Quelque 300.000 personnes sont privées d'électricité en Caroline du nord, le premier État américain touché par l'ouragan, rétrogradé en catégorie 1.
L'ouragan Irène a frappé samedi matin comme prévu la côte américaine au niveau de la Caroline du Nord et commence à remonter vers le nord, le long de la côte Est, alors que des centaines de milliers d'Américains évacuent les zones inondables ou se calfeutrent chez eux.
A 11 heures (17 heures à Paris), l'ouragan de catégorie 1 sur une échelle qui en compte 5, se trouvait à 80 km à l'ouest de Cap Hatteras et se déplaçait vers le nord-est à 24 km/h, avec des vents allant jusqu'à 140 km/h, selon le centre national des ouragans américains (NHC).
» INFOGRAPHIE - Visualiser la puissance destructrice d'un ouraganA 12h30 (18h30 à Paris), les services d'urgence faisait état d'au moins deux morts. Un homme est mort d'une crise cardiaque dans le comté d'Onslow alors qu'il installait des planches de bois sur ses fenêtres tandis qu'un autre est décédé dans la nuit dans le comté Pitt, après que sa voiture a dérapé sur la chaussée détrempée et percuté un arbre. Par ailleurs, les services de secours du comté New Hanover ont indiqué qu'un homme était tombé à l'eau tôt samedi matin dans la rivière Cape Fear près de Wilmington. Les autorités ont indiqué «ne pas savoir à ce stade si l'homme a été poussé ou emporté» par les eaux.
Pluies fortes et rafales de vents importantes s'abattent en ce moment-même sur la Caroline du Nord, où des arbres ont été arrachés, des autoroutes fermées et où 300.000 personnes étaient samedi matin privées d'électricité.
Les navires déplacés en merSur Kill Devil Hills, personne ne s'aventurait dehors et il était difficile de croiser une voiture sur les routes. De nombreux bâtiments avaient été préventivement recouverts de panneaux en bois.
A Baltimore, dans le quartier commercial Fells Point de Baltimore (Maryland, près de Washington), au niveau du port, des sacs de sable étaient distribuées pour calfeutrer maisons et commerces, comme dans plusieurs autres villes de la cote Est. A Washington, des habitants ont fait des réserves d'eau, de lampes ou de générateurs électriques dans les supermarchés. Barack Obama, qui a écourté ses vacances et regagné Washington vendredi soir, a appelé ses concitoyens à prendre l'ouragan «au sérieux».
La base navale de Norfolk, la plus grande au monde, a déplacé ses navires en mer, où ils risquent moins de dommages. En raison de la taille exceptionnelle de l'ouragan, qui présente des conditions cycloniques sur un rayon de 150 km et des vents puissants sur plus de 460 km, le NHS craint une importante montée des eaux dans les zones côtières. Certaines villes des États de la zone Mid Atlantic, comme Norfolk, Baltimore, Ocean City, New York, voire Boston pourraient être inondées. Les sols de la région sont déjà saturés d'eau après d'importantes pluies au cours de l'été. La National Oceanic and Atmosperic Administration (NOAA) prévoit 12 à 24 cm de précipitations tout le long de la côte Est ce week-end.
Des dégâts estimés entre 5 à 10 mds de dollarsIrène doit longer la côte Est samedi et dimanche vers Washington, New York et Boston, une des régions les plus peuplées au monde avec 65 millions d'habitants, et pourrait s'accompagner de vagues de 3 à 4 mètres de haut, selon le NHC.
» Ouragan Irene : New York se prépare au chocDe Caroline du Nord jusqu'au Massachusetts, les autorités ont décrété l'état d'urgence ou lancé des alertes à l'ouragan, et des dizaines de milliers de personnes ont reçu l'ordre de s'éloigner des côtes, dont 370.000 à New york.
Echaudées par l'ouragan Katrina qui avait durement frappé la Nouvelle-Orléans en 2005, les autorités craignent les dégâts, qui pourraient coûter de 5 à 10 milliards de dollars, selon la dernière estimation des experts de Kinetic Analysis, un cabinet qui développe des modèles informatiques sur les éventuels dégâts provoqués par les intempéries. «Nous n'avons pas connu une telle menace d'ouragan depuis des décennies», a déclaré Chris Vaccaro, porte-parole des services météorologiques.
Véritable «monstre», Irène a un diamètre de 820 km environ, soit l'équivalent de près d'un tiers de la longueur totale de la côte Est américaine (2.675 km), selon une estimation de la Nasa faite vendredi à partir de satellites.
Deux facteurs clés : la température de l'eau et celle de la terreL'ouragan Irene est le neuvième phénomène météorologique de grande ampleur à parcourir la zone Atlantique-Nord depuis le début de l'année. Le précédent, Harvey, début août, était resté une tempête tropicale. Irene est, depuis quelques jours, classé comme ouragan et a déjà fait 5 morts en traversant les Caraïbes. Le Centre national des ouragans (NHC), basé à Miami, prévoyait pour 2011 (jusqu'en octobre) une année «moyenne» avec 11 tempêtes tropicales, 6 ouragans et deux ouragans majeurs.
Si les prévisions de trajectoire de ces immenses masses d'air tourbillonnantes (de 500 à 1000 km de diamètre) au-dessus de l'océan sont maintenant plutôt fiables - la connaissance de la température de l'eau qui «nourrit» la force de la tempête est un facteur clé tout comme le niveau de pression atmosphérique -, les prévisions de leur trajet lorsqu'elles touchent terre sont beaucoup plus délicates à établir. L'ouragan peut, presque à son bon plaisir, se renforcer ou diminuer d'intensité. Le NHC s'est d'ailleurs refusé, au moment d'établir ses prévisions avant la saison des cyclones, à émettre des avis sur la question.
Des vents de 150 km/hIrene a plusieurs particularités: «née» le 15 août, d'une onde dépressionnaire venue d'Afrique qui a traversé l'Atlantique, cette tempête est la première de l'année à gagner les «galons» d'ouragan dans cette région du monde. De plus, ce phénomène est l'un des rares à monter vers le nord pour gagner le cap Hatteras et New York. Le dernier ouragan à l'avoir fait est Gloria, en 1985. Samedi, Irene a été rétrogradé de catégorie 2 en catégorie 1 sur l'échelle de Saffir-Simpson, qui en compte cinq, avec des vents de 150 km/h. Il devrait atteindre New York dimanche.
La prochaine tempête tropicale de l'Atlantique-Nord s'appellera Jose, la suivante Katia. Tout le monde espère que l'on ne verra pas le 21e prénom, Whitney, choisi par un comité piloté par l'Organisation météorologique mondiale. En 2012, la première tempête tropicale sera nommée Alberto, suivi de Beryl, puis de Chris... La série d'appellations est prête jusqu'en 2016.
Commentaires des Lecteurs
Lettre d'Information