Victor Hugo, dans son ouvrage Choses vues, raconte qu'il visite la Conciergerie en septembre 1846, la fameuse prison de Paris. Le directeur, averti de la présence de l'académicien, lui fit visiter les lieux et la conversation se prolongea au sujet de la santé des prisonniers et prisonnières :
« - Je n'ai presque jamais de malades, me dit-il. D'abord les prisonniers ne font que passer ici. Ils viennent pour être jugés, et s'en vont tout de suite acquittés, en liberté ; condamnés, à leur destination. Tant qu'ils sont ici, l'attente de leur jugement les tient dans une surexcitation qui ne laisse place à rien autre chose. Ah bien, oui ! Ils ont bien le temps d'être malades ! Ils ont une autre fièvre que la fièvre !
À l'époque du choléra, qui était aussi la grande époque des émeutes, j'avais ici sept cents prisonniers. Il y en avait partout, dans les guichets, dans les greffes, dans les avant-greffes, dans les cours, sur les lits, sur la paille, sur le pavé. Je disais : - Bon Dieu ! Pourvu que le choléra ne remette pas dans tout ça !
- Monsieur, je n'ai jamais eu un malade !
Il y a certainement un enseignement dans ces faits. Il est prouvé qu'une préoccupation énergique préserve de toute maladie. Dans les temps de peste, sans négliger les procédés d'assainissement et d'hygiène, il faudrait distraire le peuple par de grandes fêtes, de grands spectacles, de grandes émotions. Personne ne s'occupant de l'épidémie, elle s'évanouirait. »




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