Les Maîtres du Monde
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Snakes in Suits

De réformes en renoncements : l'américanisation de l'Ukraine débute

© Inconnu
La nouvelle ministre ukrainienne des Finances, Natalie Jaresko, a formulé ses premières propositions sur l'optimisation des dépenses publiques. Le schéma présenté au chef du gouvernement prévoit de renoncer à la médecine gratuite, à l'enseignement gratuit et à d'autres avantages sociaux. Et ce n'est que le début de l'américanisation de l'Ukraine.

Faut-il rappeler que les droits des citoyens à ces prestations gratuites sont, sous certaines réserves, garantis à la plupart des citoyens de l'Union européenne, dont l'Ukraine prétend toujours se rapprocher. Rappelons aussi qu'il s'agissait de conquêtes du communisme, dont les habitants de l'ex-URSS, et notamment les Ukrainiens, sans exceptions, qu'ils soient russophones ou non, ont profité pendant près d'un siècle.

Mais, maintenant, il devient trop coûteux de former et de soigner les Ukrainiens, a décidé la ministre des Finances. Il faudra s'adresser à des institutions privées payantes (à supposer que dans l'état de délabrement actuel de l'Ukraine, il en reste encore quelques-unes en état de fonctionner). Mais le programme de la ministre ne s'arrête pas là. Il rejoint dans l'ensemble ceux que la troïka de Bruxelles tente, non sans résistances, d'imposer à la Grèce (et peut-être à la France si celle-ci persiste à ne pas vouloir se réformer) : privatisation de l'ensemble des services publics et des grands équipements, appel pour prendre leur place à des investisseurs internationaux (parmi lesquels les fameux fonds vautours américain qui ont mis à mal l'Argentine), disparition systématique de toutes les protections douanières et réglementaires.
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Etats-Unis : un gaz de schiste qui fait pschitt

© DR
L'EIA trop optimiste
Aux États-Unis, l'industrie du gaz de schiste pourrait voir son optimisme rapidement douché. Selon une étude de l'université du Texas, les réserves pourraient s'assécher bien avant que ne le prédit l'EIA.

« Pour le gaz naturel, l'EIA [service de statistiques du département américain à l'énergie] n'a aucun doute: la production continuera à augmenter sans interruption jusqu'en 2040», prévoyait en 2013 son directeur Adam Sieminski. Le virus de l'optimisme a contaminé jusqu'à Barack Obama, selon qui les Etats-Unis «disposent de réserves de gaz naturel qui peuvent durer environ 100 ans », déclarait-il en 2012 dans son discours sur l'état de l'Union.

Pas si vite, tempère le journaliste américain Mason Inman dans un article publié par Nature. Menée par une équipe de géologues, d'ingénieurs pétroliers et d'économistes de l'université du Texas à Austin, une nouvelle analyse met sérieusement en doute ces prévisions.

Défaut majeur des travaux de l'EIA, ils reposent sur une évaluation géographique très grossière, avec une évaluation des réserves par comté. Or ceux-ci, dépassant fréquemment les 1.000 km2, peuvent abriter plusieurs milliers de puits. Les chercheurs texans ont quant à eux mené un travail plus fin, avec des mailles de seulement un mile carré (environ 2,5 km2).
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Drones abattus en Crimée : petit tour des forces en jeu

© RIA Novosti. Eugène Lukovtsev
Discrètement et sans guère de détails "inutiles", des sources militaires russes ont informé l'agence Novosti (voir Sputnik.News le 9 décembre 2014) que "plusieurs drones ukrainiens" avaient été abattus au-dessus de la Crimée, qui a été rattachée à la Russie en mars dernier et dont Kiev annonce régulièrement et pompeusement le reconquête prochaine. Les sources ne précisent ni le nombre de drones, ni la chronologie précise où ces diverses interventions ont eu lieu sinon que ces interceptions et ces destructions ont été réalisées "le mois dernier", ni les circonstances sinon les observations classiques sur les procédures utilisées à cet égard (interception au franchissement de la frontière, communication pour recommander un changement de vol, destruction en cas de poursuite de la mission). Une précision technique est donnée : ce sont des affûts mobiles Pantsir, avec équipement mixte canons (2) de 30mm/missiles à courte portée, qui ont été utilisés.
« La Russie a abattu plusieurs drones ukrainiens survolant la péninsule de Crimée, dans le nord, au cours du mois dernier, en utilisant les systèmes de missiles sol-air Pantsir (Greyhound)", a déclaré à RIA Novosti une source militaire criméenne mardi. " Les Pantsirs ont été utilisés contre les cibles par la division basée à proximité de l'isthme de Tchongar", a poursuivi l'interlocuteur militaire. "Après avoir identifié un drone, il est stoppé à la frontière par une force d'interception et d'escorte. Si le drone s'enfonce profondément dans notre territoire ou se approche d'une installation militaire, alors il est abattu, "a ajouté la source. Le nombre d'avions de surveillance détruites par des missiles russes n'a pas été spécifié. »
Wall Street

Un Belge de 52 ans est le dernier d'une série de 36 banquiers qui ont perdu la vie de manière étrange cette année

Mercredi, on a retrouvé à Ostende le corps sans vie de Geert Tack, un gestionnaire de fortune pour la banque de gestion privée ING. Il était porté disparu depuis le 5 Novembre. Ce jour-là, il avait quitté son domicile de Haaltert pour se rendre à son travail, mais il n'est jamais arrivé. Un avis de recherche avait été lancé et on avait exploré la zone du Zwin, où l'on avait retrouvé sa voiture abandonnée. Le 3 décembre, son corps a finalement été retrouvé en mer, sur la côte d'Ostende. Une autopsie sera menée pour déterminer la cause du décès, mais le procureur a déjà précisé qu'il ne présentait aucun signe de violence.

Tack rejoint une longue série de banquiers et de dirigeants du monde financier, qui sont décédés cette année de façon étrange, anormale, et parfois inexplicable. La plupart de ces banquiers étaient américains, mais trois d'entre eux étaient des Belges.

Ainsi, le 18 avril 2014, Benoit Philippens, un banquier de 37 ans qui travaillait pour BNP Paribas, a été abattu de plusieurs balles avec son épouse - qui avait également travaillé dans une banque - et leur filleul de neuf dans leur maison à Visé près de Liège. L'auteur de ce triple meurtre n'a pas été trouvé.
Pistol

France : assassinats ciblés avec ses drones militaires ?

© CC Lance Cheung
Drone Reaper de l’US Army
L'armée française se livrera-t-elle prochainement à des exécutions extrajudiciaires par drones interposés au Mali, en Irak ou ailleurs ? Le ministère de la Défense étudie discrètement la question, dans la perspective d'armer les drones états-uniens « Reaper » que la France a achetés et de développer ses propres « drones tueurs » avec les grands groupes de l'industrie de l'armement. Autoriser les frappes de drones armés signifie, de fait, rétablir la peine de mort et risquer de commettre des crimes de guerre contre les populations civiles. Alors qu'aucun véritable débat public sur le sujet n'a encore eu lieu. Enquête.

« Quelques jours après son arrivée sur le sol africain, le drone français réalisait ses premières missions opérationnelles dans le ciel malien », se félicitait en mars le ministère de la Défense, après les premiers vols du premier drone Reaper français. À peine acheté aux États-Unis, l'appareil a été immédiatement engagé au Mali, dans le cadre de l'opération Serval. Quelques mois et une intervention militaire plus tard, l'armée française a acquis un deuxième Reaper. Pour l'opération "Barkhane" de lutte contre le terrorisme [1], lancée depuis août dans la région du Sahel, les drones « appuient les phases offensives ». La France s'apprête à en acquérir davantage : la dernière loi de programmation militaire prévoit d'acheter neuf engins de ce type d'ici à 2019. Le drone ne connaît pas l'austérité : le tout coûtera environ 670 millions d'euros.
Music

La France fait un geste envers la Russie, Poutine y est sensible


Ded Moroz, le Père Noël russe
La presse a rapporté les conditions dans lesquelles s'est déroulée la rencontre, dite impromptue, mais préparée depuis déjà quelques jours, entre François Hollande et Vladimir Poutine, à Moscou, hier 6 décembre 2014. Ceux qui, comme moi, regrettaient le fait que la France se soit laissé entraîner par sa faiblesse atlantiste dans une quasi-guerre froide avec la Russie, ont repris quelque espoir à cette nouvelle.

La modération du ton des deux présidents, leurs sourires réciproques pourraient laisser augurer que la diplomatie française retrouve à cette occasion un peu d'autonomie. Pour notre pays, plus encore que pour les autres États de l'Union européenne, la possibilité de coopérations stratégiques avec la Russie est essentielle, tant sur le plan économique que culturel.

François Hollande aurait-il commencé à le comprendre ?

Il ne faut pas être trop optimiste. Les pressions pour ramener la France dans le rang, tant au sein de l'Union que de l'OTAN, vont se déchaîner. Il est à craindre que, dès demain, l'on s'en aperçoive. Ces pressions viendront nécessairement de la diplomatie américaine, mais aussi sans doute d'Angela Merkel, saisie depuis quelques semaines d'une passion anti-russe que rien ne justifierait, sauf des causes qui lui seraient personnelles [1]. Se présentant mardi pour prendre le tète de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Angela Merkel suscite de plus en plus de critiques de la part du patronat allemand, qui lui reproche sa rigueur vis-à-vis de Moscou. L'attitude plus ouverte de François Hollande ne fera qu'accentuer ces critiques.
Star of David

La guerre continue d'Israël contre la Syrie

Aujourd'hui, 7 décembre, des avions israéliens ont attaqué [1] des positions militaires syriennes proches de Damas. Les détails sont encore inconnus. Ce n'étaient pas des attaques ponctuelles : cela fait partie d'une campagne active et continue qu'Israël mène contre la Syrie, la plupart du temps par l'intermédiaire des forces rebelles.


Attaque d'Israël contre des positions syriennes près de Damas, le 7 décembre 2014
Il y a trois jours, le Secrétaire général de l'ONU a reçu un rapport de la Mission d'observation des Nations-Unies sur le plateau du Golan (Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement, alias FNUOD [2]). Le rapport était un acte d'accusation d'Israël pour sa forte coopération avec les insurgés syriens, y compris avec le groupe al-Qaïda syrien Jabhat al-Nusra.

Pour les lecteurs de Moon of Alabama, le soutien [3] considérable [4], par Israël [5], de Jabhat al-Nusra et des autres groupes de rebelles contre l'armée syrienne, y compris au moyen de tirs d'artillerie directement contre les troupes gouvernementales syriennes, n'est pas une nouveauté. Mais, jusqu'à présent, les médias de masse n'avait dévoilé aucune information à ce sujet.
Headphones

Discours de Poutine à l'Assemblée fédérale de Russie, le 4 décembre 2014 (2ème partie)

Des mesures concrètes pour développer la Russie

Allocution annuelle du Président Poutine à l'Assemblée fédérale de Russie le 4 décembre 2014, dans la salle Saint-Georges du Kremlin à Moscou. (Partie II)

poutine

Poutine s'exprimant devant l'Assemblée fédérale, le 4 décembre 2014
Préambule

Cette seconde partie du discours de Vladimir Poutine est beaucoup plus technique que la première partie. Vladimir Poutine tire les leçons de la crise (la non-livraison des Mistral, les sanctions, etc.) Il met en place une machine de guerre économique qui devrait assurer l'autosuffisance russe, mais qui devrait aussi concurrencer l'économie européenne. Des mesures économiques qui pourraient avantageusement servir de modèle à la France. Les mesures démographiques énoncées sont à contre-courant de celles de la France et de l'Occident, très intéressantes d'un point de vue chrétien. L'enseignement promu est celui de l'effort et de l'excellence contrairement à celui qui est mis actuellement en place en France. L'exemple de la politique russe est un encouragement pour la France parce qu'il nous montre que la volonté d'une seule personne peut tout changer.
« Travail consciencieux, propriété privée, liberté d'entreprise - c'est le même genre de valeurs conservatrices fondamentales que le patriotisme et le respect de l'Histoire, des traditions et de la culture de son pays. »(V. Poutine)

« Nous avons la force, la volonté et le courage de protéger notre liberté »(V. Poutine)

Commentaire: Vous trouverez la première partie de son discours ici.

Et voici la vidéo avec sous-titres français :



Better Earth

Comment Vladimir Poutine a renversé la stratégie de l'Otan

La Russie réagit dans la guerre économique que lui livre l'Otan à la manière dont elle l'aurait fait dans une guerre classique. Elle s'est laissée atteindre par des « sanctions » unilatérales pour mieux emmener son adversaire sur le terrain qu'elle a choisi. Simultanément, elle a conclu des accords avec la Chine pour préserver son avenir, puis avec la Turquie pour désorganiser l'Otan. Comme jadis face à la France ou à l'Allemagne, sa défaite initiale pourrait être la garantie de sa victoire finale.

Lors du sommet annuel sur la sécurité, organisé par la Fondation Bertelsmann et l'Otan à Munich, en 2007, le président Vladimir Poutine avait souligné que l'intérêt des Européens de l'Ouest n'était plus uniquement outre-Atlantique, mais aussi et surtout avec la Russie. Depuis cette date, il n'a cessé de tenter de nouer des relations économiques, dont la construction du gazoduc North Stream sous la direction de l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. De leur côté, les États-Unis ont tout fait pour empêcher ce rapprochement, dont l'organisation du coup d'État de Kiev et le sabotage du gazoduc South Stream.

Selon la presse atlantiste, la Russie aurait été gravement impactée par les « sanctions » unilatérales - en réalité des actes de guerre économique - prises à l'occasion du rattachement de la Crimée à la Fédération ou de la destruction du Boeing de la Malaysia Airlines et par la baisse du prix du pétrole. Le rouble a perdu 40 % de sa valeur, les investissements inutiles dans le gazoduc South Stream ont coûté 4,5 milliards de dollars, et l'embargo alimentaire a coûté 8,7 milliards de dollars. En définitive, assure la presse atlantiste, la Russie est aujourd'hui ruinée et isolée politiquement.

La presse atlantiste fait par contre l'impasse sur les conséquences de cette guerre économique dans l'Union européenne. Outre que l'interdiction des exportations alimentaires est susceptible de détruire des pans entiers de son agriculture, le renoncement à South Stream pèsera très gravement sur l'avenir de l'Union en renchérissant le prix de l'énergie.
Bomb

Israël a mené deux raids aériens en Syrie

La télévision officielle syrienne a évoqué un "soutien direct" aux rebelles et aux djihadistes. Le secteur de Dimas et l'aéroport de Damas auraient été visés.

La Syrie a accusé dimanche Israël d'avoir mené deux raids contre des secteurs tenus par le pouvoir près de Damas, l'accusant d'apporter un "soutien direct" aux rebelles et aux djihadistes. Ailleurs dans le pays déchiré par plus de trois ans de guerre civile, les forces pro-gouvernementales ont repoussé un assaut des djihadistes du groupe État islamique (EI) dans la province orientale de Deir ez-Zor et resserraient l'étau sur des positions rebelles dans le secteur d'Alep (nord).

Dimanche après-midi, "l'ennemi israélien a attaqué deux régions sécurisées (gouvernementales) de la province de Damas : le secteur de Dimas (nord-ouest) et celui de l'aéroport international de Damas", a accusé l'armée syrienne dans un communiqué diffusé à la télévision, précisant que les raids n'avaient causé que des dégâts matériels. Le ministère syrien des Affaires étrangères a indiqué dimanche soir qu'il demandait au secrétaire général Ban Ki-moon et au Conseil de sécurité de l'ONU d'imposer des sanctions contre Israël. Le ministère a qualifié ces raids de "crime atroce contre la souveraineté de la Syrie", selon l'agence de presse officielle Sana. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Dimas est un site militaire et l'aéroport de Damas est en partie civil et en partie militaire.
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