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jeu., 01 juin 2023
Le Monde pour les Gens qui Pensent

La Science de l'Esprit
Carte

Eye 1

De la psychologie des adeptes du déni de conspiration

Comment se fait-il que des personnes par ailleurs parfaitement intelligentes, réfléchies et rationnelles reculent devant l'idée que les psychopathes conspirent pour les manipuler et les tromper ? Et pourquoi défendent-ils avec autant de véhémence cette position sans fondement ?

obsédé par les complots
© Inconnu
L'histoire elle-même regorge de machinations commises par des menteurs, des voleurs, des tyrans et des narcissiques et décrit leurs effets dévastateurs. Les preuves de corruption et d'inouïes fourberies abondent également à l'époque moderne.

Nous savons, sans la moindre équivoque, que les hommes politiques mentent et occultent les relations qu'ils ont entre eux et que les entreprises témoignent couramment d'un mépris total pour les normes morales — en bref, nous baignons dans la corruption.

Nous savons que le jeu des chaises musicales entre les entreprises et les sphères politiques, le système de lobbying, les régulateurs corrompus, les médias et le système judiciaire signifie que les actes répréhensibles ne sont pratiquement jamais soumis à un semblant de véritable justice.

Books

Pour votre cerveau, vous êtes votre personnage de fiction préféré - c'est la science qui le dit

S'identifier à un personnage de fiction est un réflexe naturel. Mais chez certaines personnes, ce phénomène va plus loin : le cerveau réagit comme si nous étions le héros de notre série du moment.


Commentaire : Ou de notre roman du moment. Ce phénomène est peut-être encore plus exacerbé lorsque nous lisons des ouvrages de fiction, car au lieu d'être passifs et de « subir » les images d'un film ou d'une série, nous sommes actifs, dans la mesure où notre capacité d'imagination ainsi que d'autres processus cognitifs sont mis à contribution lors de la lecture.

Beatrice

Beatrice, 1895 – Marie Spartali Stillman
Plutôt Joey ou Chandler ? Buffy la tueuse de vampires ou Willow la sorcière ? Quand on est mordu d'une série, on a tendance à se prendre d'affection pour l'un des personnages et à s'y identifier (certains vont même jusqu'à tomber amoureux d'un personnage fictif, mais c'est une autre histoire). Quand notre héros souffre, on souffre. Quand il lui arrive des péripéties, notre coeur bondit avec lui. Bref, notre degré d'implication dans un programme télévisuel est souvent influencé par notre amour des personnages. À tel point que certains vont même « devenir » le personnage de fiction qu'ils portent dans leur coeur.

Alors non, on ne se réveille pas un beau matin de l'autre côté de l'écran perché sur un dragon, mais notre cerveau, lui, réagit comme si nous étions le personnage de notre série préférée du moment. C'est ce que révèle une étude américaine récente publiée dans la revue scientifique Social Cognitive and Affective Neuroscience. « Lorsqu'une personne pense à son personnage fictif préféré, il se passe la même chose dans une partie de son cerveau que lorsqu'elle pense à elle-même », résume Timothy Broom, l'auteur principal de l'étude.

Commentaire: Ci-dessous, un extrait traduit de l'étude susmentionnée : « Becoming the King in the North: identification with fictional characters is associated with greater self - other neural overlap » (Devenir le Roi du Nord : l'identification à des personnages de fiction est associée à un plus grand chevauchement neural entre le soi et l'autre] :
Les résultats présentés dans cette étude montrent l'importance de la fiction pour certaines personnes. Pour celles-ci, « les livres sont une chance de trouver une nouvelle identité, de voir le monde à travers les yeux d'une autre personne, et peut-être même de changer, à la suite de l'expérience qu'elles ont vécue en lisant », déclare Dylan Vanger, l'un des auteurs de l'étude.

Cette étude démontre que la représentation neurale des personnages de fiction dans le cortex préfrontal ventromédian présente une différence entre les personnes qui font, avec facilité et régularité, l'expérience de récits et d'histoires du point de vue des personnages, et celles qui ne le font pas.

Pour les personnes qui ont une forte capacité d'identification, qui intériorisent les expériences des personnages de fiction, l'accès aux connaissances relatives à ces personnages ressemble davantage à l'accès à la connaissances de soi, et cela peut être particulièrement vrai pour les personnages dont elles se sentent les plus proches et qu'elles aiment le plus.

Les données présentées ici montrent que la fusion du soi et de l'autre qu'entraîne l'identification aux personnages de fiction peut perdurer au-delà des limites de l'expérience narrative elle-même. Lorsque des personnages de fiction sont rappelés à la mémoire ultérieurement en dehors du contexte narratif, les individus diffèrent néanmoins dans les niveaux de chevauchement neural qu'ils présentent entre le soi d'une part, et l'autre d'autre part.

Il existe d'innombrables exemples de fictions narratives qui modifient le cours de la vie des gens en influençant leurs attitudes, leurs valeurs et, dans certains cas extrêmes, certaines décisions de vie majeures, comme le choix d'une carrière. Lorsque les individus vivent ces histoires comme s'ils étaient l'un des personnages, un lien avec ce personnage se forme et, ainsi que le suggèrent nos résultats, ce dernier devient intimement lié au soi.
« Un lecteur vit mille vies avant de mourir. L'homme qui ne lit pas n'en vit qu'une. » - Georges RR Martin


Magnify

« Il y a quelqu'un dans ma tête, mais ce n'est pas moi »

Piotr Ouspenski disait en 1947 qu'un fait d'une importance prodigieuse avait échappé à la psychologie occidentale, à savoir que l'homme ne se rappelait pas lui-même, qu'il vivait, agissait et raisonnait dans un profond sommeil, dans un sommeil non pas métaphorique mais absolument réel. Depuis les développements récents en neurosciences et en sciences cognitives, la psychologie occidentale vient de rattraper son retard, et le tableau qu'elle dresse s'accorde parfaitement avec l'ésotérisme chrétien ravivé par Gurdjieff et Mouravieff. L'homme est effectivement une machine gouvernée par les influences extérieures.
Cerveau humain
© Inconnu
Pour le psychologue Daniel Kahneman, notre mode de réflexion est composé de deux systèmes. Le premier, la pensée rapide (le Thinking fast) ou système 1 (l'inconscient adaptatif de Timothy Wilson), est inconscient, intuitif, ne demande pas trop d'effort, est incontrôlable et non-intentionnel. Ce système n'est pas sujet au doute. Il simplifie les événements, supprime les ambiguïtés, saute sur les conclusions et utilise un système d'association d'idées pour produire un rapide croquis d'une situation donnée, ainsi que pour construire une histoire la plus cohérente possible. Le système 1 reconnaît instantanément des modèles de situation et permet « de produire des solutions adéquates » :

Family

Le défi des humains

Vivre ensemble en paix sur la terre : vœux pieux si nous considérons que la nature humaine est mauvaise (« l'homme est un loup pour l'homme » - Hobbes). Heureusement l'humain est aussi empathique, pacifique et généreux.

empathie
En fait nous sommes porteurs d'une contradiction constitutive entre notre ego d'un coté et nos quatre exigences fondamentales de sens, justice, paix et amour de l'autre. Chacun gère ce conflit interne comme il peut, depuis la nuit des temps comme l'atteste cette sagesse amérindienne :

Un vieil indien explique à son petit-fils que chacun de nous a en lui deux loups qui se livrent bataille.

Le premier loup représente la Sérénité, l'Amour et la Gentillesse.
Le second loup représente la Peur, l'Avidité et la Haine.
« Lequel des deux loups gagne ? » demande l'enfant.
« Celui que l'on nourrit. » répond le grand-père.

TV

Emmurés dans les mensonges — Le Bon, Bernays, Ellul : de la propagande et du consentement

Note du traducteur : Cet article a initialement été publié sur Sott le 11 février dernier, mais après vérifications, la traduction initiale ne rendait absolument pas hommage ni à John Waters ni aux citations d'auteurs. Afin de permettre au lecteur d'avoir accès à une information de qualité, l'article a été entièrement retraduit par nos soins. De plus, les citations ont chaque fois été directement tirées des ouvrages mentionnés et, lorsque cela nous a semblé opportun, élargies par rapport à l'article original. Toutes les emphases sont de notre fait.
La propagande n'est plus ce qu'elle était. C'est aujourd'hui quelque chose de bien pire. En partie à cause de l'action efficiente qu'elle exerce sur nous, nous n'avons pas la moindre idée du moment où elle se manifeste, ni de ses conséquences sur nous.
Propaganda
© Inconnu
Cet essai est une adaptation aux circonstances actuelles d'un chapitre de mon livre de 2018 Give Us Back the Bad Roads (Currach Press), intitulé « L'ingénierie du consentement ».
Je vois le même syndrome s'exprimer partout sur les visages : les gens préfèrent sauter sous un bus plutôt que de passer à proximité les uns des autres ; un journaliste que je croyais au moins vaguement intelligent a écrit sur des « cas » en pensant que les tests PCR font au sujet du Covid exactement ce qu'ils disent faire sur leurs notices d'utilisation ; un mouvement politique censé être pro-liberté qui exige un déploiement plus rapide des vaccins ; une demi-douzaine de policiers assis sur une femme et s'aidant les uns les autres pour la menotter parce qu'elle est à plus de cinq kilomètres de chez elle, sans que personne ne cille. Des signes de quoi ? Des signes de complicité dans une terreur qui dépasse l'entendement. Des signes de renoncement à disposer d'une réflexion personnelle. Des signes de reddition à l'insurmontable, à l'inévitable. Des signes d'emmurement dans les mensonges.

Book 2

Un miroir lointain : le journal personnel de la Grande Dépression de Benjamin Roth

J'ai regardé des extraits de « The Great Depression: A Diary» de Benjamin Roth afin de le découvrir. C'est un récit personnel mais étonnamment impartial des années les plus sombres de la grande crise des années 1930, juste après le krach boursier de 1929. Écrit il y a 90 ans, sous forme de journal, alors que les événements se déroulaient, sans recul ni distanciation historique. C'est une documentation franche et puissante de l'air du temps de la dépression.
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Benjamin Roth était un jeune avocat à Youngstown, OH, alors un important centre de production d'acier de la florissante Rust Belt. Un homme de famille et professionnel ordinaire de la classe moyenne, touché directement par la dévastation économique, Roth essayait de comprendre et de faire face à la folie en cours. Tout cela rend ses observations très convaincantes et ses narrations réalistes.

Heart

Les 5 langages de l'Amour : le secret des couples qui durent

Les 5 langages de l'Amour est un best seller international de Gary Chapman, conseiller conjugal et animateur de séminaire pour couples. Le concept de l'auteur est qu'il existe 5 manières de manifester notre amour, qu'il a nommé les 5 langages de l'Amour.
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Nous avons chacun notre langage, qui ne correspond pas forcément à celui de notre partenaire, ce qui peut poser problème dans notre couple. Ce qui suit est un ensemble de mes notes de lecture de ce livre ainsi que mes remarques.

Commentaire:




Caesar

La liberté mise en pièces par la peur

S'il y a bien une émotion particulièrement commode pour diriger la foule, c'est bien la peur. Cela fait passer presque instantanément la grande majorité des individus en mode « réflexes ».
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Or, un réflexe simple lorsqu'on a peur est de simplement suivre le groupe parce qu'en moyenne, le groupe se trompe peu. Et si l'on a correctement orienté le groupe en lui faisant peur et en lui fournissant en même temps des solutions (de groupe, évidemment) qui répondent (fortuitement) à un agenda pratique pour celui qui manipule, le groupe fonce alors tête baissée vers la solution présentée, bonne ou mauvaise.

Bien utilisée, la peur fait en effet complètement oublier la liberté aux individus : la liberté, en laissant les possibilités ouvertes, n'apporte jamais de réponse immédiate, émotionnelle, instinctive et définitive aux dangers qu'on croit percevoir. Elle est toujours une réponse argumentée, raisonnée, pondérée et ne fait pas le poids devant les réponses instantanées, toutes faites et rassurantes par leur immédiateté.

Red Flag

La psychopathie et les origines du totalitarisme

Nombreuses sont les plus grandes horreurs de l'histoire de l'humanité à ne devoir leur apparition qu'à l'établissement et à l'application sociale d'une fausse réalité. Nous pouvons — avec reconnaissance envers le philosophe catholique Josef Pieper pour le terme et l'idée de son important essai de 1970 Abus de langage, abus de pouvoir — qualifier ces réalités alternatives de pseudo-réalités idéologiques.
foule de personnes floues
© Inconnu
Note du traducteur : James Lindsay, co-auteur avec Helen Pluckrose de Cynical Theories [« Théories cyniques », non traduit en français], semble avoir lu la Ponérologie politique d'Andrew Lobaczewski. Lindsay est, selon nous, l'un des premiers universitaires de renom à l'avoir fait et à avoir écrit quelque chose de substantiel à ce sujet (sans toutefois citer l'ouvrage en question, malheureusement). Compte tenu de sa formation en théorie critique, il est le candidat idéal pour accomplir cette mission, et sa manière de traiter de ce sujet présenté ici mérite d'être lue. Nous avons ajouté quelques commentaires qui mettent en corrélation certaines de ses idées avec la terminologie utilisée dans les travaux de Lobaczewski.
Les pseudo-réalités, par définition fausses et irréelles, engendreront toujours la tragédie et le Mal à une échelle au moins proportionnelle à la portée de leur emprise sur le pouvoir — ce qui constitue leur principal intérêt — que ce soit d'un point de vue social, culturel, économique, politique ou (surtout) une combinaison de plusieurs ou de tous ces éléments. Ces pseudo-réalités sont, lorsqu'elles surgissent et prennent racine, à ce point importantes pour le développement et les tragédies des sociétés qu'il est utile de souligner leurs caractéristiques et leur structure de base afin de pouvoir les identifier et leur opposer une résistance adéquate avant qu'elles ne débouchent sur des calamités sociopolitiques — qui peuvent aller jusqu'à la guerre, en passant par le génocide et même l'effondrement de la civilisation, toutes ces possibilités étant à même de provoquer la mort de millions de personnes et la ruine de millions d'autres dans la vaine poursuite d'une fiction pour laquelle ses adeptes sont, ou sont amenés à être, suffisamment intolérants.

La nature des pseudo-réalités

Les pseudo-réalités sont, en termes simples, de fausses constructions de la réalité. Il est évident, espérons-le, que parmi les caractéristiques des pseudo-réalités figure le fait qu'elles doivent présenter une compréhension plausible mais délibérément erronée de la réalité. Il s'agit de « réalités » sectaires au sens où elles reflètent la façon dont les membres des sectes vivent et interprètent le monde — tant social que matériel — qui les entoure. Nous devons considérer de prime abord que ces interprétations délibérément erronées de la réalité remplissent deux fonctions connexes. Premièrement, elles sont destinées à modeler le monde pour qu'il puisse accueillir une petite partie des personnes qui souffrent de limitations pathologiques quant à leurs aptitudes à faire face à la réalité telle qu'elle est. Deuxièmement, elles sont conçues pour remplacer avec force toutes les autres analyses et motivations, qui seront tordues jusqu'à déformation par et au profit de ces individus essentiellement ou fonctionnellement psychopathes aussi longtemps que leur règne pseudo-réel pourra durer.

Magnet

La messe noire des blouses blanches ou le retour des années noires

On s'est fait berner. D'une force. Mais alors, 2020 : l'année de la manipulation médiatique à grande échelle, la plus réussie, la mieux exécutée de tous les temps. En 2008 la grippe porcine c'était un beau carnage, un coup d'essai pour L'OMS et ses sbires.
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Depuis, ils se sont dit : « Prochain virus, on les inonde, on leur dépouille leur race, on leur sort notre nouveau vaccin qui va leur décalquer leur ADN de mouton, pour en faire des pigeons qui disent « oui oui oui » tout le temps... On va leur balancer tous leurs droits à la con par dessus bord, ils les reverront jamais ! ils auront que le choix d'aller bosser, et c'est déjà bien... Et leur sale progéniture on va la masquer pour qu'ils comprennent bien ce qui les attendent plus tard : un monde où ils auront que le droit de la fermer, et de contempler le ciel de leur usine ou de la fenêtre de leur multinationale, comme des Chinois. On va en faire tous des Chinois, qu'ils deviennent un peu plus compétitifs ces branleurs d'Européens, ces classes moyennes qui nous coûtent chers, et tous ces vieux, quel gâchis d'énergie...