La Science de l'Esprit
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Einstein

Votre cerveau ne meurt jamais


Les neurones du cerveau se fabriquent tout au long de la vie. (Reuters)
Contrairement à l'idée communément admise, nous pouvons fabriquer des neurones à tout âge. Mais à plusieurs conditions, dont celles-ci : ne pas s'ennuyer et continuer à s'émerveiller


Bonne nouvelle : contrairement à une idéee reçue, notre cerveau ne cesse pas de produire des neurones à l'âge adulte! C'est l'équipe du neurobiologiste Pierre-Marie Lledo, à la tête de l'unité Perception et mémoire à l'Institut Pasteur et de l'unité GèneS, synapseS et cognition au CNRS*, qui a contribué à mettre en évidence l'existence d'une "pouponnière" dans laquelle de nouveaux neurones se fabriquent en continu. Pour cela, un traceur (une sub-stance fluorescente issue d'une méduse) a été introduit dans un virus désactivé, qui n'infecte que les cellules occupées à se diviser. En injectant ce virus dans le cerveau de rongeurs, les chercheurs ont "illuminé" ces néo-neurones. "Ils se forment dans une zone située sous les ventricules puis migrent comme sur un tapis roulant", explique le scientifique. Soit vers l'avant du cerveau, dans la structure qui gère l'odorat et la mémoire olfactive ; soit dans l'hippocampe, qui régit la mémoire spatiale.
Eye 1

Pourquoi les jeunes enfants pensent être invisibles quand ils se couvrent les yeux ?

Les jeunes enfants semblent presque universellement penser que la fermeture ou le recouvrement de leurs yeux les rend invisibles aux autres. Les chercheurs de Cambridge ont trouvé pourquoi.

Quiconque s'est déjà engagé dans une série de cache-cache avec un jeune enfant a pu être témoin d'un adorable comportement, mais un peu illogique, qui est presque universellement partagé chez les enfants : la tentative de se cacher de la vue en fermant simplement les yeux. C'est mignon et tout, mais c'est aussi déconcertant. Pourquoi les enfants pensent qu'ils peuvent se rendre invisibles ? Et pourquoi presque tous les jeunes enfants arrivent à la même conclusion irrationnelle ?

Des chercheurs de l'Université de Cambridge ont tourné leur attention vers ce mystère en effectuant une série de tests simples sur des groupes d'enfants de 3 et 4 ans. Les chercheurs ont d'abord placé des masques qui recouvraient les yeux des enfants et leur ont demandé s'ils pouvaient être vus par les chercheurs, ainsi que si les chercheurs pouvaient voir d'autres adultes, si ces adultes portaient des masques sur leurs yeux. Presque tous les enfants ont estimé qu'ils étaient cachés de la vue aussi longtemps que leurs yeux étaient masqués et la plupart d'entre eux pensaient que les masques pour les yeux protégeaient également de la vue les adultes.
Magic Wand

Rêvasser stimule la créativité

Vous culpabilisez parce que vous avez passé l'après-midi à rêvasser? Pas de panique. Sans le savoir, vous étiez peut-être en train de résoudre un problème. D'ailleurs, cela vous est peut-être déjà arrivé. Au volant, en voiture, en train de faire les courses, vous êtes concentré sur quelque chose qui n'a rien à voir avec votre travail lorsque soudain, Eurêka!, une idée ou la solution à un problème vient à vous. Ce qu'il se passe dans ces moments, des chercheurs en psychologie ont cherché à le comprendre un peu plus précisément, grâce à plusieurs études parues dans le dernier numéro de la revue Psychological Science.

L'une d'elles, entreprise par des chercheurs de l'Université de Californie à Santa Barbara a même pu prouver que rêvasser aidait à résoudre des problèmes et dépasser certains blocages. Pour le comprendre, les chercheurs se sont livrés à un exercice très simple. Ils ont demandé aux participants à l'expérience de se livrer à des tâches inhabituelles. En clair, les participants devaient apprendre à utiliser plusieurs objets de différentes manières toutes plus contre-intuitives les unes que les autres. Sur ces tâches, les participants bloquaient ou mettaient du temps à trouver la solution. Cela constituait la première étape de cette expérience.
Family

Les parents surestiment l'optimisme et minimisent l'anxiété de leurs enfants

© Inconnu
Les parents surestiment l'optimisme des enfants et minimisent leurs anxiétés, selon une étude publiée dans le Journal of Experimental Child Psychology.
Magnify

Le danger affecte notre perception du temps

La peur modifie notre perception de base du monde qui nous entoure, ce qui a des implications claires pour comprendre et expliquer les phobies cliniques, explique ce chercheur psychologue de l'Emory University. Ces conclusions sont présentées dans l'édition du de la revue Current Biology.

Un exemple, donné par le chercheur : un serpent qui menace, peut, en réalité, être bien plus loin qu'il n'y paraît. Alors que la peur fausse notre perception des dangers qui s'approchent, elle nous oblige parfois aussi à sous-estimer la distance d'un être menaçant, expliquent Stella Lourenco de l'Emory et Matthew Longo, psychologue de Université de Londres.

Ces chercheurs ont réalisé une expérience pour tester l'effet de la peur sur l'exactitude de la réaction humaine pour esquisser ou pour bloquer, si nécessaire, un objet, menaçant, qui s'avance. Les participants devaient estimer le délai de collision à partir d'images sur un écran d'ordinateur. Les images s'élargissaient avant de disparaître, pour simuler un contact imminent et les participants devaient indiquer le moment éventuel de la collision en appuyant sur un bouton. Les participants ont tendance à sous-estimer le temps de collision pour des images d'objets menaçants, comme un serpent ou une araignée, par rapport images non menaçantes, comme un lapin ou un papillon.
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L'amitié entre homme et femme peut-elle exister ? Pas vraiment, selon une étude

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De récentes recherches se sont intéressées à l'amitié entre homme et femme afin de déterminer si celle-ci pouvait exister en étant parfaitement platonique. Il ressort des résultats que ce ne serait pas le cas notamment parce que les deux sexes n'auraient pas toujours la même conception de l'amitié.
Heart

Système 1, système 2 . Les deux vitesses de la pensée

Prenez votre souffle avant de vous plonger dans les 500 pages de ce livre fascinant qui explique pourquoi notre manière de penser nous conduit très régulièrement à faire des erreurs de jugement. Car si nous pouvons être victimes d'illusions d'optique, nous le sommes beaucoup plus souvent d'illusions cognitives. Tout le livre le démontre et on peut soi-même l'expérimenter grâce aux nombreux petits tests pédagogiques qui y sont proposés.

Un exemple pour s'en convaincre : vous êtes dans le métro et entre un passager qui se met à lire Le Monde. D'après vous, cette personne a-t-elle plus de chances d'avoir un doctorat ou de ne pas avoir fait d'études supérieures ? Vous penchez pour le doctorat, alors que le nombre de personnes sans études supérieures prenant le métro est bien plus grand que celui des personnes ayant un doctorat. Daniel Kahneman entre dans les méandres de nos modes de raisonnement et nous explique tout ce qui peut nous conduire à faire des erreurs. Certes, tous ses résultats proviennent de tests de comportement en laboratoire et rien n'assure que les gens réagiraient toujours de la même façon dans la vraie vie. On en ressort pourtant effaré de la façon dont nos émotions, notre humeur, ce que l'on a fait ou entendu juste avant, ou notre capacité à bâtir des liens là où il n'y en a pas faussent notre jugement.
Family

Le style parental et le tempérament à 4 ans liés à l'idéologie politique à 18 ans

© Inconnu
Le style parental et le tempérament dans l'enfance sont liés à l'idéologie politique à 18 ans, selon une étude publiée dans la revue Psychological Science.
Question

Peut-on miser sur le bon vouloir des individus et des entreprises pour protéger l'environnement ?

Man portrait
© Reuters
Les comportements individuels et la RSE des entreprises sont-ils susceptibles de pallier les défaillances du marché et de la régulation en matière de protection environnementale ? A l'issue des débats d'une conférence dédiée à cette thématique organisée récemment par Nicolas Treich, chercheur à la Toulouse School of Economics, le doute subsiste.

Devant l'échec de l'approche économique classique en matière de régulation environnementale, l'intérêt pour des solutions plus soft regagne du terrain. L'idée que les individus puissent agir autant en réponse à des mécanismes psychologiques que réglementaires, notamment en matière de comportements liés à l'environnement, n'est pas exactement nouvelle.

En 2008, l'économiste Richard Thaler et le juriste Cass Sunstein publiaient « Nudge », un best seller aux Etats-Unis, et pas seulement parce que le premier est un proche de Barak Obama. Le nudge, ou coup de coude, consiste à guider les gens pour leur bien (que ce soit à des fins environnementales, de santé ou d'éducation) tout en limitant les contraintes, obligations et interdictions gouvernementales.
Einstein

Lire et jouer dans l'enfance affecte la croissance du cerveau

Une étude menée sur une vingtaine d'années montre que l'environnement intellectuel dans lequel évolue un jeune enfant, par les livres ou les jouets éducatifs, contribue à façonner durablement... son cortex cérébral.

Dans le débat ancestral opposant l'inné et l'acquis, ce dernier vient de marquer des points. Grâce à des études portant sur vrais et faux jumeaux, le rôle de la génétique dans la croissance cérébrale est connu. Mais les chercheurs supposent également que le milieu dans lequel un enfant grandit impacte le développement du cerveau.

Depuis le dernier congrès annuel de la Society for Neurosciences, de nouveaux éléments semblent attester les intuitions des scientifiques. Martha Farah et ses collègues de l'University of Pennsylvania y ont présenté une étude au long cours au bout de laquelle ils ont montré que les enfants disposant de jouets éducatifs et de livres à l'âge de 4 ans avaient un cortex cérébral plus fin. Cela concerne deux régions de cette fine couche externe marquée par les nombreuses circonvolutions. Il s'y déroule les processus mentaux de haut niveau.
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