Les Maîtres du Monde
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Che Guevara

Evo Morales, où quand la Bolivie se redresse petit à petit et se libère du joug étasunien

© Inconnu
Les élections du 12 octobre prochain devraient voir sans surprise la réélection du président sortant, Evo Morales Ayma, avec une large avance sur son opposant principal, l'homme d'affaires Samuel Doria Medina, le Capriles bolivien, soutenu par l'élite conservatrice et les États-Unis. Pourtant, rien ne prédestinait cet éleveur de coca à un tel destin...

Depuis 1998 et l'élection d'Hugo Chavez à la tête du Vénézuéla, l'Amérique Latine a entamé un cycle de révolutions démocratiques qui ont balayé les derniers vestiges mortifères du néolibéralisme. Du Nicaragua à l'Argentine en passant par L'Equateur, des politiques économiques et sociales ambitieuses ont permis aux classes populaires de retrouver leur dignité. Et parmi ces pays, la Bolivie fait office de nation pionnière en termes de réduction de la pauvreté, de lutte contre l'analphabétisme ou encore d'indépendance économique.

Les élections du 12 octobre prochain devraient voir sans surprise la réélection du président sortant, Evo Morales Ayma, avec une large avance sur son opposant principal, l'homme d'affaires Samuel Doria Medina, le Capriles bolivien, soutenu par l'élite conservatrice et les États-Unis. Pourtant, rien ne prédestinait cet éleveur de coca à un tel destin...
Bad Guys

Affreux américains? Horrible et impardonnable Europe!

© Inconnu
Un grand nombre d'intellectuels nord-américains sont toujours amoureux de tout ce qui est européen, et en particulier du « système social » européen ou de la « culture européenne ».
Il s'agit là d'une obsession morbide et honteuse, en grande partie fondée sur un désir désespéré de continuer à croire que ce n'en est pas fini de l'Occident, pas encore, et qu'en de nombreux domaines, il demeure supérieur au reste du monde. L'Europe est décrite comme quelque chose « d'unique » et de différent des États-Unis, quelque chose qui mériterait l'admiration... au moins pour son passé et sa nature profonde.


Bien sûr, ce n'est jamais de cette façon qu'on la met en avant ou qu'on la définit, mais cette croyance (oui, cela ressemble beaucoup à de la foi religieuse) implique de façon indirecte qu'il est légitime pour l'Occident (ou en tout cas une grande partie de l'Occident) de continuer à dominer l'ensemble de la planète. Il est clair que de nombreux hommes et femmes de gauche d'Amérique du Nord croient réellement en « l'exceptionnalisme » occidental, pas celui des États-Unis, mais celui de l'Europe.

Les intellectuels eurocentriques nord-américains nous expliquent de façon détournée, ou même directement, que les USA sont une sorte de hors-la-loi en train de faire dérailler ce merveilleux, ce glorieux, ce séculaire processus culturel européen et sa quête de l'égalitarisme. L'Europe est souvent décrite comme ce qui contraste avec les États-Unis, ou leur opposé, l'opposé de leur égoïsme brutal et de leur capitalisme débridé... Telle est la réalité décrite par de très nombreux films, livres et essais progressistes.
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L'industrie chimique évalue le risque des pesticides... qu'elle produit elle-même

© Philippe Huguen / AFP
Épandage de pesticides sur un champ de pommes de terre à Godewaersvelde, dans le Nord de la France, en mai 2012
La réglementation européenne exige que toutes les études existantes soient prises en compte pour évaluer les risques d'un pesticide avant sa mise sur le marché. Pourtant, les études indépendantes de l'industrie chimique sont ignorées dans cette évaluation. La "fiabilité" des études scientifiques est notée selon un barème établi par l'industrie elle-même. Principale conséquence, selon les ONG écologistes, la toxicité de certains pesticides continue d'être ignorée.

Une étude réalisée par l'ONG européenne Pesticides Action Network (PAN) et l'association française Générations futures montre "l'hypocrisie à l'œuvre" dans les évaluations des risques des pesticides avant leur mise sur le marché. Institutions européennes, États membres et industriels ignorent les travaux issus de la recherche publique et ce, malgré la réglementation européenne en place.

Les études de toxicité financées par les industriels ont longtemps été les seules utilisées pour arbitrer les conditions de la commercialisation des produits. Mais depuis 2009, le règlement européen sur les pesticides exige que toutes les études existantes soient prises en compte. Cette mesure votée par le Parlement européen cherchait à faire de la place aux travaux de la recherche publique, universitaires compris, dans l'évaluation des risques.

Commentaire: Quelques liens supplémentaires :

- Déclin des oiseaux lié aux néonicotinoïdes
- Pesticides sur les champs de thé : les éléphants, les oiseaux, et le bétail empoisonnés
- Disparition des insectes, une catastrophe silencieuse
- Le déclin massif des insectes menace l'agriculture
- Pesticides : une contamination généralisée de l'environnement
- Les grandes firmes minimisent de 2 à 1500 fois la toxicité de leurs pesticides

Eye 1

L'Otan derrière le plan Erdoğan

Revenant à son plan initial, à la demande du président Erdoğan, Washington s'apprête à créer, illégalement, une zone de non-survol au dessus du nord de la Syrie. Ce plan, jadis appliqué en Irak, permettrait de poser les jalons pour un futur démembrement du pays.

Il s'est formé « underground » dans les deux dernières années, en profitant du « chaos de la guerre civile en Syrie » : voilà comment le président Obama reconstruit dans une interview à 60 Minutes la genèse de l'Émirat Islamique, en disant l'avoir « sous-estimé » et avoir « surestimé » la capacité de l'armée irakienne de le combattre. Raison pour laquelle les États-Unis « reconnaissent que la solution est en train de devenir militaire ».

Obama fait ainsi d'une pierre deux coups : d'un côté il assume la fausse faute d'avoir sous-évalué l'ÉI, mais pas celle, réelle, d'en avoir facilité le développement en armant et infiltrant des groupes islamistes en Syrie et en Irak, de l'autre il présente l'image d'une administration aux mains propres obligée aujourd'hui d'avoir recours à la force militaire pour protéger de l'ÉI les civils syriens, kurdes et irakiens.
Cloud Lightning

Avis de tempête en Iran

Les initiatives du nouveau président iranien, cheikh Hassan Rohani, se sont largement écartées de la ligne anti-impérialiste de l'imam Khomeiny. Il semble que le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui avait favorisé l'élection de Rohani, ait décidé aujourd'hui de saboter l'accord qu'il a secrètement négocié avec les États-Unis et l'Union européenne. Washington ne l'entend pas de cette oreille et prépare son « plan B ».


Pour Ali Shariati, le penseur de la Révolution iranienne, tout musulman se doit d'être révolutionnaire et tout authentique révolutionnaire doit être considéré comme musulman, quelque soit sa religion. Dès lors, l'appellation « République islamique d'Iran » peut être comprise comme « République révolutionnaire d'Iran » ; une interprétation contre laquelle lutte le représentant de la faction pro-US du clergé chiite, cheikh Hassan Rohani.
Le projet de cheikh Hassan Rohani

Depuis la Révolution khomeiniste, l'Iran soutient tous les mouvements anti-impérialistes du Proche-Orient, quelle que soit la religion de leurs membres. Cependant, cette politique a été vivement contestée par la « Révolution verte » de 2009. À l'époque, le candidat « moderniste », Mirhossein Moussaoui, déclarait durant sa campagne électorale que, tout en saluant la Résistance du Hamas et du Hezbollah, ce n'était pas aux Iraniens de payer pour leur armement, ni pour la reconstruction de la Palestine et du Liban. Une fois élu, en 2013, le nouveau président cheikh Hassan Rohani intriguait les commentateurs en brandissant une clé et en laissant entendre qu'il mettrait le Trésor iranien au service de son peuple plutôt que de le consacrer à financer de hasardeux mouvements de Résistance dont certains ne sont pas même chiites. Toutefois, le peuple iranien n'accordait que peu d'importance à cette polémique, qu'il considérait à tort comme de la politique politicienne.

Lors de son élection, cheikh Rohani soulevait un vaste espoir dans son pays, les électeurs étant persuadés qu'il parviendrait à un accord avec les États-Unis et l'Union européenne qui mettrait fin aux « sanctions » et améliorerait leur pouvoir d'achat. Aujourd'hui, l'Iran a retrouvé la possibilité de vendre son pétrole sur le marché international et dispose donc de devises étrangères. La monnaie nationale, le rial, est désormais stabilisée.

On en arrive maintenant au dénouement : cheikh Rohani a négocié en secret un accord avec Washington et Bruxelles qu'il devrait rendre prochainement public [1]. Et cet accord va beaucoup plus loin que les propos de Mirhossein Moussaoui, il y a cinq ans. Il s'agit, ni plus, ni moins, que de faire basculer l'Iran dans le camp occidental, malgré sa récente entrée dans l'Organisation de coopération de Shanghai.
Bomb

L'armée française déploie ses troupes près de la Libye

La France déploie ses troupes stationnées au Niger pour les mettre en position d'intervention en territoire libyen.

Les islamistes armés libyens inquiètent beaucoup de monde. La diplomatie algérienne fait des pieds et des mains pour ouvrir un canal de dialogue entre les différentes parties en guerre depuis l'été dernier. Quant à la France, elle donne les signes d'un prochain mouvement de ses troupes mobilisées dans le cadre de l'opération Serval au Mali et celles stationnées au Niger pour faire face aux menées des brigades djihadistes qui écument le Fezzan.

Gendarme de l'Afrique, la France ? Oui. L'ancien colonisateur revient avec armes et bagages avec la montée des mouvements djihadistes. En effet, l'armée française est en train d'établir une base dans le nord du Niger dans le cadre d'une opération visant les activistes liés à Al Qaïda qui évoluent dans la zone sahélo-saharienne, du sud de la Libye à la Mauritanie, a-t-on appris de source autorisée. Trouvant prétexte du chaos qui règne en Libye, la France entend mettre en place un rideau sanitaire pour protéger le Sahel d'un retour en force des djihadistes. Pour le Niger, la France a de gros intérêts à défendre avec les mines qu'exploite la société française Areva depuis un paquet d'années.

La France a pris l'initiative militaire pour repousser les islamistes dans la région. Car la chute de Mouammar Kadhafi a permis à de nombreux groupes djihadistes de se réarmer dans les armureries de l'ancien dictateur libyen, ce qui fait de ces groupes constituent un réel danger pour des régimes aussi fragiles que le Niger aujourd'hui et le Mali il y a deux ans.
Dollar

L'euro va-t-il entrer dans le jeu de la dédollarisation ?

Nous avons plusieurs fois souligné que les projets de dédollarisation envisagés au sein des pays du groupe BRICS ne prendraient tout leur sens que si les pays de l'eurogroupe, c'est-à-dire les pays utilisateurs de l'euro, s'y joignaient. Ainsi pourrait s'édifier la première phase d'un euroBRICS, dont la constitution, au sens strict, changerait la face du monde. La domination du dollar, sous-tendant celle des États-Unis, pourrait commencer à perdre de son influence.
Or selon un article de Blomberg [1], groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l'information économique et financière, l'euro devrait rejoindre prochainement le groupe des monnaies directement échangeables en yuan (monnaie chinoise) à Shanghai, après les dollars américain, australien et néo-zélandais, la livre et le yen. Le yuan est la septième monnaie en importance utilisée pour les échanges financiers internationaux. L'arrivée de l'euro marquera un grand pas dans l'internationalisation du yuan, en diminuant sensiblement les coûts de transaction. L'euro et le yuan devraient en bénéficier conjointement, ainsi que leurs échanges avec le reste du monde.

En quoi, dira-t-on, s'agira-t-il, d'un nouveau pas dans la dédollarisation ? Simplement parce que les opérateurs ayant recours à l'euro-yuan dans leurs échanges, par exemple pour les ventes d'Airbus en Chine, n'utiliseront plus le dollar. Ils échapperont ainsi aux fluctuations de cette monnaie, découlant en partie des stratégies politiques ou économiques de Washington.

Nous n'avons pas à notre niveau confirmation de l'exactitude des propos de Blomberg. Il serait douteux cependant qu'il s'agisse d'un simple bruit destiné à provoquer des mouvements spéculatifs sur les cours. Affaire à suivre donc.
Snakes in Suits

« L'art de la guerre » : Hong Kong, sous les parapluies

Washington a débuté le plus vaste mouvement de déstabilisation de la Chine depuis la tentative de coup d'État pro-US de Zhao Ziyang (présentée en Occident comme le « mouvement démocratique » de Tienanmen). Sa cible est Hong Kong car ce territoire est le seul de Chine populaire accessible sans visa. Manlio Dinucci revient ici sur les grosses ficelles de la NED.

Face à l'« Umbrella Revolution » (définition made in USA), le gouvernement britannique se dit « préoccupé » qu'à Hong Kong soient garantis « les droits fondamentaux et les libertés fondamentales ».

Londres à ce sujet peut donner des leçons.

Au 19ème siècle les Anglais, pour pénétrer en Chine, ont recours au commerce de l'opium qu'ils apportent de l'Inde, en provoquant d'énormes dommages économiques et sociaux. Quand les autorités chinoises confisquent et brûlent à Canton l'opium emmagasiné, les troupes anglaises interviennent en obligeant le gouvernement à signer en 1842 le Traité de Nankin, qui impose notamment la cession de Hong Kong à la Grande-Bretagne. Depuis lors jusqu'en 1997 Hong Kong est colonie britannique, sous gouvernorat envoyé de Londres. Les Chinois sont exploités par les monopoles britanniques et ségrégués, exclus même des quartiers habités par des Britanniques. Des grèves et des rébellions sont durement réprimées. Après la naissance de la République populaire en 1949, Pékin, tout en revendiquant la souveraineté sur Hong Kong, l'utilise comme porte commerciale, en en favorisant le développement.
Bad Guys

Traité transatlantique pour les nuls, en vidéo


Un vaste accord de libre-échange est en cours de négociation entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Négocié en toute opacité, celui-ci comporterait de nombreux dangers pour les normes sociales, environnementales et sanitaires. Il représente aussi une menace démocratique dans la mesure où il permettrait aux multinationales de poursuivre les Etats devant des tribunaux d'arbitrage privé. Cette vidéo fait état des menaces que représente le projet de traité transatlantique (TAFTA).
Snakes in Suits

Simulacres de démocratie avec la consultation européenne sur le Traité Transatlantique

© Inconnu
Dotée de considérables budgets de communication - qui, eux, ne sont pas amputés par des mesures d'austérité - la Commission européenne part du principe que si un débat public est organisé au niveau européen sur un sujet donné, il ne saurait avoir d'autre conclusion que la validation de ses propres positions.

S'il y a le moindre risque, pas de débat. On en a eu un exemple significatif avec la gestion des critiques des adversaires du projet de traité visant à instituer un Grand marché transatlantique (GMT ou TAFTA ou TTIP ou PTCI ) [1] entre l'Union européenne (UE) et les États-Unis.


Le PTCI s'annonce comme le plus sensible des problèmes qu'aura à traiter la nouvelle Commission européenne dès sa prise de fonctions dans le 1er novembre. Vu l'ampleur des oppositions qu'il soulève, il rappelle le Traité constitutionnel européen (TCE) rejeté par les électeurs français et néerlandais en 2005, ce qui aurait dû l'enterrer définitivement. Mais, par une démarche s'apparentant à une véritable forfaiture, son contenu avait été repris pratiquement à l'identique dans le traité de Lisbonne de 2007 [2]. C'est pour tenter d'éviter la répétition de ce scénario que le collège bruxellois a décidé d'engager une action de relations publiques de grande ampleur, sans envisager une seconde qu'elle pouvait avoir un effet boomerang. Il l'a fait dans le cadre des dispositions du traité de Lisbonne qui, sur un thème qu'elle choisit, autorisent la Commission à procéder à « de larges consultations des parties concernées » [3].
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