La Science de l'Esprit
Carte


Family

Pourquoi le lien social est aussi fondamental qu'un toit et de la nourriture

Cet ouvrage du neuroscientifique Matthew Lieberman de l'Université de Californie-Los Angeles, « Social: Why Our Brains Are Wired to Connect » explique pourquoi le lien social est devenu un besoin humain fondamental au même titre qu'un abri, de l'eau et de la nourriture. Ce n'est pas un simple constat mais le résultat de l'examen de plus de 1.000 études portant sur les transformations de notre cerveau au cours de 250 millions d'années d'évolution qui font, écrit l'auteur, qu'aujourd'hui nous ne sommes pas seulement plus connectés mais « plus dépendants du monde social».

« Être socialement connecté est la grande passion de notre cerveau », écrit le Pr Lieberman, l'un des fondateurs des neurosciences cognitives sociales, une discipline qui analyse comment les fonctions cérébrales sous-tendent nos comportements sociaux. Il exerce comme professeur de psychologie à l'UCLA et professeur de psychiatrie et des sciences comportementales à l'Institut Semel de l'UCLA de Neuroscience. Il explique ici que notre prédisposition sociale peut expliquer notre besoin actuel d'utiliser autant les médias sociaux ou de nous intéresser autant aux interactions sociales des autres à travers les « séries » ou les émissions de télé-réalité. Ainsi, selon sa théorie, Facebook et autres réseaux sociaux répondraient aujourd'hui à un besoin humain fondamental et ce besoin de lien social serait inscrit dans notre système d'exploitation pour des dizaines de millions d'années.
Magnify

« Il y a quelqu'un dans ma tête, mais ce n'est pas moi »

Piotr Ouspenski disait en 1947 qu'un fait d'une importance prodigieuse avait échappé à la psychologie occidentale, à savoir que l'homme ne se rappelait pas lui-même, qu'il vivait, agissait et raisonnait dans un profond sommeil, dans un sommeil non pas métaphorique mais absolument réel. Depuis les développements récents en neurosciences et en sciences cognitives, la psychologie occidentale vient de rattraper son retard, et le tableau qu'elle dresse s'accorde parfaitement avec l'ésotérisme chrétien ravivé par Gurdjieff et Mouravieff. L'homme est effectivement une machine gouvernée par les influences extérieures.

Pour le psychologue Daniel Kahneman, notre mode de réflexion est composé de deux systèmes. Le premier, la pensée rapide (le Thinking fast) ou système 1 (l'inconscient adaptatif de Timothy Wilson), est inconscient, intuitif, ne demande pas trop d'effort, est incontrôlable et non-intentionnel. Ce système n'est pas sujet au doute. Il simplifie les événements, supprime les ambiguïtés, saute sur les conclusions et utilise un système d'association d'idées pour produire un rapide croquis d'une situation donnée, ainsi que pour construire une histoire la plus cohérente possible. Le système 1 reconnaît instantanément des modèles de situation et permet « de produire des solutions adéquates » :

Commentaire: Système 1/Système 2 : les deux vitesses de la pensée

Family

Amitiés : une caractéristique commune aux humains et aux chimpanzés

Chimpanzés
© Inconnu

Plusieurs études récentes ont montré que, comme les humains, plusieurs animaux établissent des liens d'amitié stables. Des chercheurs en biologie cognitive ont exploré les facteurs pouvant influencer le choix des amis chez les chimpanzés. Leur étude, publiée dans la revue Evolution and Human Behaviour, montre qu'ils ont tendance à se lier d'amitié avec des individus qui ont des personnalités similaires à la leur.

Jorg Massen (Université de Vienne, Autriche) et Sonja Koski (Université de Zurich, Suisse) ont évalué la personnalité de 38 chimpanzés dans deux zoos au moyen d'expériences comportementales et d'années d'observations de leurs comportements.

Ils ont également consignés quels chimpanzés s'assoyaient le plus souvent ensemble. « C'est un signe clair d'amitié entre les chimpanzés », explique Jorg Massen.

Les amis présentaient plus de similarité dans certaines caractéristiques de la personnalité qui influencent les comportements sociaux et coopératifs que les non-amis. Les plus sociables et audacieux préféraient la compagnie d'autres individus partageant ces traits. Il en était de même pour ceux qui étaient timides et moins sociables. Cette forte préférence pour les individus semblables est probablement adaptative, parce la coopération devient plus fiable lorsque les deux partenaires ont des tendances comportementales et des états émotionnels similaires, notent les chercheurs.

Ce résultat se rapproche fortement de l'effet de similitude (homophilie) connu chez les humains : « nous avons tendance à développer des amitiés avec des gens qui sont tout aussi extravertis, sympathiques et courageux que nous », souligne Jorg Massen. « Il semble que notre préférence pour les amis qui nous ressemblent date de notre dernier ancêtre commun », conclut-il.
Einstein

Einstein : une plus grande connectivité entre ses deux hémisphères expliquerait son génie


Le cerveau d'Albert Einstein, photographié lors de son autopsie en 1955.
Une nouvelle et énième étude sur le cerveau d'Albert Einstein affirme qu'une plus grande connectivité entre ses deux hémisphères expliquerait le génie du physicien.

C'est l'un des cerveaux les plus brillants de sa génération, voire de tous les temps. Albert Einstein, prix Nobel de physique en 1921 et père de la théorie de la relativité, entre autres faits, fascine depuis des décennies.

Une étude chinoise, réalisée par Weiwei Men, chercheur au département de physique à l'École Normale Supérieure de l'Est de la Chine (ECNU), et publiée dans la revue britannique Brain, aurait percé à jour le grand mystère de cette brillante intelligence : selon ces travaux, les deux hémisphères du cerveau d'Albert Einstein auraient une plus grande connectivité que la normale, ce qui aurait permis une stimulation accrue de certaines fonctions cérébrales.
Pi

Télépathie : comment expliquer que la personne à qui on pense nous appelle au même moment

Réenchanter la science, Rupert Sheldrake, cover-book
© Inconnu

Le biologiste Rupert Sheldrake revient sur sa théorie de la « résonance morphique » et remet en cause les bases mêmes de la recherche fondamentale. Extrait de Réenchanter la science (1/2)

Les récits les plus courants à propos de la télépathie concernent, en effet, le téléphone. Des centaines de gens m'ont raconté la même histoire : ils pensaient à quelqu'un sans raison apparente et ont reçu un peu plus tard de cette personne un appel téléphonique inattendu voire surprenant. Autre version : il leur arrive de savoir qui appelle au moment où le téléphone sonne, avant même de décrocher ou de regarder le numéro d'appel. J'ai donné suite à ces récits en menant une série d'enquêtes en Europe, en Amérique du Nord et du Sud. En moyenne, 92 % des gens qui ont répondu disaient avoir déjà pensé à une personne, d'une façon qui leur semblait télépathique, juste avant ou au moment de recevoir son appel.

Quand je parlais de ce phénomène avec des amis ou des collègues, la plupart admettaient que cela pouvait arriver. Certains le considéraient simplement comme télépathique ou intuitif, d'autres essayaient de l'expliquer « normalement ». Presque tous ces derniers en arrivaient à l'un ou l'autre des arguments suivants - ou aux deux. D'abord, disaient-ils, on pense aux gens fréquemment et parfois, par hasard, quelqu'un appelle au moment où en pense à lui ; on imagine que c'est de la télépathie mais on oublie toutes les fois où on pense à quelqu'un et où personne n'appelle. Ensuite - second argument - , il y a le fait que si vous connaissez bien une personne, votre connaissance de ses habitudes et de son emploi du temps vous permet de savoir quand elle risque d'appeler, même si ce savoir est inconscient.

J'ai alors cherché dans la littérature scientifique si je pouvais trouver des données ou des comptes rendus d'observation soutenant ces deux arguments. Je n'ai découvert aucune étude, d'aucune sorte, sur le sujet. Les arguments sceptiques standard étaient des allégations sans preuves. En science, cela ne suffit pas pour avancer une hypothèse : celle-ci doit être testée.
Magnify

Pourquoi a-t-on du mal à reconnaître une mauvaise action ?

En général, si on nous félicite pour quelque chose, on est prompt à accepter le compliment (avec une fausse modestie parfois...). Trop peu d'entre nous par contre acceptent l'inverse quand quelque chose ne va pas tourner rond. Manque d'humilité ou préservation de son image ? Pas souvent. Des scientifiques apportent une explication à cette différence de comportement.

En réalité, ce n'est pas que nous cachons tellement notre honte ou notre embarras. Non, nous sommes tout simplement moins conscients lorsque nos actions vont avoir un résultat négatif au bout du compte ! Les gens peuvent vraiment ressentir moins de responsabilités pour un résultat négatif que positif. Ce n'est pas de la mauvaise foi qui s'exprime.

Lors des expériences, on demandait à des participants d'appuyer sur une touche. Un son s'ensuivait, négatif, neutre ou positif. On demandait alors aux gens d'estimer le temps entre l'action et la production du son.
Evil Rays

Sur la possibilité de contrôle à distance de tous les cerveaux humains par l'induction électromagnétique d'algorithmes fondamentaux

Traduit de l'anglais par Frank Nadaud & M.A. Persinger

Ondes électromagnétiques & cerveau
© Inconnu
Résumé : La neuroscience contemporaine suggère l'existence d'algorithmes fondamentaux par lesquels toute transduction sensorielle est traduite dans le code intrinsèque spécifique au cerveau. La stimulation directe de ces codes dans les cortex temporel ou lymbique humains par l'application de signaux électromagnétiques pourrait requérir des niveaux d'énergie à la portée tant de l'activité géomagnétique que des réseaux de télécommunications contemporains. Un processus couplé avec l'étroite bande de température du cerveau permettrait d'affecter tous les cerveaux humains normaux avec un sous harmonique dont la fréquence au environs de 10 Hz ne varierait que de 0,1 Hz. [Vous avez bien lu : La stimulation directe (...) par l'application de signaux électromagnétiques pourrait requérir des niveaux d'énergie à la portée (...) des réseaux de télécommunications contemporains. Conservez bien ceci en mémoire car c'est là tout l'enjeu de cette recherche.]

L'étude des algorithmes par lesquels tous les cerveaux humains fonctionnent peut être considérée comme un thème central de la neuroscience moderne. Bien que des différences individuelles soient attendues pour accommoder l'essentiel de la variance de toute mesure neurocomportementale spécifique, il devrait exister des configurations d'information et de structures basiques dans le cerveau. Elles seraient déterminées par le génome humain, c'est-àdire, qu'elles seraient spécifiques aux espèces, et devraient contribuer à, ou serviraient de substrat sur lequel tous les phénomènes qui affectent les mesures neurocomportementales sont surimposées.

Une extrapolation logique à une base neurophysique de la conscience est que toutes les expériences doivent exister en tant que corrélats de séquences de matrices électromagnétiques complexes mais déterminées. Elles contrôleraient le thème de la mise en forme de la cognition et de l'affect tandis que la myriade possible d'ensembles de séries de variations aléatoire du « bruit  » dans ces matrices pourraient potentiellement différencier les cerveaux individuels. L'identification de ces séquences pourrait aussi permettre l'accès direct aux processus neuro-cognitifs les plus complexes associés au sens du soi, la conscience humaine et l'agrégat des représentations de l'expérience (mémoire épisodique) qui définie l'individu dans son cerveau (Squire, 1987).
Family

Trahir sa raison plutôt que son groupe d'appartenance

Dan Kahan travaille sur l'influence des normes sociales sur les individus. Dans un article publié récemment avec des collègues, il soutient que le sentiment d'appartenance d'une personne à un groupe prend le dessus sur la raison lorsque des données dont il dispose entrent en conflits avec les valeurs mises de l'avant par ce groupe. Comment en est-il arrivé à cette conclusion plutôt décourageante pour tous ceux et celles qui misent sur l'éducation et les connaissances en général pour améliorer l'exercice démocratique ?

Nos systèmes dits démocratiques sont en effet construits sur l'idée que si des individus sont bien informés des enjeux qui les concernent, ils devraient alors prendre les meilleures décisions pour eux-mêmes et pour la collectivité. Malheureusement, on sait tous que ce n'est pas tout à fait comme cela que ça se passe. Élections après élections, les faits semblent avoir inévitablement moins de poids dans les débats que les tirades émotives sur l'appartenance idéologique à un parti.

Commentaire: Système 1/Système 2 : les deux vitesses de la pensée

X

Pornographie : ravages et dépendances chez les jeunes

Dans leur développement naturel, les jeunes cherchent à s'identifier à des modèles de masculinité ou de féminité. Est-ce vraiment devant les types de modèles de la pornographie que nous souhaitons les voir grandir?

Il n'est donc pas surprenant de constater combien les jeunes (ou les moins jeunes) se sentent déboussolés devant le décalage qui persiste entre la pornographie et leur réalité. À défaut d'autres repères, ils et elles font «comme dans les films ». Mais une fois l'ordinateur fermé, est-il possible de développer une sexualité authentique, de créer une réelle rencontre intime ou le lien émotif entre les partenaires est nourri de sentiments de partage, de respect et éventuellement d'amour?

Les dernières études traitant des conséquences de la pornographie sur les internautes sont alarmantes. Elles mettent en lumière et dénoncent les modifications des comportements naturels des individus qui en consomment, mais plus encore, démontrent que les jeunes sont particulièrement susceptibles de développer une réelle dépendance aux images pornographiques.
Eye 1

Non, le contact visuel ne permet pas la persuasion

"Regarde-moi quand je te parle!' Le contact visuel doit forcément jouer un rôle dans la persuasion. Sinon, pourquoi voudrait-on toujours que les gens nous regardent quand on tente de leur expliquer quelque chose? Lorsqu'on a besoin de convaincre quelqu'un?

Il se pourrait bien qu'on ait tort. Dans une étude publiée dans la revue Psychological Science, des chercheurs viennent en effet de montrer que le contact visuel rendrait, contrairement à ce qu'on croit, résistant à la persuasion, surtout lorsqu'on est en désaccord. "Nos découvertes montrent que le contact visuel direct rend les personnes qui écoutent moins susceptibles de changer leur avis", explique Frances Chen, professeur à l'université de Colombie-Britannique et auteur de cette étude, qui s'est déroulée à Freibourg (Allemagne).
Top