Des informations classées secret-défense ont été retrouvées dans un ordinateur utilisé par Paula Broadwell, ancienne maîtresse de David Petraeus, contraint à la démission de la CIA à cause de cette liaison.

Four protagonists of the scandal Petraeus
© Reuters
Les quatre protagonistes du scandale Petraeus
Le contenu et la quantité de dossiers classés secret-défense -et la façon dont Paula Broadwell les a obtenus- sont suffisamment importants pour justifier le maintien des investigations, ont dit des responsables. Ils s'exprimaient sous le sceau de l'anonymat n'étant pas autorisés à s'exprimer publiquement.

En tant qu'officier de réserve au sein des services de renseignement militaires américains, Paula Broadwell avait un accès autorisé à des données confidentielles, ont dit plusieurs responsables. Les informations sur les documents qu'elle détenait ont émergé mercredi parce que le Pentagone a suspendu son autorisation d'accès.

« Rien divulgué » selon Obama

Au sein de l'armée et dans les services de justice et de police, on s'inquiète de plus en plus des retombées de la liaison entre David Petraeus et Paula Broadwell, par ailleurs auteur d'une biographie du général américain à la retraite.

Mercredi, le FBI et la CIA ont fait le point sur le dossier Petraeus pour les présidents des commissions du renseignement de la Chambre des représentants et du Sénat.

Lors de sa première conférence de presse depuis sa réélection le 6 novembre à la Maison Blanche, le président Barack Obama a déclaré qu'à sa connaissance et selon l'état actuel de l'enquête, aucune information classée secret-défense et susceptible de nuire à la sécurité nationale n'avait été divulguée dans l'affaire Petraeus.

Petraeus témoigne vendredi

Le général David Petraeus va témoigner vendredi matin devant la commission du Renseignement de la Chambre des représentants sur l'attaque de Benghazi, a annoncé mercredi la commission. Elle avait coûté la vie à quatre Américains dont l'ambassadeur en Libye.

Son témoignage devant les élus, avait dans un premier temps était remplacé par celui du directeur de la CIA par intérim, Michael Morrel. Mais à la demande des parlementaires, le général Petraeus se présentera vendredi pour une audition à huis clos à partir de 07h30 (13h30 heure suisse).

L'attaque avait initialement été considérée comme spontanée en réaction à la diffusion d'une vidéo islamophobe sur internet, mais les autorités américaines se sont ensuite orientées vers la thèse d'un assaut planifié.

Il n'est pas exclu que les auditions abordent aussi les circonstances confuses de la démission de David Petraeus, dont l'ex-maîtresse et biographe Paula Broadwell a été en possession de documents confidentiels, selon des médias américains.

Allen prêt à coopérer

Plusieurs commissions parlementaires mènent leurs propres auditions pour déterminer les failles de sécurité autour des complexes diplomatiques de Benghazi. L'attaque le 11 septembre dernier avait causé la mort de quatre Américains, dont celle de l'ambassadeur Chris Stevens.

Par ailleurs, le général américain John Allen, commandant la coalition internationale en Afghanistan, entend « coopérer pleinement » à l'enquête du Pentagone qui le vise pour une correspondance jugée « déplacée » avec une femme, a annoncé mercredi son avocat.

Il s'agit de la première déclaration officielle émanant du général quatre étoiles depuis sa mise en cause mardi pour de nombreux échanges de courriers électroniques « déplacés » et confinant au flirt avec Jill Kelley, une femme de 37 ans habitant Tampa (Floride). L'avocat n'évoque pas dans le communiqué les faits qui sont reprochés à l'officier, qui selon le Pentagone, nie tout adultère.

John Allen s'est retrouvé mardi à son tour pris dans le scandale ayant coûté son poste au directeur de la CIA David Petraeus. En enquêtant sur des courriels anonymes de menace envoyés par Mme Broadwell à Jill Kelley, le FBI a découvert que cette dernière, également amie du couple Petraeus, entretenait une importante correspondance par voie électronique avec le général Allen.