Les Maîtres du Monde
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GEAB - 2015 : Le monde passe à l'Est

pond
Deux faits majeurs ressortent de l'actualité des quatre dernières semaines. D'un côté, la Chine devient la première puissance économique mondiale, passant officiellement devant les États-Unis, avec un poids économique officiel (chiffres du FMI) de 17,61 billions de dollars (versus 17,4 pour les États-Unis). Si les médias mainstream n'ont pas accordé le moindre haussement de sourcil à cette information, notre équipe, en revanche, estime qu'il s'agit là d'un événement historique : les États-Unis ne sont plus la première puissance économique mondiale et, forcément, ça change tout ! (1)
economy

"PIB de la Chine (bleu) et des États-Unis (rouge) en parité de pouvoir d'achat (PPP), en milliards de dollars, 2002-2019. Source: Financial Times
D'autant plus que, parallèlement au franchissement de ce seuil, les États-Unis, après avoir tenté d'impressionner la planète par un militarisme débordant à l'occasion de la crise ukrainienne, révèlent une faiblesse stratégique majeure dans leur « gestion » de la crise irakienne. La politique du muscle, qui semblait obliger le monde à rester sous tutelle américaine pour un temps encore indéfini, tourne court.

Ces deux indicateurs permettent de voir se dessiner un point de bascule majeur dans le déroulement de la crise systémique globale : le passage d'un monde américain à un monde chinois...
USA

Le parlement canadien vote pour une participation à la nouvelle guerre au Moyen-Orient

parlement canadien
La Chambre des communes du Canada a adopté une motion pour appuyer la décision du gouvernement conservateur de mettre le Canada sur la ligne de front dans la nouvelle guerre des États-Unis au Moyen-Orient.

Même avant le vote de mardi, du personnel militaire canadien avait été envoyé au Moyen-Orient pour préparer le déploiement de neuf avions de l'Aviation royale canadienne : soit six chasseurs CF-18, deux avions de surveillance Aurora et un avion ravitailleur.

Les CF-18 seront déployés jusqu'à une durée de six mois pour bombarder des cibles en Irak et possiblement en Syrie. Quelque 600 membres des Forces armées canadiennes seront déployés pour piloter et assurer l'entretien des neuf appareils qui seront probablement stationnés au Koweït ou aux Émirats arabes unis.

Le gouvernement a aussi annoncé que le déploiement de 69 soldats des forces spéciales pour « aider et former » les milices peshmerga kurdes, présenté au départ comme une mission de 30 jours, allait être prolongé jusqu'en mars 2015.
Crusader

L'armée américaine prépare une intervention au sol dans la guerre au Moyen-Orient

La pression monte à Washington pour que les Etats-Unis envoient des troupes au sol en Irak et en Syrie contre les milices de l'Etat Islamique (EI), malgré les démentis de la Maison Blanche face à l'impopularité d'une nouvelle guerre. Ce week-end, les forces de l'EI ont encore gagné du terrain dans la ville kurde de Kobané en Syrie et ont consolidé leur mainmise sur la province d'al-Anbar en Irak, ce qui les amène aux portes de Bagdad.

Sur la chaîne ABC dimanche, le chef des forces armées américaines le Général Martin Dempsey a indiqué que des troupes américaines combattraient vraisemblablement en Irak. Il a souligné en particulier la probabilité d'une « bataille décisive » pour reprendre la ville de Mossoul dans le nord, capturée par l'EI au mois de juin. « Mon intuition à l'heure actuelle me dit qu'il faudra un autre genre de conseil et d'assistance, vu la complexité de cette bataille », a-t-il dit.

Dempsey avait déclaré le mois dernier que s'il pensait que les conseillers militaires américains devaient accompagner les troupes irakiennes au combat, il le dirait au président Obama. Ses déclarations actuelles contredisent celles de la Maison Blanche. Dimanche, la conseillère à la sécurité nationale Susan Rice a dit sur NBC : « Nous ne nous retrouverons pas dans une guerre au sol en Irak ».
Bad Guys

L'armée américaine élabore un plan pour la Troisième Guerre mondiale

statue liberté
Alors que les politiciens et les médias américains débattent de plus en plus âprement sur la stratégie guidant la dernière guerre des Etats-Unis au Moyen-Orient, l'armée américaine a dévoilé un nouveau document intitulé Army Operating Concept (AOC) qui fournit une « vision d'un futur conflit armé » aux implications extrêmement inquiétantes.

C'est le dernier en date de toute une série de documents dans lesquels le Pentagone développe la stratégie sous-tendant la guerre préventive, annoncée en 1992 - à savoir le recours à la guerre comme moyen de destruction d'éventuels concurrents géopolitiques et économiques avant qu'ils ne deviennent suffisamment puissants pour obstruer une domination de la planète par les États-Unis.

Le document a été officiellement rendu public cette semaine lors de la conférence de l'Association de l'Armée des États-Unis (AUSA), une manifestation annuelle qui rassemble les hauts gradés de l'armée et les responsables du ministère de la Défense pour une série de discours et de réunions-débat. Celle-ci se déroule parallèlement à un énorme salon commercial organisé par des fabricants d'armes dans le but d'exposer leurs systèmes d'armes dernier cri et de conclure de lucratifs contrats avec le Pentagone.
Gold Bar

L'ascension vertigineuse de l'or chinois

lingots or
L'ordre mondial se fissure en lambeaux, au point que les plus grands experts sont dans la confusion la plus totale. La nervosité causée par le manque de visibilité gagne même les politiciens. Tous s'inquiètent de l'avenir de la finance mondiale, qui est inséparable des marchés de l'or, de l'argent et du pétrole. La patronne du Fonds monétaire international C. Lagarde attend le moment de vérité, promettant le 10 Octobre « d'effectuer la danse du ventre » pour gagner l'approbation par le Congrès des réformes de ses services. Les paramètres de la réforme en accord avec le G20 sont ceux de 2010.; ils suggèrent un doublement du potentiel de prêts à 739 milliards de dollars et une augmentation des quotas pour les pays en développement dans le processus de prise de décision. Lagarde a toujours eu un esprit de combattante au point que dans sa vie, la mise en œuvre des réformes est devenue la tâche principale de son mandat de Directeur Général du FMI, poste qu'elle occupe depuis le 28 Juin 2011.

« La diversité (impliquant plusieurs pays pour financer la gestion) - est l'élément principal de la réforme, ainsi que la suppression des barrières et des obstacles absolument pour tous ses membres. Nous aurons un grand bénéfice en « impliquant dans la Direction du FMI un nombre maximal de membres du FMI « , - a déclaré C. Lagarde lors de sa première conférence de presse. Les enjeux sont plus élevés que jamais. Avec la ratification de ce projet de loi, le FMI va devenir un régulateur global, qui détermine non seulement le sort de chaque pays, mais aussi pourra résoudre les problèmes de développement socio-économique régionaux et mondiaux.
Bad Guys

Le Saker : « L'Ukraine telle que nous la connaissons est partie pour toujours »

Traduction : Glokayeh

© Inconnu
Le Saker est un ex-analyste militaire, né en Europe dans une famille de réfugiés russes. Il vit maintenant en Floride, où il tient le blog « The Vineyard of The Saker » (« le Vignoble du Saker ») et où il intervient comme contributeur régulier du site « Russia Insider ». La communauté internationale des blogs Saker comprend, outre le blog Saker original, des membres français, allemand, russe, océanien et serbe, et elle inclura bientôt un nouveau membre latino-américain.

Mike Whitney : Les États-Unis sont-ils responsables des troubles en Ukraine ?

Le Saker : Oui, absolument, il n'y a aucun doute à ce sujet. Même s'il est vrai que les Ukrainiens étaient mécontents du régime corrompu d'Ianoukovitch, le coup d'État lui-même a très certainement été orchestré par la CIA. L'UE y a également participé, en particulier l'Allemagne, mais ils ont été loin d'y jouer un rôle aussi important que les États-Unis. L'enregistrement du coup de téléphone de Victoria Nuland (la sous-secrétaire d'État étatsunienne) a montré qui tirait vraiment les ficelles en coulisse.
Cow Skull

Petit panorama non-exhaustif de la biopiraterie

© Inconnu
Le protocole de Nagoya, entré en vigueur ce dimanche, doit empêcher le vol des savoirs ancestraux par les industriels. Plongée dans nos placards pour un inventaire, non exhaustif, des produits déjà pillés.

Aux quatre coins de la planète, les biopirates prospectent. Dans les zones assez reculées pour que des communautés y vivent encore tranquilles, des envoyés spéciaux de l'industrie pharmaceutique, cosmétique ou agroalimentaire sondent les chamans et guérisseurs pour leur extirper leurs recettes. Au sein de l'Icra, la Commission internationale pour les droits des peuples indigènes, Hervé Valentin parle « d'un pillage en règle » entraînant des hausses de prix, une concurrence déloyale et la surexploitation des ressources. Le protocole de Nagoya (ici en pdf), ratifié par 51 pays et entré en vigueur ce dimanche 12 octobre, devrait freiner ces pratiques. Mais les industriels ne l'ont pas attendu pour revendiquer, par le biais de brevets, la paternité des richesses génétiques de la nature. Nombre des produits de notre quotidien en sont le fruit. Terra eco est allé éplucher leurs livrets de famille.
USA

Washington parviendra-t-il à faire nettoyer ethniquement le Nord de la Syrie ?

À Kobané et dans sa région, où plus de 300 000 Kurdes syriens sont menacés d'extermination par l'Émirat islamique, chacun peut mesurer la duplicité de l'Otan. Alors que la Coalition états-unienne déclare lutter contre l'Émirat islamique, un membre de l'Otan, la Turquie, lui fournit l'assistance militaire et médicale dont il a besoin, empêche les civils de fuir et les combattants du PKK de venir à leur aide.

Dans le théâtre antique grec, chaque spectateur connaissait à l'avance la fin tragique de la pièce. Les personnages, aveuglés par les Dieux, poursuivaient en actes ce qu'ils prétendaient rejeter en paroles. Mais le chœur révélait aux spectateurs les projets du Destin.

La tragédie qui se joue à Kobané (en arabe Aïn al-Arab) a été écrite pour se clore par le génocide annoncé de 300 000 Kurdes syriens. L'Émirat islamique a déjà pris le contrôle de plusieurs quartiers de la ville et de nombreux villages alentour. Si l'Armée arabe syrienne ne parvient pas à franchir les lignes de l'Émirat islamique pour les sauver, ils seront tous massacrés.

La population kurde est défendue par le PYG (parti autonomiste soutenant la République arabe syrienne), mais la Turquie a fermé sa frontière de sorte que les civils ne peuvent pas fuir et que les renforts du PKK turc (parti indépendantiste lié au PYG) ne peuvent arriver.
Bad Guys

Comment Shell fracture la planète à tout va

© Sibylle Rüstig
De l'Argentine à l'Ukraine, de l'Australie à l'Afrique du Sud en passant par les États-Unis, la Chine ou la Tunisie, Shell - première entreprise pétrolière mondiale - est en train d'accumuler les concessions de gaz de schiste, dans des conditions souvent controversées du point de vue social et environnemental. Cet activisme contraste avec le profil bas adopté par Shell dans son propre pays, dont la population est résolument opposée à la fracturation hydraulique. Hypocrisie qui lui vaut cette année une nomination aux Prix Pinocchio, organisés par les Amis de la terre pour dénoncer les doubles discours des multinationales.

Du gaz de schiste, Shell en veut, et en veut beaucoup. La multinationale pétrolière a mis les moyens pour accumuler d'énormes concessions un peu partout dans le monde. Dans un bref rapport intitulé « Shell : méga-fractureur global », l'organisation anglaise Platform énumérait les investissements de Shell dans le secteur des gaz et pétrole de schiste aux quatre coins du monde : en Amérique du Nord bien sûr, mais aussi en Chine, Argentine, Afrique du Sud, Turquie, Égypte, Tunisie, Algérie, Australie, Ukraine et Russie... « Shell procède à des forages par fracturation hydraulique ou se prépare à le faire dans tous les continents, résume Platform. Ses activités de prospection et d'exploration se sont accompagnées d'une vaste campagne de relations publiques pour atténuer les controverses. »
Bad Guys

Hong Kong : manifestations et manipulations... virales

© Inconnu
Le 3 février 2011, entre la chute de Ben Ali et l'imminence de celle de Moubarak, le sénateur américain John McCain fit une étonnante déclaration en pleine ébullition de la rue arabe: « Ce virus se répand à travers le Moyen-Orient » [1]. Il ne parlait pas du virus d'Ébola, ni d'une quelconque autre maladie hautement contagieuse, mais plutôt du fameux « printemps » arabe. Cette comparaison « épidémiologique » n'est, à vrai dire, aucunement fortuite de la part de ce spécialiste de l'« exportation » de la démocratie.

Le virus selon McCain

Son rôle dans les révolutions colorées [2] et le printemps arabe [3] a été clairement établi. En effet, en plus de son poste au Sénat américain, McCain est le plus haut responsable de l'International Republican Institute (IRI) qui, avec le National Democratic Institute (NDI), est un des quatre organismes satellites de la National Endowment for Democracy (NED). Rappelons que la NED est financée par un budget voté par le Congrès et que ses fonds sont gérés par un conseil d'administration où sont représentés le Parti républicain, le Parti démocrate, la Chambre de commerce des États-Unis et le syndicat American Federation of Labor-Congress of Industrial Organization (AFL-CIO). La NED, via ses organismes (en particulier l'IRI et le NDI), forme, réseaute, supporte et finance les activistes pro-démocratie (et surtout pro-occidentaux) à travers le monde, dans des pays ciblés par l'administration américaine. Il en a été ainsi lors des révolutions colorées (Serbie, Géorgie, Ukraine et Kirghizstan), mais aussi lors de la révolution « verte » (Iran) [4] ou du « printemps » arabe [5]. La connexion entre la NED et le gouvernement américain a été mise en évidence, et ce depuis bien longtemps, par Allen Weinstein (un des fondateurs de cet organisme), qui a déclaré en 1991 que la NED faisait aujourd'hui ce que la CIA faisait secrètement il y a 25 ans [6].
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