Comment expliquer l'addiction de certaines personnes constamment accrochées à leur téléphone portable?

Des chercheurs de l'Université de Baylor et de l'Université de Seton Hall ont montré que les personnes les plus addicts au téléphone portable et aux textos seraient impulsifs et matérialistes, exactement comme les accrocs au shopping. L'étude a été publiée en novembre dans la revue The Journal of Behavioral Addictions.

Bien que l'addiciton au téléphone mobile ne soit pas encore un syndrome très bien défini ni reconnu dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM IV), les experts s'accordent à dire que l'utilisation du téléphone portable à outrance devient un véritable problème, surtout pour les plus jeunes.

"Un symbole de statut social"

Selon le professeur James A.Roberts, à l'initiative de cette étude, les téléphones cellulaires "ne sont pas seulement un outil de consommation, ils sont aussi un symbole de statut social. Ils contribuent également à éroder nos relations personnelles", écrit-il dans son rapport. Si le professeur Roberts est aussi radical, c'est bien à cause des résultats de l'expérience qu'il a menée.

Mais comment sont-il parvenus à ces résultats? Les travaux se sont basés sur un questionnaire adressé à 191 étudiants en commerce. Les questions visaient à évaluer leur niveau d'impulsivité et de matérialisme, ainsi que leur niveau de dépendance à l'utilisation du téléphone portable et à la messagerie instantanée (SMS). Plus le niveau d'impulsivité et de matérialisme était élevé, plus le niveau d'addiction l'était aussi, une corrélation observée chez les accros au shopping.

La peur d'être séparé de son téléphone

"À première vue, on aurait tendance à minimiser cette utilisation excessive du téléphone et à invoquer une lubie de jeunesse", explique le docteur James A.Roberts, "mais un nombre croissant d'études vient étayer l'idée d'addiction aux téléphones portables et à d'autres comportements similaires."

Une autre étude anglaise a révélé en février que 66% des personnes interrogées se sentent perdus sans leur téléphone portable. Cette peur excessive d'être séparé de son téléphone mobile a un nom. Elle s'appelle la nomophobie.