Les Maîtres du Monde
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Propaganda

La propagande, où les fondements idéologiques de la théorie de la manipulation de l'opinion publique

© Inconnu
Le présent article propose une analyse du contexte historique et des fondements idéologiques de la théorie de la manipulation de l'opinion publique élaborée par Edward Bernays. Sauf indication contraire, l'ensemble des citations entre guillemets sont extraites du Propaganda (1928), dans sa traduction française parue en 2007 aux éditions Zones/La Découverte.

La manipulation de l'opinion publique repose avant tout sur la manipulation du langage et, par là, des représentations mentales qui y sont associées. De ce point de vue, la propagande est d'autant moins une invention du XXe siècle que l'opinion publique et la presse était déterminantes en Europe depuis le XVIIIe siècle. La grande nouveauté de la « nouvelle propagande » d'Edward Bernays fut d'ériger la manipulation de l'opinion publique en une doctrine élaborée puisant aux sciences sociales et mise en œuvre dans des techniques très abouties. Son époque était extrêmement favorable à l'éclosion d'une telle doctrine, autant du fait des découvertes anthropoliques et sociologiques que du large consensus de la société américaine autour du principe de la démocratie libérale.
Laptop

La fin de l'Internet illimité commence en Europe

En Allemagne, l'opérateur O2 a annoncé la mise en place d'une politique de "fair use" (ou "utilisation équitable") sur ses forfaits d'accès à internet par ADSL, pour brider le débit des internautes qui dépassent 300 Go de données par mois. En France, des plans similaires sont dans les cartons depuis plusieurs années.

C'est une révolution, de celles qui n'émanent pas du peuple. L'opérateur O2, filiale du groupe Telefonica, a annoncé la mise en place d'un "fair use" sur ses accès à internet par ADSL à partir du 3 novembre prochain. Les abonnés devront désormais choisir entre différentes vitesses d'accès disponibles (et non plus bénéficier du meilleur débit possible sur leur ligne), et surveiller leur volume de données échangées pour ne pas risquer de voir leur accès bridé, comme c'est le cas sur les forfaits mobiles.

"Compte tenu du fait que le volume d'utilisation des données de nos clients augmente chaque année et que notre objectif est de continuer à offrir une infrastructure de haute qualité à long terme à un prix attractif, cette mesure est nécessaire", affirme l'opérateur.
Bomb

Guerre perpétuelle : la guerre contre l'EIIL va durer au moins 30 ans

Traduction Ender pour les moutons enragés

Leon Panetta représente la quintessence de l'insider. Quelqu'un qui grâce à son influence et sa respectabilité, est capable de causer d'énormes dommages à la liberté et à la prospérité de l'Amérique. En fait, vous pourriez dire que monsieur Panetta est l'un des responsables de la transformation de l'Amérique en république bananière lors de ces dernières décennies.

Pourquoi ? Parce qu'il a occupé des postes à haute responsabilité dans les différentes administrations qui se sont succédées. Il a commencé à travailler sous la présidence Nixon avant de changer de parti et d'effectuer neuf mandats au congrès dans le camp démocrate en tant que représentant de la Californie. Il est ensuite entré dans l'administration Clinton comme chef de cabinet. Plus récemment, il fut directeur de la CIA puis secrétaire à la défense d'Obama. Il s'agit d'un animal politique particulièrement doué. Il a des liens très étroits avec les Clinton, et alors qu'il critique violemment Obama dans son dernier livre, il proclame qu' Hillary Clinton serait «une grande présidente» et que « les Clinton veulent faire le boulot. »

Je suis sûr qu'ils veulent le faire, mais quel boulot, exactement ? Dans le cas de Bill Clinton, il s'agissait de démembrer le Glass Steagall Act, et de réorienter toute l'économie américaine au service de l'oligarchie financière.

Vous pensez que j'exagère ? Dans une interview récente à USA Today, nous pouvons comprendre ce que « faire le boulot » veut dire exactement pour la présidence d'Hillary Clinton : la guerre sans fin.
Stock Up

Les sept pays en développement ont devancé le G7

Un nouvel éventail de leaders s'est ébauché dans l'économie mondiale. Sept plus grands pays en développement, notamment la Russie, la Chine, l'Inde, la Turquie ont déjà devancé d'après plusieurs indices le G7 traditionnel, ont conclu les experts en s'appuyant sur les données présentées dans le compte rendu du FMI diffusé cette semaine.

Le G7 : Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Canada, Etats-Unis, France et Japon - cède ses positions. Les pays en développement les rattrapent. Bien que le Brésil, l'Inde, l'Indonésie, la Chine, le Mexique, la Russie et la Turquie ne forment pas un groupe, leur PIB réuni a devancé cette année l'indice du G7 de 3,5 billions de dollars. Ce ne sont pas les estimations classiques du PIB par habitant. On a pris pour base la parité de la capacité d'achat, explique l'expert économique Alexei Viazovski :

« La parité de la capacité d'achat est le rapport de deux ou plusieurs monnaies de divers pays établi d'après leur capacité d'achat d'un assortiment bien déterminé de marchandises et de services. L'assortiment est standardisé et les experts précisent en s'appuyant sur le cours de change de la monnaie nationale combien on peut acheter de marchandises et des services pour une somme déterminée. »
Bad Guys

Des Khmers Rouges à l'EIIL, l'impérialisme occidental façonne ses monstres

Traduction : Résistance 71

© Inconnu
Excellente analyse de John Pilger. Mettre en parallèle Pol Pot et les Khmers Rouges et l'EIIL/EI tous financés et soutenus par Washington et l'empire est très pertinent. Il est impératif de voir le documentaire de Pilger sur l'affaire Khmers Rouges qu'il traite la première fis dans son documentaire toujours interdit au pays du goulag levant: « Cambodia Year Zero ». S'il a couvert un grand nombre de sujet, il est un grand spécialiste des génocides du Cambodge et d'Indonésie, qui vit deux génocides, celui contre les communistes de Suharto dans les années 1965-66 et celui plus récent du Timor Oriental.
Résistance 71.


En transmettant les ordres de Richard Nixon pour un bombardement massif du Cambodge en 1969, Henry Kissinger déclara : "Tout ce qui vole sur tout ce qui bouge". Alors que Barack Obama initie sa 7ème guerre contre un pays musulman depuis qu'il a reçu le Prix Nobel de la Paix, l'hystérie orchestrée et les mensonges nous rendent presque nostalgiques de l'honnêteté meurtrière d'un Kissinger.
Bomb

Coopération de défense accrue entre japon et USA

© Inconnu
Pour la première fois en vingt ans le Japon et les États-Unis renforcent leur partenariat en matière de défense.

L'objectif ? Contrer l'expansion militaire chinoise et accroître le rôle du Japon dans la région, à l'heure où la Corée du Nord continue son programme nucléaire et balistique, détaille AP. Tokyo et Washington ont officialisé leur nouvelle coopération en publiant un rapport intérimaire le 8 octobre, qui actualise l'accord en vigueur depuis 1997, restrictif pour le Japon.

Pour l'Archipel, longtemps entravé en vertu de sa Constitution - pensée en 1945-1946 et qui lui interdit de développer une armée - la modernisation du partenariat militaire constitue une nouvelle « rupture », juge le site Affaires stratégiques.

Incarnant ce changement, le premier ministre, Shinzo Abe, a souligné que Tokyo pourrait maintenant soutenir un pays allié attaqué avec « la force minimale nécessaire » lorsque les intérêts vitaux du Japon sont menacés. Cet accord permettra au Japon de connaître des avancées significatives, notamment concernant les missiles, la surveillance et la sécurité maritime.

Mais Séoul jette un regard suspicieux sur ce nouveau partenariat, et craint qu'il n'ait pour conséquence « d'augmenter les tensions dans la région », et le force à choisir entre la Chine et l'alliance nippo-américaine, analyse The Hankyoreh.

Le voisin chinois ne semble pas non plus ravi, fustigeant un « pacte » aux termes « ambigus » sans manquer de rappeler « l'atrocité des crimes japonais » commis avant 1945 (Xihuanet). Malgré ces critiques, la modernisation des liens sécuritaires américano-japonais devrait être achevée d'ici à la fin 2014 et publiée dans un rapport final, conclut Voice of America.
Snakes in Suits

Quand le commissaire européen Frans Timmermans en dit juste un peu trop sur le vol MH17

© Inconnu
Le commissaire européen Frans Timmermans est un considérable politicien hollandais, c'est-à-dire un démocrate intransigeant, un moraliste rigoureux, un esprit sûr de lui qui n'est pas démuni de la suffisance propre à notre contre-civilisation occidentale ni d'une belle âme pour assurer ses vertus. Les Hollandais déploient, à cet égard, leur propre version, assurée comme l'est leur certitude d'excellence et en général exempte de doute, de l'hybris occidentaliste qui va des articles du Financial Times aux directives européennes, en passant par l'assurance que les Russes, entre Dostoïevski, Tchaïkovski et Poutine, sont une survivance dépassée et obsolète de la barbarie d'antan, qui ne mérite que mépris et haines cuits et recuits. (Comme le montre Jean-François Mattei, la modernité étendue à la postmodernité a pris soin d'instituer sa propre barbarie, dite Barbarie intérieure selon le titre de l'ouvrage qui traite du cas, ce qui permet de méditer sur l'horreur des décapitation en DVD de Daesh par comparaison à l'assassinat chic, clean et "ciblé" par drone, à partir du bureau ovale de la Maison-Blanche pour exécution à 10 000 kilomètres de là.)
Chess

Alliance Beijing-Moscou-Berlin où comment bouter Washington de l'Eurasie

Traduction : Daniel

© US News & World Report)
Le président russe Vladimir Poutine rencontre le président chinois Xi Jinping à Shanghaï en mai 2014 dans l’optique de sceller un contrat de plusieurs milliars de dollars en vue de livrer du gaz russe à la Chine.
Un spectre hante le « Nouveau siècle américain » déjà sur le déclin : la perspective d'une alliance commerciale stratégique entre Pékin, Moscou et Berlin. Appelons-la l'alliance BMB.

Cette possibilité est abordée sérieusement au plus haut niveau à Pékin et Moscou, et considérée avec intérêt à Berlin, New Delhi et Téhéran. Inutile toutefois d'en parler dans les officines de Washington ou au quartier général de l'Otan à Bruxelles, où l'on n'en a que pour l'étoile de l'heure et de demain, le nouveau Oussama ben Laden qu'est devenu le calife Ibrahim, alias Abou Bakr al-Baghdadi, l'insaisissable prophète coupeur de têtes d'un nouveau mouvement et mini-État aux acronymes divers (EIIL, EIIS, EI, Isis, Daesh) utilisés par les hystériques de Washington et d'ailleurs.

Washington a beau remixer sa Guerre mondiale contre le terrorisme tant qu'il lui plaira, il n'en demeure pas moins que les plaques tectoniques eurasiatiques continuent de bouger et que ce mouvement ne s'arrêtera pas juste parce que les élites américaines refusent d'accepter [1] que leur petit moment unipolaire dans l'histoire du monde s'achève. Pour eux, la fin de l'ère de la domination tous azimuts, comme le Pentagone se plaît à l'appeler, est tout simplement inconcevable. Il faut dire que cette volonté du pays indispensable à vouloir contrôler tout l'espace (militaire, économique, culturel, virtuel et intersidéral) se rapproche sérieusement de la doctrine religieuse. Les missionnaires de l'exceptionnalisme n'acceptent pas l'égalité. Au mieux, ils forment des « coalitions de volontaires » pour lutter contre l'EIIL/EIIS/EI/... regroupant plus de 40 pays [2], qui applaudissent (et conspirent) en coulisse, ou qui envoient un avion ou deux en Irak ou en Syrie.
Chess

La stratégie russe à une double déclaration de guerre

Traduction : Goklayeh

© Inconnu
Entre l’OTAN et l’Ukraine
En écoutant d'abord Porochenko, il y a quelques jours, puis Obama à l'Assemblée générale des Nations Unies, impossible d'avoir encore le moindre doute sur le fait que l'Empire anglo-sioniste est en guerre avec la Russie. Pourtant, beaucoup de gens croient que la réponse russe à cette réalité est insuffisante. De même, on constate qu'un flux constant d'accusations sont portées contre Poutine au sujet de la politique de la Russie face à la crise en Ukraine. Ce que je me propose de faire ici, c'est d'offrir quelques rappels de base sur Poutine, sur ses obligations et sur les options qui s'offrent à lui.

Tout d'abord, Poutine n'a jamais été élu pour être le gendarme ou le sauveur du monde ; il n'a été élu que pour être président de la Russie. Cela semble évident, et pourtant il est encore bien des gens pour penser que Poutine serait en quelque sorte moralement obligé de faire quelque chose afin de protéger la Syrie, la Novorussie ou toute autre partie de notre monde harcelé. Ce n'est pas le cas. Oui, la Russie est le leader de facto des BRICS et des pays de l'OCS, et la Russie accepte ce fait, mais c'est de ses propres compatriotes que Poutine a l'obligation morale et légale de prendre soin en premier lieu.
Bad Guys

L'Europe se prépare à un hiver glacial

Traduit par Pascale Geniès pour Réseau International


La Bérézina sous les pinceaux de J. Suchodolski, 1866
Napoléon en a fait l'expérience en 1812, Hitler en 1941. L'oligarchie de l'Union Européenne apprendra-t-elle la même leçon en 2014 ? Une leçon qui consiste à comprendre que les entreprises belliqueuses envers l'ours russe se paient d'un prix considérable, surtout quand les belligérants agissent avec ce qui ressemble à de l'aveuglement et sans une once de saine réflexion.

La semaine dernière, les leaders européens à Bruxelles ont fait le choix de ne pas lever les sanctions commerciales imposées à la Russie. Ces sanctions avaient été appliquées après que le référendum en Crimée de mars 2014 ait conduit à la réunification de la péninsule méridionale de l'Ukraine avec la Russie.

Comme Washington, Bruxelles a accusé la Russie d'avoir agressé l'Ukraine et annexé la Crimée, ignorant soigneusement le fait que le peuple de ce pays s'était prononcé à une énorme majorité en faveur de l'entrée dans la Fédération russe, et ce en protestation contre le coup d'état illégal qui, avec l'aide de l'Union Européenne et de Washington, avait porté au pouvoir à Kiev, le mois précédent, la junte fasciste.

La semaine dernière, l'élite bureaucratique bruxelloise a justifié sa décision de maintenir les sanctions par le fait que la Russie ne se montrait pas assez diligente dans les négociations pour parvenir à un cessez-le-feu à l'est de l'Ukraine. Un peu plus tôt cette même semaine, la chancelière allemande Angela Merkel avait dit qu'il était « impossible de lever les sanctions » en raison des combats sporadiques continuels entre les forces militaires de Kiev et les milices ethniques russes.
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