Alors que, le mois dernier, Joe Biden contraignait plus de 100 millions de salariés américains à se faire vacciner pour pouvoir continuer à travailler, deux des États les plus peuplés du pays se sont élevés contre la politique du président : l'État du Texas, gouverné par Greg Abbott, et celui de Floride, gouverné par Ron DeSantis. Conservateurs et sous mandat républicain, DeSantis et Abbott sont devenus les chefs de file de l'opposition aux restrictions sanitaires imposées par la Maison-Blanche.

Greg Abbott

Greg Abbott
« Que ce soit clair, ici, la liberté individuelle de chacun est primordiale », scande fièrement Ron DeSantis, le charismatique gouverneur de Floride, en conférence de presse suite au vote d'un texte de loi qui protégera les Floridiens des mesures sanitaires. Décrite comme la législation la plus « pro-liberté » jamais prise par un État américain, cette nouvelle loi permet, dès à présent, aux habitants de l'État d'être préservés de la moindre forme de passe sanitaire, port du masque à l'école et mise en quarantaine des étudiants. « J'ai dit aux Floridiens que nous protégerions leurs emplois et aujourd'hui, nous en avons fait la loi », écrit DeSantis sur la page d'accueil de son site Internet.

Des milliers de kilomètres plus loin, à la frontière mexicaine, Gregory Wayne Abbott, dit Greg Abbott, le premier homme paraplégique à occuper la fonction de gouverneur, assure à ses citoyens texans que si « le vaccin contre le Covid est sans danger [...], celui-ci ne doit jamais être forcé et toujours rester le fuit d'une démarche personnelle ». Ordonnant, par la même occasion, un décret bannissant de facto toute forme d'obligation vaccinale envers un citoyen qui s'y opposerait pour « quelconque raison d'ordre personnel, religieux ou médical », le gouverneur texan a fait le pari, comme son homologue de Floride, d'un État libéré des restrictions sanitaires fédérales.

Le pari de l'immunité collective ?

Abandonné, dès janvier 2020, par le gouvernement français, le principe de l'immunité collective a fait bien des émules depuis. Rares sont les pays occidentaux à avoir voulu s'y aventurer, et pourtant, il semblerait que le Texas et la Floride ne soient pas totalement réticents envers une telle idée.

En Floride, malgré la législation non contraignante, la population est vaccinée (avec les deux doses) à hauteur de 61 % et l'État affiche une très forte baisse des cas de contamination. Le docteur Thomas Unnash, professeur à l'USF Health, affirme que l'immunité collective en Floride est en passe d'être atteinte avec une population immunisée à hauteur de 84 % (ce chiffre comprend les injections de vaccins et les infections naturelles). Au Texas, 54 % de la population ont reçu les deux doses de vaccin. Là encore, le débat sur l'immunité collective fait rage. En avril, déjà, les officiels texans annonçaient être aux portes de l'immunité collective et avaient provoqué une levée de boucliers d'une partie des scientifiques américains, relayés par les médias de grand chemin, le New York Times notamment.

De fait, la question de l'immunité collective est loin d'être consensuelle et il est encore délicat de se prononcer sur ce sujet, mais quoi qu'il en soit, en Floride comme au Texas, les restrictions sanitaires sont levées et les cas de contamination sont en net déclin. Plus récemment, c'est l'État de Louisiane qui a formellement interdit aux entreprises privées de demander à leurs salariés de présenter un passe sanitaire. Permise par le caractère fédéral du pays, les États-Unis voient émerger en leur sein une résistance de plus en plus forte à l'autoritarisme sanitaire de Joe Biden, tandis que les États les plus restrictifs, comme la Californie ou New York, voient leur politique de plus en plus contestée dans la rue.