L'ex-conseiller du président Emmanuel Macron n'a pas l'interdiction de quitter la France, selon son avocate.

Benalla
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L'ancien conseiller d'Alexandre Benalla lors de son audition au Sénat, en septembre 2018.
Mais qu'est-ce qu'Alexandre Benalla est venu faire à Genève? Deux témoins l'ont aperçu, à dix minutes d'intervalle mercredi matin, marchant au bord du lac. Or l'ancien conseiller en charge de la sécurité du président français Emmanuel Macron est placé sous contrôle judiciaire.

Un premier témoin, au volant de sa voiture, l'a vu passer sur un passage pour piétons à la hauteur de l'Hôtel Président Wilson, sur la Rive droite. Il est 9 h 10. «Je ne peux me tromper, il était à deux mètres de moi. Je l'ai vu traverser avec une valise. Il avait des lunettes noires», raconte Georges, qui réside dans la commune de Céligny. «Est-ce qu'il sortait de l'hôtel? Je ne peux pas vous le garantir», ajoute-t-il.

Le second témoin croise la route d'Alexandre Benalla à peu près dix minutes plus tard, cette fois sur le pont du Mont-Blanc. «Il se dirigeait vers l'Horloge fleurie. Il avait des lunettes noires et un manteau», confirme-t-il, ne désirant pas être cité.

Hébergé au Président Wilson

Selon nos informations, Alexandre Benalla a bien passé la nuit de mardi à mercredi à l'Hôtel Président Wilson. Il a également dîné le soir dans un restaurant gastronomique du canton.

Le site d'information français Mediapart rapportait, de son côté, qu'il avait été vu mardi dans le TGV Lyria à destination de la Suisse. Des voyageurs qui étaient dans les wagons première classe l'ont également aperçu. Certains ont posté des photos de lui sur les réseaux sociaux.

Sous contrôle judiciaire

Mis en examen en France pour «violences volontaires» notamment, Alexandre Benalla avait été placé en détention durant une semaine en février pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire. Il lui avait été interdit d'entrer en contact avec Vincent Crase, un ex-salarié de la République en marche, le parti d'Emmanuel Macron, lequel avait également été mis en examen dans l'enquête sur les violences commises en marge du défilé du 1er mai 2018 à Paris.

Sur la base d'enregistrements clandestins, Mediapart avait diffusé fin janvier des extraits d'une conversation tenue entre les deux hommes, en dépit de l'interdiction de se contacter.

«Pas l'obligation de rester sur le territoire français»

Alexandre Benalla et Vincent Crase ont été libérés le 26 février et remis sous contrôle judiciaire, avait communiqué le Parquet général de Paris. Cette mesure est-elle assortie d'une interdiction de quitter le territoire français? Ce n'est pas le cas, selon Me Jacqueline Laffont, avocate d'Alexandre Benalla. «Mon client n'a pas l'obligation de rester sur le territoire français. Il est libre de ses mouvements et de se rendre dans le pays qu'il souhaite», déclare l'avocate, contactée par «La Tribune de Genève», sans faire davantage de commentaires.

Pour quel motif Alexandre Benalla est-il à Genève? Difficile de le savoir pour l'instant. Est-il encore là? Il n'était en tout cas pas à bord des TGV Lyria en direction de Paris partis mercredi après-midi depuis la gare Cornavin. (TDG)