Les services de sécurité spécialisés dans la lutte antiterroriste entament une enquête avec 11 fonctionnaires travaillant pour des sociétés activant dans la base pétrolière de Tiguentourine, soupçonnés de complicité avec le commando terroriste qui a attaqué le site gazier d'In Amenas.

La fin de l'opération militaire menée par les forces spéciales de l'ANP, a donné lieu aux enquêtes à mener afin de faire toute la lumière sur l'infiltration du groupe terroriste dans ladite base pétrolière, a-t-on appris de sources sécuritaires bien informées.

L'enquête diligentée par les services de sécurité spécialisés dans la lutte antiterroriste, selon les mêmes sources, concerne 11 fonctionnaires. Il s'agit de quatre agents de sécurité travaillant pour la société britannique, British Petroleum (BP), cinq fonctionnaires de la Sonatrach ainsi que deux cuisiniers travaillant pour le groupe énergétique japonais JJC. L'enquête devrait ainsi s'élargir en convoquant tous les travailleurs et cadres soupçonnés d'implication dans cette attaque terroriste contre le site gazier.

Les soupçonnés, selon notre source, auraient fourni auparavant aux assaillants des renseignements ainsi que de la carte du site.

Selon notre source, les services en charge de cette enquête sont parvenus à partir des bases de données des travailleurs, de leurs numéros de téléphones et en coordination avec les compagnies pour lesquelles ils travaillent, de découvrir que certains d'entre eux auraient effectué des appels téléphoniques à l'étranger, en l'occurrence en Libye et au Mali.

Par ailleurs, les forces spéciales composées essentiellement de Groupe d'intervention spécial « GIS » de l'Armée nationale populaire (ANP) et les éléments du détachement d'intervention de la Gendarmerie nationale qui ont neutralisé cinq terroristes ont également récupéré trois téléphones cellulaires « Thouraya » qu'ils ont remis aux forces spécialisées dans la lutte antiterroriste. Ces dernières se sont mises ensuite à analyser les appels émis et reçus depuis ces téléphones.

Un porte-parole de la katiba des « Signataires par le sang » avait déclaré à l'agence mauritanienne ANI que l'opération avait été préparée depuis deux mois. « Nous connaissons l'hypocrisie du système algérien qui serait partenaire avec la France dans sa guerre contre l'Azawad. De ce fait, nous avions préparé cette attaque contre la base pétrolière après avoir collecté des données et une carte de ce site», a-t-il déclaré à l'ANI.

Les propos du porte-parole des « Signataires par le sang » alimentent le soupçon sur l'implication de certaines parties à l'intérieur même de cette base lesquelles leur auraient fourni de renseignements sur le complexe gazier de Tiguentourine.