Les Maîtres du Monde
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Un an après, à propos du vol MH17

Traduction : Christophe

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© Inconnu
« Il est évident que l'avion a été abattu par un missile sol-air lancé depuis la zone contrôlée par les séparatistes soutenus par la Russie. Les séparatistes n'ont pas pu agir seuls, ils ont eu le soutien de la Russie. » Voilà les paroles prononcées par le président américain Barack Obama le 18 juillet 2014, au lendemain de la catastrophe aérienne du Vol MH17 de Malaysia Airlines abattu dans la région de Donetsk.

Ses accusations sont toujours fidèlement enregistrées sur le site Web de la Maison-Blanche.

Quelques heures plus tard, le Secrétaire d'État américain John Kerry, parlant de la complicité de la Russie, en remit une couche : « Il existe un extraordinaire ensemble de preuves. Nous avons les photos du lancement de ce missile, nous connaissons sa trajectoire, nous savons à quel moment précis et d'où il est parti. »

Un an après, la réalité est bien différente. Les soi-disant preuves documentées dont parlaient les plus hautes autorités américaines n'ont jamais été montrées. Et l'enquête semble dans une impasse.

À ce jour, l'enquête menée par la Hollande, l'Ukraine, la Belgique, l'Australie, ainsi que tout récemment la Malaysie n'a pas encore rendu ses conclusions. Le seul document officiel reste le rapport préliminaire publié par le Dutch Safety Board, l'entité hollandaise en charge de la sécurité aérienne de ce vol. Le rapport définitif pourrait être disponible mi-octobre, selon les déclarations de cette même entité à l'ICAO (Organisation internationale de l'aviation civile) .

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TAFTA, TTIP, TISA : La Commission européenne passe 90% de son temps avec les lobbys industriels

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© CEO / SumOfUs
Des négociations menées en toute opacité dans le seul intérêt des multinationales : ce sombre tableau entourant le Tafta - le projet de traité commercial entre l'Europe et les Etats-Unis - est étayé par de nouvelles données compilées par l'Observatoire européen des entreprises (CEO) et SumOfUs, une organisation mondiale de défense des consommateurs. Sur les 597 réunions organisées entre janvier 2012 et février 2014 par la direction générale du commerce (DG Trade) sur le Tafta, 528 se sont tenues avec des acteurs du monde des affaires contre seulement 53 réunions avec des groupes d'intérêt public.
« Ainsi, note CEO, pour chaque rencontre avec un syndicat ou groupe de consommateurs, dix réunions ont eu lieu avec des entreprises et fédérations industrielles ». Des chiffres qui confirment pour les ONG « le biais dramatique en faveur des multinationales dans l'approche des accords commerciaux par la Commission européenne ».

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Selon des experts russes, le vol MH17 aurait été abattu par un missile israélien

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Selon un rapport publié sur le Web par des experts aéronautiques russes, le Boeing malaisien effectuant le vol MH17 aurait été abattu par un missile air-air de fabrication israélienne.

Un groupe d'experts aéronautiques russes a mis en ligne, sous couvert d'anonymat, les résultats de sa propre enquête sur le crash du Boeing malaisien dans l'est de l'Ukraine.

Ces résultats confirment la déposition d'Evgueni Agapov, technicien d'un aérodrome militaire dans la région de Dniepropetrovsk, qui, le jour de la catastrophe du Boeing le 17 juillet 2014, a vu un chasseur ukrainien Su-25 piloté par le capitaine Volochine décoller avec des missiles air-air, mais atterrir sans ces derniers.

Le rapport analyse, sur plusieurs dizaines de pages, les dommages subis par l'avion malaisien et la nature des chocs. La zone d'explosion du missile qui avait détruit le Boeing a été modélisée sur une maquette spécialement réalisée à cet effet. Les experts ont également calculé la masse de la charge explosive du missile: 10 à 40 kilogrammes.

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Le Koweït impose un fichage ADN à toute sa population

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Le premier ministre du Koweït, Cheikh Jaber Al-Moubarak Al-Ahmad Al-Sabah, au Parlement, le 1er juillet. YASSER AL-ZAYYAT / AFP
Le Koweït a mis en place une mesure radicale et controversée pour lutter contre le terrorisme. Comme le rapporte le site de RFI, le Parlement de ce petit pays pétrolier a adopté mercredi 15 juillet, à la demande du gouvernement, une loi ordonnant aux citoyens koweïtiens ainsi qu'aux résidents étrangers de subir un test ADN afin d'établir une base de données nationale.

Le but de cette législation est de faciliter le travail d'investigations criminelles et policières, et ainsi procéder à des arrestations plus rapides. L'adoption de cette mesure fait suite à un attentat-suicide commis dans une mosquée chiite le 26 juin et revendiqué par l'Etat islamique, qui a fait 26 morts et 277 blessés.

Par ailleurs, les députés koweïtiens ont créé un fonds d'urgence de 400 millions de dollars (363 millions d'euros) afin de financer ce dispositif. Le Parlement a également prévu des sanctions d'un an de prison et jusqu'à 300 000 dollars d'amende (272 000 euros) pour tout Koweïtien refusant de se soumettre au fichage ADN.

Dollars

Le problème de la Grèce n'est pas seulement une tragédie, c'est un mensonge.

Traduction: Nicolas Casaux

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Une trahison historique a consumé la Grèce. Ayant mis de côté le mandat de l'électorat grec, le gouvernement Syriza a volontairement ignoré le raz-de-marée du « Non » et a secrètement accepté un panel de mesures appauvrissantes, répressives, en échange d'un « renflouement » qui signifie un sinistre contrôle depuis l'étranger, et un avertissement pour le monde.

Le premier ministre Alexis Tsipras a fait passer au Parlement une proposition de coupe d'au moins 13 milliards d'euros du Trésor public — 4 milliards d'euros de plus que la proposition « d'austérité » largement rejetée par la majorité de la population grecque dans un référendum, le 5 juillet.

Ceci comprend apparemment une augmentation de 50 % du coût des soins médicaux pour les retraités, dont près de 40 % vivent dans la pauvreté ; d'importantes coupes dans les salaires du secteur public ; la privatisation complète d'établissements publics comme les aéroports et les ports ; une augmentation dans les taxes sur la valeur ajoutée de 23 % s'applique désormais pour les îles grecques, où les gens luttent pour gagner de quoi vivre. Et ce n'est pas terminé.

« Le parti anti-austérité remporte une victoire éclatante », déclarait le Guardian dans sa Une du 25 janvier. « Radicaux de gauche », voilà comment le journal qualifiait Tsipras et ses camarades étonnamment éduqués. Ils portaient des chemises à cols ouverts, le ministre des finances roulait sur une moto et était décrit comme « une rock star de l'économie ». C'était une façade. Ils n'étaient radicaux en aucun point de cette étiquette clichée, et n'étaient pas non plus « anti-austérité ».

Snakes in Suits

Interview de Yanis Varoufakis sur l'Eurogroupe et sur sa démission

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Interview de Yanis Varoufakis (traduit par Monica M. pour Mediapart) accordée à la revue Newstatesman avant que Tsakalotos et Tsipras ne partent à Bruxelles négocier avec les créanciers de la Grèce.

Cette interview est édifiante et instructive à plusieurs égards. Elle montre le fonctionnement proprement insupportable de l'UE et de la Zone Euro, et elle révèle que Varoufakis avait un autre plan que la majorité du gouvernement pour affronter l'Hydre, ce qui l'a conduit à démissionner après le référendum.

Harry Lambert : Alors comment vous sentez-vous ?

Yanis Varoufakis : Je me sens au dessus du monde - Je n'ai plus à vivre à travers un agenda de folie, qui est absolument inhumain, juste incroyable. J'ai dormi deux heures par jour pendant cinq mois. Je suis aussi soulagé de ne plus avoir à subir cette incroyable pression de devoir négocier pour une position que je trouve difficile à défendre, même si je me suis arrangé pour forcer l'autre partie à acquiescer, si vous voyez ce que je veux dire.

HL : A quoi cela ressemblait-il ? Aimiez-vous quelque aspect de tout ça ?

YV : Oh oui beaucoup de choses. Mais l'information qui arrive, qui confirme vos pires craintes...voilà qu'il est en votre "pouvoir" que cela vous soit dit directement, et que ce soit comme vous le redoutiez - la situation était pire que vous l'imaginiez ! Ainsi, ce fut bon après de n'être plus aux premières loges.

HL : De quoi parlez-vous ?

YV : L'absence complète de tous scrupules démocratiques, de la part des supposés défenseurs de la démocratie européenne. La très claire compréhension d'autre part que nous sommes sur la même course analytiquement - bien sûr cela n'arrivera plus à présent. Avoir ces vraies figures de pouvoir qui vous regardent dans les yeux et disent "Vous avez raison dans ce que vous dites, mais nous allons vous croquer de toute façon."

Snakes in Suits

Un jour d'infamie

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© Inconnu
Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, le principe de la souveraineté populaire, qui signifie que le pouvoir de choisir appartient au peuple et à lui seul, la volonté, affirmée comme jamais auparavant dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948, de réaliser une démocratie qui conjugue à la fois les libertés individuelles, mais aussi des droits collectifs (droit à la santé, à l'éducation, à la culture, au travail, au logement, au bien-être, ...), c'est-à-dire la volonté de réaliser cette République sociale pour laquelle Jaurès déjà se battait, c'est tout cela qui vient de reculer brutalement en Europe avec l'accord intervenu à propos de la Grèce, ce 13 juillet, un jour qui restera à jamais pour les peuples et leurs droits comme un jour d'infamie.

Il n'y a pas de démocratie. Il y a un système où le monde des affaires et de la finance dicte sa loi aux pantins qui nous gouvernent, à travers des institutions qui traduisent cette formidable régression démocratique qui porte le nom d'Union européenne. C'est ce que j'appelle l'oligarchie.

L'oligarchie a remporté une terrible victoire, car cet accord consacre plusieurs idées que le rouleau compresseur politico-médiatique s'emploie à ériger en tabous, en vérités incontournables :

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Le Dalaï Lama avec George W. Bush, comme larrons en foire

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© Inconnu
Sa Sainteté le Dalaï Lama en train de rire après avoir soufflé les bougies du gâteau présenté par le président Bush et sa femme en l’honneur de son 80e anniversaire à venir, au cours d’un déjeuner au Centre présidentiel George W. Bush à Dallas (Texas) aux États-Unis, le 1er juillet 2015
Comme le disait le sage chinois Confucius, « une image vaut mille mots. »

Cette photo a été prise aux États-Unis le 1er juillet 2015 et a été mise en ligne sur la page Facebook du Dalaï Lama. George W. Bush, un criminel de guerre au sens de la CPI et du Tribunal de Nuremberg Le Dalaï Lama, Prix Nobel de la Paix, a ainsi décidé de fêter ses 80 ans dans la joie et l'hilarité avec l'ancien président des États-Unis, qui est, entre autres choses, le responsable n°1 de la guerre en Irak déclenchée en 2003. Rappelons que, selon la revue scientifique The Lancet publiée le 11 octobre 2006, le nombre de morts civils irakiens provoqués par cette guerre se situerait entre 426 369 et 793 663, dont un pourcentage important de femmes et d'enfants. L'institut britannique indépendant ORB a estimé quant à lui, dans une publication du 28 janvier 2008 établie sur la base d'une étude épidémiologique, que le nombre de morts civils irakiens était compris entre 733 158 et 1 446 063.

Bell

Capitulation

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Au petit matin de ce lundi 13 juillet, le Premier-ministre grec, M. Alexis Tsipras, a fini par capituler. Il a capitulé sous les pressions insensées de l'Allemagne, mais aussi de la France, de la Commission européenne et de l'Eurogroupe. Il n'en reste pas moins qu'il a capitulé.

Car, il n'y a pas d'autres mots pour désigner l'accord qui lui a été imposé par l'Eurogroupe, puis par les différents dirigeants européens, le revolver - ou plus précisément la menace d'une expulsion de la Grèce hors de la zone Euro - sur la tempe. Cette capitulation aura des conséquences dramatiques, en Grèce en premier lieu où l'austérité va continuer à se déployer, mais aussi au sein de l'Union européenne. Les conditions dans lesquelles cette capitulation a été arrachée font voler en éclat le mythe d'une Europe unie et pacifiée, d'une Europe de la solidarité et des compromis. On a vu l'Allemagne obtenir de la Grèce ce que les anciens appelaient une paix carthaginoise. On sait que telle était la position dès le départ de M. Dijsselbloem, le Président de l'Eurogroupe[1]. On a vu, avec tristesse mais aussi avec colère, la France finir par se plier à la plupart des exigences allemandes, quoi qu'en dise notre Président.

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TAFTA , TISA, TTIP : « des accords politiques visant à supprimer le modèle démocratique »

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Le 26 juin dernier, par un vote, le Sénat a investi le président américain Barack Obama d'un mandat lui permettant de conclure des accords commerciaux internationaux sans consultation ni débat préalables des parlements. Par cet acte, le Sénat et le Congrès se sont privés eux-mêmes, de leurs pouvoirs. Dans le contexte des accords internationaux, il s'agit surtout de ces soi-disant accords de libre échange TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) et TPP (Trans-Pacific Partnership) ayant des conséquences graves pour la souveraineté des États adhérents à ces accords. Dans l'interview qui suit, Alfred de Zayas, spécialiste renommé de droit international, en présente toute la complexité du point de vue du droit international.

Horizons et débats : Les accords de libre-échange tels que le TTP, le TTIP ou le TiSA (Trade in Services Agreement), quel impact ont-ils sur la coexistence des peuples, notamment sous les aspects du droit international ?

Alfred de Zayas : Il y a une «certaine mythologie du marché». Le prix Nobel d'économie, Joseph Stieglitz, l'appelle « fondamentalisme du marché », un culte autour du marché. C'est presque une affaire de religion où les hommes jurent que le libre échange engendre le bien et le progrès et le développement de l'humanité entière. Jusqu'à présent, personne n'a livré des preuves empiriques et définitives de cela, car il y a bien sûr des exemples de progrès, mais aussi de revers, de crises financières et de chômage. A part cela, on ne peut pas mesurer « le progrès » uniquement par l'argent, mais aussi par le bonheur, la paix et la justice sociale. L'idée de ces accords de commerce et d'investissement est née à l'époque de l'après-guerre froide. La plupart de ces accords bilatéraux d'investissement (BIT), environ 3200, ont été accueillis avec beaucoup d'enthousiasme car les États les trouvaient prometteurs. Pourtant, ils n'ont pas remarqué que, dans ces accords, plusieurs chevaux de Troie fussent cachés.