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lun., 19 fév. 2018
Le Monde pour les Gens qui Pensent

Les Maîtres du Monde
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Snakes in Suits

Les oligarques au forum de Davos

Traduction: Nicolas Casaux

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© Inconnu
Les milliardaires et les oligarques qui se rassemblent cette semaine à Davos s'inquiètent des inégalités. Que les maitres du système responsable du plus important fossé économique mondial de l'histoire de l'humanité se lamentent des conséquences de leurs actions peut être dur à avaler.

Mais même les architectes de l'ordre économique international en crise permanente commencent à en percevoir les dangers. Il n'y a pas que le dissident et propriétaire de fonds d'investissement George Soros, qui aime à se décrire comme un traitre de classe. Paul Polman, directeur général d'Unilever, craint la « menace capitaliste au capitalisme ». Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, craint, elle, que le capitalisme puisse, comme l'avait dit Marx, « contenir les graines de sa propre destruction » et avertit de la nécessité d'agir.

L'ampleur de la crise leur a été révélée par l'ONG Oxfam. 80 personnes possèdent maintenant autant de richesses que les 3.5 milliards les plus pauvres - la moitié de la population de la planète. L'an dernier, les 1% les mieux lotis possédaient 48% des richesses du monde, et 44% 5 années plus tôt. Si la tendance actuelle se prolonge, les 1% les plus riches possèderont plus que les 99% restant dès l'année prochaine. Les 0.1% les plus riches font encore mieux, quadruplant leur part de revenu US depuis les années 80s.

Snakes in Suits

Grèce : milliardaires et multinationales dépècent le pays

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© Sam Judson
En échange de l'aide financière internationale, la Grèce s'est vue imposer un vaste programme de privatisations. Transport, énergie, loterie nationale, gestion de l'eau, infrastructures, patrimoine culturel... C'est la braderie générale ! Investisseurs russes, chinois ou azéris, multinationales françaises ou allemandes, et surtout les oligarques grecs, se ruent sur ces bonnes affaires, sur fond d'irrégularités et de soupçons de corruption. Au détriment des simples citoyens étouffés par les plans d'austérité. En cas de victoire électorale ce 25 janvier, le mouvement de gauche Syriza saura-t-il inverser la tendance ? Et s'appuyer sur les résistances citoyennes, qui ont par exemple réussi à réinventer un service public de l'eau ?

Ce dimanche 25 janvier, les Grecs se rendent aux urnes pour élire un nouveau gouvernement. La perspective d'une accession au pouvoir de Syriza, la coalition de la gauche radicale, seule ou avec d'autres partis, est réelle. Si cette victoire se confirme, ce sera en grande partie à cause du rejet de la politique d'austérité massive imposée au pays depuis plus de cinq ans. Celle-ci s'est traduite par une baisse sans précédent des revenus et des conditions de vie de la plupart des Grecs, jusqu'à menacer leur état de santé [1]. Économiquement, cette politique d'austérité apparaît comme un échec manifeste, si ce n'est pour tous ceux - banques françaises ou allemandes [2], investisseurs étrangers, fonds spéculatifs [3], mais aussi hommes d'affaires grecs - qui ont su y trouver leur compte.

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Le terrorisme des mass media

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L'emploi abusif par les autorités politiques et médiatiques du qualificatif « terroriste » lui a conféré une puissance magique. Or, comme c'est souvent le cas avec les concepts fourre-tout, son utilisation ne se rapporte pas à son étymologie, mais à un sens perverti par les propagandes. Ainsi, il est plus à même de provoquer une réaction ou un impact psychologique chez l'auditeur/lecteur (c'est-à-dire le propagandé).

Littéralement, « terrorisme » signifie « action provoquant chez l'Autre une peur irrépressible », donc sans commune mesure avec son impact concret. Les auteurs et commanditaires d'attentats spectaculaires recherchent le relais des media, car l'impact réel d'un attentat, même non ciblé, est bien faible par rapport à la peur engendrée. Les attentats (c'est-à-dire une entreprise criminelle selon la loi) deviennent terroristes, uniquement lorsque cette pratique est quasiment quotidienne et peu relayée. Le danger est alors plus réel que fantasmé. Mais cette situation est rare, surtout dans des sociétés spectacles, où les pouvoirs utilisent la peur comme facteur de légitimation.

Bad Guys

L'affaire Charlie Hebdo suscite « de trop nombreux questionnements » de la part des élèves qui sont « insupportables », selon Najat Vallaud-Belkacem

Pour la ministre de l'Éducation nationale, certaines questions sont « insupportables » de la part des élèves. L'aveu d'une conception autoritaire de la liberté d'expression, et de la vacuité du discours de nos élites politiques face aux enjeux de la période.
Caricature de Momo
© lerobinoscope.canalblog.com
L'attentat contre Charlie Hebdo, la minute de silence dans les écoles, les dérapages réels ou supposés d'élèves ont alimenté un sombre débat depuis le 7 janvier. C'est dans ce contexte que la ministre de l'Éducation nationale a tenu des propos sidérants à l'Assemblée nationale, mercredi 14 janvier, lors des questions au gouvernement. De Manille, le pape n'a pas non plus manqué de s'inviter dans le débat.

Attentat à l'esprit critique

Par décision du président de la République, le jeudi 8 janvier a été décrété « jour de deuil national » et une circulaire du premier ministre en a précisé les modalités : drapeaux en berne et demande aux administrations d'organiser « un moment de recueillement permettant aux agents des services publics de s'associer à cet hommage ». Ce recueillement sous forme d'une minute de silence observée dans les établissements scolaires a parfois suscité des interrogations, des remous, voire un rejet.

Depuis, une polémique enfle sur l'ampleur du phénomène. Le 13 janvier l'eurodéputé UMP, Philippe Juvin, accuse le ministère de l'Éducation nationale de « sous estimer grossièrement » les incidents et de « trucage des chiffres ». Le même jour Nathalie Saint-Cricq qui dirige le service politique sur France 2 déclare : « Il faut repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie. » De son côté, Éric Ciotti rajoute une louche, en twittant : « Il faut pouvoir supprimer les allocations familiales aux parents des élèves qui n'ont pas respecté la minute de silence. »

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Révisionnisme : quand les russes n'ont finalement pas libéré Auschwitz ?

Traduction : Dominique Muselet

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John Demjanjuk pendant son procès à Jérusalem le 25 avril 1988
Incroyable. Tout le monde sait que Yatseniouk est un vil menteur congénital et qu'il représente un régime de fous furieux. Mais il me semblait que la Pologne était un pays civilisé dirigé par des personnes saines d'esprit, bien qu'elles soient un tantinet soumises aux intérêts étasuniens.

Et puis, soudain, la bombe.

Une radio polonaise a demandé au ministre des Affaires étrangères polonais, Grzegorz Schetyna, pourquoi Poutine n'était pas invité à la commémoration de la libération d'Auschwitz, et il a répondu: « C'est le 1er front ukrainien et des Ukrainiens qui ont libéré [le camp de concentration] ; ce fameux jour de janvier, il y avait donc là des soldats ukrainiens et ce sont eux qui ont ouvert les portes du camp. » [Note de l'éditeur : Il faut rappeler le rôle de Kapo tenu par les ukrainiens dans les camps de concentration, John Demjanjuk, Kapo dans le camp de Sobibor jugé à Jérusalem en 1998 avait alors 90 ans, il est mort avant la fin de son procès.]

Commentaire: En rapport :

- L'absence de Poutine à Auschwitz


Padlock

« La protection du secret des affaires », ou comment faire taire toujours plus de gens

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© Javier Barbancho / Reuters/REUTERS
Dans un communiqué, EELV s'alarme d'un amendement soutenu par les socialistes et visant à protéger le secret industriel de l'espionnage. Un moyen selon les écologistes de bâillonner les lanceurs d'alerte et les journalistes d'investigation.

La préservation des libertés publiques, c'est la question sensible de ces derniers jours. Et contre toute attente ce n'est pas une loi sécuritaire mais l'un des nombreux amendements de la loi Macron qui est aujourd'hui suspecté de les menacer. La commission spéciale de l'Assemblée sur la loi pour la croissance a adopté samedi dernier des amendements visant à intégrer « la protection du secret des affaires » dans le code du commerce, une notion qui n'existait pas jusqu'ici. Dans un communiqué publié ce mercredi, Europe-Écologie-Les Verts s'alarme de cette disposition, qualifiée de « muselière ». Selon les écologistes, cette nouvelle notion pourrait entraver l'activité des lanceurs d'alerte, voire pousser les journalistes d'investigation à l'autocensure par crainte des poursuites.

Stop

La Russie coupe les exportations de gaz vers l'Europe de 60 %, et l'approvisionnement en gaz à six pays européens, en plein hiver et dans un silence médiatique assourdissant

Traduit de l'anglais par Le blog de la résistance
Current temperatures Europe 22.01.2015
© HAMweather.com/Météo World
Attention à vous l'Europe (c'est à dire Washington)... Parce que le froid devient intense en Europe... ironise ZH.

Je l'avais depuis quelques jours dans mes favoris, on en avait touché un mot, mais sans plus. Absolument aucun média n'en parle !!! Demandez vous juste « POURQUOI » !

La Russie a quand même coupé les exportations de gaz vers l'Europe de 60 pour cent, et l'approvisionnement en gaz à six pays européens !! Z .

Selon The Daily Mail, Vladimir Poutine a ordonné au géant russe de l'énergie Gazprom de couper les approvisionnements vers et à travers l'Ukraine sur fond d'accusations que son voisin volait du gaz russe. En raison de ces « risques de transit », Gazprom a réduit ses exportations de gaz vers l'Europe de 60 pour cent, plongeant le continent « en quelques heures » dans une crise énergétique. Six pays européens ont signalé un arrêt complet en approvisionnement de gaz russe. L'UE a exprimé sa colère considérant que la coupure soudaine des livraisons de gaz à certains de ses pays membres était « totalement inacceptable », mais le PDG de Gazprom Alexeï Miller, a ajouté plus tard que la Russie envisage de déplacer tous les flux de son gaz naturel traversant l'Ukraine par un itinéraire passant par la Turquie ; et le ministre russe de l'énergie Alexander Novak a déclaré sans équivoque, « la décision a été prise ».

Chess

L'absence de Poutine à Auschwitz

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© Inconnu
La question de la non-participation du président russe Poutine aux cérémonies du 70ème anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz par l'armée Rouge (l'armée russe) devient un cas polémique et passionnel qui peut avoir un effet de communication important. On a vu (le 20 janvier 2015) les ramifications très ambigües de cette affaire, avec ses effets de communication et aussi politiques, et d'autre part la position ferme qu'a pris la présidence russe contre les habituelles manœuvres du bloc BAO.

Il n'en reste pas moins que cette commémoration est chargée d'histoire et d'une intense émotion pour des catégories de personnes peu intéressées par les questions politiques actuelles, et qu'à cet égard l'absence du représentant suprême du pays dont l'armée libéra Auschwitz constitue pour nombre d'entre elles une circonstance malheureuse, sinon scandaleuse. Ainsi en est-il de l'article que publie un écrivain juif lituanien, qui se dit pourtant antipoutinien mais qui juge inacceptable l'absence d'invitation personnelle au président russe. Après avoir signalé un article d'il y a quelques mois (le 27 octobre 2014) du New York Times apportant des révélations sur l'utilisation de milliers de nazis par la CIA pendant la Guerre froide et s'être étonné de l'absence de réactions de diverses organisations juives, dont celles de Tchécoslovaquie qui approuvent la non-invitation de Poutine à Auschwitz, Pinchos Fridberg exprime sa colère du fait de cette non-invitation. (Russia Insiuder reprend, le 21 janvier 2015, le texte original [en russe] sous traduction anglaise.)

Handcuffs

Dérogations aux Droits de l'homme : après l'Angleterre, la France ?

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© Inconnu
Rares sont les pays à avoir demandé une dérogation au respect des droits de l'Homme, telle que le voudrait Valérie Pécresse en France, pour lutter contre le terrorisme. Mais la Grande-Bretagne l'avait fait au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, avec des arguments qui pourraient être repris mot pour mot par la France.

Lundi, Numerama expliquait que l'article 15 de la Convention européenne des droits de l'Homme (CEDH) autorisait dans un cadre strict les états membres du Conseil de l'Europe à déclarer leur intention de déroger à certains des droits fondamentaux en principe garantis par le traité. C'est Valérie Pécresse, déjà favorable à l'instauration d'un "Patriot Act à la française", qui a rappelé cette possibilité lors d'une interview sur RTL, pour encourager le Gouvernement à aller très loin dans la mise à l'écart de certaines libertés, pour lutter contre le terrorisme.

Jörg Polakiewicz, qui dirige la Direction du Conseil juridique et du Droit international public (DLAPIL) du Conseil de l'Europe, nous a signalé que l'historique complet des déclarations faites par les états concernant l'application de l'article 15 étaient en ligne sur cette page.

Laptop

Manuel Valls annonce une surveillance renforcée sur Internet

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A la sortie du conseil des ministres, le Premier ministre Manuel Valls a détaillé le plan de renforcement de lutte contre le terrorisme élaboré par le gouvernement suite aux attentats commis en janvier 2015, qui passera en particulier par des moyens renforcés pour la surveillance.

Le Premier ministre Manuel Valls a présenté lui-même, lors d'une grande conférence de presse intitulée, les mesures retenues mercredi matin par le Gouvernement pour un plan de 425 millions d'euros sur trois ans, de "mobilisation générale contre le terrorisme". "Le changement d'échelle impose de prendre des mesures exceptionnelles, et non pas d'exception, pour renforcer les moyens de l'Etat", a-t-il réitéré pour annoncer, en particulier, un renforcement des moyens de surveillance des communications et des individus suspectés.

Le chef du gouvernement estime que 3 000 personnes, "en incluant les cyberdjihadistes", doivent être surveillés en France actuellement, et assure que cette surveillance est rendue plus complexe notamment par les techniques de dissimulation des communications utilisées par les terroristes. Selon des éléments publiés dans la presse, aucune activité suspecte n'aurait été découverte dans l'utilisation de leurs accès à internet par les frères Kouachi ou Amedy Coulibaly, lorsqu'ils avaient fait l'objet de mesures de surveillance. Mais la question des moyens utilisés pour élaborer leur plan et communiquer avec leurs complices reste présente.