Enfant de la Société
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Family

Contre la capitulation et l'abolition de l'homme

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Certains livres vous tombent dessus comme un météore dont l'impact n'est que lumière. C'est ainsi qu'au détour d'un échange avec un éditeur Suisse installé à Paris, j'ai entendu parler pour la première fois de « L'abolition de l'homme », un bouquin fulgurant, d'une actualité sidérante, pourtant écrit durant la Seconde guerre mondiale par l'auteur irlandais C.S. Lewis (1). L'écrivain y démontre que le rejet de toute morale universelle, le subjectivisme absolu de notre modernité en somme, a conduit notre civilisation à remplacer l'éducation des individus par leur «conditionnement» à des valeurs détachées du réel et qui, à terme, conduisent à la « capitulation de la Nature humaine » au profit d'une élite de surmorts (2). L'occasion idéale d'un épisode VI donc, à notre série «De la bataille contre le Système» (3)...

De Orwell à Huxley

Dans son roman « 1984 », Orwell avait imaginé un État totalitaire s'imposant par la violence, la surveillance, la manipulation de la langue et le contrôle des médias. Dans son « Meilleur des mondes » (4), Huxley avait quant à lui eu l'intuition que le totalitarisme auquel aboutirait fatalement le capitalisme dans sa version ultime serait un totalitarisme dans lequel, ivres de consommation et gavés de divertissements (5), les esclaves auraient « l'amour de leur servitude ».
Aujourd'hui, nous constatons que la réalité qui s'impose peu à peu se situe exactement entre les deux : surveillance, Novlangue et contrôle des médias pour tous ; « amour de la servitude » pour ceux que le Système a correctement formatés et, lorsque la situation l'exige (et elle l'exigera toujours davantage à mesure qu'il deviendra impossible de satisfaire aux désirs des masses), violence et répression pour les récalcitrants.
Books

La Russie veut lancer un Wikipedia alternatif plus fiable et plus objectif

L'encyclopédie en ligne Wikipédia n'est pas assez « détaillée et fiable » en ce qui concerne la Russie. Ce constat sans appel est celui de la bibliothèque présidentielle Boris Eltsine, l'une des trois bibliothèques nationales russes, dans un communiqué publié vendredi 14 novembre.

La bibliothèque a donc annoncé le développement d'une version « alternative » de la célèbre encyclopédie collaborative, qui se limitera cependant à la Russie.

Ce futur site « intégrera du matériau unique afin de présenter de manière fiable et objective le pays et sa population ». L'encyclopédie en ligne sera, à l'instar de sa grande sœur, « constamment mise à jour » et deviendra « une des ressources Internet les plus populaires de Russie ».

Même si la participation des « sujets de la Fédération » est évoquée, le communiqué ne précise pas si ce nouveau projet empruntera à Wikipédia son mode de fonctionnement décentralisé et collaboratif. Ni si l'accès à la version originelle de l'encyclopédie en ligne sera altéré par ce nouveau projet.
Che Guevara

De la nécessité de se révolter

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Howard Zinn (né le 24 août 1922 et mort le 27 janvier 2010 à Santa Monica, Californie) est un historien et politologue américain, professeur au département de science politique de l'université de Boston durant 24 ans.Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans l'armée de l'air et est nommé lieutenant bombardier naviguant. Son expérience dans l'armée a été le déclencheur de son positionnement politique pacifiste qui élève au rang de devoir la désobéissance civile. Il a été un acteur de premier plan du mouvement des droits civiques et du courant pacifiste aux États-Unis.

Petit texte publié par le monde diplomatique, le jour de sa mort :

« Militant politique puis universitaire militant, Howard Zinn n'a jamais redouté de s'engager au service des Américains, dont il a écrit l'histoire « par en bas », mémoire du peuple plutôt que mémoire des États. Radical, pacifiste, Zinn voyait « dans les plus infimes actes de protestation les racines invisibles du changement social ». Pour lui, les héros des États-Unis n'étaient ni les Pères fondateurs, ni les présidents, ni les juges à la Cour Suprême, ni les grands patrons, mais les paysans en révolte, les militants des droits civiques, les syndicalistes, tous ceux qui s'étaient battus, parfois victorieux, parfois non, pour l'égalité. Son Histoire populaire des États-Unis, publiée en 1980, a été lue par des millions d'Américains et traduite presque partout dans le monde, y compris tardivement en France (éditions Agone). Elle constitue une lecture irremplaçable. »
Megaphone

Amazon : la réalité des entrepôts

© Amazon
L'un des entrepôts d'Amazon sur le site de Bad Hersfeld
"Hands", c'est ainsi qu'Amazon nomme ses salariés : "les mains". Invisibles derrière l'écran lisse de nos ordinateurs, ces "petites mains" contribuent pleinement à faire de la plateforme Internet le numéro un mondial de la vente en ligne. Pour Christian Krähling, salarié sur le site de Bad Hersfeld, le plus grand et le plus ancien des neuf centres qu'Amazon opère en Allemagne, les conditions de travail sont misérables. C'est pour les dénoncer qu'il participe au mouvement de grève lancé par le syndicat Verdi. Rencontre.

"Franchement, on a l'impression d'être des robots. Le travail est monotone et éreintant. Nos managers nous mettent constamment sous pression. Leurs systèmes informatiques leur indiquent à la seconde près tous nos faits et gestes. Même lorsque nous sommes aux toilettes, raconte Christian Krähling. Et tout ça pour des salaires minimes." En quelques mots, ce solide gaillard de 37 ans, drapeau du syndicat Verdi dans les mains, a tôt fait de résumer les revendications des quelque 600 salariés (chiffre Verdi) en grève ce jour-là sur le site d'Amazon à Bad Hersfeld (Land de Hesse).

Quatre fois plus d'arrêts maladie que la moyenne nationale

Planté devant les fenêtres de la direction du site, se sachant observé par les managers, il ne se laisse pas pour autant intimider. Et n'hésite pas à se faire le porte-parole des grévistes n'osant pas s'exprimer devant la presse. Il poursuit: "On paie notre travail avec notre santé. Dans l'entrepôt FRA-1(1), il n'y a pas de fenêtre. Avant que la direction n'installe des climatiseurs, il y faisait 40°C l'été, les gens s'évanouissaient." Birgit Reich, déléguée syndicale chez Verdi, rapporte elle aussi de nombreux cas d'évanouissement sur les sites du groupe. Elle précise que le taux d'arrêts maladie se situe chez Amazon entre 15 et 19% . Un record ! La moyenne nationale oscille entre 4 et 6% (chiffres valables pour la branche du commerce)...
Arrow Down

2,5 millions d'enfants américains ont vécu sans domicile fixe en 2013


Photo: Robyn Beck Agence France-Presse Un sans-abri de Los Angeles se présentant à un centre d'aide avec ses enfants.
Près de 2,5 millions d'enfants aux États-Unis, soit un enfant sur 30, ont connu l'année dernière une période sans domicile fixe, selon une nouvelle étude parue lundi.

Il s'agit d'un «record historique», reflet notamment d'un manque de logement à bas prix et de la pauvreté, affirment les instituts américains pour la recherche (AIR).

«Le nombre d'enfants SDF a atteint des proportions inquiétantes en Amérique», estime Carmela DeCandia, directrice du centre national pour les familles sans domicile fixe, qui dépend de AIR.

«La vie dans des foyers, des caves de voisins, des voitures, en camping ou encore dans des endroits bien pires: les enfants SDF sont les personnes les plus invisibles et négligées de notre société», a-t-elle déclaré.
Nuke

Dans la centrale nucléaire de Gravelines, ça fuit un petit peu...

© Terekhova/Flickr/CC
La plus grande centrale nucléaire française stocke ses rejets radioactifs liquides dans des réservoirs défectueux. Le recours à la sous-traitance par EDF est pointé du doigt.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a sommé EDF de se conformer à la réglementation à la suite d'une série de défaillances qui illustre le décalage entre le discours rassurant de l'opérateur sur l'entretien de ses installations et l'état réel des équipements à la centrale nucléaire de Gravelines (Nord). La mise en demeure d'EDF par l'ASN est datée du 15 avril 2014 mais a été publiée sur le site internet de l'Autorité seulement ce 7 novembre [1].

« Fuites, perforations », « inétanchéité », « présence de sous-épaisseurs » : voici ce que rapporte l'ASN sur des réservoirs contenant les rejets liquides des six réacteurs nucléaires de Gravelines. Ces réservoirs reçoivent les rejets liquides radioactifs et chimiques de la centrale nucléaire afin de les traiter ou les stocker [2]. La centrale de Gravelines en possède 18, dont le volume total s'élève à 11.000 m³.
People 2

Sivens, pour une double révolution ?

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On peut emmerder le monde, en France, mais avec des tracteurs. Couvrir la cité administrative d'Albi de lisier et de fumier. Et, à Morlaix, allumer le feu aux impôts et à la Mutualité sociale agricole. Les autorités avaient excusé ces débordements. Mais pas ceux des « jihadistes verts » de Sivens, pour reprendre le doux mot de Xavier Beulin, accessoirement président de la FNSEA et, surtout, président du groupe financier milliardaire Sofiprotéol. La comparaison vaut explication : il y a un « deux poids deux mesures » symptôme d'une société à l'agonie.

Sivens, c'est la révélation de l'abyssal déni par les élus de la nature profonde de leur fonction. La glaçante déclaration du président du conseil général du Tarn - « mourir pour des idées, c'est une chose, mais c'est quand même relativement stupide et bête » - en constitue l'éclatante démonstration. Certes, le seul fait qu'un notable professionnel puisse insulter en direct tous les combattants de la République, sans lesquels ce hiérarque n'aurait jamais été fait roitelet du Tarn, n'aurait pas dû surprendre. Car chez ces élus-là, presque tous vieux, mâles, socialistes, CSP + et multirécidivistes des mandats électifs fruits de tractations entre partis, seule la contestation de leur légitimité parvient encore à susciter une réponse nerveuse.
Nuke

EDF et la contamination masquée de ses salariés

© Inconnu
Les chiffres de l'exposition des salariés du nucléaire aux rayonnements ionisants sont inexacts, révèle le site d'information Hexagones, qui montre qu'EDF ne communique pas la réalité des doses reçues.

Dans une série d'articles publiés le 12 novembre, le site d'information Hexagones met en cause EDF, qui « ne communique pas aux autorités publiques les doses reçues par les salariés du nucléaire en cas de contamination interne, par ingestion de particules radioactives ». Or, selon le professeur Michel Bourguignon, membre du collège de l'Autorité de sureté nucléaire, interrogé par Hexagones, « l'exposition aux rayonnements ionisants peut altérer l'ADN et provoquer des cancers quel que soit le niveau de dose reçu ».


Commentaire : Et oui, il n'existe pas de seuil connu en dessous duquel la radioactivité n'a pas d'effet sur la cellule...


« EDF est confronté à une explosion du nombre des contaminations internes », peut-on lire dans un des articles publiés par Hexagones qui s'est procuré les résultats du laboratoire d'analyses médicales du géant français de l'énergie et a consulté les données de l'Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN).
Star of David

Un médecin norvégien interdit à vie d'entrer dans la bande de Gaza pour avoir sauvé des vies

Mads Gilbert, le médecin norvégien qui avait passé l'été à l'hôpital de Gaza pour soigner des blessés vient d'être désigné comme Persona non grata par les autorités israéliennes et interdit d'entrée dans la bande de Gaza à vie.Interdit à vie à Gaza pour "des raisons de sécurité"

Mads Gilbert, l'urgentiste norvégien de 67 ans, considéré comme un héros dans son pays et par un grand nombre de Palestiniens, ne pourra plus jamais se rendre à Gaza pour sauver des vies, comme il l'a fait cet été durant plus de 50 jours à l'hôpital d'Al-Shifa.

Le médecin Gilbert a été empêché de s'y rendre le 1er octobre dernier, alors qu'il rejoignait l'équipe médicale de l'hôpital pour apporter de nouveau son aide, comme il le rapporte sur le site norvégien The Local :
Quand nous sommes arrivés à la gare frontière d'Erez, des soldats israéliens m'ont dit que je ne pouvais pas rejoindre la bande de Gaza
L'urgentiste possédait pourtant des permis d'entrées et de sorties multiples, invité par le Ministre palestinien de la santé, et sur recommandation de son hôpital norvégien.
Stock Up

Référendum sur le Mistral...

© Inconnu
Durant ce week-end, il nous a paru intéressant de suivre un sondage du Figaro qui a eu un certain succès puis un succès certain. N'étant pas, à notre honte extrême, un lecteur assidu du site du Figaro, nous avions été alertés par un article de Sputnik, le nouveau groupe russe de communication regroupant divers organes d'information jusqu'alors autonomes, qui faisait mention de ce sondage effectué par Le Figaro auprès de ses lecteurs, sur son site, sur la question de la livraison du porte-hélicoptères classe Mistral, baptisé Vladivostok, à la Russie. L'article, en date du 15 novembre 2014 à 13H00 faisait état d'un peu plus de 76 000 réponses, avec 58% de "oui" (il faut livrer le navire à la Russie) et 42% de "non" (il ne faut pas...). Nous nous mîmes en tête de suivre l'évolution du sondage qui a eu le franc succès qu'on a dit, et qu'on trouvait sur le Figaro dès le 14 novembre 2014 à 10H45 (le 14 novembre, le jour où aurait dû se faire, en grande cérémonie, le transfert du bâtiment à la Fédération de Russie, aux chantiers navals de l'Atlantique (DCNA) de Saint-Nazaire).
Nous avons successivement enregistré, compris le résultat signalé par Sputnik :
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