Alors que les scientifiques du CERN de Genève étaient en passe de mettre la main sur le fameux boson de Higgs, celui-ci se serait dédoublé de façon parfaitement inattendue. Les résultats de l'expérience Atlas font état non plus de un mais de deux bosons de Higgs.

C'est un virage totalement inattendu qu'a pris la quête du si mystérieux boson de Higgs. En effet, début juillet, les physiciens du CERN à Genève ont annoncé qu'ils avaient identifié une nouvelle particule et que celle-ci pourrait bien être le boson de Higgs, dont l'existence a été prédite il y a plus de 45 ans par le scientifique Peter Higgs. L'annonce de la découverte avait ainsi créé un véritable vent d'enthousiasme parmi les scientifiques.

Mais la semaine dernière, c'est un résultat bien plus étrange qu'ont dévoilé les résultats de l'expérience Atlas menée au CERN. Ce n'est plus un mais deux bosons de Higgs qui auraient été découverts grâce aux désintégrations engendrées par les collisions de particules à l'intérieur de l'accélérateur LHC. En vérité, ce dédoublement inquiétant daterait même de mai 2012 mais jusqu'ici les scientifiques n'en auraient pas fait clairement état. D'après les résultats, il n'y aurait donc non pas une seule particule de masse d'environ 125 gigaélectronvolts (GeV), mais deux avec des masses de 123,5 GeV et 126,6 GeV.

Or, cette différence de 3 GeV pose un sérieux problème aux physiciens. Elle est en effet trop petite pour qu'il s'agisse de deux particules très différentes, mais également trop grande pour être due à des erreurs de calcul, comme le souligne le blog de Slate.fr, Globule et télescope. Plus sérieux encore, tous les efforts des scientifiques menés pour gommer cette aberration n'auraient rien donné. Sauf que les chercheurs de l'autre expérience du CERN, CMS, n'ont eux détecté la trace que d'un seul boson de masse environ égale à 126 GeV.

L'apparition d'une seconde particule pose problème

Ce dédoublement pose donc de nombreuses questions. D'autant plus que l'apparition d'une seconde particule au lieu d'un seul boson de Higgs poserait un sérieux problème car elle est capable de remettre cause pas moins de deux théories en physique : d'une part, le modèle standard, pour lequel le boson de Higgs a été imaginé et qui serait conforté par la découverte de ce dernier. Et d'autres part, la supersymétrie qui, si elle "prévoit plusieurs Higgs, n'envisage pas qu'ils soient si proches en masse" comme l'explique un physicien du CEA interrogé par Globule et télescope.

Il faudra donc attendre encore plusieurs mois, jusqu'en mars 2013, pour en savoir un peu plus sur le boson. En effet, c'est à cette période là que les scientifiques du CERN feront une nouvelle mise à jour et présenteront les dernières données obtenues dans la quête de la mystérieuse particule.