Enfant de la Société
Carte

Propaganda

Propagande climatique : Citius, Altius, Fabius

Image
© Inconnu
Jusqu'où iront-ils ? Alors qu'il reste encore sept mois avant la conférence Paris Climat 2015, les compétiteurs du climathon semblent déjà lancés sur un rythme de sprint. La foule des prétendants à un accessit se fait toujours plus nombreuse, avec des réalisations de propagande climatique de plus en plus débridées.

Le jury a tout d'abord la joie de constater que le magazine Le Point, loin de se reposer sur ses lauriers de la semaine dernière, continue au contraire sur sa lancée propagandiste en informant ses lecteurs d'une millionième milliardième nouvelle initiative intéressante et originale, celle de la toute nouvelle « Ligue pour la Terre », qui proclame de façon novatrice que « 2015 est une année critique pour l'humanité », que la conférence de Paris en décembre est celle « de la dernière chance » et encore que ses « études montrent qu'on peut y arriver, pour un coût modeste, et avec une amélioration significative de la qualité de la vie ». Ultime espoir pour la Terre, demain on rasera gratis... un bien beau revival des meilleurs sketchs plus belles propositions qu'on avait presque oubliées depuis le désastre les efforts courageux menés lors de la conférence climat de Copenhague. C'était en 2009. Le temps passe, les bonnes vieilles ficelles demeurent.

Handcuffs

Société en délire : fichage ADN des déjections canines...

Image
© THOMAS WIRTH
Une personne effectue, le 28 septembre 2002, à Strasbourg, une démonstration de ramassage d'excrément canin lors d'un stage de sensibilisation à la nécessité de ramasser les crottes des chiens, organisé par la Communauté urbaine de Strasbourg
Une commune britannique expérimentera dès cet été une méthode originale pour traquer les propriétaires s'abstenant de ramasser les déjections de leur animal. Pour accéder aux parcs de la ville, ces derniers devront être répertoriés dans un fichier ADN.

C'est a priori une première en Europe. Une ville du grand Londres au nom prédestiné de Barking (aboyer, en anglais) a décidé de créer une base de données ADN des chiens, pour mieux traquer les propriétaires indélicats qui omettraient de ramasser leurs déjections dans les parcs et autres lieux publics.

Bizarro Earth

Des milliers de morts dans le séisme au Népal, pays devenu le centre de rivalités géopolitiques croissantes

Plus de 4000 personnes sont mortes et plus de 7500 blessées suite à un séisme majeur qui a frappé le Népal samedi dernier, juste avant midi, heure locale. Le nombre de morts est susceptible d'augmenter encore fortement à mesure que des corps sont extraits des décombres et que les équipes de secours commencent à atteindre les villages reculés actuellement coupés du monde. Des dizaines de milliers de personnes sont sans abri et la plupart des gens vivent dehors par crainte de nouvelles répliques. 30 des 75 districts du pays ont été touchés.

Le séisme a atteint une magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter et son épicentre était situé à environ 80 kilomètres à l'ouest de la capitale népalaise Katmandou. Douze répliques se sont produites pendant la seule journée de samedi ainsi qu'un autre séisme important de magnitude 6,7 dimanche.

Le séisme a été ressenti jusque dans la capitale indienne New Delhi et a fortement touché les Etats du Bihar et de l'Uttar Pradesh dans le nord de l'Inde où 58 personnes sont mortes. Au Bangladesh, deux personnes ont été tuées dans la capitale Dhaka et dans le district de Pabna dans le nord-ouest du pays. L'onde de choc a également été ressentie au Pakistan et dans les régions avoisinantes de la Chine.

Bomb

Baltimore : émeutes, garde nationale et couvre-feu

Image
© Reuters
Les manifestants ont jeté des pierres et d'autres objets en direction des forces de l'ordre munies de boucliers anti-émeute. Ils ont brûlé des voitures de police, pillé puis incendié un supermarché.
Les autorités du Maryland ont annoncé lundi soir le déploiement massif de la garde nationale et imposé un couvre-feu nocturne pour ramener le calme à Baltimore, théâtre de violences et de pillages qui ont éclaté peu après les obsèques d'un jeune Afro-Américain.

« Trop de gens ont passé des générations à bâtir cette ville pour qu'on la laisse détruire par des voyous », a affirmé la maire de la ville, Stephanie Rawlings-Blake, lors d'une conférence de presse. Les violences, circonscrites dans un quartier du nord-ouest de la ville, ont fait 15 blessés parmi les policiers, dont deux ont dû être hospitalisés, et mené à 27 arrestations. Un couvre-feu va être instauré chaque nuit à compter de mardi à 22h00 locales jusqu'à 05h00 du matin, et ce pendant une semaine, a également annoncé la maire.

La garde nationale, qui est une force paramilitaire, va faire l'objet d'un déploiement « massif », a confirmé lors d'une autre conférence de presse la générale de cette force, Linda Singh. Un responsable de la police du Maryland a indiqué en outre que l'État avait requis jusqu'à 5500 hommes supplémentaires en renfort. Le gouverneur du Maryland, Larry Hogan, avait déclaré un peu plus tôt l'état d'urgence « pour restaurer l'ordre » dans cette ville de 620 000 habitants située à une soixantaine de kilomètres de la capitale fédérale.

Bad Guys

Noam Chomsky : « nous courons vers un précipice »

Image
© Inconnu
Il est l'un des plus grands intellectuels du monde, auteur prolifique et anarchiste autoproclamé. A 86 ans l'âge ne semble pas le ralentir. Il combat toute une série d'injustices, avec l'Occident en général dans sa ligne de mire.

Noam Chomsky : une vie de militant

- Noam Chomsky est né le 7 décembre 1928 à Philadelphie, États-Unis
- Il a commencé à travailler à l'Institut de Technologie du Massachusetts en 1955
- Il est un éminent linguiste, philosophe et militant politique
- Son travail dans les années 50 a révolutionné le domaine de la linguistique
- Il se fait connaître pour son activisme contre la guerre du Vietnam
- Il s'oppose aux élites dirigeantes et est devenu une critique acerbe de la politique étrangère américaine et occidentale
- Il a écrit des centaines de livres

Noam Chomsky nous a reçus dans son bureau à l'Institut de Technologie du Massachusetts (le 17 avril 2015).

Stock Down

Rêve américain : « je travaille comme cuisinier au Sénat américain et j'ai besoin des coupons alimentaires pour survivre »

Image
« Je travaille comme cuisinier au Sénat américain où je prépare quotidiennement les repas des grands de ce monde, incluant un certain nombre de sénateurs qui ont posé leur candidature pour la présidence, mais je ne parviens pas à joindre les deux bouts, et j'ai besoin des coupons alimentaires du gouvernement américain pour nourrir mes enfants.

Je suis un père célibataire de deux enfants et je gagne seulement 12 dollars de l'heure (..). Mais même en travaillant 7 jours sur 7, cumulant 70 heures par semaine avec mes deux emplois, je ne parviens pas à payer le loyer, les fournitures scolaires pour mes enfants ou même mettre de la nourriture sur la table. Je n'aime pas l'admettre, mais j'ai besoin des coupons alimentaires pour que mes enfants ne se couchent pas affamés le soir. »
Cet extrait est tiré de la lettre ouverte écrite par Bertrand Olotara, qui travaille comme cuisinier au Sénat américain, et qui a été publiée par le journal britannnique The Guardian.

«Aujourd'hui, je n'irai pas au travail, parce que je veux que les candidats à la présidence savent que je vis dans la pauvreté. Beaucoup de sénateurs traversent le pays en donnant des discours sur «la création d'opportunités» pour les travailleurs, et aider nos enfants à réaliser le «rêve américain», mais la plupart ne semblent pas voir ou se soucier que dans les locaux où ils travaillent, des travailleurs doivent se battre pour survivre. (...)

Pourtant, je fais tout ce que nos politiciens nous recommandent de faire pour faire progresser ma situation et m'y maintenir : je travaille dur et je respecte les règles du jeu ; j'ai même obtenu un diplôme et travaillé pendant 5 ans en tant que professeur remplaçant. Mais j'ai été licencié, et maintenant je suis coincé, essayant de joindre les deux bouts avec des emplois sans avenir. (...)

Propaganda

Loi sur le renseignement : l'affaire Sid Ahmed Ghlam qui tombe à pic

Image
© Inconnu
Ainsi, donc, si l'on en croit les très évitables chaînes télévisées d'information en continu, auxquelles il faut ajouter, en l'occurrence, France-Info d'ordinaire mieux inspirée, la France aurait évité une nouvelle vague d'attentats meurtriers, et cela, bien sûr, grâce au sang-froid du premier ministre, dont la propension à sauter dans tous les trains en marche pour justifier un état ultra-sécuritaire confine à un mimétisme saisissant avec Nicolas Sarkozy. Champ libre lui a été laissé par François Hollande, « Monsieur Un-discours-par-jour », qui feint de regarder d'autres horizons pour tenter d'oublier sa propre déconfiture.

Le suspect arrêté, Sid Ahmed Ghlam, aurait laissé « un véritable arsenal » dans son véhicule et son appartement. La débauche de détails laisse un peu sceptique et rappelle étrangement ceux donnés par la presse allemande (de l'ouest à l'époque) pour justifier le suicide de deux des membres de la bande à Baader en prison, au milieu des années 1970. Dans les cellules respectives la police allemande aurait découvert aussi « un véritable arsenal », pour un peu, comme Le Canard Enchaîné avait ironisé à l'époque, on aurait retrouvé un AMX 30 dans ces mêmes cellules. Si l'on veut bien admettre que le suspect en question est un égaré socio-politique, qui, dans l'immédiat, relève du droit commun, comment peut-on affirmer avec certitude que cet individu s'apprêtait à organiser des massacres de grande envergure dans des églises et qu'il était une menace pour l'ordre public? A lire à ce sujet l'excellent billet de l'édition Prendre le Droit au Sérieux, Polices &Co.

Commentaire: Complétons ce qui précède par ce qui suit :

Un attentat a-t-il été déjoué ? Ou lorsque la réalité rejoint la fiction

La presse se fait largement l'écho des envolées du Premier Ministre et du Ministre de l'Intérieur selon lesquelles nous aurions échappé de peu à un carnage perpétré dans une église par Sid Ahmed Ghlam.

En clair, elle joue à se faire peur et à nous faire peur en relayant leur propos.

Mais sur quoi reposent ces informations ? Sur un dossier auquel personne, hors mis les fonctionnaires de police et le Procureur de la République, n'a encore accès. En tout cas, sur une enquête qui n'a encore rien démontré.

Aurait-il reçu des messages de Syrie lui enjoignant de commettre ces actes et quand bien même aurait-on retrouvé des armes à son domicile ou dans sa voiture que cela ne changerait rien.

Car il y a tout de même un gouffre entre le commencement d'exécution, qui caractérise la tentative, et le seul projet même concrétisé par des actes préparatoires, qui ne peut que qualifier le délit d'association de malfaiteurs.

Un attentat aurait été sans doute déjoué s'il avait été interpellé armé sur le parvis d'une église à l'heure de la sortie de la messe, dans la mesure où son intention aurait, alors, été matérialisée par des actes univoques, donc susceptibles d'une seule interprétation. Encore que la discussion soit encore possible à ce stade.

Le journal Libération, dans son édition du 23 avril, ne s'y est pas trompé en titrant, avec le conditionnel qui sied : « Le suspect de Villejuif aurait projeté d'attaquer des églises ». L'aurait-il fait ? Se serait-il ravisé ? Peut-être. On ne le saura jamais et c'est heureux.

Pourquoi alors cette dramatisation, cette extrapolation ? Pour permettre l'adoption plus aisée encore de la loi renseignement ? Sans doute. Pour enliser le peuple dans ce sentiment délétère d'insécurité et s'assurer plus encore de sa soumission ? Probablement.

Il est certain en revanche que lorsqu'une société en est à tenir pour établi ce qui n'est encore qu'un dessein, situation prophétisée par Steven Spielberg dans son film 'Minority Report', elle risque bien de verser irrémédiablement dans l'arbitraire et, finalement, le chaos.


The Lawyer.


Che Guevara

Le Salvador connaît des récoltes records après avoir banni le Roundup de Monsanto

Le Salvador a tourné le dos aux grandes multinationales semencières et aux phytosanitaires pour favoriser la culture de graines locales. Depuis, le système agricole du pays aurait gagné en durabilité et en productivité.
© Inconnu
En septembre 2013, le Salvador votait l'interdiction de 53 produits phytosanitaires à usage agricole. Parmi eux, ce grand pays producteur de café, coton, maïs et canne à sucre retirait du marché le Roundup (glyphosate), désherbant vedette de Monsanto, récemment classé "cancérogène probable" par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Pour protéger le patrimoine semencier salvadorien et assurer la production agricole, le gouvernement de l'ancien président Mauricio Funes lançait en 2011 le Plan pour l'agriculture familiale (FAP). À destination de quelque 400 000 familles d'exploitants, ce plan visait à revaloriser les semences locales et émanciper les petits producteurs des industriels des biotechnologies et de leurs OGM.

En crise, le système agricole était majoritairement dépendant des semences hybrides commercialisées par Monsanto, Pioneer et consort. Avant la mise en œuvre du FAP, 75 % du maïs et 85 % des haricots étaient importés selon le site d'information The Seattle Globalist. Et les plantes cultivées sur le territoire étaient majoritairement issues de graines OGM stériles, non adaptées aux territoires et à leurs particularités, forçant le recours aux intrants chimiques. Réaffirmant sa souveraineté alimentaire, le gouvernement a donc décidé de rompre avec les industries semencières internationales pour favoriser les graines locales.

Handcuffs

Liberté d'expression, transformée en tyrannie judiciaire

Image
© Inconnu
Palais de justice de Paris
La schizophrénie gouvernementale atteint un tel sommet que l'on en vient légitimement à s'interroger sur notre sécurité juridique.

Le 11 janvier, le premier ministre nous convoquait à une « marche républicaine » en faveur de la « liberté d'expression » où le crayon de Charlie fut érigé en symbole national. Dès le lendemain cependant, le ministre de la Santé n'hésitait pas à ordonner, sur injonction du lobby féministe, la censure d'une fresque de salle de garde hospitalière furieusement semblable aux dessins de Wolinski. Puis l'on vit de jeunes fanfarons se faire expédier au tribunal et lourdement condamner pour des propos bravaches érigés en délits d'« apologie du terrorisme » par des magistrats fébriles.

Pis encore, le Premier ministre nous annonça soudain vouloir ériger « la lutte contre le racisme et l'antisémitisme » en cause nationale au moyen d'un projet de loi aggravant encore l'arsenal pénal accumulé depuis plusieurs décennies et qui a multiplié les délits d'opinion punis de peine d'emprisonnement dans le droit de la presse. Rendre hommage à Charlie en renforçant la censure relève de la pure aberration.

Eye 1

Loi sur le renseignement : « Il ne s'agit pas de renoncer à nos libertés », mais quand même un peu

Image
© Inconnu
Sarkozy demande aux Français "un effort" pour renoncer à des libertés.

"Je crois qu'il faut accepter cette idée simple que dans la période de véritable guerre vis à vis d'un certain nombre d'individus prêts à tout contre notre société et notre civilisation, il faut accepter que la sécurité prime sur un certains nombre d'autres règles" (comprendre libertés), a indiqué l'ancien chef de l'État en s'exprimant sur le projet de loi Renseignement, après l'annonce très appuyée de l'arrestation d'un jeune homme qui aurait projeté de commettre des attentats contre une ou deux églises en France.

"Il ne s'agit pas de renoncer à nos libertés", a-t-il ajouté alors que c'est précisément ce que demandent certains cadres de l'UMP. "Mais il y a un effort à faire. Chacun peut bien le comprendre". Un effort pour quoi, si ce n'est précisément pour renoncer à des libertés telle que la vie privée ?

Commentaire: Novlangue, mensonges et contorsions sémantiques pour arriver à nous faire accepter que le noir n'est pas noir, mais blanc. Une confirmation supplémentaire que le système politique actuel est en guerre, ni plus, ni moins, contre nos esprits, notre bon sens, notre capacité de réflexion, eux-mêmes garants d'une bonne partie de notre santé mentale.