Caroline Fourest
© Inconnu

Réalisatrice d'un documentaire diffusé sur France 5, la journaliste Caroline Fourest a altéré un témoignage-clé à propos du 11-Septembre. La preuve par l'image.

Mardi 5 février, près de 525 000 téléspectateurs ont été dupés par une manipulation de l'information commise sur France 5 par Caroline Fourest. Celle qui se targue de respecter les faits s'est rendue coupable d'une grave faute déontologique : déformer littéralement les propos d'un citoyen sollicité pour un reportage.

Consacré à ce qu'elle nomme les « obsédés du complot », son film vise à pourfendre la remise en question -de plus en plus manifeste dans l'opinion publique- de la parole d'Etat en brocardant diverses personnalités en raison de leurs connexions politiques. Une séquence du documentaire s'attarde sur les sceptiques de la version officielle du 11-Septembre : deux hommes au visage flouté dialoguent, face caméra, tandis que la retranscription de leur échange apparaît en bas de l'écran.

Après l'évocation d'une éventuelle implication de l'ISI (les services secrets pakistanais) dans les attentats, l'homme à droite de l'image semble tenir les propos suivants -si l'on en croit les sous-titres : « Ce qui est intéressant avec le Mossad, c'est qu'il y a des agents qui se sont fait passer... ».

Léger problème : la fin de la retranscription est mensongère

Au premier visionnage de cette séquence, il était naturel de porter instinctivement son regard sur les sous-titres afin de saisir la teneur de l'échange, enregistré dans un cadre a priori bruyant. Le téléspectateur croit alors comprendre que l'homme au gilet fait vaguement allusion à des « agents du Mossad » qui auraient déguisé leur apparence ou menti sur leur véritable identité, sans que le motif d'un tel subterfuge ne soit explicité. Seule la confusion, dans l'esprit du téléspectateur, peut résulter d'une telle séquence.


Or, en réécoutant (à 19'22) le propos -et en faisant abstraction du sous-titrage trompeur-, on entend tout autre chose : contrairement aux apparences, cet homme ne s'interrompt pas, au milieu d'une phrase, sur le verbe « passer ». En réalité, il conclut sa remarque en prononçant le mot « pincer ». Son propos prend alors une autre signification : vis-à-vis de l'affaire du 11-Septembre, ce militant évoque ici une arrestation -et non un déguisement- d'agents du Mossad. Diffusé dans son authenticité, ce commentaire aurait probablement suscité la curiosité légitime de nombreux téléspectateurs, désireux de connaître les détails de cette étrange péripétie : des agents secrets israéliens interpellés le jour d'un attentat prétendument commis par Al-Qaïda.

Documenteur

Il ne s'agit pas là d'une erreur commise par le monteur du documentaire. Quiconque est passé par une table de montage connaît le temps fastidieux mais nécessaire pour voir et revoir sans cesse les moindres détails d'une réalisation. Les rushes du tournage sont disséqués et commentés par l'équipe qui entoure Caroline Fourest. Le montage final de cette séquence a nécessité une attention particulière, caractérisée par le floutage des visages, le découpage sélectif du dialogue entre les deux hommes, la retranscription de leur échange et la légère déformation de leurs voix. A l'inverse, le brouhaha de la salle n'a pas été corrigé ou, du moins, diminué, ce qui justifie tacitement l'usage de sous-titres.

France 5, chaîne « de l'éducation, du savoir et de la connaissance » ?

Partiellement financée par le service public, Caroline Fourest a pourtant enfreint, ce faisant, la charte des antennes de France Télévisions. Dans son chapitre 4, relatif à « l'honnêteté de l'information », il est précisé, au quatrième paragraphe, la chose suivante : « Le montage est une technique indispensable pour rendre compte de la réalité en un temps donné. En tant que telle, elle doit faire ressortir l'essentiel de l'information sans déformation. Elle doit rester le plus fidèle possible à la lettre et à l'esprit du propos ».

Question : pourquoi Caroline Fourest a-t-elle ainsi truqué le témoignage d'un interviewé ? Plus précisément : quel intérêt personnel a-t-elle à dissimuler au téléspectateur la réalité de l'arrestation d'agents du Mossad dans le cadre des attentats du 11 septembre 2001 ? Nous laisserons à chacun le soin d'apporter sa propre réponse en encourageant, dans le même temps, les internautes à faire fi de l'accusation inepte de « complotiste ». Souvenez-vous alors de cette citation de Noam Chomsky, linguiste de renommée mondiale : « A mon avis, « théorie du complot » est devenu l'équivalent intellectuel d'un mot de cinq lettres. C'est quelque chose que les gens disent quand ils ne veulent pas que vous réfléchissiez à ce qui se passe vraiment ».

Quant à l'épisode relatif aux agents du Mossad, il s'agit là de faits, et non de fantasmes ou de légendes urbaines. L'auteur de ces lignes vient justement d'y consacrer deux chapitres détaillés dans un ouvrage intitulé Israël et le 11-Septembre : le grand tabou.Objectif de cette enquête : démêler le vrai du faux à propos de la rumeur -populaire dans le monde arabe- faisant état d'une implication israélienne dans les attentats.

Dans l'après-midi du 11 septembre 2001, cinq Israéliens ont bien été arrêtés par la police du New Jersey ; trois d'entre eux ont été aperçus, juste après le crash du premier avion dans le World Trade Center, en train de se réjouir et de se prendre en photo, l'air hilare, avec la Tour nord enflammée en arrière-plan. Après 71 jours de détention, ils seront discrètement rapatriés à Tel-Aviv et raconteront leurs déboires dans un talk-show israélien, niant toujours leur appartenance au Mossad. Pour l'anecdote, le présentateur de cette émission -qui avait fait sensation- n'était autre que Yair Lapid, le « centriste » victorieux des dernières élections législatives.


Des membres du contre-espionnage américain révélèrent, en 2002 et sous couvert d'anonymat, qu'au moins deux d'entre eux étaient effectivement membres des services secrets israéliens. De même, Juval Aviv, un ex-agent du Mossad, reconnaîtra, dans un reportage de la britannique Channel 4 diffusé en 2004, que leur entreprise de déménagements, dénommée Urban Moving Systems et dont le directeur a quitté précipitamment le territoire américain en direction de Tel-Aviv, était une antenne -sous couverture- du Mossad.


Depuis 2001, la plupart des grands médias occidentaux ont choisi d'ignorer ou d'édulcorer cette affaire et ses implications. Le but visé par l'ouvrage Israël et le 11-Septembre : le grand tabou consiste, à l'inverse, à susciter le débat et l'exploration rigoureuse de la piste israélienne, toujours passée sous silence. Ce sujet controversé est généralement évité par les leaders d'opinion français en matière de lutte contre l'islamophobie ou de combat pour les droits du peuple palestinien. Qu'il s'agisse là de frilosité, de déni ou de cécité, cette indifférence est inappropriée : la recherche de la vérité sur le 11-Septembre (et sa troublante connexion avec la mouvance américano-sioniste) éclaire, en définitive, les origines communes de la fabrique de l'islamophobie et de la diabolisation de la cause palestinienne.

Neoconservateurs : leurs agents, leurs complices et leurs idiots utiles

Dans l'Hexagone comme à l'étranger, les personnalités ayant attisé le racisme anti-musulman dans l'opinion publique ou celles ayant stigmatisé la défense de la souveraineté palestinienne participent, depuis une vingtaine d'années, d'un mouvement idéologique dont les principaux protagonistes sont désormais à l'œuvre pour enterrer toute discussion sérieuse à propos du 11-Septembre. Une telle collusion est un fait, n'en déplaise à ceux qui professent des arguments d'autorité pour brocarder, avec condescendance, les millions de citoyens -à travers le monde- qui rejettent la version officielle délivrée par l'Administration Bush.

En s'attaquant aux « complotistes », aux « radicaux de l'islam » (comprendre les musulmans qui ne sont pas d'accord avec elle) et aux « anti-sionistes », Caroline Fourest révèle incidemment ses véritables allégeances politiques. En validant le mythe de « Ben Laden et les 19 pirates de l'air » pour expliquer le détournement simultané de 4 avions, la désintégration de 3 tours et les millions de dollars secrètement remportés par des boursicoteurs chanceux, les citoyens -y compris ceux hostiles à l'islamophobie ou aux crimes d'Etat israéliens- font le jeu de la plus grande imposture du siècle naissant.




La démystification du 11-Septembre, à propos de laquelle certains préfèrent hausser les épaules ou ricaner, est un impératif politique, civique et journalistique. L'évènement a provoqué la mort de centaines de milliers d'individus, depuis le crash du premier avion dans le World Trade Center au dernier « dommage collatéral » commis par un drone américain au Pakistan. Ses séquelles persistent dans les cœurs et les consciences, entre restriction des libertés individuelles, expansion du contrôle policier et montée de l'islamophobie. En dépit du silence des grands médias et de celui -plus grave encore- de la plupart des intellectuels et militants associatifs, le 11-Septembre demeure essentiel à élucider.

C'est une question de temps : les explosions du World Trade Center n'ont certainement pas fini de causer leur ravage.