Les Maîtres du Monde
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Handcuffs

Apologie du terrorisme : un ado poursuivi à cause d'un dessin sur Facebook

Un adolescent de 16 ans a été inculpé pour apologie du terrorisme après avoir publié un dessin représentant un personnage avec le journal Charlie Hebdo, touché par des balles, en l'accompagnant d'un commentaire ironique.

Depuis les attentats, plusieurs dizaines d'actions en justice reposant sur le délit d'apologie du terrorisme - peine maximale de 5 ans de prison ferme et 75 000 euros d'amende (ou 7 ans de prison et 100 000 euros d'amende pour apologie sur Internet, ce dernier étant une circonstance aggravante) ont été intentées.

L'Associated Press a par exemple recensé en milieu de semaine 54 procédures en cours sur ce motif, avec parfois d'autres griefs retenus contre les personnes interpellées. Dans certains cas, le jugement a d'ores et déjà été rendu : quinze mois de prison ferme pour cet Ardennais, trois mois de prison ferme pour ce Toulonnais ou encore un an de prison ferme pour ce Nanterrois.

Le nombre de cas a depuis augmenté. Le Monde en recensait par exemple 70 dans un article publié quelques heures après celui de l'AP.
Handcuffs

Un simple d'esprit « rigole » de Charlie Hebdo : 6 mois fermes

Un homme de 28 ans a été condamné ce mercredi à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de l'Isère pour apologie d'acte terroriste.

Jugé en comparution immédiate pour apologie directe et publique d'acte terroriste, cet habitant de Bourgoin-Jallieu, qui présente, selon une expertise médicale, « une déficience mentale légère depuis l'enfance » et une personnalité « fragile » et « immature », a reconnu les faits. Il a fait l'objet d'un mandat de dépôt et a vu également révoquer une peine de sursis d'un mois de prison, prononcée lors d'une précédente condamnation.

Le prévenu avait été interpellé et placé en garde à vue lundi après avoir provoqué une patrouille dimanche soir dans un quartier de Bourgoin-Jallieu en lui lançant : « Ils ont tué Charlie, moi j'ai bien rigolé. Par le passé ils ont déjà tué Ben Laden, Saddam Hussein, Mohamed Merah et de nombreux frères... Si je n'avais pas de père ni de mère, j'irai m'entraîner en Syrie ». Visiblement dépassé par sa comparution immédiate et apportant des explications très confuses devant le tribunal, le jeune homme a dit regretter ses propos, mettant en avant une consommation excessive d'alcool au moment des faits.

Invoquant des « propos blessants » quelques jours après la tuerie de Charlie Hebdo, le procureur Cédric Cabut a requis un an de prison ferme. L'avocate du prévenu, Me Catherine Perbet, a demandé au tribunal de « ne pas faire un exemple », soulignant que ce « simple d'esprit » avait « dit des choses qui avaient très largement dépassé sa pensée ».

Selon un décompte du ministère de la Justice, 54 procédures ont été ouvertes pour « apologie du terrorisme » ou « menaces d'actions terroristes » depuis l'attentat contre l'hebdomadaire satirique.
Gear

Franc suisse, Gazprom, en toute discrétion...

© Inconnu
Quand bien même des attentats ont secoué la France, quand bien même des centaines de milliers de personnes se sont découvert des fibres de résistants pour la Liberté d'Expressions, l'économie n'attend pas. Le turbo-capitalisme est cruel et le marché ne s'autorise aucun répit : alors même que tout l'exécutif français occupe au maximum la scène politique, deux nouvelles économiques sont en train de changer discrètement la donne.

La première a fait quelques entrefilets dans la presse grand public : la Suisse en profite pour lâcher l'euro en douce. Enfin, en douce, façon de parler.

Depuis plusieurs mois, le Franc Suisse était soigneusement conservé à un niveau de parité à peu près fixe face à l'Euro, tournant autour du taux de 1,2 CHF pour 1 EUR. Et pour parvenir à conserver cette valeur, la Banque Nationale Suisse se démenait en achetant, à tour de bras, les Euros nécessaires pour éviter que le Franc Suisse ne s'apprécie trop ou trop vite. Au demeurant, cela tombait très bien puisque justement, des euros, il y en avait à revendre un peu partout. Dernièrement, avec les tensions qui s'accumulent encore du côté de la Grèce, et les atermoiements de plus en plus sonores de l'Allemagne devant les difficultés des uns et des autres, France en tête, à parvenir à équilibrer leurs finances au contraire de leur petit camarade teuton, les investisseurs institutionnels se sont essentiellement délestés de leurs euros pour acheter du dollar et du franc suisse.
Snakes in Suits

Traité transatlantique : malgré l'opposition populaire, la Commission européenne maintient le cap de la négociation

© Commission européenne
Cecilia Malström le 7 janvier 2015
150 000 citoyens se sont exprimés négativement sur le traité TAFTA en négociation entre l'Europe et les États-Unis. Reconnaissant cette opposition, la Commission européenne maintient cependant le cap de la négociation.

Le 13 janvier, la Commission européenne a publié les résultats de la consultation publique sur le règlement des différends investisseur-État (RDIE, ou ISDS en anglais) dans le contexte des négociations commerciales UE-États-Unis, TTIP ou TAFTA, alias traité transatlantique de libre échange.

« S'il fallait une nouvelle preuve que la négociation du traité de libre-échange transatlantique se fait sans, et contre les citoyens européens, il n'y a qu'à lire les conclusions de la Commission européenne après la consultation publique sur le mécanisme très contesté de règlement privé des différends états-investisseurs », juge le député européen Yannick Jadot.

L'été dernier, en réaction face à la montée de l'opposition au TAFTA et plus particulièrement à la clause sur l'arbitrage, la commission avait lancé cette consultation. Elle avait prévenu qu'une consultation publique n'est pas un sondage, et encore moins un référendum.

Commentaire: La façade démocratique se fissure ; la fausse contrition n'est même plus de mise. Alors un grand rappel :

- Traité transatlantique : aujourd'hui, un résumé magistral et une description sans fards de ce monstre économique à l'affût
- Traité transatlantique : aujourd'hui, comment passer la sécurité alimentaire à la moulinette
- Traité transatlantique : aujourd'hui, un petit bain d'illusion
- Traité transatlantique : aujourd'hui, le documentaire « Bienvenue au paradis »
- Traité transatlantique : aujourd'hui, l'Occident contre le reste du monde, vue d'ensemble en image
- Traité transatlantique : aujourd'hui, sécurité sanitaire et environnementale
- Traité transatlantique : aujourd'hui, les sables bitumineux
- Traité transatlantique : aujourd'hui, retour sur les enjeux gigantesques du TAFTA
- Le Traité Transatlantique : aujourd'hui, les pesticides
- Le traité transatlantique représente une attaque sans précédent contre la démocratie, il va dévorer les Français

Question

Giulietto Chiesa : "L'Occident à la croisée des chemins : un lent déclin, ou la guerre mondiale"

traduction : Christophe et Elisabeth

© Inconnu
Interview du journaliste et ex-député européen Giulietto Chiesa par le site The Saker (Italie) à propos de la situation internationale, et notamment sur le conflit en Ukraine et ses conséquences possibles pour l'avenir de l'Europe. Cet entretien est consécutif aux attentats du 7 janvier 2014 contre Charlie Hebdo.

The Saker Italie : Durant les vingt dernières années du siècle dernier, l'opposition trotskiste qualifiait la Russie d' « État ouvrier dégénéré », et en dénonçait l'absolutisme et la « bureaucratie » tout en appelant les ouvriers à une révolution mondiale non seulement contre la bourgeoisie, mais aussi contre les « bureaucrates » des partis qu'elle assimilait à la bourgeoisie. Aujourd'hui, de nombreuses voix à gauche accusent la Russie d'être devenue un pays fasciste et absolutiste ; ils en dénoncent la structure économique libérale, taxent ses amis de « rouges-bruns » (*), et affirment qu'il faut changer le monde non pas en rééquilibrant les rapports de forces entre [grandes] puissances ou à travers les organisations politiques, mais par des « révolutions » organisées par des mouvements improvisés qui permettraient d'imposer de manière universelle la conception atlantique des droits civils. Y voyez-vous quelques similitudes ?
Bad Guys

400 militaires américains formeront des rebelles syriens (officiel)

John_Kirby_Psaki
© U.S. Department of State
Le porte-parole du Pentagone, l'amiral John Kirby, a confirmé ce vendredi que 400 militaires américains seraient chargés à partir du mois de mars de commencer à former des rebelles syriens anti-Assad. Officiellement, ces 400 instructeurs de l'armée des Etats-Unis, accompagnés de nombreux personnels auxiliaires, se rendront en Syrie afin d'aider les rebelles à combattre l'Etat islamique.

Selon le site d'information DefenceOne, Washington attendrait de ses partenaires qu'ils fournissent également des instructeurs pour la bonne cause des rebelles syriens « modérés » à la fois anti-Assad et anti-Etat islamique.

Au vu des résultats de la politique étrangère et militaire américaine depuis le 11 septembre 2001, le pari est plutôt risqué...
Attention

Nouvelle directive OGM, plus en détail

© Inconnu
Caen - le 15 janvier 2015. La nouvelle directive OGM votée par le Parlement va ouvrir les vannes aux autorisations et cutlures d'OGM, sans renforcer réellement le pouvoir des États. Elle attribue également un monopole de l'expertise à l'EFSA inacceptable du fait de l'entrisme des lobbies au sein de l'agence sanitaire.

Ce mardi 13 janvier 2015, le Parlement européen vient d'adopter une nouvelle directive qui change fondamentalement la donne en matière de commercialisation et de culture des OGM en Europe au détriment de la sécurité juridique, sanitaire et environnementale. Ce nouveau texte européen dit « de renationalisation des procédures d'autorisation des OGMs », se voulait pourtant plus strict et visait, entre autres, à « faciliter » les interdictions nationales de cultures d'OGM. Le lobby des biotechnologies, avec l'appui de certains États pro-OGM au Conseil européen (Royaume-Uni, Pays-Bas, Espagne...), a pourtant réussi à imposer sa volonté d'introduire plus d'OGM en Europe. La nouvelle directive donne désormais davantage de pouvoirs aux entreprises, érigées en partenaires des États, avec qui les autorisations doivent être négociées, tout en facilitant le processus de mise sur le marché et de mise en culture de nouveaux OGM.

Commentaire: Concernant les OGM, problème majeur de notre temps :

- OGM, le problème de fond
- Traité transatlantique : aujourd'hui, l'étau OGM se resserre
- L'ADN des OGM transféré aux humains qui les mangent?

Eye 1

Un drone espion en forme de libellule

drone
La direction générale pour l'armement a lancé ce projet de nanodrone en 2003. La libellule, fabriquée en silicium, est destinée à servir d'éclaireur aux fantassins. Elle est mue par quatre ailes de trois centimètres, qui font appel à une technologie digne de la science-fiction : chacune est actionnée par 180 000 « muscles », des fibres microscopiques réparties à sa surface. Les battements produits seraient proches du modèle vivant. Reste à l'équiper d'une microcaméra, d'une batterie et d'un système de navigation.

La Libellule, dont le coût ne devrait pas dépasser 1 000 euros, est conçue pour être « jetable » et donc disponible en de nombreux exemplaires. C'est un engin pouvant se camoufler et se déplacer en milieu urbain le plus discrètement possible, lui permettant également d'être ainsi moins vulnérable à un tir ennemi. La seconde mission assignée à ces futurs insectes, est le vol à l'intérieur des bâtiments pour des missions d'observation, de surveillance, de reconnaissance, d'espionnage, voire d'attaque [robot insecte kamikaze pouvant exploser]. Une nouvelle arme contre les simples manifestants, les opposants politiques, les guérilleros urbains, qui, jusque maintenant, pouvaient profiter des avantages de la grande ville pour se cacher, se dissimuler, se protéger.
Wall Street

Danger pour l'épargnant européen : abandon du projet de loi de scission des banques

Si les banques tombent, votre argent disparaîtra ! Si les banques s'affaiblissent trop, pour les sauver, votre argent y passera ! SORTEZ VOTRE ARGENT DES BANQUES ! ! !

Bankster
Il faut signaler cette nouvelle atteinte à la sécurité de l'épargne des Européens : le projet de scission des banques de l'Union Européenne est en train de disparaître corps et biens. Le projet n'était au départ même pas très ambitieux, par scission il fallait surtout entendre filialisation, rien de plus. La Commission voulait obliger les banques européennes à loger dans une entité distincte leurs activités de spéculation sur les marchés, de façon à les distinguer des dépôts des épargnants. En cas de perte importante ou d'accident type Kerviel, il s'agissait, autant que faire se peut, de protéger les économies des déposants.

Michel Barnier, le commissaire de la Commission précédente, s'appuyait sur le rapport Liikanen publié en octobre 2012 et qui affirmait que « le trading pour compte propre doit être assigné à une entité distincte » de façon à limiter les risques pesant sur la banque toute entière. Ce projet s'inspirait de la « Volker Rule » des Etats-Unis et du rapport Vickers (2011) au Royaume-Uni, qui défendent la même idée. Il ne s'agit pas de revenir à une séparation stricte entre les dépôts et les activités de marché comme au temps du Glass-Steagall Act, pris dans la foulée de la crise de 29 et qui dura jusque dans les années 90, mais simplement d'établir une ligne de démarcation.
Bad Guys

Attentat contre Charlie Hebdo : la Turquie et la Russie pointent du doigt les services secrets occidentaux


En Turquie, la responsabilité des massacres a été reporté sur les agences de renseignement étrangères - Shutterstock
En Turquie et en Russie, les théories du complot les plus folles foisonnent, appuyées parfois par des membres du gouvernement.


Au lendemain de la participation du Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, au rassemblement qui a eu lieu dimanche à Paris pour rendre hommage aux 17 victimes d'extrémistes islamistes, Recep Tayyip Erdogan, le président turc, a adopté un ton beaucoup moins consensuel, voire conflictuel. « La duplicité occidentale est évidente », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse organisée lundi soir, raconte le Financial Times . « En tant que musulmans, nous n'avons jamais pris le parti de la terreur ou des massacres : le racisme, les discours de haine, l'islamophobie sont derrière ces tueries », a lancé Erdogan. « Les coupables sont clairs : les citoyens français ont commis ce massacre et les musulmans sont blâmés pour cela », a-t-il ajouté. Et le président de se dire perplexe quant au manque d'efficacité des services de renseignement dans la traque des coupables.

Certes, les dirigeants politiques en Turquie ont à plusieurs reprises condamné les attentats perpétrés contre Charlie Hebdo, le supermarché juif et la femme policier. Mais un récit parallèle a émergé dans le pays, celui proféré par les théoriciens de la conspiration qui reportent la responsabilité des massacres sur les agences de renseignement étrangères plutôt que sur les islamistes radicaux.
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