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Après 17 ans passées sous la terre, les larves vont sortir pour se reproduire
[SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]
Un extraordinaire phénomène se produira dans la seconde quinzaine de mai dans l'est des Etats-Unis. Des milliards de cigales vont sortir en même temps de terre pour s'accoupler, pondre et mourir, dans un concert assourdissant.


Ce phénomène est observable tous les 17 ans, et ne concerne que les « cigales périodiques », les « magicicadas », qui n'existent que dans l'est des Etats-Unis. Elles sortent à ce moment pour se reproduire, et mourir juste après. La cigale provençale, elle, se reproduit quasiment tous les ans.

C'est donc une génération toute entière qui va sortir de terre en même temps, soient des milliards de ces insectes. Les générations sont dûment répertoriées et classées par chiffre romain. Il en existe 15, dont trois se reproduisent tous les 13 ans et non 17. Il y a donc invasion quasiment tous les ans d'une génération, mais à étendue variable.

Dans quelques jours, c'est la « génération II », conçue il y a 17 ans, qui va sortir de terre et se reproduire lors d'une véritable orgie de plusieurs semaines. « Elles vont muer, se précipiter sur les arbres, les mâles vont courtiser les femelles, les femelles pondre des œufs qui se transformeront en larves », a résumé à l'AFP l'entomologiste de l'Université du Maryland Michael Raupp.

Les larves étaient restées enfouies pendant 17 années 20 cm sous la terre, se nourrissant de la sève des racines. Le même sort est réservé aux futures larves.

« On peut comparer ça à un concert de rock »

Ces cigales sont des hémiptères noirs, et mesurent de 2 à 3 cm de long. Leurs yeux sont rouges et leurs ailes translucides à nervures orange. Elles ne piquent pas et ne posent de réels dangers qu'aux tout jeunes arbres dont elles vont pomper la sève.

Lors du pic attendu, leur nombre atteindra 1000 à 2000 par m², ce qui provoquera un vacarme assourdissant, que Michael Raupp compare « à un concert de rock ». Mortes, les cigales serviront ensuite à nourrir tout un écosystème, allant des oiseaux jusqu'aux petits mammifères, explique Andrew Liebhold, entomologiste au ministère de l'Agriculture. « Elles ont plus de protéines et moins de graisse qu'un steak », assure quant à lui Michael Raupp.