
La question européenne fait surface parce que les Français, comme les autres peuples européens, se rendent compte petit à petit qu'ils vivent dans un autre pays que le leur, à savoir en « Europe ». La grande force de la « construction européenne » est d'être restée jusque récemment relativement invisible aux yeux des citoyens des divers pays européens. Mais la crise grecque et la crise des migrants a forcé les citoyens européens à se rendre compte qu'ils étaient gouvernés, en ce qui concerne les grandes orientations, par des entités non élues, comme la Commission européenne ou la Cour de justice de l'Union européenne. De plus, toute la politique économique des gouvernements européens est déterminée par le caractère commun de la monnaie, l'euro, et par les traités de libre échange.
Le problème de l'euro est simple : avant son introduction les monnaies des différents pays ont évolué dans des directions assez constantes, en dehors des fluctuations boursières : par exemple, le mark allemand augmentait sa valeur par rapport aux monnaies des pays du sud, et cela non pas de quelques pour cents, mais par des facteurs 3 ou 4 au cours des décennies. L'introduction de l'euro signifiait qu'on allait arrêter ces évolutions par une décision politique, dans des économies qui restaient néanmoins soumises aux « lois du marché ». Or ces évolutions étaient en partie la conséquence des lois du marché et reflétaient les différences de compétitivité ou d'efficacité des différents pays.












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