La Science de l'Esprit
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Snakes in Suits

La parole, instrument majeur du pervers narcissique

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© Inconnu
« L'apanage le plus redoutable de la pensée perverse[1] est le décervelage, »[2] nous dit Racamier. Mais si le décervelage est l'attribut princeps de la pensée perverse à l'œuvre dans les relations d'emprise, ou toutes entreprises totalitaires, par quels moyens « extraordinaires » les pervers narcissiques réalisent-ils l'exploit d'assujettir leur entourage à la satisfaction de leur moindre désir ?

C'est à cette question que tente de répondre ce billet qui porte sur un des aspects les plus négligés de cette problématique dont la connaissance pourrait aider certains à mieux s'y retrouver, car « le terrain de prédilection, l'instrument majeur de la perversion narcissique, il est temps de le dire, c'est la parole »[3].

Ainsi, le secret de la prétendue force que l'on octroie inconsidérément au pervers réside dans l'usage dévoyé des mots et du raisonnement dont il use et que trahit un certain type de parole. Cette parole est tout à la fois séduisante et fascinante, voire envoûtante. Sa capacité de persuasion est remarquable, mais elle chante comme un petit air de faux que l'on a du mal à symboliser. Et pour cause... elle possède l'étrange don de « méduser » ses auditeurs ce qui, du point de vue de la psychotraumatologie, provoque un état dissociatif de la personnalité avec tous les effets délétères que cela implique[4] (identification à l'agresseur et syndrome de Stockholm).

Family

Les paroles blessantes peuvent détruire des neurones chez les enfants

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© Getty Images/iStockphoto
L'enfant et la peur
La pédiatre Catherine Gueguen explique ce que la science a découvert sur le cerveau des enfants. Et en quoi ces travaux valident les principes de l'éducation bienveillante.

Pourquoi les nouvelles connaissances sur le cerveau devraient-elles changer la manière d'éduquer notre progéniture?

Les chercheurs du XXIe siècle nous disent ce qui favorise le bon développement de l'enfant: une relation bienveillante, empathique, soutenante. Car cette attitude permet à son cerveau, très fragile, d'évoluer de façon optimale. Les liens affectifs influencent à la fois les capacités de mémoire, d'apprentissage, de réflexion, mais aussi les capacités relationnelles, les émotions, les sentiments. Ils modifient la sécrétion de molécules cérébrales, le développement des neurones. Ils modifient également la régulation du stress, et même la faculté d'agir de certains gènes. Le psychiatre John Bowlby, décédé en 1990, postulait déjà que le besoin d'attachement était vital pour l'enfant; les neurosciences l'ont confirmé ces dix dernières années.

Hearts

Les ravages du manque de contacts amicaux et platoniques dans la vie des hommes

Traduction : SOTT

Alors que je me préparais à écrire sur le manque de contacts amicaux dans la vie des hommes, j'ai tout de suite pensé : « Je suis convaincu que je peux faire preuve de contacts sans arrières pensés, mais je ne fais pas nécessairement confiance aux autres hommes pour qu'ils fassent de même. Il y en a un qui va avoir un geste déplacé. C'est toujours ce qui se passe. ». Suivant le cheminement de cette pensée, je me demandais : « Attends un peu, pourquoi est-ce que je me méfie des hommes en particulier ? ». La petite voix dans ma tête n'a pas dit : « Ce n'est pas forcément des gens dont je me méfie », elle a dit : « Je me méfie des hommes ».
© Inconnu
Dans la culture étasunienne, nous croyons qu'on ne peut jamais totalement faire confiance aux hommes pour ce qui est du contact physique. Nous suspectons collectivement que, à la moindre occasion, les hommes vont se vautrer dans la luxure sans prévenir. Que les hommes ne savent pas comment établir un lien physique d'une autre manière. Que les hommes ne peuvent pas se contrôler. Que les hommes sont des chiens.

Il n'existe pas de préjugé correspondant pour les femmes.

En conséquence, chaque homme a l'obligation de prouver qu'il est digne de confiance, dans chaque interaction, jour après jour et au cas par cas, en partie à cause du fait que tant d'hommes se soient mal comporté. Et, dans un contexte dans lequel le moindre doute sur nos intentions pourrait survenir, nous manifestons alors notre intégrité en renonçant complètement au contact physique. Ce qui, malheureusement, se produit à peu près, quel que soit le contexte dans lequel nous nous rencontrons.

Arrow Down

Pourquoi élisons-nous des idiots

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Le journal Guardian tente d'expliquer pourquoi l'on continue à voter pour des personnes dont les capacités intellectuelles suscitent souvent de sérieux doutes.

Le quotidien britannique dresse un triste constat: un candidat intelligent est contraint de faire semblant d'être bête afin de réussir dans l'arène politique.

"Tous les hommes politiques ne sont pas des idiots, mais nombre d'entre eux le sont", écrit le journal.

Pour expliquer ce revers de la démocratie occidentale, le Guardian s'adresse à la psychologie. En vertu du dénommé effet de Dunning-Kruger, les personnes les moins intelligentes surestiment leurs compétences tandis que les plus intelligentes ont généralement tendance à les sous-estimer. Ainsi, être moins compétent rend plus confiant, et donc plus convaincant.

Arrow Down

Petite démonstration d'impuissance acquise


Traduction : Christophe

Voici la vidéo d'une expérience intéressante qui nous aide à mieux comprendre comment la résignation peut être inculquée à une population. On y voit une psychologue (Charisse Nixon) qui réussit à provoquer dans sa classe, à travers l'angoisse et la frustration, un état de résignation et d'impuissance, le tout en moins de 5 minutes.

Il ressort de ce type d'expérience que dans des conditions de frustration ou d'angoisse permanente, l'être humain tend à se résigner et à considérer comme insurmontables des difficultés même légères.

En pratique, la répétition de l'échec amène l'être humain à penser de manière pessimiste et à se croire incapable de résoudre un problème, du coup il abandonne et le résultat est un échec complet.

Si l'on pense seulement un instant au bombardement médiatique auquel nous sommes soumis en permanence, il n'est pas difficile de comprendre de quelle manière ces études sont utilisées et qui les manie à son avantage... En soumettant une personne à un sentiment d'angoisse et de frustration constant, on peut l'induire à penser qu'il n'y a rien à faire, que rien ne peut changer sa propre condition, et l'amener ainsi à un état d'apathie où il supportera n'importe quel méfait. À l'inverse, comprendre comment ces mécanismes fonctionnent permet de savoir comment réagir de manière positive à l'adversité. Certains disaient par le passé que lire pendant 15 minutes un magazine de mode fait baisser le taux d'estime pour soi d'environ 30%, mais aujourd'hui, la guerre contre l'estime de soi s'étend sur tous les fronts : radios, télés, journaux, publicités partout dans les rues, sur Internet et sur les réseaux sociaux qui te suivent où que tu ailles. Imaginez ce que provoquer de s'entendre dire tout au long de son existence que quelque chose ne va pas dans votre vie, que votre voiture est vieille, que votre garde-robe est démodé, que vos dents ne scintillent pas, que vous avez de la cellulite, etc. Autrement dit, à travers la frustration, l'estime de soi plonge sous le niveau zéro et la voie est alors ouverte pour faire accepter avec résignation et apathie n'importe quelle solution qui en général, sera proposée par ceux-là mêmes qui sont à l'origine du problème. [La suite en italien ici]

Magnify

Biais d'égalité : un travers qui amène à traiter toutes les opinions comme égales

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Les gens de différente compétence ont tendance à donner un poids égal au point de vue de chacun, ce qui les empêche de prendre les meilleures décisions de groupe, selon une étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Ceci suggère que les personnes ayant des niveaux similaires de compétence constituent les meilleurs groupes de décision, disent les chercheurs, sinon la tendance à assumer une compétence égale peut donner trop de poids aux opinions des membres les moins capables.

Bahador Bahrami de l'Université College London et ses collègues ont mené cette études avec 98 hommes du Danemark, de l'Iran et de la Chine qui, en équipe de 2, réalisaient une tâche de perception visuelle. Ils devaient regarder un écran pendant 2 intervalles consécutifs et repérer un signe subtil apparaissant dans le premier ou le second intervalle. La tâche comportait 256 items de 2 intervalles.

Commentaire: Un biais dont la logique pourrait s'appliquer à toute décision rendue par une justice humaine, aussi vertueuse et pleine de bonne volonté soit-elle. Le mythe du tort partagé, à égalité, dans le souci d'établir une pseudo-équité des responsabilités, dans le cadre de n'importe quel problème « justiciable ».

Un couple au tribunal : une femme malheureuse mais honnête, un mari pervers narcissique dont la psychopathie lui permet d'adopter un masque de santé mentale suffisamment crédible pour abuser le juge. Celui-ci, n'étant pas psychiatre, se laissera convaincre, berné par l'illusion. En toute bonne foi, le jugement rendu par ce dernier rendu passera sans doute par la case « 50/50 » des torts partagés. Est-il utile de préciser que dans l'« équation justice », si le facteur psychopathie n'est pas pris en compte, le sentence sera bien évidemment injuste ?


Gear

15 biais cognitifs qui contrarient la pensée rationnelle

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Les biais cognitifs sont des formes de pensée qui dévient de la pensée logique ou rationnelle et qui ont tendance à être systématiquement utilisés dans diverses situations.

Le concept a été introduit au début des années 1970 par les psychologues Daniel Kahneman (prix Nobel en économie en 2002) et Amos Tversky pour expliquer certaines tendances vers des décisions irrationnelles dans le domaine économique. Depuis, une multitude de biais intervenant dans plusieurs domaines ont été identifiés par la recherche en psychologie cognitive et en psychologie sociale.

Certains biais s'expliquent par les ressources cognitives limitées. Lorsque ces dernières (temps, informations, intérêt, capacités cognitives) sont insuffisantes pour réaliser l'analyse nécessaire à un jugement rationnel, des raccourcis cognitifs (appelés heuristiques) permettent de porter un jugement rapide. Ces jugements rapides sont souvent utiles mais sont aussi à la base de jugements erronés typiques.

Gear

Gustave Le Bon : petit rappel concernant la psychologie des foules


Jonathan Sturel rappelle l'intérêt du célèbre livre du Dr Gustave Le Bon intitulé Psychologie des foules.

Magic Wand

La méditation ralentirait le vieillissement du cerveau

Il serait possible de protéger la matière grise cérébrale grâce à la méditation. Selon une étude réalisée par des chercheurs de l'université de Californie, à Los Angeles, les personnes pratiquant la méditation voient en effet leur quantité de matière grise diminuer de manière moins significative que chez des personnes non pratiquantes.

Passé la vingtaine, le cerveau affiche déjà des signes de vieillissement. Son volume et son poids commencent, par exemple, à diminuer. De précédentes recherches ont démontré que chez les adeptes de la méditation, la dégradation de la substance grise liée au vieillissement était moindre.

L'équipe de chercheurs de l'UCLA (University of California, Los Angeles) a publié ses résultats dans la revue Frontiers in Psychology. « Nous pensions observer des effets limités à certaines régions cérébrales associées à la méditation, explique le docteur Florian Kurth, de l'UCLA Brain Mapping Center, coauteur de l'article. Au lieu de cela, nous avons observé un effet étendu bien au-delà de ces régions, dans tout le cerveau à vrai dire. »

Pour les besoins de cette étude et afin de comprendre les relations entre l'âge et la matière grise, 50 participants ayant l'habitude de méditer ont été placés face à 50 novices en la matière. Ces participants sont 28 hommes et 22 femmes âgés de 24 à 77 ans.

Beaker

Tous manipulés : documentaire TSR sur la manipulation psychologique et la publicité

Nous nous croyons libres mais en réalité, à longueur de journée, nous sommes sous influence. De nos proches, de la pub et de toutes sortes de stimulations ou pressions quotidiennes. Grâce plusieurs expériences étonnantes, ce reportage démontre comment, par des simples techniques de manipulation, il est possible modifier le comportement de quelqu'un.

Comment une étiquette de vin agit directement sur ses papilles gustatives. Comment on peut implanter des faux souvenirs dans sa mémoire. Et comment on parvient à changer ses décisions en envoyant des impulsions magnétiques dans son cerveau.