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mer., 23 sept. 2020
Le Monde pour les Gens qui Pensent

La Science de l'Esprit
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Family

Les vertus de l'amitié

Avoir un bon ami est important, surtout lors de l'enfance. Sa présence pourrait soulager le poids des événements négatifs qui traversent notre quotidien, pensent des chercheurs. L'amitié pourrait même avoir des vertus de protection pour notre santé mentale.

«Notre étude montre que l'amitié protège et aide les gens à faire face aux problèmes qui, sinon, mèneraient à la dépression», soutient William M. Bukowski, directeur du Centre de recherche en développement humain de l'Université Concordia.

Un grand ami aurait une grande influence sur la façon par laquelle nous passons à travers les épreuves, ce qui jouerait sur notre estime de soi. Les résultats de cette étude ont été publiés récemment dans la revue Developmental Psychology.

Durant quatre jours, une centaine d'enfants de 5e et 6e années - 55 garçons et 48 filles - ont noté les moindres événements de leurs journées et leurs sentiments tandis que les chercheurs recueillaient de la salive afin de retracer le taux de cortisol de l'enfant.

Vader

Étude sur l'éthique : les « riches » seraient plus égoïstes que les « pauvres »

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Des tests ont trouvé que les « riches » avaient une attitude plus tolérante à l'égard de la cupidité, en plus d'être plus enclins à s'approprier le bien d'autrui.
Vous avez l'impression, quand une voiture vous coupe impoliment le chemin, que c'est toujours une «grosse BM» qui commet l'impair? Eh bien vous n'avez peut-être pas tort, selon une étude américaine qui suggère que les «riches» seraient des conducteurs plus égoïstes que les «pauvres» - et que ce ne serait pas leur seul travers moral, d'ailleurs.

Irrespect des piétons et des autres automobilistes. Recours au mensonge lors de négociations. Attitude relativement favorable à l'égard de la cupidité. Tricherie. Usurpation. Les «élites» en prennent décidément pour leur rhume dans cet article dirigé par Paul K. Piff, chercheur en psychologie à l'Université de Californie à Berkeley, et publié hier sur le site des Proceedings of the National Academy of Science.

«Comparativement aux individus des classes inférieures, les individus des classes supérieures se sont montrés plus enclins à adopter des comportements contraires à l'éthique. [... Leur] relative indépendance par rapport aux autres et [le fait qu'ils sont, professionnellement, dans des positions de surveillants plutôt que de surveillés] peuvent réduire les contraintes structurelles et leur perception du risque associé à enfreindre les règles d'éthique», écrivent les auteurs.

2 + 2 = 4

Entretien avec le physicien mathématicien théorique, Arkadiusz Jadczyk

Traduction SOTT

Il y a quelques jours, de façon inattendue, j'ai reçu un courriel d'une jeune lycéenne de la petite ville de Wolbrom, près de Cracovie - l'ancienne capitale de la Pologne. Son nom est Dominika, et elle m'expliquait que même si elle envisage d'étudier l'architecture, elle participe à un concours national de physique. L'étudiante devait choisir un des projets demandés et parmi eux, il y avait celui de mener une entrevue avec un physicien. Après avoir lu mon blog sur la science polonaise, elle me choisit et me demanda si j'étais d'accord. Je lui ai dit "pourquoi pas?". Alors, elle m'a envoyé ses quatorze questions. Je pense que ses questions sont peut-être plus intéressantes que mes réponses, alors voici l'interview complète.

1. Pourquoi la Physique ? Était-ce un de vos rêves d'enfant ?

Arkadiusz Jadczyk in school
© A&L Jadczyk
Ark Jadczyk, 2e rangée, 1e à gauche. Rêvant d'être un pompier, un détective, et un Indien !

J'avais de nombreux rêves d'enfant. Ces rêves ont suivi des trajectoires différentes, se sont chevauchés les uns les autres dans certains domaines, se sont renforcés mutuellement et positivement tandis que dans d'autres domaines, ils se sont neutralisés comme des vagues sur l'eau provenant de sources multiples. Je rêvais d'être un pompier, un policier, je voulais me battre avec les bons Indiens, ou être un ingénieur en électronique comme mon grand frère. Finalement, je suis devenu un physicien, on peut dire, par hasard. Je fus tellement performant dans une Olympiade nationale de Physique, que j'ai été admis au département de physique de l'université sans avoir à passer l'examen d'entrée afin de commencer des études. Sinon, j'aurais probablement choisi l'Université de Technologie.

Einstein

Les faux souvenirs ou comment on croit se rappeler ce qu'on n'a jamais vécu

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On recopie ici deux expériences scientifiques menées dans le but de démontrer la réalité des faux souvenirs. Ces études sont tirées du livre 150 petites expériences de psychologie, de Serge Ciccotti, (Dunod, 2004).

Thomas et Loftus (2002) ont demandé à des étudiants de prendre part à leur expérience. Certains d'entre eux devaient exécuter des actions bizarres et familières, d'autres participants devaient simplement s'imaginer en train de les réaliser.

Les actions familières étaient, par exemple, de faire tomber une pièce de monnaie. Un exemple d'actions bizarres était d'écraser un chocolat avec une boîte de fil dentaire.

Deux semaines plus tard, les chercheurs ont presenté aux participants une liste d'actions en leur demandant.

Magnify

La maltraitance dans le cerveau

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© © Shutterstock/clearimages
La maltraitance chez l'enfant provoque des dégâts... notamment dans le cerveau.
L'hippocampe cérébral de jeunes adultes maltraités durant leur enfance est plus petit que celui d'adultes non maltraités. Cette réduction du volume serait un facteur de risque d'apparition de maladies mentales.

Les personnes ayant été maltraitées ont plus de risques de développer des troubles de l'humeur, de l'anxiété et de la personnalité, de consommer des drogues, de souffrir de maladies psychiatriques et de se suicider. Et souvent, leur hippocampe - une région cérébrale impliquée dans la mémoire et les émotions - est plus petit que celui des personnes n'ayant pas souffert. Cette particularité cérébrale est-elle la conséquence de la maltraitance ou résulte-t-elle du trouble mental qui en découle ? Martin Teicher et ses collègues du Département de psychiatrie de l'Université Harvard, à Boston, apportent un élément de réponse : trois « couches » de l'hippocampe gauche de jeunes adultes maltraités pendant leur enfance, mais ne prenant pas de médicaments contre une maladie psychiatrique, sont moins volumineuses (d'environ cinq pour cent) que celles d'adultes non maltraités.

On sait depuis de nombreuses années que le stress provoque des ravages dans le cerveau. Chez l'animal, on a montré que des quantités importantes de glucocorticoïdes, tel le cortisol, une hormone du stress, diminuent le nombre de neurones et de prolongements neuronaux dans l'hippocampe, ainsi que la neurogénèse, c'est-à-dire la formation de nouveaux neurones. Et chez l'homme, grâce à la neuro-imagerie, on sait que les personnes ayant subi un stress post-traumatique ou souffrant de maladies psychiatriques, telle la dépression ou la schizophrénie, ont un hippocampe plus petit.

Document

Relire un livre, revoir un film : excellent pour la santé mentale

Publiée dans le Journal of Consumer Research par une universitaire américaine, une étude menée sur les habitudes de consommation de lecteurs et d'amateurs de cinéma montre le gain affectif et psychologique qu'il y a à relire ou revoir des œuvres que l'on connaît déjà.

Selon une nouvelle étude, basée sur des entretiens avec des consommateurs américains et néozélandais, la relecture d'un livre que l'on a déjà apprécié une première fois est perçue comme une expérience différente, et l'est réellement : cette pratique encourage les gens à s'engager émotionnellement dans l'œuvre.

Si, lors de la première lecture, chacun se concentre sur les événements et l'histoire relatée, lors de la seconde, l'expérience répétée rallume les émotions provoquées par l'ouvrage, permettant de les savourer à loisir. Un bénéfice émotionnel profond, puisqu'il permet au lecteur d'être d'avantage en contact avec... lui-même. Cela est valable également pour un film, ou même une destination de vacances.

Einstein

Antonio Damasio : Le désir de comprendre la conscience

Chaque matin nous nous levons et reprenons conscience - c'est merveilleux - mais qu'est-ce que nous retrouvons exactement ? Le neuroscientifique Antonio Damasio utilise cette simple question pour nous donner un aperçu sur comment nos cerveaux créent notre sens de nous-mêmes.


Si la vidéo ne s'affiche pas, cliquez ici.

Heart - Black

Les cinq plus grands regrets des gens avant de mourir

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En s'occupant pendant plusieurs années de patients dans les dernières semaines de leur vie, une infirmière australienne a recueilli leurs derniers mots, voeux et souhaits, rapporte The Guardian.

Dans son livre The top five regrets of the dying (les cinq plus grand regrets des mourants) paru à la fin de l'été 2011, Bronnie Ware s'intéresse plus particulièrement à la «clarté de vision que les gens atteignent à la fin de leur vie, et à la façon dont nous pourrions apprendre de cette sagesse».

Elle explique que les réponses de ses patients sur leurs regrets ou des choses qu'ils auraient aimé faire de manière différente se recoupaient, sur «des thèmes communs qui revenaient constamment».

Arrow Down

La bêtise mène au racisme et à l'homophobie

Pourquoi certaines personnes ont-elles des préjugés négatifs envers les étrangers ou les homosexuels? Parce qu'elles sont moins intelligentes. C'est du moins ce que suggère une étude de l'Université de Brock, publiée dans le journal Psychological Science. Les chercheurs ont ainsi observé que les enfants au quotient intellectuel plutôt bas étaient plus susceptibles de devenir racistes et homophobes à l'âge adulte.

Selon Gordon Hodson, l'auteur de l'étude américaine, nos compétences intellectuelles seraient liées à notre conscience politique. Les gens moins intelligents seraient ainsi plus attirés par les idées de droite. "Les idéologies socialement conservatrices ont tendance à offrir un ordre et une certaine structure", explique-t-il à LiveScience. Les personnes au QI moins élevé auraient également plus de mal à aller vers des groupes sociaux différents à cause de leurs préjugés.

Blackbox

Neurosciences : Notre âme a-t-elle un prix ?

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Dans la mesure où « vendre son âme », c'est-à-dire renoncer aux valeurs qui nous sont les plus chères, requiert un processus cognitif bien particulier et bien distinct des autres types de décisions, on pourrait, avec cette étude en neurosciences de l'Université Emory, répondre par l'affirmative. Cette recherche basée sur la neuro-imagerie et co-financée par l'U.S. Office of Naval Research, l'Air Force Office of Scientific Research et le National Science Foundation, qui montre comment un cas de conscience mobilise un processus cognitif spécifique, doit être publiée dans l'édition du de la revue Philosophical Transactions of the Royal Society. Dans le cadre d'une édition spéciale intitulée « La biologie du conflit culturel (The Biology of Cultural Conflict) ».

Notre cerveau traite en effet bien différemment les décisions sur les valeurs personnelles les plus précieuses, sur lesquelles nous refusons en général de nous « désavouer », même avec un enjeu important à la clé. «Notre expérience révèle que le domaine du sacré, que ce soit lié à la religion, à l'identité ou à l'éthique, relève d'un processus cognitif distinct», résume Gregory Berns, auteur principal de l'étude et directeur du Center for Neuropolicy at Emory University. Les valeurs sacrées suscitent dans notre cerveau une activation plus importante d'une zone du cerveau spécifiquement associée aux processus de décision mettant en jeu des règles, des principes, en bref le vrai ou faux ou le bien et le mal. Ce n'est pas la même zone que celle mobilisée par des décisions qu'on pourrait qualifier de simples ou courantes de type cout-bénéfice.