Les Maîtres du Monde
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Bad Guys

Le Saker : « L'Ukraine telle que nous la connaissons est partie pour toujours »

Traduction : Glokayeh

© Inconnu
Le Saker est un ex-analyste militaire, né en Europe dans une famille de réfugiés russes. Il vit maintenant en Floride, où il tient le blog « The Vineyard of The Saker » (« le Vignoble du Saker ») et où il intervient comme contributeur régulier du site « Russia Insider ». La communauté internationale des blogs Saker comprend, outre le blog Saker original, des membres français, allemand, russe, océanien et serbe, et elle inclura bientôt un nouveau membre latino-américain.

Mike Whitney : Les États-Unis sont-ils responsables des troubles en Ukraine ?

Le Saker : Oui, absolument, il n'y a aucun doute à ce sujet. Même s'il est vrai que les Ukrainiens étaient mécontents du régime corrompu d'Ianoukovitch, le coup d'État lui-même a très certainement été orchestré par la CIA. L'UE y a également participé, en particulier l'Allemagne, mais ils ont été loin d'y jouer un rôle aussi important que les États-Unis. L'enregistrement du coup de téléphone de Victoria Nuland (la sous-secrétaire d'État étatsunienne) a montré qui tirait vraiment les ficelles en coulisse.
Cow Skull

Petit panorama non-exhaustif de la biopiraterie

© Inconnu
Le protocole de Nagoya, entré en vigueur ce dimanche, doit empêcher le vol des savoirs ancestraux par les industriels. Plongée dans nos placards pour un inventaire, non exhaustif, des produits déjà pillés.

Aux quatre coins de la planète, les biopirates prospectent. Dans les zones assez reculées pour que des communautés y vivent encore tranquilles, des envoyés spéciaux de l'industrie pharmaceutique, cosmétique ou agroalimentaire sondent les chamans et guérisseurs pour leur extirper leurs recettes. Au sein de l'Icra, la Commission internationale pour les droits des peuples indigènes, Hervé Valentin parle « d'un pillage en règle » entraînant des hausses de prix, une concurrence déloyale et la surexploitation des ressources. Le protocole de Nagoya (ici en pdf), ratifié par 51 pays et entré en vigueur ce dimanche 12 octobre, devrait freiner ces pratiques. Mais les industriels ne l'ont pas attendu pour revendiquer, par le biais de brevets, la paternité des richesses génétiques de la nature. Nombre des produits de notre quotidien en sont le fruit. Terra eco est allé éplucher leurs livrets de famille.
USA

Washington parviendra-t-il à faire nettoyer ethniquement le Nord de la Syrie ?

À Kobané et dans sa région, où plus de 300 000 Kurdes syriens sont menacés d'extermination par l'Émirat islamique, chacun peut mesurer la duplicité de l'Otan. Alors que la Coalition états-unienne déclare lutter contre l'Émirat islamique, un membre de l'Otan, la Turquie, lui fournit l'assistance militaire et médicale dont il a besoin, empêche les civils de fuir et les combattants du PKK de venir à leur aide.

Dans le théâtre antique grec, chaque spectateur connaissait à l'avance la fin tragique de la pièce. Les personnages, aveuglés par les Dieux, poursuivaient en actes ce qu'ils prétendaient rejeter en paroles. Mais le chœur révélait aux spectateurs les projets du Destin.

La tragédie qui se joue à Kobané (en arabe Aïn al-Arab) a été écrite pour se clore par le génocide annoncé de 300 000 Kurdes syriens. L'Émirat islamique a déjà pris le contrôle de plusieurs quartiers de la ville et de nombreux villages alentour. Si l'Armée arabe syrienne ne parvient pas à franchir les lignes de l'Émirat islamique pour les sauver, ils seront tous massacrés.

La population kurde est défendue par le PYG (parti autonomiste soutenant la République arabe syrienne), mais la Turquie a fermé sa frontière de sorte que les civils ne peuvent pas fuir et que les renforts du PKK turc (parti indépendantiste lié au PYG) ne peuvent arriver.
Bad Guys

Comment Shell fracture la planète à tout va

© Sibylle Rüstig
De l'Argentine à l'Ukraine, de l'Australie à l'Afrique du Sud en passant par les États-Unis, la Chine ou la Tunisie, Shell - première entreprise pétrolière mondiale - est en train d'accumuler les concessions de gaz de schiste, dans des conditions souvent controversées du point de vue social et environnemental. Cet activisme contraste avec le profil bas adopté par Shell dans son propre pays, dont la population est résolument opposée à la fracturation hydraulique. Hypocrisie qui lui vaut cette année une nomination aux Prix Pinocchio, organisés par les Amis de la terre pour dénoncer les doubles discours des multinationales.

Du gaz de schiste, Shell en veut, et en veut beaucoup. La multinationale pétrolière a mis les moyens pour accumuler d'énormes concessions un peu partout dans le monde. Dans un bref rapport intitulé « Shell : méga-fractureur global », l'organisation anglaise Platform énumérait les investissements de Shell dans le secteur des gaz et pétrole de schiste aux quatre coins du monde : en Amérique du Nord bien sûr, mais aussi en Chine, Argentine, Afrique du Sud, Turquie, Égypte, Tunisie, Algérie, Australie, Ukraine et Russie... « Shell procède à des forages par fracturation hydraulique ou se prépare à le faire dans tous les continents, résume Platform. Ses activités de prospection et d'exploration se sont accompagnées d'une vaste campagne de relations publiques pour atténuer les controverses. »
Bad Guys

Hong Kong : manifestations et manipulations... virales

© Inconnu
Le 3 février 2011, entre la chute de Ben Ali et l'imminence de celle de Moubarak, le sénateur américain John McCain fit une étonnante déclaration en pleine ébullition de la rue arabe: « Ce virus se répand à travers le Moyen-Orient » [1]. Il ne parlait pas du virus d'Ébola, ni d'une quelconque autre maladie hautement contagieuse, mais plutôt du fameux « printemps » arabe. Cette comparaison « épidémiologique » n'est, à vrai dire, aucunement fortuite de la part de ce spécialiste de l'« exportation » de la démocratie.

Le virus selon McCain

Son rôle dans les révolutions colorées [2] et le printemps arabe [3] a été clairement établi. En effet, en plus de son poste au Sénat américain, McCain est le plus haut responsable de l'International Republican Institute (IRI) qui, avec le National Democratic Institute (NDI), est un des quatre organismes satellites de la National Endowment for Democracy (NED). Rappelons que la NED est financée par un budget voté par le Congrès et que ses fonds sont gérés par un conseil d'administration où sont représentés le Parti républicain, le Parti démocrate, la Chambre de commerce des États-Unis et le syndicat American Federation of Labor-Congress of Industrial Organization (AFL-CIO). La NED, via ses organismes (en particulier l'IRI et le NDI), forme, réseaute, supporte et finance les activistes pro-démocratie (et surtout pro-occidentaux) à travers le monde, dans des pays ciblés par l'administration américaine. Il en a été ainsi lors des révolutions colorées (Serbie, Géorgie, Ukraine et Kirghizstan), mais aussi lors de la révolution « verte » (Iran) [4] ou du « printemps » arabe [5]. La connexion entre la NED et le gouvernement américain a été mise en évidence, et ce depuis bien longtemps, par Allen Weinstein (un des fondateurs de cet organisme), qui a déclaré en 1991 que la NED faisait aujourd'hui ce que la CIA faisait secrètement il y a 25 ans [6].
Snakes in Suits

l'ACS, l'autre accord secret

© Inconnu
L'Accord sur le commerce des services (ACS) commence à inquiéter beaucoup de monde en Europe. Négocié en secret depuis près de deux ans à Genève par plus d'une cinquantaine de pays, notamment par l'Union européenne, les États-Unis, le Japon, le Canada, la Colombie, le Chili, le Mexique, l'Australie et la Corée du Sud, il a fallu des mois de travail à des chercheurs du monde entier et une fuite sans précédent sur le WikiLeaks de Julian Assange pour qu'on en sache un peu plus sur son contenu.

En règle générale, les gouvernements concernés vantent les mérites des accords commerciaux à tout qui veut l'entendre et, alors que ces mêmes gouvernements représentent plus des deux tiers du volume mondial du commerce des services, il est curieux qu'ils n'en aient rien dit jusqu'il y a peu, quoiqu'une recherche sur Google ne donne toujours que peu de résultats.

Mais les choses changent à mesure que le débat sur le TTIP et l'AECG commence à faire la une de l'actualité. Une étude récente publiée par l'Internationale des services publics (ISP) indique que l'ACS empêchera que des privatisations qui s'avèrent être un échec repassent sous le contrôle public, il limitera l'application de la législation nationale, notamment sur la sécurité des travailleurs, la protection de l'environnement et des consommateurs et limitera les pouvoirs des régulateurs, s'agissant par exemple de l'octroi de licences dans les domaines de la santé, de la production d'énergie et du traitement des déchets, ainsi que dans l'accréditation des écoles et universités.
Cult

Les États-Unis admettent avoir financé les manifestations étudiantes à Hong Kong

Obama
Au même titre que les États-Unis avaient admis (peu de temps après que le chaos du printemps arabe avait commencé à se propager au Moyen-Orient) qu'ils avaient, plusieurs années à l'avance, entièrement financé, entraîné et équipé les deux meneurs du mouvement [1], ainsi que lourdement armé les terroristes, il est maintenant admis que le Département d'État américain est derrière les manifestations de Hong Kong Occupy Central [2], à travers une myriade d'organisations et d'ONG.


Ainsi le Washington Post révèle, dans un article intitulé Hong Kong en feu, même si la Chine resserre les vis sur la société civile [3], que :

« Échaudées par plusieurs autres manifestations pendant l'année, les autorités chinoises avaient progressivement durci les contrôles sur les organisations civiques agissant sur le continent et qui étaient soupçonnées d'être le bras de puissances étrangères.

Selon les experts, ces contrôles visent à protéger la Chine d'idées Occidentales subversives telles que la démocratie et la liberté d'expression, ainsi que plus précisément de l'influence de groupuscules américains qui tentent peut-être de promouvoir ces valeurs en Chine. De tels contrôles existaient depuis longtemps, mais ils ont été renforcés sous le président Xi Jinping, en particulier après le renversement du président ukrainien Viktor Ianoukovitch après les manifestations qui avaient duré des mois à Kiev et qui avaient été perçues en Chine comme explicitement soutenues par l'Occident. »
Better Earth

Interview du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, 10 Septembre 2014

Lavrov
© Voice of America
Source: Ministère russe des Affaires étrangères

Interview du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à ITAR-TASS, 10 Septembre 2014
Dollars

La BCE avance vers l'achat de Yuan pour ses réserves de change

La Banque centrale européenne devrait aborder la semaine prochaine la question du yuan chinois comme réserve de devise étrangère selon une dépêche de Bloomberg

Les membres de Conseil d'administration se réunissent à Francfort le 15 octobre et pourraient en parler et s'il est décidé de retenir la devise chinoise, les premiers achats pourraient commencer début 2015.

Cette mesure de la BCE marquerait un pas important dans l'internationalisation de la devise chinoise, aussi connue comme le renminbi. Alors que la Chine est la deuxième économie du monde, sa monnaie n'est pas classée parmi les avoirs de réserve de change les plus détenus, selon les données du Fonds monétaire international. Le dollar US, lui, représente 61 %.

L'ancien président de Bundesbank Axel Weber a prédit un plus grand rôle international pour le Yuan, lors d'une récente déclaration à Washington.
Vader

L'Union européenne envisage une intervention militaire en Afrique dans les zones où sévit l'Ebola

Selon EUobserver, l'Union Européenne envisage une intervention militaire en Afrique en raison de l'épidémie d'Ebola.

Les institutions de l'UE envisagent des opérations militaires pour évacuer si nécessaire leurs citoyens des Etats africains touchés par l'Ebola et pour rétablir la sécurité dans la zone de l'épidémie.

Le service extérieur de l'UE, dans un document interne discuté par les ambassadeurs des pays de l'UE à Bruxelles le jeudi (9 Octobre) parle de la "nature sans précédent de la crise" et ajoute que les institutions de l'UE ont déjà mis en avant des options pour "un mécanisme coordonné de l'UE" pour évacuer les travailleurs de la santé infectés et pour un "mécanisme de transport aérien stratégique" pour l'aide humanitaire.

Le personnel militaire du service extérieur a également effectué une "estimation militaire stratégique".
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