Les Maîtres du Monde
Carte

Bomb

Le Yémen s'enfonce dans le chaos

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Carte des affrontements et des frappes au Yémén
Les miliciens houthis poursuivent leur combats dans d'Aden et se sont emparés jeudi du palais présidentiel, malgré les frappes aériennes de la coalition menée par l'Arabie saoudite. Le Yémen sombre chaque jour un peu plus dans le chaos.

Les rebelles chiites Houthis et leurs alliés ont envahi le palais présidentiel à Aden, a annoncé un haut responsable des services de sécurité.

"Des dizaines de miliciens houthis et leurs alliés, arrivés à bord de blindés et de transports de troupes, viennent d'entrer au palais présidentiel Al-Maachiq", a confié à l'AFP ce responsable qui témoigné l'arrivée des forces rebelles.

Un soldat saoudien a été tué et dix blessés à la frontière avec le Yémen, d'après Sky News.

Suite à leur avancée importante de ces derniers jours, les rebelles houthis ont abandonné des positions au centre d'Aden à la suite des raids aériens menés par la coalition emmenée par l'Arabie saoudite, d'après des habitants de la ville côtière du sud cités par Reuters, mais ont repris leur marche en avant dès le début de journée.

Snakes in Suits

Le Yémen, l'Ukraine et l'hypocrisie de l'agression

Traduit par Jacques B.,relu par jj et Diane

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© Inconnu
L'intervention militaire menée au Yémen par une coalition d'États arabes soutenue par les USA va sans aucun doute envenimer le conflit tant au Yémen que dans le reste de la région. Il s'agira vraisemblablement d'une guerre prolongée impliquant de nombreux acteurs, tous soucieux de favoriser leurs propres intérêts politiques et géopolitiques.

Toutefois, c'est la réaction internationale à cette nouvelle guerre régionale qui présente un intérêt particulier ; notamment la façon dont les États‑Unis réagissent à cette indéniable agression de la part de ses alliés du Golfe. Après n'avoir ménagé aucun effort pour présenter comme une agression la réunification de la Russie avec la Crimée et son soutien limité aux rebelles anti‑Kiev de l'est de l'Ukraine, Washington veille à ce que ce terme lourd de sens ne soit aucunement utilisé pour parler de la nouvelle guerre en cours au Yémen.

Il semble donc que, du point de vue de Washington, aucun indicateur objectif ne puisse permettre de dire s'il y a ou non agression: utilisation de matériel militaire, déclenchement des hostilités, etc. Le critère utilisé semble plutôt être la relation qui existe entre un conflit donné et les propres intérêts stratégiques des États‑Unis. En Crimée et en Ukraine, la Russie est l'agresseur, car, en défendant ses propres intérêts et ceux du peuple russe, elle agit à l'encontre des intérêts géopolitiques perçus des USA. Tandis qu'au Yémen, le déclenchement d'une guerre par l'Arabie saoudite et d'autres pays soutenus par les USA, et ce, sans provocation aucune et dans le but exprès d'entraîner un changement de régime, n'est pas une agression, car cela favorise les intérêts de Washington.

Star of David

La Palestine devient membre de la Cour pénale internationale

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© Reuters/Ammar Awad
L'Autorité palestinienne est devenue ce mercredi le 123e membre de la Cour pénale internationale.
Hautement symbolique, cette adhésion de l'Autorité palestinienne à la Cour pénale internationale est une arme diplomatique brandie face à Israël. Qui a dénoncé une décision "politique et cynique".

C'est chose faite. Après en avoir fait la demande fin 2014, la Palestine est devenue un membre officiel de la Cour pénale internationale (CPI) ce mercredi. C'était une menace diplomatique brandie de longue date par l'Autorité palestinienne en dépit des menaces israéliennes. Mais elle pourrait s'avérer difficile à manipuler.

La Cour pénale internationale est compétente pour juger les actes de génocide, les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre et les crimes d'agression. Seuls les Etats membres peuvent saisir directement le Procureur de la CPI pour lui demander d'enquêter, c'est pourquoi la Palestine devait ratifier le Statut de Rome.

Bomb

Pepe Escobar dans l'est de l'Ukraine : « J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie »

Traduit par Daniel, relu par jj pour Le Saker francophone

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© Inconnu
La statue du Superman sortant des ruines à Saur-Mogila
Pepe Escobar, l'œil itinérant de Asia Times, revient d'un voyage de presse dans la République populaire de Donetsk, l'enclave pro-russe de l'oblast de Donetsk dans l'est de l'Ukraine. Le secteur a été le théâtre d'intenses combats entre les rebelles pro-russes et l'armée ukrainienne.

À peine revenu de la République populaire de Donetsk en lutte, je me retrouve de nouveau devant l'arrogance et l'insolence de l'Otanistan dans toute sa splendeur.

Plusieurs personnes au Donbass, à Moscou et maintenant en Europe, m'ont demandé ce qui m'a le plus frappé au cours de cette visite.

Je vais commencer par paraphraser Allen Ginsberg dans son poème Howl : J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie.

Ces lignes ont été écrites pendant la Guerre froide, au milieu des années 1950. En ce début du XXIe siècle, nous voilà maintenant plongés dans la Guerre froide 2.0.

Ce que j'ai vu, ce sont les effets secondaires atroces de la folie (guerrière) des plus obtus esprits de ma génération (et de la génération suivante).

Du côté russe de la frontière, j'ai vu des réfugiés, des familles européennes de classe moyenne pour la plupart, dont les enfants, lorsqu'ils sont arrivés pour la première fois au refuge, se cachaient sous les tables dès qu'ils entendaient un avion voler dans le ciel.

Airplane

Pannes massives d'électricité, trafic aérien en folie... Que se passe-t-il ?

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A quelques jours d'intervalle, deux grandes zones géographiques distantes de milliers de kilomètres ont été paralysées par des pannes d'électricité.

Le 27 Mars, Amsterdam, ainsi qu'une zone entourant l'aéroport international de Schiphol, ont été privées d'électricité pendant plus de deux heures. Selon TenneT, l'opérateur du réseau électrique néerlandais, cette gigantesque coupure serait due à une surcharge du réseau.

Le 31 Mars, c'est au tour de la Turquie d'être touchée par une panne d'électricité encore plus massive. Plusieurs villes dans 44 provinces se sont retrouvées privées d'électricité. Les autorités turques examinent toutes les hypothèses pour trouver une explication à cette coupure.

Dans les deux cas, le trafic aérien a été paralysé dans les zones touchées. En Turquie, par exemple, 11 des 16 stations de contrôle de la circulation aérienne étaient hors service. Dans le contexte du crash inexplicable de l'A320 de Germanwings, inexplicable sauf par une crise de folie d'un pilote toute aussi inexplicable, il est difficile de ne pas être troublé.

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Le Yemen révélateur

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© Inconnu
Pour certains et pour l'heure, la crise du Yémen qu'implique la décision saoudienne, prise vraiment de la seule initiative de l'Arabie Saoudite et prise semble-t-il sous l'effet de la panique qui n'est en général guère productrice de grande stratégie, est un événement nouveau d'une extrême importance, qu'on peut équivaloir à la crise ukrainienne. L'argument central de cette approche est que l'enjeu n'est pas tant le sort du Yémen que le sort de l'Arabie Saoudite, et au-delà, de ce qu'il reste d'architecture à peu près structurée au Moyen-Orient. En quelque sorte, ce serait plus qu'une "sous-crise" (voir le 28 mars 2015) de la crise générale du Moyen-Orient, même si elle l’est incontestablement au départ ; dit autrement, la "sous-crise" du départ, conséquence du désordre incessant du Moyen-Orient, pourrait amener des conséquences qui la feraient devenir le cœur même de la crise générale du Moyen-Orient.

Cette perception, - dans tous les cas celle de l'importance de cet événement, - est discutable, bien entendu, mais elle a sa logique propre incontestable parce qu'elle est liée d'une part à cet acteur régional important qu'est l'Arabie Saoudite, parce que cet "acteur principal" agit de son propre chef et sans beaucoup d'attention ni d'intérêt pour son manipulateur-en-chef que sont les USA d'autre part. Dans ce cas, la "sous-crise" ainsi grandie s'inscrit dans un contexte de "vérité de situation" qui l'installe dans la grand rangement crisique autour de la crise générale de l'effondrement du Système, et elle aurait éventuellement sa place au côté de la crise ukrainienne sans qu'il y ait concurrence d'importance entre elles deux, mais simplement complément. (De même, d'ailleurs, dans le même texte référence du 28 mars 2015, on voit que certains aspects de la crise ukrainienne ont cette même importance contestable que l'on accorde à la "sous-crise" du Yémen. Toutes ces choses ont une infinie souplesse dans l'échelle et les variations de l'importance qu'il importe de leur reconnaître.)

Gold Coins

La Grèce compte solliciter une aide économique russe

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L'UE est préoccupée par les tentatives de rapprochement entre Athènes et Moscou.

Les hommes politiques grecs ont l'intention de demander une aide économique à la Russie, rapporte lundi le magazine allemand Spiegel.

"La Grèce mène une lutte désespérée pour empêcher la faillite du pays. Les discussions avec ses créanciers actuels étant au point mort, Athènes cherche à s'assurer d'un soutien de Moscou, ce qui suscite la méfiance de Bruxelles et de Berlin", écrit le quotidien.

Selon le Spiegel, le gouvernement grec mené par Alexis Tsipras envisage d'inviter Moscou à baisser le prix du gaz naturel livré à Athènes ainsi qu'à lever l'embargo imposé par la Russie sur certains produits alimentaires grecs, notamment les fruits.

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États-Unis - Arabie saoudite : guerre éclair sur le Yémen

Traduit par le Saker Francophone

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Le modèle de guerre par procuration que les États-Unis ont employé partout au Moyen-Orient, en Europe de l'Est et même dans certaines parties de l'Asie semble avoir de nouveau échoué, mais cette fois-ci au Yémen.

En défaisant le régime yéménite soutenu par les Étasuniens, les Saoudiens et une coalition d'extrémistes sectaires dont Al-Qaïda et sa nouvelle version rebaptisée Daech, les milices yéménites pro-iraniennes, les Houthi, ont contrecarré la puissance tranquille étasunienne et l'ont obligée à intervenir militairement de manière directe. Alors que les forces militaires étasuniennes ne sont prétendument pas impliquées, ce n'est pas le cas des avions de guerre saoudiens et d'une possible force terrestre.

Bien que l'Arabie saoudite prétende que dix pays ont rejoint sa coalition pour l'intervention au Yémen - de même que les États-Unis pour l'invasion et l'occupation de l'Irak - il s'agit bien d'une opération saoudienne qui se camoufle derrière une coalition, vaine tentative de générer une légitimité diplomatique.

Pistol

USA ou l'âge de l'assassinat de haute technologie

Traduit par Étienne, relu par jj et Diane

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© Inconnu
Andrew Cockburn vient de sortir un ouvrage que chacun devrait lire. Son titre est Kill Chain : The Rise of the High-Tech Assassins [Meurtres en série : l'âge de l'assassinat de haute technologie]. Et son titre pourrait tout aussi bien être : De la métamorphose du gouvernement et de l'armée des USA en Meurtres & Compagnie.

L'armée des USA ne mène plus de guerres. Elle pratique l'assassinat, et généralement des mauvaises personnes. Les principales victimes des meurtres perpétrés par la politique étrangère des États-Unis sont des femmes, des enfants, des chefs de village, des participants à des mariages, à des enterrements, et parfois même des soldats américains confondus avec des talibans par les moyens de surveillance US, qui travaillent avec une acuité visuelle comparable à la définition légale de la cécité.

Gear

L'Amérique divisée, l'Europe aussi

Traduction : Christophe

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© AP Photo/ Hani Mohammed
L'initiative de Moscou d'accueillir une réunion sur le « processus de paix » en Syrie semble marquer l'ouverture d'un espace de dialogue qui, jusqu'à très récemment, semblait encore impossible.

Si le Kremlin va dans cette direction, c'est que les conditions sont désormais réunies. Elles découlent d'une crise politique évidente en cours à Washington, où la récente incursion de Benjamin Netanyahou a fini par provoquer un véritable tremblement de terre...

Barack Obama, attaqué et provoqué sur son propre terrain, était obligé de réagir. S'il ne parvient pas à arrêter la ligne de conduite du futur premier ministre israélien reconfirmé dans ses fonctions, les États-Unis risquent de se retrouver dans une situation qu'Obama considère comme absolument non acceptable. Pire, cette situation pourrait devenir périlleuse pour les intérêts américains eux-mêmes.

Netanyahou a été clair : l'objectif doit être d' « arrêter Téhéran » à tout prix ; d'interdire tout État palestinien, aujourd'hui comme demain ; et de se débarrasser définitivement de Bashar al-Assad.