© Inconnu
Un défilé de damnés.
Par les damnés, j'entends les exclus.
Contemplons ensemble un cortège composé de faits exclus de la Cité scientifique.
Guidés par les faits exhumés sous mes soins, des bataillons de données maudites marcheront au grand jour. Elles s'animeront sous vos yeux. Certaines sont blêmes, d'autres enflammées, d'autres encore proches de la décomposition.


Charles Fort, Le Livre des Damnés

Décomposition - c'est sur ce mot qu'ont résonné les premières heures de 2011 dans la ville de Beebe, en Arkansas : des masses de carouges à épaulettes en décomposition. Les premiers chiffres mentionnent environ 5000 oiseaux morts jonchant les jardins et les rues de Beebe.
En outre, à environ 200 km à l'ouest, à Ozark, en Arkansas, une centaine de milliers de poissons tambours ont été retrouvés morts le long de la rivière Arkansas.

Que se passe-t-il donc ?

En parallèle à l'hécatombe touchant les oiseaux et les poissons en Arkansas, le Chili a également connu une hécatombe de puffins fuligineux, retrouvés morts sur une zone de 10 km, dans la région de Colmuyao (Biobio). Cet événement est survenu dans la foulée d'un séisme de magnitude 7.0 dans la région de Santiago Del Estero.

Mise-à-jour 09/01/11 : il semble que l'hécatombe au Chili date en fait de mai 2010 et non de janvier 2011. Le phénomème de chutes d'oiseaux est récurrent au Chili.

D'autre part, de l'autre côté du continent sud-américain, au moins 100 tonnes de poissons morts - pour la plupart des sardines, des perciformes et des poissons-chats - ont été découverts sur les côtes brésiliennes, dans l'État du Paraná, depuis jeudi dernier [30 décembre - NdT]. Ces signes n'annoncent rien de bon pour 2011 !

Vous nous direz, dans un monde comme le nôtre, où chaque centimètre carré de la planète est pollué au-delà du seuil de tolérance, ces morts massives d'animaux peuvent paraître relativement banales. Après tout, ces dernières années, ce ne sont pas les hécatombes qui ont manqué : abeilles, chauves-souris, dauphins, pélicans, grenouilles et probablement d'autres espèces dont les morts sont passées inaperçues.

Ces morts massives sont souvent causées par des maladies spécifiques, des polluants, ou un mélange des deux. Or ce qui est étrange, avec les carouges à épaulettes de Beebe, c'est qu'ils sont tout bonnement tombés raides morts en plein vol. Comme l'a fait remarquer Karen Rowe, ornithologue pour la Wildlife commission : « Il faut bien comprendre qu'un oiseau malade est incapable de voler. » Qu'est-ce qui a donc poussé 5000 carouges à s'envoler en pleine nuit pour ensuite tomber du ciel ? Les carouges à épaulettes dorment habituellement la nuit et ont une très mauvaise vision nocturne, nous disent les experts.

Mais bon, pourquoi s'inquiéter, après tout : il paraît que ces morts ne sont pas si mystérieuses que cela ! D'après le directeur du laboratoire d'ornithologie de la Cornell University d'Ithaca, dans l'État de New York, la cause la plus probable de ce carnage serait un « orage violent » qui aurait aspiré les oiseaux vers le ciel et les aurait ensuite trempés. Étant complètement trempés, ils seraient morts gelés dans l'air froid de décembre et seraient alors tombés du ciel.

La pitoyable tentative de ce bon directeur pour évacuer l'affaire ferait se retourner Charles Fort dans sa tombe, à n'en pas douter !

Le Dr George Badley, le meilleur vétérinaire de l'Arkansas, a cependant une version légèrement différente :
Les premières autopsies pratiquées sur 17 des 5000 carouges qui sont tombés sur cette ville indiquent qu'ils sont morts d'un traumatisme soudain ayant affecté leurs organes, a déclaré l'éminent vétérinaire à NBC News lundi dernier.

Leurs estomacs étaient vides, ce qui écarte l'empoisonnement, a déclaré le Dr. George Bailey. Et ils sont morts en plein vol, pas en impactant le sol.

Ces indices, et le fait que les carouges à épaulettes volent en groupe serré, suggèrent qu'ils ont subi une énorme collision en plein vol, a-t-il ajouté. Cela donne du poids au théories selon lesquelles ils ont été effrayés par quelque chose.
Ce commentaire implique qu'ils sont entrés en collision avec quelque chose, ou que quelque chose est entré en collision avec eux, et qu'ils en ont été « effrayés ». Maintenant, avant de conclure qu'ils ont dû rentrer dans un OVNI ou dans une arme laser super-secrète du gouvernement, voyons s'il n'y a pas une explication un peu plus banale (même si à ce stade, cela paraît improbable).

Les premiers témoignages suggèrent que les oiseaux ont pu être tués par des feux d'artifice, la foudre ou même une pluie de grêle à haute altitude. Il y a bien eu de la foudre et des orages à Beebe dans la journée du vendredi 30 décembre. Mais les orages s'étaient déjà déplacés à l'extrême est lorsque les oiseaux ont commencé à tomber du ciel vers 21-22h le soir de la Saint-Sylvestre.

© © Arkansas Game and Fish Commission
Poissons morts le long de la rivière Arkansas.
À la même période, des poissons tambours sont morts à l'ouest de Beebe, le long de la rivière Arkansas. Manifestement, ces poissons sous-marins n'ont pas pu entrer en collision avec l'objet qui a heurté les oiseaux. Les poissons tambours sont des poissons de fond, et ont la réputation auprès des pêcheurs d'être parmi les poissons les plus coriaces de la région. Comme l'a fait remarquer un pêcheur : « [Ce poisson] est le poisson le plus inutile et le plus déprimant au monde. Ils sont impossibles à tuer, tu peux leur taper dessus à coups de massue pendant des heures, ils resteront vivants. » En tous les cas, il nous faudra attendre un mois avant de savoir ce qui a causé la mort de ces poissons, nous dit un porte-parole de la Commission chasse et pêche de l'Arkansas.

La coïncidence entre ces deux hécatombes de poissons et d'oiseaux, si rapprochées dans l'espace et le temps, paraît trop forte pour être fortuite, bien que la cause des morts semble différente dans chaque cas. C'est comme si ce qui avait tué les oiseaux avait entraîné une série d'événements qui avaient conduit à la mort des poissons, et peut-être aussi à d'autres phénomènes. À l'heure où j'écris, une hécatombe similaire de carouges à épaulettes semble avoir eu lieu à peine trois jours plus tard, en Louisiane :
Labarre, Louisiane - Environ 500 carouges à épaulettes et étourneaux ont été découverts dans la Paroisse de la Pointe Coupée, ont déclaré les responsables environnementaux de l'État.

Ces morts font suite aux 5000 carouges à épaulettes et hirondelles découverts dans la région de Beebe, en Arkansas, le soir de la Saint-Sylvestre. Le Dr Jim LaCour, du LDWF [Département de chasse et pêche de Louisiane - NdT] a déclaré ne pas être certain que les deux événements soient liés.

« Ce n'est pas banal, (mais) des hécatombes de ce style ont déjà eu lieu, et les causes étaient diverses, a déclaré LaCour. Oui, il faut investiguer la question ; il y a de quoi être soucieux, mais ce genre de morts en masse ne sont pas impensables. »
Et voilà que maintenant, nous avons même des témoignages de chutes de carouges à épaulettes morts dans des régions aussi éloignées que le Kentucky :


Il s'avère que ces oiseaux morts ont commencé à « chuter » dans le Kentucky autour de Noël, ce qui indiquerait un processus continu, plutôt que des morts dues à une collision unique dans une région isolée. Il est possible que les morts d'oiseaux dans d'autres régions que l'Arkansas ne soient dues qu'à la météo ou à une maladie, mais cela semble tout de même très étrange. Ces morts peuvent-elles être TOUTES dues à une collision ? Si oui, quel genre de « collision » pourrait impliquer trois États et se produire à de nombreuses reprises sur une période d'une semaine, causant un tel carnage ?

Dégazage de méthane

On sait que la Terre rejette parfois des grandes quantités de gaz tels que le CO2 ou le méthane - parfois au détriment de la faune et de la flore se trouvant à la surface terrestre. Ce dégazage a généralement lieu dans des régions à forte activité volcanique, mais pas exclusivement. Les régions disposant d'abondantes ressources en gaz naturel, comme le centre de l'Arkansas, peuvent également avoir des zones de dégazage. Les séismes de New Madrid en 1811-1812, qui eurent lieu dans le grand Arkansas, produisirent nombre d'effets concordant avec la théorie du dégazage de méthane, comme l'affirme le géologue et astrophysicien Thomas Gold dans son étude Terrestrial Sources of Carbon and Earthquake OutGassing [sources terrestres de CO2 et dégazages d'origine sismique - NdT]

© Mike Hale
Image prise de « Gasland », un documentaire sur les problèmes attribués au forage de gaz naturel, comme de l’eau du robinet inflammable.
Depuis que les industries pétrolières et de gaz pratiquent l'hydrofracturation, nombre d'habitants résidant non loin de ces opérations ont rapporté de « l'eau en feu » sortant de leurs puits (le composant inflammable étant le méthane). Vu que les humains ont tendance à éventrer la Terre en usant de méthodes pas très naturelles - en plus de polluer les nappes phréatiques et de rendre nombre de leurs congénères malades à cause de l'hydrofracturation - cette hydrofracturation (qui est pratiquée à grande échelle en Arkansas pour « booster » les gisements de gaz) pourrait-elle provoquer quelques « éructations » de la part de Gaïa dans une région donnée ?

Bien qu'on puisse soupçonner le dégazage d'être responsable de plusieurs hécatombes d'oiseaux et de poissons de par le monde, il ne semble pas impliqué dans la mort des carouges à épaulettes de Beebe. Si l'on en croit le meilleur vétérinaire de l'Arkansas, le Dr George Badley, ces oiseaux sont morts à cause d'une « collision ». Or seule l'explosion d'une bulle de méthane dans l'atmosphère à proximité des oiseaux pourrait concorder avec les preuves recueillies et accréditer la thèse du dégazage.

Or jusque-là, aucun signe au sol dans la région de Beebe n'indique une activité de dégazage. Tous les rapports fournis aux médias et faisant état de tests de détection de gaz toxiques et d'autres maladies se sont révélés négatifs. Toutefois, nous ne pouvons écarter la possibilité d'un dégazage comme cause de l'hécatombe des poissons, puisque, à l'heure où j'écris, des tests sont actuellement pratiqués. Si nous prenons comme hypothèse que les poissons sont morts suite à un dégazage de méthane, y a-t-il un lien entre ce dégazage et la mort des oiseaux par « collision » ?

Une possible cause pour ces morts d'oiseaux - hypothèse que je n'ai encore vue mentionnée nulle part - serait une onde de choc produite par l'explosion d'un météore ou d'un bolide en plein ciel. Relions quelques points... Les jours précédant l'hécatombe des carouges à épaulettes, plusieurs observations de météores ont eu lieu dans l'Est des États-Unis, qui pourraient correspondre à une traînée de débris cométaires pénétrant dans l'atmosphère terrestre :

Explosions cosmiques en plein ciel

Météore étincelant du Maryland aperçu mardi soir

Voici deux comptes-rendus d'observation d'un météore étincelant visible depuis le Maryland mardi soir, le 23 décembre 2010. Les détails sont encore flous. Mais de la Virginie à la Nouvelle-Angleterre, environ 25 personnes ont aperçu la même chose au même moment, selon les rapports d'observation de bolides sur le site de l'American Meteor Society.

États-Unis : des météores surgissent dans le ciel du Maryland au cours des deux dernières nuits

Pour la deuxième nuit consécutive, le ciel s'est illuminé comme en plein jour au-dessus de Frederick et d'Hagerstown, lorsqu'un objet extraordinaire ressemblant à un météore épique s'est précipité dans l'atmosphère avec force. Le Frederick Post a tout de suite couvert l'événement, recueillant le commentaire peut-être le plus terrifiant jamais imprimé à propos des étoiles filantes :
« J'ai entendu ce bruit de crépitement derrière moi... Je me suis retourné pour voir : il y avait cette énorme météorite... Elle lançait des étincelles et des débris, raconte Labrush. Les météorites, c'est mon truc - chaque fois qu'il y a des pluies de météores, je suis sur le coup. Je ne suis pas facilement effrayé - (mais) je ne veux plus jamais voir quelque chose comme ça. »
Floride : un mystérieux « bris de glace venu de l'espace » surprend une famille du comté de Lee.

Une famille vivant à Alva a rapporté qu'un bris de glace était tombé du ciel et avait atterri dans leur jardin. La propriétaire affirme que le ciel était clair et limpide, et se demande comment cela a pu arriver.

Cyndi Smith avoue qu'elle a du mal à comprendre ce qui s'est passé.

« Vous imaginez, une comète de glace cosmique ! Je me demande d'où elle a pu venir », raconte-t-elle.


Un article rapporte que les habitants de Beebe ont entendu des explosions juste avant que les oiseaux ne commencent à tomber :
Des responsables de la Commission chasse et pêche mentionnent des témoignages de personnes ayant entendu des bruits forts peu avant la chute des oiseaux, ce qui pourrait expliquer pourquoi ils volaient à une heure aussi inhabituelle.
D'autres personnes du coin soupçonnent des « feux d'artifice » :
Un habitant du coin a rapporté avoir entendu environ 20 gros boums samedi soir - ce qui aurait pu être des feux d'artifice ou des coups de canon tirés pour se débarrasser des oiseaux nuisibles ; il rapporte aussi avoir aperçu une énorme volée d'oiseaux frénétiques lorsqu'il est sorti dehors pour voir.
La grande question est : ces gros boums étaient-ils le résultat de feux d'artifice tirés lors des célébrations du Nouvel An, ou ces explosions étaient-elles d'ordre cosmique, comme celles observées par les habitants du Maryland quelques jours auparavant ? Peut-être qu'une des explosions en plein ciel a été suffisante pour effrayer les oiseaux au point de les faires s'envoler de leurs nids, et alors, l'onde de choc provenant d'une autre explosion les aurait frappés en plein vol à l'improviste, alors qu'ils tentaient désespérément de fuir ces bruits forts ? Les organes internes des oiseaux étant plus sensibles que ceux des humains, l'onde de choc aurait pu n'affecter que ceux qui, dans le ciel, se trouvaient le plus près de l'explosion. Lorsque l'onde de choc aurait atteint le sol, elle se serait probablement suffisamment dissipée pour que les créatures au sol (dont les humains) ne soient pas affectés et interprètent ce bruit comme un gros « coup de tonnerre ».

Mise-à-jour (5 janvier 2011) :

Un récent article donne du crédit à la théorie de l'explosion météorique : cet article produit une photo radar Doppler du ciel de Beebe environ une demi-heure avant les premiers témoignages de chutes d'oiseaux. Selon le commentateur du Maryland Weather, le spot sur le radar - qui englobe de nombreux mètres carrés - serait en fait une énorme volée d'oiseaux en plein vol. Cela est possible, mais cette image colle également avec une explosion météorique en plein ciel.

Pour ceux qui l'auraient oublié, plusieurs explosions météoriques ont eu lieu dans le ciel du Midwest le 14 avril 2010. Des boules de feu ont illuminé le ciel de Madison, dans le Wisconsin, et les zones aux frontières de l'Iowa et de l'Illinois. Malgré l'impression durable que cet événement a laissé aux habitants du coin, ces bolides ont également produit un énorme spot sur le radar Doppler. Mais peut-être ne s'agissait-il là aussi que d'une énorme volée d'oiseaux...

© University of Wisconsin-Madison, Department of Atmospheric and Oceanic Sciences
Éclair météorique au-dessus de Madison, Wisconsin, le 14 avril 2010
© Inconnu
Données radar concernant le météore du Wisconsin – 14 avril 2010
© Inconnu
Radar Doppler montrant un énorme spot au-dessus de Beebe, Arkansas. Volée d’oiseaux, explosion météorique, ou autre chose ?
Un séisme renégat a également eu lieu dans l'Indiana le 30 décembre, dans une région qui, dans toute l'Histoire connue de la géologie, n'a jamais été touchée par aucun séisme. On ne connaît aucune faille dans la région qui pourrait faire soupçonner une origine cosmique à ce séisme. À titre de comparaison, l'explosion de Tunguska, en Sibérie, en 1908, généra un séisme de magnitude 5.0 enregistré par la station sismique la plus proche. Notons qu'une explosion de météore dans les couches supérieures de l'atmosphère n'est pas forcément visible du sol. Mais cette explosion (ou série d'explosions) hypothétique aurait-elle pu frapper des oiseaux dans 3 États, et si oui, pourquoi seulement des carouges à épaulettes ? Pourquoi d'autres espèces d'oiseaux migrateurs n'ont-elles pas été recensées parmi les morts ?

Si une explosion de météore dans le ciel suffit à générer une onde de choc terrestre, tuer des oiseaux en plein vol ou provoquer des effets de type sismiques, il est fort probable qu'une telle onde de choc pourrait également libérer des poches de gaz à l'intérieur de la Terre. Elle pourrait faire remonter ces gaz toxiques à la surface ou les libérer dans des étendues d'eau. Peut-être cette série d'événements, à commencer par une explosion de météore en plein ciel suivie d'un dégazage de méthane dans la rivière Arkansas, est-elle la cause de l'hécatombe des poissons tambours ? Mais si c'est le cas, pourquoi uniquement des poissons tambours ? Ce qui a tué ces oiseaux et ces poissons semble étrangement sélectif, même si on pourrait arguer que cette volée d'oiseaux et ce banc de poissons se trouvaient simplement au mauvais endroit au mauvais moment. Il semble toutefois que, pour l'instant, les carouges à épaulettes et les poissons tambours soient les principales victimes.

Impacts de météores et changements génétiques

© Inconnu
Ce à quoi devait ressemblait le bolide de Tunguska.
Étant donné l'apparente sélectivité génétique de ces morts d'oiseaux et de poissons, on pourrait se demander s'il n'y aurait pas quelque mécanisme à l'œuvre que nous n'aurions pas encore envisagé - quelque chose de jusque-là ignoré par la science « officielle ». Dans la cadre de l'hypothèse de l'explosion météorique, mentionnons qu'une étude intéressante a été conduite sur la flore et la faune (y compris les humains) dans la région de l'explosion de Tunguska par l'Institut de physique nucléaire Budker, à Novossibirsk, en Russie. Ce que les chercheurs ont découvert est assez surprenant. Diverses espèces de la flore présentaient plusieurs différences génétiques avec des espèces similaires de la forêt environnante. Il ne s'agissait pas de mutations du genre « film de SF », mais elles étaient néanmoins suffisamment quantifiables pour être mesurées.

Autre intéressante observation : les chercheurs ont découvert que ces changements génétiques ne concernaient pas forcément la flore et la faune situées au plus près du site d'impact, mais plutôt les spécimens se trouvant au plus près de la trajectoire du météore. C'est comme si la lumière ou le son émis par le météore avant l'explosion avaient eu la capacité d'altérer l'ADN des espèces de façon quelque peu mystérieuse. Les auteurs de l'étude spéculent que des ondes électromagnétiques à très basses fréquences ont été libérées au cours de l'approche de l'objet, et que ces ondes TBF auraient alors affecté les « protéines de choc thermiques » chez les plantes et animaux environnants, causant des modifications génétiques à long terme.

Il a été observé que des ondes TBF précédaient également les séismes majeurs. Certains pensent même que ces ondes peuvent prédire les gros séismes. On trouve également de nombreux cas dans la littérature et le folklore modernes d'animaux agissant de façon erratique ou tentant de s'échapper juste avant des séismes importants. Si les ondes à très basses fréquences sont la cause du comportement erratique des animaux, peut-être n'est-il pas tiré par les cheveux d'envisager que les ondes TBF émises par les météores ou les boules de feu puissent produire des mutations ou engendrer la mort d'une espèce donnée ? Peut-être faut-il voir dans les impacts de météores ou de comètes la véritable origine évolutionnaire de la réaction de fuite biologiquement programmée chez certaines espèces ?

Il faut admettre qu'il ne s'agit toutefois là que de spéculations. Il pourrait très bien y avoir d'autres explications plausibles à ce caractère sélectif, qui apparaîtront lorsque d'autres données seront disponibles. Comme mentionné plus haut, peut-être ces oiseaux et poissons se sont-ils simplement trouvés « au mauvais endroit au mauvais moment ».

Sans doute vaut-il mieux laisser la question « ouverte » pour l'instant, et attendre de voir où ce Défilé de damnés va nous mener...