Le 6 décembre 2023, un astéroïde d'un kilomètre de large passe à 5,5 millions de km de la Terre. S'il ne représente pas une menace, son parcours est surveillé à l'image de tous les géocroiseurs qui s'approchent de l'orbite de la Terre. L'objectif est de tous les répertorier d'ici 2040.
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© Getty – JUAN GARTNERVue d’artiste d’un astéroïde à proximité de la Terre.
Un astéroïde d'un kilomètre de large passe à proximité de la Terre ce mercredi 6 décembre. Au plus proche, il sera à 5,5 millions de km. Il n'y a aucun risque qu'il heurte notre planète, mais son orbite comme celle de tous les astéroïdes géocroiseurs est très surveillée. Des télescopes vont être mis en service dans les prochaines années pour encore mieux les repérer et mieux se protéger. Par ailleurs, les missions en direction de ces astres permettent de mieux comprendre leur composition et comment se défendre en cas de menace pour notre planète.

UN ASTRE DE PRÈS D'UN KM - IL NE REPRÉSENTE AUCUNE MENACE

Découvert en 2001, l'astéroïde répondant au doux nom de "(139622) 2001 QQ142" croise l'orbite de la Terre ce mercredi à 21h59 (heure de Paris). Il doit passer à une distance de 5 520 500 km, soit plus de 14 fois la distance entre la Terre et la Lune. Si ce passage ne représente aucune menace, c'est sa taille qui nécessite de suivre continuellement sa trajectoire. En effet, sa plus grande largeur est comprise entre 500 et 1200m. Or, un astéroïde de cette taille est susceptible de causer des dommages à l'échelle de la planète. Statistiquement, un astéroïde d'un kilomètre est susceptible de toucher la Terre tous les 700.000 ans.

Ce n'est pas la première fois que 2001 QQ142 vient nous saluer. Il tourne autour du soleil en 620 jours et avait déjà effectué un premier passage proche de la Terre en 2006. Sa prochaine visite est prévue en décembre 2045.

UN SURVEILLANCE CONSTANTE - LA DÉFENSE PLANÉTAIRE, UNE PRÉOCCUPATION DE TOUTES LES AGENCES

En avril dernier, les spécialistes des astéroïdes géocroiseurs (donc dont l'orbite croise celle de la Terre) se sont réunis à Vienne, en Autriche, à l'occasion de la 8e conférence de défense planétaire. Les scientifiques sont notamment revenus sur l'expérience de la mission DART. En septembre 2022, un engin spatial lancé un peu moins d'un an auparavant a réussi à dévier la trajectoire de la petite lune d'un astéroïde. La sonde avait en effet percuté Dimorphos un satellite de l'astéroïde Didymos. Son orbite a été diminuée de 33 minutes.
Le lancement de Neo Surveyor
© Vue d’artiste – NASALe lancement de Neo Surveyor, le telescope spatial chargé de repérer les astéroïdes géocroiseurs potentiellement dangereux, est prévu pour 2028.
Mieux les repérer

Actuellement, un peu plus de 40% des astéroïdes géocroiseurs sont répertoriés (et plus de 90% de ceux de 1 km et plus). En 2024, l'observatoire Vera Rubin doit entrer en service au Chili pour améliorer l'identification de ces corps célestes potentiellement dangereux. Puis en 2028, le télescope spatial NEO Surveyor devrait le seconder depuis le point de Lagrange L1 - entre la Terre et le Soleil. L'objectif est de réussir à identifier tous les cailloux potentiellement dangereux d'ici 2040.

ÉTUDIER LES ASTÉROÏDES POUR SE DÉFENDRE

Des missions de récupérations d'échantillons sont menées pour mieux comprendre la composition et la dangerosité des astéroïdes.
L’équipe de récupération astéroide
© NASAL’équipe de récupération examine la capsule SRC larguée par OSIRIS-REx, peu après son atterrissage du 24 septembre 2023 au sein de l’Utah Test and Training Range.
La mission Hayabusa-2, menée par la Jaxa, a permis de prélever des échantillons de l'astéroïde Ryugu en 2019. Deux échantillons de ce prélèvement sont d'ailleurs exposés dans les collections de la Cité de l'espace. Par ailleurs, en septembre dernier, la mission Osiris-Rex de la Nasa a permis de ramener des prélèvements effectués sur l'astéroïde Bennu. Ces missions servent à mieux comprendre comment sont formés les astéroïdes et comment il serait possible de les détourner si ils venaient à menacer la Terre.