Et bien sûr, la société internationale n'a pas toléré. Malgré les menaces, les dangereux djihadistes, encore plus armés jusqu'aux dents, poussent même l'outrecuidance jusqu'à foncer sur Bamako. On se rappelle que le sang de Hollande ne fit qu'un tour. Il déclencha le plan de sauvetage d'urgence par l'Opération Serval. La « guerre du Mali » commençait.

Mais, après seulement quatre mois de « combats », on n'en entend plus parler. C'est le silence radio. Que sont devenus les barbus qui étaient si effrayants ? Sont-ils retournés en Libye, ou se sont-ils perdus dans le désert ? Ou peut-être se sont-ils dispersés dans les zones montagneuses des Adrar. En tout cas, cette terrible armée reste introuvable. Plus d'ennemis, plus de guerre. En principe. Au Mali, c'est l'inverse. Moins il y a d'ennemis, plus on renforce le dispositif. Les forces internationales se mettent en place tout doucement, pendant qu'on arme et forme l'Armée Malienne (mieux vaut tard que jamais...).
USA

La menace du marché transatlantique : non à l'américanisation du monde

Tout avait commencé avec le traité États-Unis/Canada (fin des années 80) qui s'est ensuite élargi au Mexique (Traité ALENA, début des années 1990). Maintenant c'est l'ensemble de l'Europe qui est visée. À son époque ALENA semblait être la réponse américaine au néolibéralisme grandissant du Traité de Maastricht, mais la vocation expansionniste, la voracité même du capitalisme financier américain semble ne pas avoir de limites.

À cela s'ajoute la crise systémique que connaît l'économie occidentale. Ainsi, avec le projet du marché transatlantique Washington, plus exactement Wall Street avec l'Union européenne comme supplétive (et dont, inutile de le dire, Berlin à la baguette), se propose de créer une vaste zone de libre-échange (elle deviendrait la plus grande au monde) qui regrouperait l'UE et les États-Unis, voire même l'espace couvert par l'ALENA (États-Unis, Canada, Mexique). À noter le rôle particulièrement actif dans la mise en marche de cette initiative du Commissaire belge au commerce, Karel De Gucht.

Ce projet est destiné à faire disparaître tout ce qui reste encore, en dépit des politiques européennes, de secteur public, des mesures de protection sociale et de sauvegarde de l'emploi, de protections environnementales, du respect des droits intellectuels, des droits de douane, des quotas d'importation, des normes d'accès aux marchés publics. Tout indique que, dans la fuite en avant qui, en particulier dans ces temps de crise, caractérise la gestion des politiques européennes, ce projet devrait prendre la forme d'un traité ce qui lui donnerait un caractère pratiquement irréversible puisque le Traité de Lisbonne sacralise toute initiative européenne touchant les matières commerciales, douanières et tarifaires.
Dollar

Pétrole : l'UE enquête sur une manipulation des prix



Alerté par un groupe hongrois, la Commission européenne enquête sur la fixation des prix pétroliers. L'UE a perquisitionné les locaux de Royal Dutch Shell, de BP et de Statoil.


Il s'agit d'une enquête de grande ampleur et on n'avait pas vu cela depuis le scandale du Libor. Un producteur d'éthanol hongrois a dit mercredi avoir alerté la Commission européenne sur le rôle de l'agence Platts dans la fixation des prix pétroliers, contribuant ainsi à inciter les autorités de la concurrence à lancer une enquête auprès de trois grandes compagnies pétrolières.

Pannonia Ethanol, un novice sur le marché européen de l'éthanol, est ainsi devenue la première entreprise à publiquement dire qu'elle s'était plainte auprès de Bruxelles dans ce dossier.
Eye 1

Trois fractures dans les postulats de nos classes dominantes

Top executive room, fauteuils vides
© Inconnu

Tout va mal. L'économie va mal. Rentrez la tête dans les épaules. Tout va mal. Soyez certains que quand la bourgeoisie vous serine ce message, via ses appareils idéologiques médiatiques et autres, c'est que tout va mal pour elle et qu'elle voudrait bien pouvoir continuer de chevaucher l'âne mort et bien mort du consensus de classes.

Ledit consensus de classes, c'est le gobage axiomatique et sans questionnement de ce dogme lancinant de nos strates dominantes quand elles n'en finissent plus de gauler et de pédaler afin que se perpétue sans critique la synonymie structurellement menteuse, de plus en plus fendillée et fallacieuse, entre Économie et Capitalisme. Or les postulats jadis tranquilles de nos susdites classes dominantes prennent en ce moment de fameux coups de semonce.

Et cela ne doit pas faire illusion. N'allons pas confondre, comme d'aucun voudraient tant qu'on le fasse, le déclin d'un mode de production spécifique avec la grande capilotade cosmologique de l'intégralité de l'univers social. Sourdement, comme inconsciemment (mais de plus en plus ouvertement), la société civile résiste aux postulats étroits de nos classes dominantes actuelles.

Par delà le détail fourmillant des conjonctures nationales et des scandales locaux, dans la poussière flatulente desquels on cherche constamment à noyer et à dissoudre notre attention militante, trois principes tendanciels s'imposent. Depuis la crise financière de 2008, trois fractures cruciales dans les postulats de nos classes dominantes se mettent en place, confusément, réformistement, mais l'un dans l'autre: sans ambivalence et finalement, quand on y regarde avec le bon œil, eh bien, en toute simplicité de tendance aussi. Observons les grandes lignes de la chose.
USA

Spéculation sur la mort aux États-Unis

Fosse commune-illustration
© Inconnu

Le capitalisme financier a décidé de tout acheter et de tout vendre : l'eau, l'air, le génome humain, les recettes de grand-mère, les contrepoisons amazoniens à base de plantes. Il achète maintenant les vies et les morts, en s'attaquant aux plus faibles. C'est ce que nous a expliqué tout récemment le magazine de France 3 " Pièces à convictions ".

Outre-Atlantique, des personnes âgées revendent leur assurance décès, pour pallier au plus pressé, c'est-à-dire pour se payer des soins qui ne sont pas gratuits parce qu'elles ne disposent pas de la couverture sociale adéquate. Ces assurances sont rachetées à des malades aux abois par des épargnants privés ou, mieux encore, par des fonds d'investissement. Cela peut se passer dans de véritables foires, où il est proposé aux chalands du cancer de la prostate ou du pancréas (une valeur sûre), des problèmes respiratoires, du diabète etc. Dans cette forme de viager moderne, si la personne meurt, l'acheteur touche l'argent de l'assurance.

Lorsque le risque a été « réalisé », les bénéficiaires peuvent être informés en ces termes : « Aujourd'hui, nous avons le plaisir de vous informer que la police 7200490 a expiré plus d'un an avant l'échéance pronostiquée ! »

Les spéculateurs proviennent du monde entier, d'Europe, de France. Des banques comme le Crédit Agricole ou Parisbas proposent à leurs clients ces produits sur la mort à l'intérieur de portefeuilles divers et variés.

Pour le capitalisme, l'imagination est au pouvoir. On a récemment appris qu'un anonyme avait déboursé près de 500 000 euros pour pouvoir prendre un café avec Tim Cook, le patron d'Apple. À des fins caritatives, cela va sans dire.
Attention

Canada : les droits fondamentaux niés au nom de la lutte « anti-terroriste »

L'habeas corpus, le droit au silence, et le droit de contester ses accusateurs, tous des principes juridiques démocratiques fondamentaux ont été niés au nom de la lutte contre le terrorisme dans une nouvelle loi votée à toutes vapeurs par le gouvernement conservateur du Canada.

La Loi sur la lutte contre le terrorisme réintroduit deux mesures qui étaient auparavant incluses dans la loi antiterroriste de décembre 2001 : la détention préventive et les audiences d'investigation. Elles étaient devenues inopérantes en 2007 à cause d'une «clause crépusculaire» . La nouvelle loi augmente la sévérité des sentences pour les personnes qui refusent de coopérer avec des audiences d'investigation et criminalise le voyage à l'étranger ou la tentative de quitter le Canada pour commettre des actes terroristes.

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et la force de police nationale du Canada, la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ainsi que Stephen Harper et ses conservateurs, ont pendant longtemps fait pression pour faire réintroduire la détention préventive et les audiences d'investigation.
Eiffel Tower

La débâcle hollandaise ou la première bougie sans lumière

« On résiste à l'invasion des armes,
on ne résiste pas à l'invasion des idées
 »
Victor Hugo
« Ramener le point d'indignation à l'amorce de toute précarité.
Seul moyen de s'extraire des eaux mortes de la fatalité
et de ne plus prendre de vieilles mœurs avec l'inadmissible. »
Patrick Chamoiseau
Comme elle fut longue la première année d'un règne qui pourrait en compter cinq. Longue de l'attente de changements qui ne viendront pas. Longue de l'amertume du constat que le Président nouveau est, tous comptes faits, un fieffé conservateur. Longue du dégoût du mensonge perpétué au sommet de l'Etat pour camoufler de vils conflits d'intérêts. Les Français ont-ils prié l'ancien hôte de l'Elysée d'aller s'occuper de ses affaires pour en voir d'autres défrayer la chronique et que les leurs se détériorent au fil de l'adaptation aux lois destructrices du Marché dérégulé ? Il est pourtant à craindre que « la bande à Hollande » continue de jouer avec nos nerfs , sourde qu'elle est au grand désarroi qui étreint le corps social. Les médecins attentifs savent qu'à tout moment les nerfs peuvent craquer. Alors, les tranquillisants de la « communication politique » deviendront totalement inefficaces. De cette faillite le vide surgira qui soit nous aspirera, soit nous inspirera.
Bomb

Turquie : l'effet boomerang des bombes d'Erdogan

Le régime d'Ankara parle de 51 morts dans les attentats qui ont frappé la ville de Reyhanli à la frontière avec la Syrie. Mais la population affirme que les autorités cachent le nombre réel de victimes. Côté médias officiels, c'est le blackout. Ils ne relaient plus que les rapports de police et les scénarios édictés par l'AKP au sujet du double attentat. Et pour cause : le Procureur de la République de Reyhanli a réussi à faire valider dimanche un décret de censure par le Tribunal de simple police de Reyhanli. La colère gronde en Turquie à la fois contre le gouvernement Erdogan et contre ses mercenaires syriens.

A Reyhanli, au milieu des décombres, les gens accusent le gouvernement turc de vouloir faire la guerre contre la Syrie pour le compte des USA et d'Israël.


Certains journalistes et blogueurs bravent la censure au prix de leur liberté comme Ferdi Özmen qui a comptabilisé le nombre de victimes du double attentat de Reyhanli. D'après Özmen, les victimes sont réparties dans sept hôpitaux de la région de manière suivante :
USA

Associated Press accuse Washington de l'espionner


Le patron de l'agence a condamné «une intrusion massive et sans précédent (...) dans les activités de collecte d'informations d'Associated Press».
L'agence de presse américaine Associated Press (AP) a dénoncé lundi une «intrusion massive et sans précédent» du département de la Justice américain, qui se serait secrètement saisi de deux mois de relevés téléphoniques de l'agence et de certains journalistes.

L'agence a indiqué avoir envoyé une lettre au ministre de la Justice Eric Holder dans laquelle elle affirme qu'il n'existe «aucune justification possible à une telle collecte de communications téléphoniques».

Le patron de l'agence Gary Pruitt condamne dans ce courrier «une intrusion massive et sans précédent (...) dans les activités de collecte d'informations d'Associated Press».

Dans une dépêche, l'agence précise que les relevés d'appels saisis à son insu concerne un article publié en mai 2012 sur une «opération de la CIA (agence de renseignement américaine, ndlr) au Yémen qui a empêché au printemps 2012 un complot d'Al-Qaïda visant à faire exploser une bombe dans un avion pour les États-Unis».
Laptop

Rapport Lescure, le catalogue répressif de l'industrie


Christine Albanel et Pierre Lescure
Le rapport Lescure rendu public ce lundi s'inscrit dans la même philosophie répressive que la loi Hadopi. Au lieu d'entamer une réforme en profondeur des politiques culturelles pour les adapter à l'ère numérique, notamment en autorisant le partage des œuvres entre individus, ce rapport poursuit la fuite en avant répressive qui caractérise l'approche des pouvoirs publics français et européens depuis plus de dix ans. En pérennisant les missions répressives de la Hadopi, notamment au travers du maintien du délit de « négligence caractérisée » et des sanctions pécuniaires, et en encourageant la censure privée sur Internet sous couvert d'en appeler à « l'auto-régulation » des hébergeurs, fournisseurs d'accès, moteurs de recherche ou des services de paiement en ligne, le rapport Lescure représente une grave menace pour la protection des droits fondamentaux sur Internet.

Dans le texte qui suit, La Quadrature du Net analyse les mesures répressives proposées dans le rapport (qui sont largement inspirées des récents travaux de la Hadopi) et souligne les effets délétères qu'elles auraient sur les droits fondamentaux si elles étaient mises en œuvre. Le refus de légaliser le partage non-marchand des œuvres culturelles sur Internet est également dénoncé.

Les missions de la Hadopi pérennisées et le contrôle du Net par le CSA

Si l'annonce de la disparition de la Hadopi et de la sanction de déconnexion de l'accès à Internet font croire à la fin de la répression instaurée par la loi Création et Internet, il n'en est rien. La mission Lescure propose de pérenniser le délit de « négligence caractérisée » dans la surveillance de l'accès Internet, en imposant une obligation de moyen. La machine à spam qu'est la Hadopi continuera donc à tourner sous l'autorité du CSA, alors que ce dernier pourra reprendre à son compte la dangereuse tentative d'imposer des outils de « sécurisation des accès Internet »1 (propositions 55, 56 et 57).