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Les outils retrouvés près du cercle polaire (Crédit photo : Science)
C'est à proximité directe du cercle polaire qu'une équipe internationale de chercheurs a retrouvé des outils, caractéristiques des techniques qu'employaient les Néandertaliens. Datés à 8.000 ans après la disparition théorique de l'Homme de Néandertal, ces découvertes sont extrêmement surprenantes.

La revue Science publie un article rédigé par une équipe de chercheurs internationale. Ils indiquent avoir "localisé à 1.000 kilomètres plus au Nord que la limite connue jusqu'à présent" des traces de la culture moustérienne. Celle-ci s'est développée au Paléolithique moyen, de -300.000 à -33.000 ans, et est caractérisée par l'utilisation d'une large gamme d'outils sur éclats.

Les vestiges qui ont été retrouvés se situent à Byzovaya, au nord de la Russie et à proximité immédiate du cercle polaire. Il s'agit d'os de mammouths et de rennes ainsi que des outils de silex. Les marques que comportent les ossements sont caractéristiques des modifications dues aux activités de boucherie des chasseurs du Moustérien. La datation au carbone 14 et via une stimulation optique ne laissent planer aucun doute : ces restes datent d'il y a 28.500 ans, soit 8.000 ans environ après la supposée disparition des Néandertaliens.

Ludovic Slimak, chercheur du CNRS et co-signataire de l'article indique qu'"à cette période on ne trouve dans toute l'Eurasie que des cultures du paléolithique supérieur, propres à l'Homo Sapiens". Cette découverte est donc assez mystérieuse car les chercheurs ne savent pas s'il s'agit là des traces des derniers survivants de la lignée de Néandertal ou s'il s'agit, pourquoi pas, des porteurs de l'ultime culture moustérienne des Homo Sapiens.

En l'absence de restes humains, les chercheurs ne sont pas en mesure d'en apprendre davantage. Quoi qu'il en soit, la découverte témoigne qu'une culture a continué à exister des milliers d'années après l'extinction du groupe biologique auquel elle est rattachée. Jusqu'ici, il était admis que les Néandertaliens avaient disparu car ils n'étaient pas parvenus à s'adapter aux conditions climatiques extrêmes. Mais "la présence de traces de culture moustérienne toute proche du pôle remet en cause cette hypothèse climatique de même que sa supposée infériorité technique", indique Ludovic Slimak.