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mer., 25 avr. 2018
Le Monde pour les Gens qui Pensent

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Snakes in Suits

Transformer les écologistes en terroristes : l'exemple canadien

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© Mark Klotz/CC
Au nom de la lutte antiterroriste, le gouvernement canadien de Stephen Harper utilise depuis des années l'appareil policier pour museler le mouvement écologiste. Il tente en ce moment de faire passer un projet de loi, dit C-51, visant notamment les écologistes qui critiquent l'industrie pétrolière. La méthode inspire discrètement les gouvernements européens.

Les écologistes en bonnets qui tendent des banderoles pour protester contre des oléoducs pourraient bientôt rejoindre les groupes terroristes assassins dans le radar des agences de renseignements canadiennes. Sous l'appellation de Loi C-51, un nouveau texte présenté par le Premier ministre Stephen Harper étend les pouvoirs des organisations de sécurité du pays en matière d'information, notamment à tout ceux qui entraveraient "le fonctionnement d'infrastructures essentielles".

Face à cette définition floue des menaces qui feront désormais l'objet de surveillance, les mouvements environnementalistes craignent de devenir des cibles de la police en raison de leur opposition à l'industrie pétrolière. Une crainte justifiée à la lecture d'un mémo de la Gendarmerie royale détaillant, sur 44 pages, comment le "mouvement anti-pétrole canadien" serait un foyer de violence et de troubles.

Commentaire: En rapport :

- Propagande anti-écologiste : quand on parle de « djihadistes verts »
- Le mouvement écologiste, nouvel ennemi intérieur.
- Un militant écologiste interné de force en psychiatrie


Bad Guys

« American Sniper » ou l'éloge d'un criminel de guerre psychopathe

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1) Non seulement American Sniper ne remet pas en cause la légitimité de la guerre en Irak, mais en plus il tend à la présenter comme nécessaire et juste. Quelques personnages secondaires expriment des doutes mais ces moments sont tellement anecdotiques et isolés qu'il n'est pas exagéré de dire que le film ne propose aucun regard critique sur cette intervention militaire qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts et dont les conséquences vont encore faire d'innombrables victimes.

2) American Sniper est un hommage à Chris Kyle, le « sniper le plus redoutable de l'histoire militaire des États-Unis » (160 tirs létaux confirmés mais le nombre de ses victimes est probablement plus proche de 250). Ce « héros national » est en fait un tueur sociopathe qui, contrairement à son alter ego cinématographique, n'a jamais manifesté le moindre problème de conscience pour ce qu'il a fait en Irak. Pis, Chris Kyle a dit dans son autobiographie et dans des interventions publiques qu'il a pris beaucoup de plaisir à participer à cette guerre - « c'était amusant » - , regrettant même de ne pas avoir tué plus de « sauvages » (il considérait les « insurgés » comme des individus « méprisables » incarnant « le mal »). Dans cette vidéo, on voit Chris Kyle plaisanter sur les personnes qu'il a tuées avec le présentateur Conan O'Brien (qu'on a connu plus drôle). Et dans l'interview qu'il a accordée à Bill O'Reilly, il dit à propos des ennemis de l'armée américaine en Irak : « il est nécessaire de ne pas les considérer comme des êtres humains ». Autre parole mémorable : « Je ne tire pas sur les personnes qui portent un Coran. J'aimerais le faire, mais je ne le fais pas ». Ainsi, Clint Eastwood s'efforce de rendre humble et admirable ce fanatique dénué d'empathie qui devrait être considéré comme un criminel de guerre.

3) Reprenant l'argument utilisé un temps par l'administration Bush, le film suggère fortement qu'il y a un lien entre les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak, comme si le premier événement justifiait le second. Aucune mention par contre de l'immonde mensonge sur les imaginaires armes de destruction massive détenues par le régime de Saddam Hussein. Il faut dire que Clint Eastwood a appelé à voter pour George W. Bush en 2004...

USA

Obama rate son coup d'État au Venezuela

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Le président Obama avec son conseiller pour l’Amérique latine, Ricardo Zuñiga, et la conseillère nationale de sécurité, Susan Rice.
© Maison-Blanche
Une nouvelle fois, l'administration Obama a tenté de changer par la force un régime politique qui lui résiste. Le 12 février, un avion d'Academi (ex-Blackwater) maquillé en aéronef de l'armée vénézuélienne devait bombarder le palais présidentiel et tuer le président Nicolas Maduro. Les comploteurs avaient prévu de placer au pouvoir l'ex-députée María Corina Machado et de la faire immédiatement acclamer par d'anciens présidents latino-américains.


Le président Obama avait prévenu. Dans sa nouvelle doctrine de Défense (National Security Strategy), il écrivait : « Nous nous tenons aux côtés des citoyens dont le plein exercice de la démocratie est en danger, tel que les Vénézuéliens ». Or, le Venezuela étant, depuis l'adoption de la constitution de 1999, l'un des États les plus démocratiques au monde, cette phrase laissait présager du pire pour l'empêcher de poursuivre dans sa voie d'indépendance et de redistribution des richesses.

C'était le 6 février 2015. Washington terminait de mettre au point le renversement des institutions démocratiques du Venezuela. Le coup d'État avait été planifié pour le 12 février.

L'« Opération Jéricho » était supervisée par le Conseil national de sécurité (NSC), sous l'autorité de Ricardo Zuñiga. Ce « diplomate » est le petit fils du président homonyme du Parti national du Honduras qui organisa les putschs de 1963 et de 1972 en faveur du général López Arellano. Il dirigea la station de la CIA à La Havane (2009-11) où il recruta des agents et les finança pour former l'opposition à Fidel Castro tout en négociant la reprise des relations diplomatiques avec Cuba (finalement conclue en 2014).

Alarm Clock

Holocauste 2.0 : Cas de conscience ultimes

Le monde entier était devenu pour moi distant et hostile comme ces rues inconnues. Outre les règles fascinantes que je connaissais, le grand jeu, manifestement, en avait d'autres qui m'avaient échappé. Il devait avoir eu quelque chose de fallacieux et de faux. Mais où trouver un appui, la sécurité, la foi et la confiance si le cours du monde était à ce point perfide, si les victoires s'ajoutaient aux victoires pour conduire à la défaite finale, si les vraies règles du jeu n'étaient pas énoncées, mais ne se révélaient qu'après coup dans un résultat accablant ? J'entrevoyais des abîmes. La vie m'épouvantait. [Histoire d'un Allemand, p 43]
haffner

Sebastian Haffner

Pistol

Les USA en guerre 93% du temps de leur existence...

Traduction : Résistance 71

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© Inconnu
"Nous sommes un peuple de la guerre. Nous aimons la guerre parce que nous sommes très bons à la faire. En fait, c'est la seule chose que nous savons faire dans ce putain de pays: faire la guerre, on a eu beaucoup de temps de pratique et aussi parce que c'est sûr que nous ne sommes plus capables de construire une machine à laver ou une voiture qui vaille un pet de lapin ; par contre si vous avez plein de bronzés dans votre pays, dites leur de faire gaffe parce qu'on va venir leur foutre des bombes sur la gueule... " George Carlin.

Les États-Unis ont été en guerre 93% du temps de leur existence depuis leur création en 1776 c'est à dire 222 des 239 années de son existence

Magnify

Que cache le durcissement de la rhétorique de Porochenko?

Traduit de l'anglais par Dominique, relu par jj pour le Saker Francophone

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© Inconnu
Il n'est pas nécessaire de lire l'article [le lien du blog renvoie à un article en russe décrivant les dernières mesures du gouvernement ukrainien, dont le durcissement de la rhétorique contre la Russie, la fermeture des frontières et l'intensification de la censure], mais la question qu'il pose est tout à fait justifiée et nous en connaissons la réponse. Porochenko voulait un peu de calme, il voulait l'ordre dont il a besoin pour se maintenir au pouvoir, mais tout est hors de contrôle. A tel point que le ministre des Affaires étrangères se permet de dire que l'Ukraine est prête à mener une véritable guerre contre la Russie.

Tout est très simple :
Ce que veut Porochenko n'a plus d'importance. L'économie s'effondre, les entreprises stratégiques du pays sont en train de mourir, il n'y a pas d'argent et il n'y en aura pas. Les sponsors de l'Ukraine, dans lesquels il avait placé ses espoirs l'insultent désormais sans ambages - les Européens se contentent de lui conseiller de rendre l'Ukraine plus attractive aux investisseurs, et les Etats-Unis lui font remarquer que les Ukrainiens utilisent très mal leurs ressources : on le voit, pas la moindre chance d'aide réelle à l'horizon. En outre, les mines de charbon sont sur le point de fermer et un mineur affamé est un animal dangereux.

Bomb

OTAN : mercenariat et propagande d'une machine de guerre (partie 2)

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© Inconnu
Des bases juridiques confuses, sans appui ni déni international

À 21 heures, le 20 septembre 2001, le président George W. Bush devant le Congrès prononça un discours dans lequel le religieux s'entremêlait avec le patriotisme. En réaffirmant que Dieu est du côté américain, Bush promettait une vengeance « du bien contre le mal ». Pour la première fois ce soir-là, il utilisera l'expression de « guerre contre le terrorisme », les « amis » d'hier étant devenus les « méchants » du moment. Dans son allocution Bush exigera que le gouvernement afghan livre les terroristes présents sur son sol sans conditions, ce qui revenait à sous entendre leur complicité en dehors de toutes preuves factuelles que le monde entier attend toujours d'ailleurs. Rédigé par Michael Gerson, une figure de proue de l'intelligentsia évangélique, ce premier sermon américain post-9/11 vendu sous forme de « stratégie du choc » marquera par sa sémantique les fondements de la doctrine Bush : la « guerre préventive » qui, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, plongera durablement toute une partie du monde dans le chaos.

Snakes in Suits

Un lobby OGM qui fait pression sur l'Afrique

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© Clipdealer
Au Burkina Faso, en Afrique de l'Ouest, on espérait de meilleurs rendements et une utilisation moindre de pesticides grâce au coton transgénique. Mais les attentes n'ont pas été comblées, au contraire
La pression pour cultiver des plantes transgéniques augmente sur l'Afrique. Pour le lancement de la campagne «En finir avec la faim grâce à l'agriculture bio», SWISSAID cloue cette stratégie des groupes agroalimentaires au pilori, et présente des solutions sociales et plus judicieuses sur le plan écologique. Les États africains subissent des pressions importantes pour qu'ils légalisent le génie génétique. Une alliance puissante entre les groupes agroalimentaires, parmi eux le suisse Syngenta, des institutions internationales, des fondations influentes telles que la Gates Foundation et la diplomatie américaine pèsent actuellement de tout leur poids sur la balance, afin de promouvoir cette technologie contestée en Afrique.

C'est ainsi que le coton transgénique a été autorisé au Burkina Faso, en Afrique de l'Ouest, avec la promesse que les rendements augmenteraient et que l'utilisation de pesticides diminuerait. "Rien de tout cela ne s'est produit", explique Aline Zongo, de l'organisation Copagen soutenue par SWISSAID. Au contraire: "Les semences transgéniques sont dix fois plus chères, les champs des paysans qui travaillent selon les méthodes traditionnelles sont contaminés". Bref, "c'est un désastre".

Commentaire: Pour comprendre l'horreur, le mot n'est pas trop fort, de la situation africaine :

- Necro-agriculture : les multinationales à l'assaut des semenciers africains


USA

La Paix ? L'Ukraine prépare une guerre totale contre la Russie et demande des armes létales à l'Ouest

Traduit par le Saker Francophone

«Nous ne voulons effrayer personne, mais nous nous préparons pour la guerre totale, avertit Vadym Prystaiko - le ministre des Affaires étrangères adjoint de l'Ukraine - sur CBC pendant une interview stupéfiante en disant que nous nous attendons à ce que le monde nous soutienne un peu».

Exigeant que l'Ouest «fournisse des armes létales, enrage Prystaiko, tout le monde a peur de se battre contre un état nucléaire. Nous n'avons plus peur désormais».

Venant juste une semaine après le Sommet de Minsk et l'accord de paix, puis l'Allemagne ayant averti qu'il était peu probable qu'elle puisse empêcher les transferts d'armes vers l'Ukraine, Prystaiko conclut: «Nous voudrions qu'ils (l'Occident) envoient des armes létales vers l'Ukraine... des armes pour nous permettre de nous défendre

Le ministre adjoint des Affaires étrangères d'Ukraine dit qu'il se prépare pour la guerre totale contre la Russie et veut que le Canada l'aide en fournissant des armes mortelles et dispense la formation pour les utiliser.

Bomb

OTAN : mercenariat et propagande d'une machine de guerre (partie 1)

NATO OTAN logo
© Inconnu
Si vous aimez les belles histoires, l'OTAN se présente ainsi : « L'objectif fondamental de l'OTAN est la sauvegarde de la liberté et de la sécurité de tous ses membres par des moyens politiques et militaires. L'OTAN a pour but de promouvoir les valeurs démocratiques et d'encourager la consultation et la coopération sur les questions de défense et de sécurité afin d'instaurer la confiance et, à long terme, de prévenir les conflits. »

Par-delà ce discours empreint de noblesse, examinons les faits

En 1966, Charles de Gaulle annonce au Président américain Lyndon Johnson, essentiellement pour des raisons de souveraineté nationale, le retrait de la France du commandement militaire intégré de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Cette entité politico-militaire rassemble alors plusieurs pays occidentaux depuis 1949.

Commentaire: Pour compléter :

- L'officine de propagande de l'OTAN : l'Atlantic Council