Les Maîtres du Monde
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France : assassinats ciblés avec ses drones militaires ?

© CC Lance Cheung
Drone Reaper de l’US Army
L'armée française se livrera-t-elle prochainement à des exécutions extrajudiciaires par drones interposés au Mali, en Irak ou ailleurs ? Le ministère de la Défense étudie discrètement la question, dans la perspective d'armer les drones états-uniens « Reaper » que la France a achetés et de développer ses propres « drones tueurs » avec les grands groupes de l'industrie de l'armement. Autoriser les frappes de drones armés signifie, de fait, rétablir la peine de mort et risquer de commettre des crimes de guerre contre les populations civiles. Alors qu'aucun véritable débat public sur le sujet n'a encore eu lieu. Enquête.

« Quelques jours après son arrivée sur le sol africain, le drone français réalisait ses premières missions opérationnelles dans le ciel malien », se félicitait en mars le ministère de la Défense, après les premiers vols du premier drone Reaper français. À peine acheté aux États-Unis, l'appareil a été immédiatement engagé au Mali, dans le cadre de l'opération Serval. Quelques mois et une intervention militaire plus tard, l'armée française a acquis un deuxième Reaper. Pour l'opération "Barkhane" de lutte contre le terrorisme [1], lancée depuis août dans la région du Sahel, les drones « appuient les phases offensives ». La France s'apprête à en acquérir davantage : la dernière loi de programmation militaire prévoit d'acheter neuf engins de ce type d'ici à 2019. Le drone ne connaît pas l'austérité : le tout coûtera environ 670 millions d'euros.
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La France fait un geste envers la Russie, Poutine y est sensible


Ded Moroz, le Père Noël russe
La presse a rapporté les conditions dans lesquelles s'est déroulée la rencontre, dite impromptue, mais préparée depuis déjà quelques jours, entre François Hollande et Vladimir Poutine, à Moscou, hier 6 décembre 2014. Ceux qui, comme moi, regrettaient le fait que la France se soit laissé entraîner par sa faiblesse atlantiste dans une quasi-guerre froide avec la Russie, ont repris quelque espoir à cette nouvelle.

La modération du ton des deux présidents, leurs sourires réciproques pourraient laisser augurer que la diplomatie française retrouve à cette occasion un peu d'autonomie. Pour notre pays, plus encore que pour les autres États de l'Union européenne, la possibilité de coopérations stratégiques avec la Russie est essentielle, tant sur le plan économique que culturel.

François Hollande aurait-il commencé à le comprendre ?

Il ne faut pas être trop optimiste. Les pressions pour ramener la France dans le rang, tant au sein de l'Union que de l'OTAN, vont se déchaîner. Il est à craindre que, dès demain, l'on s'en aperçoive. Ces pressions viendront nécessairement de la diplomatie américaine, mais aussi sans doute d'Angela Merkel, saisie depuis quelques semaines d'une passion anti-russe que rien ne justifierait, sauf des causes qui lui seraient personnelles [1]. Se présentant mardi pour prendre le tète de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Angela Merkel suscite de plus en plus de critiques de la part du patronat allemand, qui lui reproche sa rigueur vis-à-vis de Moscou. L'attitude plus ouverte de François Hollande ne fera qu'accentuer ces critiques.
Star of David

La guerre continue d'Israël contre la Syrie

Aujourd'hui, 7 décembre, des avions israéliens ont attaqué [1] des positions militaires syriennes proches de Damas. Les détails sont encore inconnus. Ce n'étaient pas des attaques ponctuelles : cela fait partie d'une campagne active et continue qu'Israël mène contre la Syrie, la plupart du temps par l'intermédiaire des forces rebelles.


Attaque d'Israël contre des positions syriennes près de Damas, le 7 décembre 2014
Il y a trois jours, le Secrétaire général de l'ONU a reçu un rapport de la Mission d'observation des Nations-Unies sur le plateau du Golan (Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement, alias FNUOD [2]). Le rapport était un acte d'accusation d'Israël pour sa forte coopération avec les insurgés syriens, y compris avec le groupe al-Qaïda syrien Jabhat al-Nusra.

Pour les lecteurs de Moon of Alabama, le soutien [3] considérable [4], par Israël [5], de Jabhat al-Nusra et des autres groupes de rebelles contre l'armée syrienne, y compris au moyen de tirs d'artillerie directement contre les troupes gouvernementales syriennes, n'est pas une nouveauté. Mais, jusqu'à présent, les médias de masse n'avait dévoilé aucune information à ce sujet.
Headphones

Discours de Poutine à l'Assemblée fédérale de Russie, le 4 décembre 2014 (2ème partie)

Des mesures concrètes pour développer la Russie

Allocution annuelle du Président Poutine à l'Assemblée fédérale de Russie le 4 décembre 2014, dans la salle Saint-Georges du Kremlin à Moscou. (Partie II)

poutine

Poutine s'exprimant devant l'Assemblée fédérale, le 4 décembre 2014
Préambule

Cette seconde partie du discours de Vladimir Poutine est beaucoup plus technique que la première partie. Vladimir Poutine tire les leçons de la crise (la non-livraison des Mistral, les sanctions, etc.) Il met en place une machine de guerre économique qui devrait assurer l'autosuffisance russe, mais qui devrait aussi concurrencer l'économie européenne. Des mesures économiques qui pourraient avantageusement servir de modèle à la France. Les mesures démographiques énoncées sont à contre-courant de celles de la France et de l'Occident, très intéressantes d'un point de vue chrétien. L'enseignement promu est celui de l'effort et de l'excellence contrairement à celui qui est mis actuellement en place en France. L'exemple de la politique russe est un encouragement pour la France parce qu'il nous montre que la volonté d'une seule personne peut tout changer.
« Travail consciencieux, propriété privée, liberté d'entreprise - c'est le même genre de valeurs conservatrices fondamentales que le patriotisme et le respect de l'Histoire, des traditions et de la culture de son pays. »(V. Poutine)

« Nous avons la force, la volonté et le courage de protéger notre liberté »(V. Poutine)

Commentaire: Vous trouverez la première partie de son discours ici.

Et voici la vidéo avec sous-titres français :



Better Earth

Comment Vladimir Poutine a renversé la stratégie de l'Otan

La Russie réagit dans la guerre économique que lui livre l'Otan à la manière dont elle l'aurait fait dans une guerre classique. Elle s'est laissée atteindre par des « sanctions » unilatérales pour mieux emmener son adversaire sur le terrain qu'elle a choisi. Simultanément, elle a conclu des accords avec la Chine pour préserver son avenir, puis avec la Turquie pour désorganiser l'Otan. Comme jadis face à la France ou à l'Allemagne, sa défaite initiale pourrait être la garantie de sa victoire finale.

Lors du sommet annuel sur la sécurité, organisé par la Fondation Bertelsmann et l'Otan à Munich, en 2007, le président Vladimir Poutine avait souligné que l'intérêt des Européens de l'Ouest n'était plus uniquement outre-Atlantique, mais aussi et surtout avec la Russie. Depuis cette date, il n'a cessé de tenter de nouer des relations économiques, dont la construction du gazoduc North Stream sous la direction de l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. De leur côté, les États-Unis ont tout fait pour empêcher ce rapprochement, dont l'organisation du coup d'État de Kiev et le sabotage du gazoduc South Stream.

Selon la presse atlantiste, la Russie aurait été gravement impactée par les « sanctions » unilatérales - en réalité des actes de guerre économique - prises à l'occasion du rattachement de la Crimée à la Fédération ou de la destruction du Boeing de la Malaysia Airlines et par la baisse du prix du pétrole. Le rouble a perdu 40 % de sa valeur, les investissements inutiles dans le gazoduc South Stream ont coûté 4,5 milliards de dollars, et l'embargo alimentaire a coûté 8,7 milliards de dollars. En définitive, assure la presse atlantiste, la Russie est aujourd'hui ruinée et isolée politiquement.

La presse atlantiste fait par contre l'impasse sur les conséquences de cette guerre économique dans l'Union européenne. Outre que l'interdiction des exportations alimentaires est susceptible de détruire des pans entiers de son agriculture, le renoncement à South Stream pèsera très gravement sur l'avenir de l'Union en renchérissant le prix de l'énergie.
Bomb

Israël a mené deux raids aériens en Syrie

La télévision officielle syrienne a évoqué un "soutien direct" aux rebelles et aux djihadistes. Le secteur de Dimas et l'aéroport de Damas auraient été visés.

La Syrie a accusé dimanche Israël d'avoir mené deux raids contre des secteurs tenus par le pouvoir près de Damas, l'accusant d'apporter un "soutien direct" aux rebelles et aux djihadistes. Ailleurs dans le pays déchiré par plus de trois ans de guerre civile, les forces pro-gouvernementales ont repoussé un assaut des djihadistes du groupe État islamique (EI) dans la province orientale de Deir ez-Zor et resserraient l'étau sur des positions rebelles dans le secteur d'Alep (nord).

Dimanche après-midi, "l'ennemi israélien a attaqué deux régions sécurisées (gouvernementales) de la province de Damas : le secteur de Dimas (nord-ouest) et celui de l'aéroport international de Damas", a accusé l'armée syrienne dans un communiqué diffusé à la télévision, précisant que les raids n'avaient causé que des dégâts matériels. Le ministère syrien des Affaires étrangères a indiqué dimanche soir qu'il demandait au secrétaire général Ban Ki-moon et au Conseil de sécurité de l'ONU d'imposer des sanctions contre Israël. Le ministère a qualifié ces raids de "crime atroce contre la souveraineté de la Syrie", selon l'agence de presse officielle Sana. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Dimas est un site militaire et l'aéroport de Damas est en partie civil et en partie militaire.
Star of David

Un haut conseiller de Poutine : « le Mossad entraîne les terroristes de DAECH »

Dans une interview accordée à la chaïne TV irainienne Press TV, un haut conseiller du président russe Vladimir Poutine, Alexander Prohanov, a accusé le Mossad l'agence d'espionnage israélien d'entraîner les terroristes de DAECH opérant en Irak et en Syrie.

Selon Prohanov, le Mossad a probablement transféré aux terroristes de DAECH et leurs supplétifs Al Nusra & C° certaines de leurs méthodes d'espionnage et des conseillers militaires israéliens leurs méthodes de combat.

Pour Prohanov, derrière DAECH il y a les USA et Israël qui ne forment qu'un lorsqu'il s'agit de manipuler des groupes terroristes pour imposer par la force leurs intérêts et que leurs principales cibles sont l'Iran et la Russie.

"Ils ont lancé leur première attaque terroriste contre nous il y a quelques jours en Tchétchénie" a-t-il ajouté.

L'aide israélienne aux terroristes d'Al Nusra affilié à DAECH dans le Sud de la Syrie notamment sur le Golan syrien occupé n'est plus un secret pour personne.
Eye 1

La surveillance globale est légale au Royaume-Uni

Un tribunal spécial au Royaume-Uni a estimé que les opérations de surveillance de masse effectuées par l'agence de renseignement GCHQ n'enfreignent pas les droits de l'Homme. La décision, critiquée par les ONG, sera contestée devant la cour européenne des droits de l'Homme.

C'est une défaite pour les organisations non gouvernementales qui s'étaient dressées contre les activités du Government Communications Headquarters (GCHQ), le service de renseignement du gouvernement britannique. Dans un jugement rendu cette semaine, un tribunal spécial a considéré que la manière dont l'agence opère n'enfreint pas les droits de l'Homme, signale le Guardian.

Le verdict rendu par l'Investigatory Powers Tribunal (IPT), le tribunal en charge de juger les abus de pouvoir commis par les services de l'État britannique, a immédiatement été dénoncé par certaines associations, comme Liberty, et certaines prévoient d'ores et déjà de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour obtenir la condamnation du Royaume-Uni.
Family

« Tuer le vampire » néolibéral Tafta

© Inconnu
Plus d'un million de signatures viennent d'être recueillies contre la mise en œuvre de futurs traités de libre-échange. Lancée par le collectif Stop TTIP [1], cette « initiative citoyenne européenne auto-organisée » vise à obtenir des États membres qu'ils ne concluent pas les traités commerciaux actuellement négociés entre l'Union européenne et les États-Unis (TAFTA ou TTIP), et entre l'UE et le Canada (CETA).

Selon les textes européens, le recueil d'un million de soutiens permet d'être reconnu en tant qu'initiative citoyenne européenne (« ICE ») [2]. Cette reconnaissance doit normalement permettre aux organisations qui ont lancé l'initiative de peser directement sur l'élaboration de politiques européennes, comme cela a été le cas pour refuser la privatisation de la gestion de l'eau (lire ici).
Cowboy Hat

La « Destinée manifeste » ou la genèse de l'exceptionnalisme américain

© Inconnu
Americain Progress (1872) – John Gast : Allégorie de la « Destinée manifeste » représentée par Columbia - la personnification féminine des États-Unis au XIXe siècle – guidant les colons américains vers les ténèbres sauvages de l'Ouest pour y apporter la lumière (et en profite pour câbler le télégraphe au passage)1
L'origine de la fondation des États-Unis découle d'une vision idéaliste et religieuse. La découverte du « Nouveau Monde » devait permettre la construction d'un état idyllique, en opposition aux nations décadentes d'Europe (2). Dès 1630, l'avocat puritain et fondateur de la Colonie de la baie du Massachusetts, John Winthrop, dans son sermon « A Model of Christian Charity », déclara que les puritains du Nouveau Monde avait la mission divine de construire une « Cité sur la colline » (City upon a hill) (3) ; expression tirée de l'Évangile selon Matthieu (5:14) : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ». La Révolution américaine et l'apparition de la première nation républicaine et démocratique forgèrent le concept d' « exceptionnalisme américain ». En effet, la Déclaration d'indépendance de 1776 et la Constitution américaine de 1787 mentionnèrent des principes et des valeurs, dont la vocation était d'être appliqués à l'ensemble de l'humanité.

À son retour de voyage, Alexis de Tocqueville déclara :
« La situation des Américains est donc entièrement exceptionnelle, et il est à croire qu'aucun peuple démocratique n'y sera jamais placé. » [Alexis de Tocqueville, 1835-1840, De la démocratie en Amérique]
Cette conception justifia alors l'idée que les États-Unis étaient dotés d'une « Destinée manifeste », et qu'une mission civilisatrice leur avait été dévolue afin de répandre leur modèle sur l'ensemble du continent (4). En 1812, lorsque les États-Unis profitèrent des conquêtes napoléoniennes pour porter la guerre aux colonies britanniques du Canada, Andrew Jackson, alors général en chef et futur président des États-Unis d'Amérique, révéla déjà des prétentions impériales :
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